
Si je ne suis pas vraiment la reine de la bourde comme certaine (et quand je dis "certaine", je parle d'une fidèle lectrice, qui a dit à un quelqu'un avec un strabisme plus que flagrant "Ca t'arrive de me regarder dans les yeux?" deux fois de suite, pendant que je m'enfonçais dans mon siège genre "je la connais pas celle là") J'ai deux pieds gauches.
Je me casse souvent la gueule, si bien que ceux qui me connaissent assez bien, ne sont pas assez fous pour passer devant moi quand je descends les escaliers.
Je me fâche aussi très souvent avec les appareils électriques. Il m'est arrivé de me pencher sur une vitrine de bijoux et que la lampe au dessus de moi explose. Il m'arrive aussi régulièrement que le tourniquet à l'entrée de carrefour se bloque quand je suis dedans, et ça ne surprend même plus mon meilleur ami quand ça m'arrive. Je ne vous parle même pas des ampoules dans ma chambre qui explosent régulièrement. J'ai du changé au moins 4 fois l'ampoule au dessus de mon lit et 2 fois ma lampe de chevet en un an, sans aucune raison, d'autant plus que popa étant électricien, je ne peux pas mettre en cause les installations électriques.
Malgré ce mystère surnaturel, et malgré le fait que je bafouille et bégaie un peu, on ne peut pas dire que je fasse de grosses bourdes orales.
Et forcément vous devez vous dire "Mais qu'est ce qu'elle nous a fait, encore?"
Vous vous souvenez du petit Kevin qui s'est endormi dans ma classe? Et bien monsieur a décidé, jeudi dernier, de ne pas travailler dans le groupe que j'avais désigné pour lui... évidement loin de ses copains.
Je lui ai laissé le choix: ça ou une punition. Et il n'a fait ni l'un, ni l'autre.
Si Kevin est un enfant joueur et malicieux, drôle mais inattentif et surtout avec de grosses difficultés scolaires, foncièrement, il n'est pas méchant.
Cependant, je trouvais que ces derniers temps, il me cherchait un peu beaucoup, et rejeter ainsi mon autorité était intolérable. Si je ne le relevais pas maintenant, qu'est ce que ça aurait été la prochaine fois?
A rejet d'autorité, punition exemplaire:
Moi: Et bien, si c'est comme ça, tu iras dans la classe de Patricia cette après midi et tu feras la sieste dans la classe des moyens, puis tu auras du travail.
Kevin (bredouillant): Je fais jamais ce que je veux!
Moi: Mais personne ne fait ce qu'il veut Kevin! Ni toi, ni moi! On doit tous faire des choses qu'on n'aime pas, mais ça doit être fait tout de même!
Et si je l'ai envoyé chez cette collègue en particulier, c'est que ses élèves, ou plutôt l'une d'elle, est une merveilleuse "miss pied-dans-le-plat".
*reconstitution*
Miss: Maîtresse? Qu'est ce qu'il fait là? Il est grand pour être en maternelle? C'est un nouveau?
Patricia: Non, il est puni.
Miss: Ba dis donc! Il a quel âge?
Kevin (les larmes aux yeux): 10 ans.
Miss: Mais... Tu dois être bête pour venir ici! Moi j'ai 4 ans et c'est normal. Mais toi!
Patricia: Il n'est pas bête. Il a été puni par sa maîtresse.
Miss: Ba c'est pour ça! Il est tellement bête que sa maîtresse le remet en maternelle!
Patricia: Il a surtout oublié les règles de vie.
Miss: Aaaah... Tu veux que je te les apprenne?
*Kevin mort de honte*
Patricia: Sa maîtresse m'a dit qu'il disait qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il veut.
Miss: Ma maîtresse, l'année dernière, disait que c'était pas bien de faire des caprices. C'est un caprice, hein?
Patricia: Oui.
Miss: Ba si je l'ai appris chez les petits, il faut qu'il l'apprenne chez les petits! Il faut qu'il aille faire la sieste alors? Nous, quand on est pas sage, tu dis "Un enfant énervé est un enfant fatigué." Et on fait un dodo ensuite!
Patricia: Tu as raison... je vais donc posé un tapis par terre et il dormira pendant que vous jouez.
Et quand Kevin est revenu, il était extrêmement sage. Et le vendredi, je n'ai rien eu à dire.
Faut dire qu'il vit avec son grand père ce bonhomme. Ses parents sont au Maroc...
Je trouve souvent des excuses à mes élèves.
Mais, ce que je ne savais pas, c'est que j'avais fait une belle bourde et que je n'ai constaté cette bourde que le lendemain, vendredi après midi, pendant la récréation.
Et même si il m'avait énervé, est ce qu'il avait mérité cette torture intellectuelle?
Car il se trouve que, le jour où je l'ai puni, c'était le jour de ses 10 ans et qu'il était loin de son papa et de sa maman. Par dessus le marché, il ne me l'avait pas dit et ne l'avait dit à aucun de ses camarades... Quand bien même nous lui avons souhaité en retour de récréations, je me sentais un peu coupable je dois dire.
Mauvaise maîtresse >_<