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13 juin 2012
Opossum a des ennuis
Corrigé par
Aldysse
à
00:08
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bêtises,
Cas d'enfant particulier,
Comportement,
parents,
Réunion
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/20 en progrès!
En cette fin d'année, il est temps de parler des différents cas de cette année... il va falloir que je fasse un article sur Kidzilla, sur Yliès l'ultra violent et sur Opossum...On commence par Opossum.
La différence avec mes années d'enseignement précédentes c'est que, comme je suis dans un groupe scolaire et maintenant fixée, en règle général, je vais pouvoir suivre mes élèves jusqu'en CM2. Sauf si il y a du changement dans la carte scolaire pour le passage en CP... Ce qui est le cas pour la moitié de mes grandes sections (3 de mes élèves sur mes 6 GS). A vrai dire la carte scolaire est tellement inadéquate (beaucoup de nouvelles constructions en cours et faites récemment autours de l'école) que 18 élèves du secteurs n'ont pu être inscrit dans notre école. Ces élèves sont à 50 mètres de l'école. L'école est archi pleine pour l'année prochaine et le refoulement d'autant d'enfants ainsi que le changement d'école de nombreux d'entre eux à cause de la carte scolaire ont fait apparaitre une rumeur dont nous avons eu des échos: L'école serait élitiste et admettrait des enfants sous dossiers quand ils sont particulièrement doués. D'ailleurs, la directrice a en effet reçu un CV et une lettre de motivation d'un enfant de 6 ans (qu'il faut absolument que je scanne un de ses quatre parce que ça vaut vraiment le coup d'oeil).
Les gens devraient se renseigner sur le concept d'école publique... De plus, si ils passaient une demi journée dans notre école, ils comprendraient vite qu'il n'y a rien d’élitiste chez nous.
D'un certains côté, il faut bien le dire, même si ce n'est pas politiquement correct, on est bien content que certains d'entre eux prennent le large. C'est un problème en moins à régler.
Aussi c'est le cas pour Opossum. Pour son passage au CP il change d'école... et on est pas mécontent dans l'équipe.
Parce que Opossum n'a pas que des problèmes d'endormissement régulier, c'est aussi un des plus gros réservoir à connerie qui existe.
Voilà un petit extrait de ses frasques:
- Faire des croches pieds pour voir le copain se vautrer (et se marrer)
- Ramasser des bonbons tomber malencontreusement à la poubelle.
- Sauter 5 marches de l'escalier.
- Lever les jupes des filles
- Baisser le pantalon des garçons
- Manger le popcorn utilisé pour une production en art plastique, donc enrobé de colle et exposé dans le couloir depuis un mois.
- chopper un morceau de gâteau au chocolat restant d'un anniversaire posé sur mon bureau alors qu'il sait qu'il ne peut pas en manger à cause de son allergie.
- Sauter dans les bras de parents ou d'adultes inconnus
- Sucer son pouce à longueur de temps si bien que celui ci est à moitié digéré.
- Percher des casquettes à près de 7 mètres de haut
- Pisser au fond de la cours contre le mur parce qu'il n'a pas pu se retenir jusqu'au toilette (à 20 mètres derrière lui)
- Pisser dans le lavabo pour épater la galerie (lavabo qu'il a lavé en guise de punition)
- Etaler du savon sur le toboggan.
Et tout un tas de connerie pas méchante et sans volonté de faire mal à autrui mais juste une envie profonde de faire le clown.
Avec le recul c'est marrant. Sur le coup, c'est juste épuisant.
Je lui répète régulièrement qu'il est temps de grandir et que le CP sera très dur. Sans résultat.
Et puis la, dernièrement, y'a eu un truc.
La semaine dernière, Opossum s'est fait 4 fois dessus alors que ça ne lui était jamais arrivé depuis le début de l'année. Et c'est pas la petite commission. 3 fois cela s'est produit en garderie en une semaine... Et puis ca s'est produit dans ma classe. Je lui demande si il a eu un petit accident. Il me dit que non. Mais l'odeur est là. On lui redemande: Il fond en larme.
Ce n'est pas une gastro. Ce n'est pas liquide. Il se fait dessus, c'est tout.
C'est jamais bon signe quand ça se produit comme ça d'un coup et régulièrement.
Et puis Opossum fond en larme parfois pour tout et n'importe quoi: Parce qu'il veut rentrer à la maison, parce qu'il est fatigué, parce qu'il a pas envie de travailler.
Du coup je m'inquiète, Dirlo s'inquiète, maître G s'inquiète et psychologue scolaire s'inquiète.
La maman elle, quand je lui dit qu'on s'inquiète elle sourit.
Le papa lui, a dit l'année dernière à la directrice: "Si il a besoin d'un bon coup de ceinture, je vous autorise à le faire."
Je sens que ma Réunion d'Equipe Educative pour Opossum jeudi va être difficile...
13 octobre 2011
Dans la peau de la dirlo
Corrigé par
Aldysse
à
20:37
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Comportement,
Dirlo,
Handicap,
parents,
Réunion,
violence
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/20 en progrès!
Si ma journée n'a pas été simple, j'avoue quelque fois trouver que je me plains pour pas grands chose.
Aujourd'hui, j'ai compris que jamais, quelque soit la paye reçue, je ne deviendrai dirlo d'une école. Qui plus est un dirlo ne gagne pas forcément beaucoup mieux sa vie. Je le savais déjà mais une journée comme celle qu'à vécu notre école aujourd'hui suffit pour calmer qui que ce soit.
Alors soit je vais essayer de décrire la journée de ma dirlo, du moins de ce que j'en ai vu et ça commence mal parce qu'elle se tape les bouchons et qu'elle pense arriver en retard....ce qui n'est pas le cas. Mais notre dirlo c'est notre zéroïne à nous. super efficace, super à l'heure finalement.
8h30 commence le début des hostilités: une matinée de REE.
La première, celle de Kidzilla où il faut annoncer à la maman la déscolarisation partielle de sa fille. La réunion commence à 9h mais on se prépare un peu avant parce qu'on le sait: ca va être dur. La maman est de bonne volonté même si elle a ses soucis. Elle crains pour sa fille. Je commence en déclarant que malheureusement ça ne s'arrange pas. Zéroïne poursuit en disant que modestement je ne fais pas part de ma propre souffrance et que j'ai craqué. Qu'on a essayé et qu'on y arrive pas parce que sa rééducation se fera d'abord avec des soins médicaux appropriés. La conseillère à la scolarisation termine en disant que malgré le changement classe et ma dévotion, ainsi que celle de tout mes collègues, le cas est difficile. Que cela nuit malheureusement à toute la classe et annonce la déscolarisation partielle.
La maman fond en larme. Elle comprend. Elle aussi, elle lutte et comprend qu'avec les 27 élèves je ne peux pas tout gérer surtout si ça influence les autres. Nous parlons de l'éventuelle violence de son ex sur la petite. Je fais part du fait que ses bleus dans le dos sont étranges mais que la petite m'a dit que c'était à cause de Vivi. Vivi pour moi c'est Viviane, une ATSEM... Donc je n'y prête pas attention.
Vivi en fait, c'est Evelyne: la nouvelle compagne de son papa. Nous surveillerons donc à l'avenir la moindre trace.
Loin de la catastrophe larmoyante que nous attendions la maman y met de la bonne volonté: Kidzilla, après la Toussaint ne fréquentera l'école que l'après midi... Elle s'est même proposé de la garder après 15h... Nous aviserons.
10h seconde REE. La maman de ma petite trisomique qui vient pour son second fils. J'ai eu le premier qui est actuellement en 6ème et j'ai la petite dernière. Le cas? John, CM1, un peu livré à lui même, s'est fait renversé par une voiture alors qu'il était à vélo dans une rue proche de l'école. Traumatisme crânien. conséquences: perte du langage, amnésie partielle, perte de motricité... et moult petits désagréments qui demande une rééducation. Il reprends l'école après plusieurs mois d'hospitalisation et de centre rééducatif.
Imaginez: vous êtes une maman célibataire, 3 enfants, sans emploi, sans formation (probablement illetrée), une petite fille de 5 ans avec une trisomie assez sévère (en couche, elle ne parle pas, régurgite tout ses aliments) un autre gamin de 9 ans fortement handicapé, un grand sur qui elle se repose beaucoup (et qui, dieu merci, n'a pas craqué), elle a reçu un avis d'expulsion et n'a plus de quoi se nourrir elle même.
Pendant la seconde REE, des larmes d'une maman désespérée, perdue, qui réclame l'aide de l'école pour elle et ses enfants, priant dieu et lui demandant pourquoi le sort s'acharne sur elle.
Matinée de Zéroïne affreuse. Quand on nous dit à nous, enseignants, de ne pas apporter les bagages de l'école chez nous c'est une vérité... Comme dirait la conseillère à l'éducation: Dès fois, on a juste envie de prendre la main du gamin et de lui dire "Allez vient chez moi".
Sauf que voilà, l'école peut nous sortir de la panade et même si nous outre passons notre rôle presque tous les jours, Il arrive un moment ou rentrer chez nous et oublier, c'est aussi une question de survie morale.
Le pire est à venir.
A peine sortie de sa seconde REE, Zéroïne va se restaurer...ca dure 30 minutes avant que notre super gardien ne vienne nous l'enlever. "Je crois que c'est urgent".
Pour l'être ça l'est.
La maman qu'elle reçoit arrive avec ses deux filles. Elle est défigurée, tuméfiée. D'origine croate, elle annonce sa fuite. Son mari a été incarcéré dans la nuit. Il sera libéré ce soir. Il lui faut prendre l'avion d'urgence avec ses filles sous le bras. Elle ne sait pas où elle en est, ce qu'elle doit faire. Les gendarmes vont la contacter pour lui donner une chambre pour les prochaines nuits. Mais en attendant...
Zéroïne lui dit de partir vite faire ses bagages avant sa libération et de les ramener à l'école. Nous stockerons ses affaires dans notre réserve de matériel.
Zéroïne: Allez y mais n'y allez pas seule. Demandez à des hommes costauds que vous connaissez de vous aider.
Maman: Le problème c'est eux... je ne peux pas.
Zéroïne: Comment ça?
Maman: J'ai trompé mon mari plusieurs fois...
Un vrai vaudeville si les conséquences n'étaient pas si tragiques. La mère revient avec ses bagages, l'assistante à la scolarisation l'aide pour les prochains jours à lui trouver toute l'aide nécessaire...
Dirlo pour une prime 380 euros de plus par mois (pour une école de plus de 10 classes) alors qu'on est confronté à toute la misère humaine et que surtout "il faut pas craquer"
Très peu pour moi...
Ah... et je suis pas dans une école ZEP mais dans un quartier pavillonnaire. Aux chiottes les préjugés...
24 septembre 2011
Il en faut peu pour être heureux...
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Aldysse
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01:50
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violence
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/20 en progrès!
Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.
Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.
Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente
Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*
BANG!
Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.
BANG BANG BANG BANG!
La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.
Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.
A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.
Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*
Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.
Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.
Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/
Son doudou?
Le voilà (clic)
19 septembre 2011
Du papier!
BD @ Jacques Risso
Si il y a un truc dont j'ai profondément horreur dans mon métier, c'est la paperasse... Et en début d'année, j'ai l'impression qu'un bon millier d'arbres a été abattu rien que pour me faire chier.
Le piège, maintenant que je suis sédentaire et plus ZIL, c'est que la paperasse, j'en ai encore plus. Par exemple, la fiche d'aide à l'élaboration du Projet Personnalisé de Réussite éducative (PPRE) de Kidzilla pour préparer la REE (Réunion d'Equipe Educative) qui se déroule jeudi prochain pour Kidzilla.
Grosso modo on doit détaillé les soucis de Kidzilla et trouvé une source d'espoir à chaque point.
exemple:
Comportement de l'élève en relation avec l'adulte.
Domaine de réussite: (à argumenter)
Difficultés rencontrées: (à argumenter)
La colonne "domaine de réussite" se trouve toujours en première position. Belle hypocrisie: tous les enfants qui font l'objet d'un PPRE du genre pose problème et on pense d'abord au problème avant de trouver un espoir.
D'autant plus hypocrite que durant cette PPRE, seront présent la mère et le beau père de kidzilla, la psy, le médecin scolaire, la conseillère à l'éducation, la directrice de l'école et moi. Tous on vu Kidzilla, tous on reçu une pluie de "ta gueule" dans la tronche... mais c'est bibi qui va se taper la paperasse.
crotte.
Très franchement, hormis peut être sa mère, je suis peut être celle qui subit le moins les assauts de kidzilla. Je me cacherai bien de déclarer les petits progrès que j'ai pu observer: plus je lui trouve des bons points, moins on considère que j'ai besoin d'aide, plus on me laissera dans la misère. Alors certes les "ta gueule" diminuent légèrement faisant place à "t'es pas belle", certes je n'ai plus à lui courir après dans la cours pour qu'elle daigne se mettre en rang, certes les hurlements sont moins présent (en même temps je ne la force pas à faire quoi que ce soit)... Il n'en reste pas moins que les "ta gueule" sont toujours là, que je dois me battre régulièrement pour qu'elle mette son manteau et ses chaussures, qu'elle crise régulièrement et que pire que tout (et pour le moins choquant à observer) elle se violente en se giflant ou se frappant la tête... et autant les insultes diminuent, autant les coups qu'elle se porte augmente proportionnellement à la baisse de ses cris... comme si elle compensait.
Mon Atsem a du mal à s'en remettre à chaque fois que kidzilla se frappe. Il faut bien le dire, c'est comme si elle voulait nous montrer sa souffrance intérieure en se frappant.
Effet pervers: elle réclame une forte dose d'affection que je suis prête à lui offrir tout en me torturant intérieurement de la limite à lui donner: si j'arrête elle crise, si je continue, elle s'habituera de plus en plus jusqu'à en devenir indispensable. Cruel dilemme.
L'avantage c'est que moins elle connait la personne, plus elle est insupportable: je vous raconte pas la tête de la psy quand elle a du s'occuper d'elle...
Je suis sûre que je serai la plus raisonnable dans mes propos, ce qui est problématique.
Ca me saoule, faut que je trouve comment remplir cette paperasse sans être trop gentille, sans montré que j'ai la foi sur ses progrès pour avoir un max d'aide et en même temps faut que je soit raisonnable et montré ses points forts.
Je remplirai ça durant la Grande Messe. (GM)...dans le jargon de l'école, la Grande Messe c'est la réunion de début d'année de tous les enseignants de la commune pour écouter la bonne parole... de l'inspectrice. La Grande Messe où on papote et on fait tous autre chose parce que ça nous gonfle... AMEN! (la GM c'est mercredi)
15 septembre 2011
Et maintenant, qu'allons nous faire?
Corrigé par
Aldysse
à
20:51
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/20 en progrès!
Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.
Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.
Je n'ai pas de quoi me plaindre.
Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.
Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.
Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).
Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.
J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"
Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.
Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.
Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.
Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.
Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?
03 novembre 2010
Les imbéciles rôdent…

Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir 6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.
01 février 2009
Animation (anti) pédagogique

Une animation pédagogique c'est rare que ce soit passionnant... quoique l'année dernière j'en ai fait un en EPS qui était assez marrante... Mais quand c'est un amphi, c'est ultra chiant en général: y'a pas d'échange, y'a peu de question... bref c'est pas très formateur.
En plus, le samedi matin... c'est le pompon!
L'avantage de se genre d'amphi c'est qu'on peut corriger ses copies, travailler sur son cahier journal, préparer ses séances. bref... faire autre chose.
Ce qui fait que mon collègue Julien et moi on s'est équipé. alors on a fait un concours...
Je sors mes copies de sciences
Julien sors ses copies d'histoire.
Je sors mon MP3
Julien sors son téléphone portable MP3.
Je sors un manga.
Il sort un bouquin.
Et là... je l'achève en sortant ma DS!
Julien: T'oseras pas...
Moi: On est au fond de l'amphi, je vais me géner... Et en plus si je lache mes cheveux on verra pas mes écouteurs dans mes oreilles par contre toi...
Oui... ok on pourrai culpabiliser d'être payer à foutre autre chose dans un amphi ennuyeux... quoique y'avait des passages assez intéressants ou je baissais le son de mon mp3... en même temps, nos autres collègues de l'école qui étaient placé un peu plus loin, on fait un délicieux compte rendu pour notre cahier d'école avec ce commentaire écrit par la directrice: "Ci joint le compte rendu de l'animation pédagogique fait par Patrick (collègue de mater)" et que Patrick a annoter "C'était pas la peine de me dénoncer!"
...
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