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27 novembre 2010

Comment le Téléthon creuse les inégalités…


La ville où je travaille s’active tous les ans pour le Téléthon. Je ne suis pas du genre à dire de contribuer à telle association. Je donne mon sang, j’ai fait savoir à ma famille que j’étais donneuse d’organe, il m’est arrivé de donné à des gens dans la rue ou de donner a des associations caritatives mais ce n’est pas un réflexe automatique.
A vrai dire, le téléthon est une des dernières associations a qui je donnerai des sous: Y’a tellement de misère dans le monde et ils gagnent tellement d’argent une fois par an que je préfère donner à des associations sérieuses et un peu moins connues.
Bref, à cette occasion, les écoles se mobilisent et hier, en échange de 1 euros pour l’association, un gamin recevait un pain au lait, une barre de chocolat et un bonbon.
Se pose un dilemme récurrent: Dans un quartier comme celui ou se trouve l’école, 1 euro, c’est 1 euro et quoiqu’on en pense, c’est pas toujours facile de le sortir d’une poche et nous les instits on le voit tous les jours: quand le gamin porte les chaussures du grand frère 3 fois trop grandes ou quand il a toujours pas de crayons de couleur depuis la rentrée ou quand par inadvertance la facture EDF se retrouve à l’intérieur d’un cahier de poésie et que le montant représente plus de deux fois la paye mensuelle d’un instit à savoir 3326 euros.
Alors voilà: donner c’est bien quand on peut… et les autres? Bien sûr c’est important pour ces mômes de comprendre que pour se nourrir, se vétir, se divertir et bien il faut payer. Ca explique la valeur de l’argent. Mais moralement, ces pauvres gamins qui ne peuvent pas donner, ce sont eux qui ont le plus besoin de recevoir aussi.
Alors on fait quoi pour ceux qui n’ont pas donné les sous? On leur explique la valeur de l’argent et on donne aux autres qui restent pour eux virtuels mais pas à eux alors qu’ils en ont besoin?
La veille de l’évènement, je me suis dit “Bah… pour ceux qui ne donneront pas, je leur ramènerais un paquet de biscuit et un paquet de bonbons comme ça tous le monde est content.”
Pourtant dans une classe de 20, la très grande majorité de la classe a participé. Seuls 5 d’entre eux ne m’ont pas rapporté l’argent ou partiellement.
Mais il s’est passé un évènement auquel je ne m’attendais pas.
Alors que je demandais les différentes participations, je demande à Omer si il a l’argent pour le petit gouter. Il me dit oui, s’approche,  et, alors que je tends ma main pour recevoir ses sous, une pluie de pièces de bronze, de 1 et 2 centimes tombent en faisant de discrets petits cliquetis… un amas de petites pièces loin d’être suffisante et qui sentait les fonds de tirelires et de tiroirs voir de dessous de coussins de canapé…
Moi: Ok… écoute, reprends tes pièces parce que tu n’as pas assez. On va se débrouiller. Ne t’inquiète pas.
Dans ma tête, ni une ni deux… quitte à y mettre de ma poche pour sauvegarder  ma toute petite coopérative, il allait l’avoir son gouter… et les autres qui n’avaient pas les sous aussi. Ils n’ont pas l’âge de comprendre ça. Ca ne devrait même pas leur effleurer l’esprit.
Et pourtant le petit Joshua, s’approche alors discrètement de mon bureau et me souffle à l’oreille.
Joshua: Maîtresse… et si Omer ramène les sous lundi… tu peux lui donner son gouter aujourd’hui?
…pfiou…
Moi: Ne t’inquiète pas… tous le monde aura son gouter.
Et quand la récolte des sous fut terminée, il fallait bien expliquer.
Moi: Bon écoutez les enfants. Je vais faire quelque chose qui n’est pas très juste pour tous le monde. J’ai un peu de sous dans mon porte-monnaie pour ceux qui n’ont pas l’argent pour le gouter. C’es moi qui vais payer à leur place pour que tous le monde puisse avoir son gouter. Ce n’est pas juste parce que je paye que pour 5 enfants et les autres ont du payer eux même. Est ce que tous le monde est d’accord pour que je leur offre le gouter?
Pas d’hésitation puisqu’un oui général retentit.
Moi: Par contre c’est un cadeau… alors pour ceux à qui je donne le gouter, j’attends un mot magique!
Et toute la classe à dit merci…
On a tous à apprendre certaines valeurs des gosses…

30 avril 2009

Parents


J’aimerai être maman un jour.
Beaucoup de parents viennent me voir en me disant qu’ils ne savent pas comment on fait, nous les profs, pour gérer plus d’une vingtaine de mômes pendant 6 heures, mais je pense que c’est tellement différent les liens du sang.
Je pense qu’être maman, être parent, c’est tellement plus difficile en fait. Certes, en classe ils sont beaucoup, mais nous on a pas à se préoccuper de certaines choses.
Quand lundi soir j’ai été faire mes courses pour acheter de quoi me faire un sandwich pour le lendemain, j’ai fait comme d’habitude, j’ai acheté un peu plus parce qu’il y a toujours un môme qui mange pas correctement. Et je crois que c’est pendant le pique nique où j’ai vraiment eu une réaction de mère et où vraiment j’ai eu une préoccupation maternelle.
Autant on m’a toujours dit que j’étais très maternelle mais je crois en avoir eu vraiment conscience mardi.
Mardi je suis partie en sortie avec 3 mamans: Celle de Shana, la maman de Géraldine qui est boulangère et celle de Linda.
Et puis à midi, on s’est installé sur l’herbe pour manger.
La maman de Linda n’avait pas pris de déjeuner pour elle et n’avait pris qu’un pain au raisin pour Linda.
Alors j’ai sorti les chips, les yop et les sandwichs que j’avais pris en plus et j’en ai profiter pour en donner aussi à un gamin qui avait pour déjeuner une boite de biscuits. Ensuite j’ai passé en revue tous les gamins pour voir si ils avaient tous de quoi manger à leur faim.
Etre maman c’est aussi se préoccuper de savoir si son enfant mange à sa faim, même quand on a pas les moyens. C’est difficile de voir que compter ses sous c’est aussi vital que de nourrir ses mômes.
On devrait jamais avoir à compter ses sous pour nourrir ses enfants… Alors devoir concilier les deux, Ca doit être si difficiles.
Bon relativisons, pour avoir des enfants faut que je trouve le papa… et c’est pas pour demain XD
Sinon, j’ai encore une semaine de remplacement dans ma classe de CE2 et après c’est terminer et là c’est sur… je connais déjà ma prochaine affectation… ou plutôt mes prochaines affectations: Un CE2/CM2 le lundi et le mardi… classe que j’ai déjà eu en remplacement pour une semaine et dont les CM2 ont un niveau pitoyable (et d’ailleurs tous les CM2 sont destinés à faire une SEGPA) et un autre CE2 dans une autre école… bon remarquez ca va pas trop me changer…
Le truc c’est que je vais me lever le matin en me disant “Bon… je vais où aujourd’hui au fait?”

25 janvier 2009

On va bien voir ce que ça donne...


Les enfants peuvent être cruels


Ce n’est pas facile d’être un enfant. Les adultes ont l’air d’oublier qu’ils ont été petits ou alors, ils n’étaient pas comme moi. Moi, j’étais différente, mais je ne sais pas pourquoi. C’était mes camarades de classe qui me l’ont fait comprendre parce que j’étais toujours toute seule et ceux de ma classe ne jouaient presque jamais avec moi.

Sauf Samira.

Samira jouait avec moi de temps en temps, mais le plus souvent, j’allais jouer avec les CP. J’étais plus grande qu’eux et j’étais un peu comme leur maman. Je m’amusais bien avec les petites.
Samira était très gentille avec moi. Et même si elle avait la peau noire et moi la peau blanche, on s’adorait.

Et puis, Samira avait toujours plein de bonbons qu’elle achetait à la boulangerie avant de revenir en classe l’après midi et elle m’en donnait toujours.

Samira s’entendait bien aussi avec une autre fille de ma classe. Elle s’appelait Claire. Moi, je ne l’aimais pas. Elle venait toujours voir Samira quand elle avait des bonbons et jamais avant.

Un jour, je ne sais pas trop pourquoi, Claire a dit à toutes les filles de ma classe que si je restais souvent avec Samira, c’était juste parce qu’elle avait des bonbons. Je m’étais mise en colère contre elle, mais, je ne pouvais rien faire parce que les filles de ma classe se sont toutes retournées contre moi. Elles m’ont dit qu’elles ne me parleraient plus parce que je n’étais qu’une profiteuse et que j’aimais être avec Samira parce qu’elle avait des bonbons.

J’ai cru que personne ne m’aimait. On ne me parlait pas beaucoup déjà, mais là, en plus, on me détestait et ce n’était pas juste.

Sur le chemin pour rentrer chez moi à midi, j’ai beaucoup pleuré et c’est alors que deux garçons de ma classe m’ont vus. Quand je leur ai expliqué ce qui m’était arrivé, ils m’ont dit qu’ils m’aideraient.

Quand je suis revenue à l’école l’après midi, les garçons avaient dit aux filles qu’ils ne leur parleraient plus et ils ont dit à Claire d’arrêter de répandre de fausses rumeurs sur moi. Claire a eue très peur des garçons et les filles sont revenues me parler et se sont excusées.

Mais, ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est que Samira est venue me parler pendant la récréation pour me dire qu’elle savait que je ne l’aimais pas que pour ses bonbons. Elle savait que Claire voulait me faire du mal.

Maintenant, je suis adulte. Je vois encore des enfants dire ou faire du mal aux autres. Et je me pose une question. A quoi cela sert de faire tant de mal ? Est-ce que les enfants aiment être méchants ?


Gabrielle Foley


******

Il est bizarre le nom de l'auteur... hein?

*siffle*

Vous savez ce qui est drôle? C'est que la fameuse "Samira" je l'ai plus jamais revus après l'élémentaire et que la fameuse "Claire" j'ai encore de ses nouvelles de temps en temps.

Dois je vous préciser que l'histoire est vraie?

23 janvier 2009

Les malheurs de Linda



Collègue: C'est pas ce soir que tu as rendez vous avec la maman de Linda?
Moi: Ouai... Ya un mieux depuis une petite semaine et demi. Les devoirs sont fait et les leçons apprises... Elle a même réussi a conjuguer un verbe du premier groupe sans aide... Comme la maman ne parle pas français, c'est peut être son frère qui surveille ses devoirs. Par contre je m'inquiète encore qu'elle ne s'inclut pas dans la classe et elle joue avec les CP dans la cours. C'est un peu la tête de turc. Y'a une semaine, on l'a accusé d'avoir volé le twix de Gwen dans le cartable.
Collègue: et bé... Et puis je te comprends. La dernière fois j'ai croisé Linda et c'est vrai que son visage respire pas l'intelligence.

J'approuve même si c'est triste à dire: Avec ses lunettes loupes et ses dents du bonheur proéminentes, j'ai l'impression parfois d'être en face de l'enfant caché de Trelawney et Dingo.

*13h40*

Gwen: Maîtresse! Mon twix il a encore disparu!

*soupirs*

Justine: Maîtresse! Le twix est au fond du cartable de Linda!


Prenons du recul...


Deux solutions s'offrent à moi, soit déduire selon les faits observés soit réfléchir...

1) J'ai rien vu...
2) Je peux dire et je suis sûre à 98% que Linda ne s'est pas approché du cartable de Gwen de la matinée... les 2% qui restent c'est quand je ne suis moi même pas dans la classe
3) La fameuse Gwen s'est bien rendu compte que la première fois je n'avais pas puni Linda pour la simple et bonne raison que je ne peux pas juger sans avoir vu et que cela l'a bien vexée.
4) Cependant Gwen se trouvait à un moment dans ma classe alors qu'elle ne devait pas y être... et c'est pas du tout son genre.

Supposition: Gwen serait elle assez perfide pour mettre son twix dans le sac de Linda?

J'en suis venue à me dire et selon le regard pleurnichant de Linda quant à ses accusations que les deux possibilités étaient malheureusement plausibles. Linda peut faire ce genre de stupidité et Gwen peut être parfois cruelle... ou un autre élève par ailleur...

Dans un cas comme dans l'autre, la situation reste alarmante quand même.

C'est comme qui dirait la goutte d'eau qui fait déborder le vase et juste le jour ou je dois parler à la maman...

Et puis le soir, arrive Linda, sa maman, son grand frère de 10 ans, sa petite soeur de 5 ans et puis une jeune fille que je ne connaissais pas mais j'en ai déduit qu'elle était la traductrice pour la maman. Et on apprend bien des choses...

Moi: Soyons réaliste. Linda a de grosses difficultés et nous avons un peu les conséquences du fait d'avoir refusé son redoublement alors qu'elle a passé en tout et pour tout 4 mois en CE1. Cependant je dois dire que depuis un peu plus d'une semaine, je vois la différence. Les devoirs sont fait et elle commence a prendre plaisir à travailler.
Jeune fille: Et bien en fait, j'ai été embauché il y a deux semaines pour l'aider à faire ses devoirs

*ba voilà... y'a pas de secret*

...

Moi: Cependant, même si l'année n'est pas terminé, il faut de nouveau envisager peut être un avis de redoublement et non pas seulement à cause des résultats scolaires mais aussi pour son bien être social car Linda a du mal à s'inclure dans sa classe et s'entends bien mieux avec des enfants plus jeunes vu son immaturité. Quand au fameux problème du gouter "volé", je ne punierai pas Linda pour ça car même si les faits sont là, j'ai de bonnes raisons de penser qu'il est tout a fait possible que ses camarades l'ait pris en grippe. C'est malheureux de le penser mais j'en viens à me dire que je ne peut pas exclure ce scénario. Dans tous les cas que ce soit elle qui l'ait pris ou qu'on l'ait mis dans son sac, la situation est grave selon moi et il va falloir s'en préoccuper.


Quand à moi, je pense qu'il va falloir que je ressorte de ma fameuse malle à malice un texte de littérature sur l'exclusion d'enfant dans un groupe et de la douleur que cela peut provoquer... En général ça marche assez bien... et la jouer en pièce de théâtre ça peut être sympa...

14 janvier 2009

De l'irrationnalité des peurs enfantines


Quand j'étais petite, mon frère était fan de hulk et, en tant que grand frère, il avait grande autorité sur la télécommande. J'étais donc obligé de suivre la manoeuvre.

Seulement voilà, j'ai 7 ans de différence avec mon frère et forcément, alors que lui faisait la différence entre fiction et réalité, je croyais encore que les bisounours vivaient vraiment dans les nuages et je guettais les bisounoursmobile dans le ciel.

Ce qui fait que pendant des années, j'ai fait des cauchemar que lorsque j'ouvrai la porte d'une cave surgissait le grand méchant vert qui venait m'attaquer.

On a tous un peu la trouille d'un truc complètement dingue quand on est petit. les monstres dans le placard ou sous le lit. Et quand on est adulte, ça nous fait tous un peu rire.

Une de mes élèves a du déménager il y a peu de temps.Sa famille cherchait un logement social un peu plus grand pour tous le monde. Donc elle a changé de ville et elle a changé d'école.

Seulement voilà, elle est tombé sur le quartier le plus crade du 93 (et c'est normal, c'est à côté de chez moi XD et c'est le quartier ou j'ai passé les 4 premières années de ma vie.) et l'école là bas y est d'autant plus pourrie que quand t'es au CP tu t'entraines à la lecture sur Petit ours brun et le niveau CE2 est assez pitoyable... je vous parle même pas des coups de feu le soir dans le quartier. Le cauchemar.

La maman, voyant un peu le désarroi des gosses, a décidé d'agir. Elle a demandé à la maman d'une de mes élèves de faire signifier à l'administration qu'elle hébergeai la famille pour que les gamins reviennent dans leur ancienne école.

Ainsi les gamins, le matin, doivent se lever à 6h pour arriver à l'école après environs une heure de trajet en transport en commun.

La gamine est super contente de retrouver sa classe et ses copains.

Seulement hier la petite s'est disputé avec la fille de la personne qui les héberge administrativement. Et la petite lui a balancé:

"Pour la peine je vais demandé à ma maman de dire que tu habites pas chez nous comme ça tu partiras de cette école!"

Alors la petite Anissa est venu me voir en pleurant:
"Je veux pas retourner dans mon ancienne école. Si elle dit à sa maman qu'elle doit dire qu'on habite plus chez elle, je vais devoir repartir... Je veux rester ici maîtresse!"

Et vous savez, autant je peux lutter contre les mauvais coup donnés, ou sur les gros mots balancés entre eux... autant ça... je ne peux que la consoler.

Alors bien sur, ce n'est qu'une dispute d'enfant et ca n'ira pas plus loin vu qu'en plus elles se sont réconciliés.

Mais je trouve qu'à 8 ans on ne devrait pas avoir ce genre de peur... Et plus tard, elle n'en rira pas.

Quand à moi... je peux toujours pas voir un épisode de Hulk...

20 décembre 2008

Les vacances...pas pour tous le monde


L'enfer de la dernière semaine d'école avant Noël où les gamins sont des mini démons qui te font bien comprendre que non ils ne bosseront pas.

Alors soit, on a fini les chaussettes de Noël, on les a rempli avec du chocolat, on a même eu le temps de coudre un petit coeur pour certain et a part ça... on a fait quelques additions, des soustractions, des multiplications, un peu de révisions et rien d'autre.

Et puis j'ai eu le droit au chocolat de Noël... enfin bon, je suis assez contente d'être en vacances.

On ne pense pas assez que pour d'autre c'est plus difficile.

Je m'attache à mes mômes... d'ailleurs c'est mes mômes, mes élèves de l'année dernière c'est mes mômes... bref c'est tous un peu mes enfants et finalement je m'attache un peu à eux et je pense encore à certains de mes anciens élèves.

La petite Christina, elle, n'aime pas être en vacances. Parce que ses vacances c'est voir sa mère boire, devoir s'occuper des plus petits et assumer les éternelles critiques de sa mère. Alors hier, quand je l'ai raccompagner à la porte et que sa mère n'était pas là à l'attendre, elle s'est mise à pleurer parce que l'angoisse montait... dans quel état allait arriver sa mère?

Comme dirait une collègue, des fois, on a envie de les ramener chez nous parce qu'on sait qu'ils vont en baver.
 

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