23 septembre 2007

Le samedi de la discorde


Ecole? Pas école? Réunion pédagogique? Animation culturelle? Réunion parents?... Le samedi matin est un espèce de fourre tout où très souvent on ne fait pas grand chose et surtout pas très longtemps.

Concrètement, un gamin qui a des parents qui travaillent tôt et finissent tard (puisque nous devons travailler plus pour gagner plus selon notre cher président) a une semaine rempli déjà: il se retrouve à la garderie du matin à 7h30 (d'ailleur si j'étais maman, c'est ce qui arriverai a mon gamin), reste manger à la cantine, fini l'école à 16h, enchaine avec... allez soyons raisonnable... 1 heure de garderie (sachant que c'est toujours plus) ce qui lui fait une journée de 9h30 à multiplier par 4 (Lundi, mardi, jeudi, vendredi) soit 29h... que en plus de ça, il est très probablement en centre de loisirs le mercredi soit entre 7h30 et 17h encore ce qui nous fait un total de 36h30. A celà on rajoute les 3 heures du samedi matin, ce qui nous fait en tout et pour tout 39h30...


Alors les 35 heures c'est bien gentil, beaucoup de gens apprécient, mais je pense que les premiers qui devraient profiter des 35 heures de travail c'est le petit de 4 ans et pas un jeune actif de 25...


Là est le problème: si un adulte a un rythme de travail déjà fatiguant pour lui, comment peut on faire subir pire à nos enfants? Vous allez me dire "on a pas le choix"... Certes... Mais je suis sûre que ca vous gonfle ou que ça vous gonflerai tous que le samedi matin vous vous leviez pour emmener les enfants à l'école alors que vous, vous ne travaillez pas... Et je suis totalement de cet avis.


L'école ou je me trouve travaille sur 5 jours, et à part quelques réunion de travail dans l'année le samedi matin, nous sommes dans l'obligation d'acceuillir les enfants... Seulement voilà: Les parents n'emmenent pas les enfants à l'école, puisque ils sont en maternelle et que déjà la maternelle ce n'est pas obligatoire... du coup le premier samedi ou je n'ai pas eu de réunion, il n'y a eu qu'un seul enfant qui est venu dans ma classe.... et c'était le seul dans toute l'école!!! J'aurai d'ailleurs même pas du l'acceuillir parce que je ne devrai pas me trouver seule dans une pièce avec un enfant.


Je suis quand même partagé face à celà: je suis dans un quartier difficile avec des enfants en difficulté plus ou moins importante, j'ai quelques moyens mais parfois pas assez suffisant et leur privé de 3 heures de classe qui pourraient faire la différence dans une année m'enquiquine. En même temps, il faut les laisser respirer ces pauvres gosses.


Je n'ai donc qu'une hate: entrer dans la semaine des 4 jours définitivement. De moins en moins de parents travaillent le samedi, et ils veulent profiter de leurs enfants, c'est tout de même compréhensible... Quand à nous, les instit, j'aimerai que nous conservions une semaine de 5 jours: le samedi matin peut nous être utile pour préparer la prochaine semaine à l'école et puis on a tout un tas de réunion d'école et tout et tout à faire. Ca améliorerai la qualité de notre travail et ca permettrai aux enfants de bénéficié d'instit frais et dispo, avec pour eux, un vrai bon week end reposant.


De plus, et il faut malheureusement bien le dire, la progression du nombre de parents divorcés ou séparés avec la garde partagée est un autre problème: avoir école le samedi, c'est priver encore un peu plus un papa ou une maman qui ne voit que ses gamins le week end.


Remercions donc monsieur Darcos qui souhaite visiblement avancer dans cet histoire dixit ce petit article : http://www.liberation.fr/actualite/societe/276005.FR.php


Je dois bien le dire: pour le coup je n'attend que ça ... et même si l'inspectrice de notre circonscription insiste pour qu'on force les parents à apporter leurs enfants le samedi, Je me suis juste permise de dire au parents: "L'instruction est obligatoire à partir de 6 ans, l'école est ouverte du lundi au samedi, vous avez inscrit votre enfants du lundi au samedi, maintenant sachez que peu de parents emmenent leurs enfants le samedi matin et je me vois très mal abordé une nouvelle leçon avec un dixième des enfants de la classe dans un soucis d'équité et je ne demanderai pas de justificatif à l'absence des enfants le samedi matin parce que je comprendrai tout a fait qu'il soit absent. Cependant sachez que nous sommes là et que nous avons l'obligation de prendre vos enfants si vous nous l'apporté un samedi matin."


Voilà donc ce que je leur ai dit entre autre à la fameuse réunion des parents en ce samedi matin :D.


J'appréhende toujours un peu les réunions des parents. On leur parle du règlement de l'école du programme enfin tout un tas de bordel qu'ils revoient chaque année et c'est toujours la même chose: Il n'y a que le programme qui change. En fait, nous avons décidé avec mes collègues de grandes section de faire ça toute les 3 et j'avais pas pensé à la conséquence d'une de mes paroles: Je me suis présenté en tant que remplaçante et j'avais oublié de mettre au courant les parents... aïe! J'ai donc vu quelques tête se transformer durant la réunion, des tête se disant "ah, parce que c'est qu'une remplaçante!"


Je peux comprendre que c'est tout de même angoissant pour un père ou une mère que de savoir que son enfant est en charge de quelqu'un qui en tant normal ne devrai pas être là. La vision du remplaçant bouche trou est quand même assez persistante. J'ai donc dit aux parents qui le désiraient, que l'on pouvait se voir ensemble pour que je leur explique ma situation et ma vision des choses en les rassurants sur le fait que dans la mesure ou j'ai pris la classe depuis la rentrée, et celà pour presque la moitié de l'année scolaire, il était évident que je faisais comme si j'allais avoir la classe à l'année et que même les enfants n'étaient pas au courant de mon statut parce que celà pourrait nuire à ma crédibilité et qu'en plus celà pourrait les destabiliser.


Les parents l'ont tout a fait compris et eux même se sont mis d'accord pour ne rien dire à leurs enfants pour le moment.


Celà fait à peine 3 semaines que j'ai pris cette classe et j'appréhende déjà le jour où je devrais en partir (normallement en janvier si la titulaire ne prolonge pas son congé parentale) Concrètement je vais devoir anoncer aux enfants mon départ au mois de décembre un peu avant Noël. Ce qui n'est pas non plus une période idéale pour ce genre d'annonce. Donc j'appréhende un peu.


Pour le reste, j'ai quand même rassuré les parents sur ce que je voulais faire avec les enfants comme projet, à savoir travaille un peu sur les sciences et l'anglais et leur dire que ma priorité était de faire avancer tous les enfants quelque soit leur niveau. Si un enfant était en avance, il aurait des exercices plus difficiles et si il était en retard il aurait des exercices simplifiés pour apprendre tout en douceur. Les parents ont toujours peur quand ils voient que leurs enfants ont des capacités et que l'école ne peut y répondre correctement en les tirant vers le haut. Mais j'ai aussi du leur préciser que tout ce que je venais de leur dire était mon point de vue et mes priorités mais que je ne pouvais pas leur assuré qu'il était de même pour la titulaire vu que sur certains point je m'écartais un peu et prenais plus de liberté face au programme de l'éducation nationale.


Du coup les parents m'ont posé une question: "Est il possible d'écrire une lettre à l'inspection pour que vous restiez toute l'année?" XD


"Vous savez quand on a un statut on l'a toute l'année." XD


Enfin bon, ce samedi c'est quand même un vrai bordel, mais au moins ont peu en ressortir de bonnes choses comme ce genre de réunion. Rassurer les parents c'est aussi les mettre en confiance quand il dépose leur enfant le matin à l'école et donc forcément on a des enfants bien suivis...
Maintenant il faut avouer que c'est quand même drôle d'avoir en face de soit des parents et non plus des enfants... les mêmes en plus grand XD

18 septembre 2007

Maîtresse! J'AI MAAAAAAAAAAAAALLLLL!



Septembre et les premiers frimas, les premiers nez qui coulent, les premières bagarres, les premiers genoux écorchés et autres bobos en tout genre.


Pourquoi parler bobo aujourd'hui? Et bien parce que je me suis rendue compte d'une chose étrange.


En deux semaines et demi depuis la rentrée on commence à sentir la fatigue chez les enfants qui ont du mal a retrouvé le rythme... du coup il se casse la gueule en permanence... et puis il se connaisse mieux aussi depuis la rentrée.... donc du coup il s'en foute plein la tronche.


La chose étrange que j'ai constaté aujourd'hui c'est que plus les enfants sont petits, plus le plus petit bobo du monde est montré comme une catastrophe nucléaire. Du style le gamin se coupe avec une feuille, ça ne saigne même pas, et c'est à peine si on vois qu'il y a quelque chose et le gamin vient te voir en montrant son doigt et dit :" Maîtresse, je me suis fait mal regardeeeeeuuuuuuu".


Personnellement je ne me rapelle pas avoir tant chipoté sur des petits bobos quand j'étais petite donc je suis un peu choqué de voir ce chipotage. Je me souviens d'une fois où je suis allé me faire soigné à l'école, j'avais déchiré le fameux et super 80's collant en laine de couleur rouge flashy et des petits bouts de laines s'était incrustré sur ce qui est devenu ensuite une superbe croute... (note: les collants de petite filles sont quand même nettement plus beau maintenant qu'a mon époque ^^)... Je trouve quand même que question bobo les enfants sont quand même plus compliqué qu'à mon époque (après , il y a 20 ans j'étais pas instit donc bon... je vais demandé à une de mes collègues tiens, ca peut être intéressant...)


Être dérangé toute les 2 minutes, pour un petit bobo de rien c'est tout de même embétant et il ne faut pas laissé de côté un enfant sous peine qu'il pense qu'on s'en moque. Alors j'ai trouvé 2 remèdes efficaces:

- Soit montré un intéret très profonds à ce bobos en prenant un air inquiet et finir par dire " va mettre de l'eau bien froide dessus."

-Soit regardé le bobo un instant puis regarder l'enfant d'un air grave et lui dire: "Je crois qu'il va falloir te couper le doigt/ la main/ la jambe/ la tête"... le gamin me regarde alors en riant et relativise tout seul... finalement il oublie qu'il a mal.


Et puis il y a le bobo physique qui se mélange au bobo psychologique et observer ça c'est vraiment très drôle. Le pire c'est que l'enfant en lui même ne s'en rend pas compte. Par exemple, dans ma classe j'ai un enfant que je vais appeler Brando, ( parce qu'il fait vraiment petit caïd qui se fait respecter... un petit black qui a déjà plus de muscle que moi...Et parce que c'est un jeu de mot avec son vrai prénom aussi :D) qui a été désagréable toute l'après midi, donc du coup, comme je distribuais de la craie pour qu'ils jouent tous en récration, je ne lui en ai pas donné ce qui ne lui a pas beaucoup plus. A peine arrivé dans la cours qu'il s'étale tout du long sur le bitume et viens me voir en pleurant pour lui soigner son coude. C'était une vraie égratinure donc je l'ai soigné. Mais même après que je le soigne il continuait a pleurer tous le temps. En fait, il pleurait pas parce qu'il avait mal physiquemet mais parce qu'il avait du mal a accepté la punition précédente. Au bout de 10 minutes de pleurs à cause soit disant de sa douleur au coude je lui ai donné sa craie... 30 seconde plus tard il était en train de gambader comme un cabris.


J'ai quand même une sacré chance (et je touche du bois) de ne pas avoir eu de gros gros problèmes niveau santé avec les gamins que j'ai eu jusqu'à présent. Mais on m'a raconté pas mal de chose impressionantes.


Prenez l'année dernière par exemple avec mes CE2, L'école où je me trouvais à eu la primauté d'avoir un article rien qu'a eux dans le Parisien... Un petit de CP a eu la merveilleuse et talentueuse idée de ramener un espèce de petit tube de liquide fluorescent et d'avaler son contenu avec ses camarades: intoxication générale, vomissement et autre joyeuseté... les instit ont cru a une intoxication alimentaire à la cantine: polices pompiers et ambulances en nombre se sont regroupés... C'est fou comme on doit être honteux de sa bétise quand on réussit a réunir tout ces gens XD.
Et puis il y a les accidents plus grave... et ça, ça m'angoisse... Quand j'étais petite j'ai eu une amie qui avait fait une crise d'epilepsie dans la cour... c'est très choquant tout de même comme vision. Je me rapelle d'avoir vu ma maitresse se précipité sur elle et les pompiers qui sont arrivés. Je me demande comment je réagirai face à ça maintenant, si j'aurai les bons réflexes...
Quand j'ai fait mon stage en CP l'année dernière, le directeur de l'école m'a raconté que la vitre d'un vasistas du 2 ème étage c'était décroché en claquant violement suite a un courant d'air. la vitre est tombé sur une gamine de 9 ans qui se trouvait en dessous et en lui tranchant net le nez qui ne tenait que par un petit bout... Elle n'a pas eu mal sur le coup mais bon le sang c'est tout de même impressionnant. O_O Ca fout une sacré trouille tout de même... Moi qui ai du mal a supporter ce genre de vision , j'espère que je saurai gérer dans une crise pareil.
Enfin bon tout ça pour dire qu'au final, celle qui était malade aujourd'hui c'était moi... j'ai fini ma journée aphone à cause d'une rhinopharingite... j'ai fini par leur dire de ma voix toute déformée:
" C'est malin! Vous me faites crier alors que vous voyez bien que j'ai du mal a parler! J'ai perdu ma voix!"
Ce à quoi la petite Léa répond:
"Ah? Elle est partie où ta voix maîtresse? Dans ton ventre?"

13 septembre 2007

La maîtresse est complètement sloumpy-sloumpy...



Depuis que j'ai remis les pieds dans une école maternelle, je me suis remise à la littérature de jeunesse et spécialement des albums.



Quand j'étais petite ma mère m'achetait rarement des albums et m'achetais surtout de long roman... parce que (dit elle) au moins elle en avait pour son argent. C'est vrai que quantitativement, un album c'est pas beaucoup de lecture mais ca a quand même beaucoup de charme. Tout ça pour dire finalement que en ce moment j'ai un grand coup de coeur sur les différents albums pour les petits et que je suis carrément fan pour certains... Mon seul regret c'est de pas en avoir lu plus quand j'étais petite.




Alors soit... je vous ai déjà fait découvrir pou-poule... il est temps de vous ouvrir à de la grande et sublime culture en commençant par ceci:



Un titre hautement évocateur n'est ce pas? Caca boudin de Stephanie Blake. (Si ma prof de philo de l'année dernière voyait que je fais la promotion de ce bouquin elle me ferai ... un caca nerveux.)



Alors c'est l'histoire d'un petit lapin qui n'arrête pas de dire "Caca boudin"... Hautement intellectuel vous allez me dire... et bien allez le consultez dans une librairie... A chaque fois que je l'ai fait lire, j'ai eu l'effet escompté. Si vous voulez rire comme un débile sur un bouquin consacré au 3-4 ans, je vous le conseil :D.



Pour poursuivre dans la série pipi/caca/prout voici De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch. Je l'ai lu une fois dans ma classe et les enfants me l'ont à nouveau réclamé. Grosso modo, une taupe sort de son trou et... ba on lui chie dessus...et donc elle cherche à savoir qui lui a fait ça. Alors elle va voir les autres animaux et pour prouver leur innocence, les animaux lui montre comment ils font caca. C'est pas très enrichissant pour un adulte mais les gamins adorent... Si vous avez un cadeau a faire :D.




Une héroine comme je les aime: Mademoiselle Sauve-qui-peut de Philippe Corentin. A lire absolument: ca fait sourire (pas autant que Caca boudin quand même) mais ca vaut vraiment le coup d'oeil si vous en avez ras le bol des héroines niaises qui se laisse bouffer par un grand méchant loup... je vous l'accorde, c'est une espèce de tornade qui démolie tout sur son passage... Je trouve que ça me ressemble assez ^^.




Et enfin parlons donc de mon coup de coeur actuel à savoir Sur L'île des Zertes de Claude Ponti. Claude Ponti c'est un des auteurs les plus dans le vent en matière de littérature de jeunesse... Pour ne rien vous cachez je n'étais pas spécialement fan avant que je ne lise l'île des Zertes.

L'album est assez long mais je vais vous mettre un petit résumé: Jules est un zerte. Il vit sur l'îles des zertes où il zertillone avec les autres zertes. Le meilleur ami de Jules c'est Diouc. Diouc est un clou. Jules a rencontré Diouc alors que le Martabaff a planté Diouc sur le sol "jusqu'aux narines" (sachant qu'un martabaff c'est un espèce de gros marteau vivant).
Jules est fou-amoureux-fou de la brique qu'il a rencontré le jour ou le martabaff au lieu de taper Diouc, a frapper Jules sur la tête. Du coup, Jules en a été tout "sloumpy-sloumpy" et quand il s'est réveillé il a vu la plus belle brique au monde. Et quand il apprend que la brique n'a pas de coeur, il pleure... Mais un jour que le martabaff poursuivait Jules et Diouc, il percute de plein fouet Roméotte et donc ils ont été tout "sloumpy-sloumpy" et ils ont su alors qu'ils était amoureux... alors ils se sont fait 2 millions de bisous.

Vous avez tout compris?... ouai...vous avez pas l'air....Et encore je ne vous ai pas parlé du Trou, des tourneciels bleus, des popotapomélos et du Couv-Touïour... Vous l'aurez compris, Sur l'île des Zertes est un truc complètement philosophique et hautement intellectuel: vous pouvez le lire et le relire que vous comprendrez pas tout. J'aime beaucoup en fait les passages montrant l'attachement de Jules à la brique, ça montre toute la cupidité de l'homme face à l'argent (ba oui... Jules est amoureux d'une brique... c'est quand on lui fait prendre conscience qu'elle n'a pas de coeur et qu'elle ne l'aime pas qu'il se remet en question)... Non franchement je vous conseille vivement ce bouquin, c'est mignon et très philosophique et ca donne envie d'être un peu "sloumpy-sloumpy" mais pas face à une Brique... non en faite, la maîtresse elle veut être sloumpy-sloumpy grâce à un Jules...

07 septembre 2007

In the Ghetto



Quand on s'habitue à s'endormir tard et de se lever tard, reprendre un rythme scolaire n'est pas tout a fait simple. Aussi, c'est pas faute d'avoir voulu me coucher tôt mais une classe de grande section c'est quand même pas simple à gérer, parce que les petits ca veut toujours être actif et que ca ne conçoit pas de dessiner toute la journée (alors qu'un CM2 pourrait le faire.... comme quoi...oui j'exagère peut être un peu)

Après m'être couché à 1h30 du mat', me levé à 6h45 du mat' c'est pas vraiment ce qu'on appelle une bonne nuit de repos.


J'ai tout de même la chance d'être équipée d'un GPS qui me permet d'éviter les autoroutes surchargées et de mettre 30 minutes de trajet au lieu des 1h15 que j'aurai pu subir.

Arrivé à l'école à 7h50, je déballe mes affaires et mon cahier d'appel et rien qu'a voir les noms sur la liste je me dis que je vais me retrouvé minorité ethnique de l'école: guinéen, malien, sénégalais... ma classe allait être surement très coloré. (Et c'est le cas car sur mes 21 enfants présent, 14 sont noirs ^^)

On a beau dire, les cités c'est vraiment le ghetto: on planque tous le monde dans les batiments comme si c'était des cages à lapin: ça craint. Surtout qu'en générale ce sont des familles nombreuses voir très nombreuse: en moyenne, j'ai calculé que dans la famille de chaque gamin il y avait au moins 3 frères et soeurs et tous très jeune en maternelle ou en élémentaire... y'en a qu'un seul qui est fils unique (mais je crois qu'il a été adopté)

On m'a aidé a acceuillir les enfants dans ma classe le temps que je receuille les info essentielles (allergie, asthme, numéro de tel pour joindre les parents...) ce qui m'a bien aidé. 24 enfants dans ma classe et ils ont l'air tous bien excité. Curieusement j'en ai eu qu'un seul qui a pleurer (et celà toute la journée) de peur que sa mère ne viennent pas le chercher le soir même. Je l'ai rassuré a coup de " Tu sais mon petit bonhomme, tu es chez les grands maintenant: ta mère est toujours venu te chercher jusque là, ce n'est pas maintenant qu'elle va t'abandonner... Et puis l'année prochaine tu vas chez les grands!"

Enfin je n'ai pas à me plaindre, le pire c'est les petites sections: tous le monde pleures en coeur... et les mamans aussi ...et des fois les mamans c'est pire...

Imaginez vous donc: vous êtes maman ou papa et pour la première fois de votre vie vous ramenez votre petit bout à l'école, ça fout un coup au moral... fini le pouponnage incessant et on ne peut plus dire que le petit dernier est un bébé... Ca c'est la vision "parentale"

Voici la vision "professorale": Imaginez vous une maman qui ramène son fils, fraichement équipé de nouveaux vêtements et de son petit sac à dos. En entrant dans l'école, elle se rends compte que c'est fini, bientôt il sera en élémentaire, au collège, au lycée, marié avec 4 gamins... les larmes lui montent aux yeux.

"Ba maman? pourquoi tu pleures?"

"pour rien mon chéri"

Attendrie par cette attention de la part du fiston les larmes redoublent: le petit qui n'a vu pleurer que sa mère très très rarement, voir jamais, crois à l'apocalypse imminente: si maman pleure c'est qu'il y a quelque chose de triste ou qu'il se passe quelque chose de grave...hors aujourd'hui on le ramène à l'école: cet endroit qu'il n'a jamais vu... Qu'est ce qu'elle a de si terrible donc cette école? Et puis pourquoi toute les mamans pleurent? Et pourquoi tous les autres enfants pleurent? Et donc forcément...


"MAMAN ME LAISSE PAS! JE VEUX PAS Y ALLER!" hurle t'il les joues ruisselantes.


La maman a le coeur serré de voir son gosse encore plus pleurer donc elle pleure encore plus elle aussi. Elle se baisse vers son gamin en renifflant.


"Mais il faut aller à l'école tu es grand maintenant".


Et là le môme qui s'entend dire que c'est bien de grandir depuis sa naissance, commence à se demandé si on lui a pas menti toute sa vie: si ça se trouve, l'école est un immense abattoir pour enfant...


Ainsi c'est le cercle vicieux tous le monde chouine, pleure, renifle et des filets de morves s'étalent sur les dos de petites mains. L'instit ressort alors le reste de son stock de kleenex et essaye desespérement de foutre les parents à la porte... Plus facil a dire qu'a faire surtout que les mères les plus persistantes se "dévouent" pour rester à l'école durant la matinée et qu'il faut leur faire comprendre avec toute notre délicatesse que non, ce n'est pas possible...


Quand finalement, elles sont misent à la porte, c'est à la fenêtre qu'elles s'attaquent... sauf que les instits savent pertinement qu'ils y aura toujours une mère pour pleurer et dégueulasser les fenêtre de l'école en tentant de les embrasser par vitre interposée...du coup, on a mis des posters sur les vitres :D... Mais les petits arrivent toujours à voir les yeux larmoyants de leur mère derrière la fenêtre... il est quasiment 10 heures quand finalement on arrivent à faire quelque chose...


Enfin bref me concernant, il a fallu que je me fasse a ces grands parmi les petits. La question de la journée était


"Qu'est ce que vous avez fait pendant les vacances?"


"Moi maîtresse! Je suis partie au bled"


...


Bon j'ai pu voir un peu ce qu'ils valait: j'ai de la chance ils tiennent tous bien leur crayon sauf 1... par contre il savent pas tous écrire leur prénoms. En même temps j'en ai un qui a un prénom composé: il lui faut 15 minutes pour recopier son nom d'une étiquette... le pauvre il croit qu'il est inférieur aux autres mais il a 11 lettres dans son prénom... normal qu'il ai du mal.


Et puis le problème c'est surtout leur vocabulaire craind: connard, tu me fait chier... et le filles crachent par terre dans la cour... m'enfin bon j'y arriverai... faut que ça change et je suis motivée.


Toujours est il que mardi soir, j'ai garé ma voiture, j'ai pris une couverture, je me suis vautré dans le canapé et j'ai dormi une heure et demi. ^^


J'ai eu une victoire aujourd'hui: une petite fille a réussi a déchiffrer le mot "banane" au tableau et donc en cursive... et ils sont en train d'apprendre a trouver la lettre B dans les mots écrit au tableau (bon... ils entourent aussi les L...enfin c'est déjà pas mal)


Et puis je leur ai fait reconstituer des pantin en papier qu'ils ont du découpé et alors qu'un petit collait les différentes parties sur sa feuille il me dit: "Maîtresse, j'ai perdu la tête"


:D


Ah et puis j'ai appris ue bonne nouvelle: comme je suis zil et que je remplace une classe dans une autre école que mon école de rattachement, j'obtiens une compensation financière de quasi 15 euros par jour pour le déplacement.... soit 300 euros par mois... du beurre dans les épinards (et dire que c'est l'équivalent de ma paye quand j'étais en centre de loisirs...)

04 septembre 2007

La maîtresse fantôme de l'école


Durant toute ma scolarité, du moins jusqu'en Terminale, j'ai toujours eu certaines angoisses la veille de ma rentrée et surtout beaucoup de mal à dormir.


Arrivée à la fac, cette espèce d'angoisse a disparu (entre autre parce que la fac c'était franchement les vacances pour moi... et encore je regrette de ne pas avoir profité un peu plus... j'ai passé 4 ans les mains dans les poches en bossant en tant qu'anim à coté dans une fac réputé pour sa section histoire, c'est que je ne m'en suis pas trop mal sorti).




Dimanche soir, l'angoisse est revenue. Pourtant en étant zil, je savais que j'allais juste faire la potiche devant un téléphone en faisant de la paperasse (et ça n'a pas loupé). Impossible de s'endormir convenablement. Pire que ça, je remercie Razielle pour me textoté à 1h15 du mat, qui m'a réveillé de mon léger sommeil.




En ce jour de pré-rentrée, appelé aussi rentrée des instit, je suis donc partie assez tôt à l'école de rattachement où je devais attendre mon fameux coup de fil et où je dois retourner à chaque fin de remplacement en attendant le prochain. Une petite école assez bourgeoise où il n'y a que 6 classes juste accolés à l'hotel de ville. L'équipe y est d'ailleur assez chouette, mais il faut bien le dire, je me suis fait royalement chié. J'ai pris conscience qu'il n'y avait rien de plus frustrant pour moi que de voir chaque instit préparé sa classe, son domaine et que moi je n'avais juste qu'à mettre 150 petits mots dans 150 envellopes pour les parents d'élèves de l'école... On m'aurait mis caissière à carrefour que j'aurais été plus heureuse: au moins j'aurai eu un contact humain. Soit.




J'ai donc erré dans l'école pour savoir si un collègue avait besoin d'aide pour référencé ses fourniture ou autre. J'ai fini par m'arrété chez un jeune collègue qui, voyant mon désespoir s'est penché sur mon cas.




"Tu es quelque chose de rare: tu es une zil. Tous le monde te cours après les zil!"


"Oui... en attendant, j'ai l'impression d'être un pot de fleur."


"Mais non, tu es la maîtresse fantôme de l'école, celle qu'on voit en début d'année, qui peut quelques fois passé en coup de vent dans l'école de rattachement mais qu'on voit très rarement."




L'équipe m'a donné rapidement l'espoir d'espérer une place incessament sous peu. Je tendais donc l'oreille dans cette école labyrinthe (des couloirs partout et plusieurs escaliers qui mène aux mêmes endroit.)




Histoire de m'intégrer dans le métier et d'avoir l'impression de faire partie intégrante d'une équipe, je décide de partir au resto avec eux, resto qui porte le nom de "la tribu" et qui n'a jamais aussi bien porté ce nom que ce jour là: les 4 écoles du quartier avaient décidé sans se consulter de se réunir là bas, ci bien que le resto a 98% avait été réservé que par des instit.




Quand tout à coup une collègue se penche vers moi et me dit:


"Regarde là bas, tu vas être contente."


J'apperçois une jeune demoiselle enceinte jusqu'aux yeux qui papotait avec la serveuse. je lève un sourcil en la regardant.


"Eh bé, au moins 5 mois de grossesse... si ça se trouve tu vas resté dans le quartier!"




...




Là tout de suite je me suis dit que j'avais pas encore tous les réflexes de la bonne zilienne.




"Et en plus" rajoute a collègue "c'est l'école communicante... y'a juste une porte coupe feu qui nous sépare... Je crois qu'elle a un CE2.


Et là j'ai cru rêvé: reprendre des CE2 alors que j'avais déjà tous le programme de vocabulaire, de géométrie, de mesure et une partie d'anglais de faites: le rêve! Je me voyais déjà, en haut de l'estrade...




En attendant, il était temps de revenir dans mon école de rattachement... j'allais revenir pour continuer a faire cette satanée paperasse...bouarf... au moins j'allais voir une réuion d'école.



Et c'est en passant devant le directeur qu'il me dit:


"Il va falloir que tu nous quittes."



"ouah! où? quoi? comment? POURQUOOOOOIIII?"



Bon je l'ai pas dit comme ça mais je pense que mon regard a du l'exprimer.




"Ecole maternelle Victor Hugo... et c'est un congé maternité donc on te revois pas pendant un moment"




Dans mon enthousiasme, je prend quand même la peine de dire aurevoir à tous le monde... je me rappel de mon expérience de l'année dernière et je me dis "Faites que ce soit des petites sections!"


Je prend mon GPS et tape l'adresse de l'école... et là.


"Le GPS connait pas la rue...merdouillasseuuu"


Il n'empêche que grace au directeur je l'ai quand même trouvé la rue... et pendant que je tournais dans le quartier, mille et une question vient a mon esprit. "qu'est ce que je vais leur faire... et en plus ils ont EPS tous les jours ça va me saouler... est ce que c'est le début du congé mater ou la fin? Si ça se trouve je vais peut être pas resté si longtemp. Et comment je vais rangé ma classe?... Je suis pas déjà passé par là moi?"


Je fini par trouver l'école qui est plein pied et assez grande... Elle est juste entourée de grande tours... Après une réunion assez speed où j'apprend que j'ai des grandes section une de mes collègues me ramène devant ma classe et là je déchante... la salle est petite et il n'y a même pas de table...bouerf.


"Si tu as des questions, n'hésite pas je saurais dans ta salle de classe." et là je la vois partir dans la salle a coté et je vois une salle immense à ma gauche que je n'avais pas vu, avec un grand bureau et plein de rangement.


"C'est ma salle de classe ça?"


"Oui... et tu as ta salle de réunion et de peinture ici."


"Alors ces 2 pièces elles sont rien qu'à moi?"


"Oui tu as la plus grande salle de classe de l'école."


En tout 2 salles qui rassemblé ensemble doivent faire 6 mètres de large pour 20 mètres de long équipée de 2 lavabos de 2 tableaux à craie dont un immense et un à la taille des enfants et plein de rangement à ne plus savoir qu'en faire...


Et alors que je débale toute mes affaires, mon angoisse c'est de me demander comment je vais faire pour que ma classe soit prête le lendemain avec une tonne de carton qui restait a débaler et découvrir le matériel que j'avais. Le pire de tout c'est que l'école a eu un problème informatique dont je me suis chargé et que j'ai perdu une heure... autant vous dire que cette nuit la je me suis couché à une heure du mat... Le lendemain j'étais pas très fraiche...


To be continued...



02 septembre 2007

Zil va!

21:03, veille de la pré-rentrée. Me voilà en train de faire comme à mon habitude: Bosser au dernier moment. Concrètement qu'est ce que je fais? Quel classe je prépare?

Et bien déjà, je fais mon cartable :D Ca me fait tout drôle parce que c'est ma première vrai rentrée en tant que prof. Autant l'année dernière je me sentais pas encore prof et pourtant c'était concrètement le cas: j'ai eu plusieurs classes, j'étais payé mais bon j'étais encore en formation et pas titularisé, autant là, c'est vraiment un boulot: plus de formateurs, plus de guides, plus rien. On est vraiment tout seul. Sansan est devenue une grande fifille maintenant... c'est plus une étudiante!


Concrètement je me pose encore des questions, j'ai pas encore souscrit à mon assurance scolaire (tiens d'ailleur faut que j'y pense) et puis j'ai d'autres soucis concret: Titine va mal... très mal... en même tant ca fait 7 ans que je l'ai et avec 150 000 km au compteur, il est tant que je me sépare d'elle... mettre 600 euros de réparation pour sa suspension et sa ligne d'échapement ce n'est pas très rentable. Je vais donc prendre un prêt et acheter une autre voiture, surtout que cette fois ci, la voiture va faire partie intégrante de mon travail.


Car comme tous le monde le sait si justement, les postes les plus précaires sont refilés aux jeunes titulaires : me voici ZIL dans une commune d'une assez mauvaise réputation dans le 9-3! Alors qu'est ce qu'un zil? C'est tout simplement un remplaçant! Je ne me faisais pas non plus de beaux et doux rêve sur une titularisation dans une classe de CE2 comme j'ai eu l'an passé (et je pense beaucoup à eux ces derniers temps ^^) , ça aurait pu être pire, j'aurai pu être SEGPA (travailler en collège avc des ados en très grande difficulté) ou alors dans une prison... mais je pense que pour ça, des titulaires depuis quelques années sont plus adapté. J'aimerai quand même dans ma carrière faire quelque chose d'un peu plus spécialisé, comme travaillé dans un hopital ou alors en tant que prof pour enfants en grande difficulté, mais je pense que c'est un peu trop tôt (me connaissant je sens que ca va me titiller rapidement ^^)
Enfin bref j'ai fait mon cartable tout neuf en cuir avec une trousse toute neuve, des stylo tout neuf (avec plus de stylos rouges que bleus cette fois ci ^^) un cahier pour mon évolution perso et un bloc de feuilles simple pour laisser des traces de mon travail quand j'irai de classe en classe.
Le problème étant que quand certains ont 2 mois pour préparer leur classe, moi je n'ai absolument rien et donc je dois tout faire: du coup et bien je me prépare un petit dossier de choses que je pourrais faire et celà de la Très petite section de maternelle jusqu'en CM2... mais il faut l'avouer c'est pas très pratique :/. De plus, il faut penser à tout: il est possible que je remplace une classe le jour où elle a piscine ou lors d'une sortie pédagogique, bref, le coffre de ma voiture va ressembler a un immense placard, parce que faut prévoir toute ces petites choses et plus encore (comme épiler ses jambes de portugaises régulièrement même si pas de chéri XD)
Et puis demain c'est la pré-rentrée des profs et je vais la faire dans mon école de référence qui est une toute petite école maternelle et je vais attendre le fameux coup de fil pour me dire où je dois aller et pour combien de temps et puis préparé ma malette zilienne. ^^ (donc je vais mettre plein plein de dossier sur mon ordi et les éplucher :D)
Et puis il y a un risque que je n'ai pas de remplacement dans l'immédiat et donc ba je vais faire des taches administratives devant un téléphone.
Bref c'est tout de même un grand saut dans l'inconnu que d'être zil... d'un côté c'est angoissant, d'un autre c'est tout de même plus excitant qu'un quotidien gonflant. Mais est ce qu'il y a réellement un train train quotidien.
En attendant demain, je vais continuer a bosser gentiment et vous laisse cette fabuleuse lecture qu'est "le journal d'un remplaçant" c'est tellement vrai et tellement passionnant... Je suis sûre que vous deviendrez fan!
et zoup c'est par là => http://bluecity.free.fr/instit/
 

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