Affichage des articles dont le libellé est J'aime pô. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est J'aime pô. Afficher tous les articles

08 septembre 2012

Résister



Première semaine.

Je suis contente: ma rentrée commence bien. Je ne me suis pas laissée débordée par la paperasse administrative (ce qui est un miracle en soit mais y'en a encore pas mal en stock), mes élèves sont plutôt mignons et calmes (ce qui me change de mon ambiance de classe de l'année dernière mais ça peut encore changer) et si ils sont nettement moins performant que mes élèves précédents, ils sont aussi beaucoup plus mous du genou. (mais ça, ça va changer vu comme j'ai tendance à leur botter le cul pour qu'il se remue).

Moi ça va... Mais j'ai un truc dans le dos qui me gêne... Cette espèce de cape qui me donne envie d'intervenir quand mes collègues sont à l'arrache... Car si ma classe est calme, j'entend ce qui se passe à côté. Et à côté il y a Kidzilla...

Et Kidzilla reprends ses habitudes et teste son AVS et sa toute jeune maîtresse a savoir pourrir toute la classe en hurlant... Hurler au point de l'entendre et pourtant on est très bien isolé.

Je vis un cauchemar... sans rire j'ai qu'une seule envie , venir lui remonter les bretelles. Je l'ai fait
 2/3 fois... La première fois, alors qu'elle venait de hurler à en faire trembler les murs de l'école. Je suis rentrée, j'ai fait les gros yeux et elle a fondu en larme... Ce qui est un relatif progrès parce qu'avant elle aurait souris pour me gonfler un peu plus.

Je sais que ça ne me regarde plus, que j'ai fait ma part, qu'il est temps de passer le relais... Mais comme une bonne greluche que je suis, ça me bouffe encore.

C'est super dur parce que je me retiens... je veux pas que ma collègue pense que je la crois incompétente! Ce n'est pas du tout le cas. Je sais juste que comme la petite me connais, j'ai les trucs et astuces et surtout, elle ne cherche plus à me tester. J'ai l'habitude.

Je lutte avec moi même et c'est juste horrible d'être torturée. Je me remet pas mal en question pourtant et surtout j'essaye de plus me laisser emporter par mes sentiments parce que concrètement ça ne me mène à rien de m'emporter pour qu'au final tout m'échappe. Que ce soit professionnellement ou dans ma vie perso d'ailleurs.

J'ai vraiment un caractère de merde, c'est un fait. Faut que j'essaye de m'adoucir un peu.

Surtout que c'est pas le travail qui manque puisque mes élèves sont nettement moins bon que ceux de l'année dernière: les couleurs basiques comme le jaune n'est pas connu d'au moins la moitié de mes élèves alors que les couleurs étaient acquises par mes élèves précédents dès le début de l'année.

Si vous ne l'avez pas remarqué, je n'ai toujours pas parlé de l'inévitable Yliès. Celui qui crache, frappe, mords, griffe, enfants comme adultes et qui a balancé tout ce qu'il y avait sur le bureau de dirlo.

Tout simplement parce que Yliès a changé d'école.

Je m'y attendais. La maman l'avait évoqué l'année dernière. Il y a 2 écoles qui sont beaucoup plus proches de son domicile. En plus, je sentais bien qu'elle voulait "effacer" le lourd dossier de son fils de 4 ans.

Pour autant, j'ai encore des nouvelles. Il a croisé une ATSEM dans la rue et il lui a dit avec son regard noir: "Toi, je te connais plus".

Reste à savoir ce qu'on a dit à ce petit. Dans le pire des cas on lui a fait avaler le fait qu'il a été tellement relou qu'on l'a viré de l'école. C'est probable comme discours... On lui a dit tellement de conneries à ce môme.

Pour autant, sa nouvelle école est à, à peine, 5 minutes à pieds donc quelque chose me dit qu'on va an avoir des nouvelles.

Mais lui au moins je l'entends plus, donc je range ma cape au placard.

L'autre personne qui est ravie c'est mon collègue qui devait l'avoir dans sa classe. Il aurait presque fait le tour de l'école en hurlant de joie! XD


02 septembre 2012

Ca sent la rentrée



Je suis quelqu'un d'infiniment stressé... Et à chaque rentrée, c'est le même cinéma.

Comme beaucoup de gens, j'ai horreur d'être jugée. En même temps qui apprécie ça? Je pars du principe qu'il est très difficile de juger quelqu'un et c'est une chose que je ne me permet pas. Je peux dire que j'apprécie les choses, mais j'ai toujours énormément de réticences sur les jugements négatifs en me défilant à coup de "j'aurais pas fait comme ça", "je préfère l'autre"...

Bizarrement les attaques sur mon physique m'indiffèrent... mes compétences c'est autre chose. On peut me balancer toutes les saloperies imaginables sur mon physique ça ne me touche plus. Par contre juger mes choix ou mes compétences me rends assez susceptible.

Etre prof c'est être jugé en permanence: par ses élèves, par les parents, par les collègues et par tout autre intervenant extérieur qui viendrait envahir mon espace personnel: ma classe.

Je suis sans cesse en train de me torturer de doutes sur mes compétences à cause d'un historique familiale très très lourd et surtout sur mon début de carrière extrêmement chaotique... on peut le voir sur ce blog en 2007 après ma titularisation... 2006 a été pas mal non plus... Car il est une chose que je n'ai jamais dites ici: mon année de formation à l'IUFM a été catastrophique et j'ai bien failli ne pas devenir prof...car si la validation de l'année était quasi automatique à l'époque, j'avais tellement bourdé, que j'avais fait un espèce de rattrapage du rattrapage tellement j'étais à l'arrache... ma titularisation s'est faite à un cheveux. Même si ce n'est pas une excuse, il faut bien le dire, je n'étais pas quelqu'un de très stable émotionnellement à l'époque c'était le début de la longues descentes aux enfers.

Même si je vais beaucoup mieux (y'a pas photo) et même si il faut le reconnaître que oui, avec le recul j'ai fait beaucoup de merde (mais bon, on progresse avec les années dans ce métier) Je suis tout le temps en train de me mettre une pression monstrueuse.

Parce qu'il faut bien le savoir: si on devait tout faire tout correctement dans une classe, on ne ferai pas grand chose à côté, si ce n'est manger et dormir (et encore pas longtemps). Du coup, comme il y a toujours beaucoup de choses à faire et que chaque instant de libre pourrait être utilisé à bosser pour tenter d'atteindre une certaine perfection,  quoiqu'il arrive, t'as l'impression d'être une glandouilleuse. Et c'est pas les jugements extérieurs sur ton métier qui vont te rassurer.

D'un autre côté, comme on est seul maître à bord dans une classe, y'a pas grand monde qui peut juger en toute connaissance de cause nos compétences. Donc le moindre pas vers moi qui peut émettre un jugement je le prends comme une agression. C'est comme les collègues qui viennent regarder tes cahiers. On le fait tous pour voir ce que le collègue a fait pour nous inspirer... ba moi quoiqu'il arrive je le prends pas bien!

Une de mes collègues a regardé mes cahiers en fin d'année et elle m'a dit: "Dit donc tu les a fais sacrément bossé! et puis tu suis assez  ce qu'on fait dans l'école!" Remarques entièrement positive hein... ba j'aurais préféré qu'elle regarde pas et qu'elle ne me dise rien... Allez savoir pourquoi!... je suis probablement atteinte d'une paranoïa surdimensionnée... C'est comme mes collègues qui viennent me dire que j'ai peu d'affichage... je le reconnais c'est vrai... mais moi j'ai les jetons rien que de me mettre sur une chaise... alors un escabeau! Pfff est ce que ma conscience professionnelle doit me pousser au point de devoir vaincre ma peur excessive du vide?

Alors oui, on est maître à bord dans sa classe mais pourtant on est peut être plus jugé que certains, parce que notre métier tous le monde le connaît ou crois le connaitre à partir du moment où on est allé à l'école ou dans une structure scolaire et donc tous le monde se permet de juger...

Bref ce métier me met une pression monstre, la société me met une pression monstre et moi j'en rajoute une couche parce que, faut bien l'avouer, j'ai pas une grande estime de moi. Je manque terriblement de confiance en moi et je me demande comment on peut bien me faire confiance.

Mais bon j'essaye de me soigner et d'aller au delà de ça en essayant de pas me rendre malade non plus.

Si encore j'avais des collègues monstrueux qui ne serait d'aucuns soutiens et avec qui je serais en froid! Mais non c'est pas le cas! On est peut être pas des grands copains mais on rigole bien et chacun sait ce qui se passe de croustillant dans la vie des autres... Comme Dirlo qui a fait un camps de naturiste ou la collègue qui a quitté son mari pour un représentant de spectacle pour enfant. D'ailleurs on peut pas se cacher grands choses à force de se confier nos soucis dans nos classes...

*devant la photocopieuse*

Hélène: Il est pas mal le nouveau Zil.
Moi: Oui, il est mignon!
Hélène: Ah moi j'en ferai bien mon quatre heure.
Moi: Ah ba je crois qu'on pense toute la même chose!
Hélène:... T'es bizarre!
Moi: De quoi?
Hélène: T'es la première à t’exalter sur la première proie qui passe!
Moi: Mais même pas vrai! C'est toi qui t'accapare toujours les petits nouveaux mignons! Faut arrêter le délire!
Hélène: Oui mais là t'essayes pas de me le piquer! C'est louche!
Moi: Te le piquer en quoi?? Il est là depuis 3 heures! C'est pas comme si il partait demain... on a le temps de le travailler au corps!
Hélène: TOI T'AS UN MEC!
Moi: Mais n'importe quoi! Tu délires!
Hélène: Si t'as pas un mec, t'as rencontré quelqu'un!
Moi: pffff...
Hélène: C'EST CAAAA!
Moi: Contrairement à toi, je ne me jette pas sur le premier bout de chair qui passe...
Hélène: HAAAAAANNN! Alors c'est qui? Comment il est?
Moi: Bon t'as fini avec les photocop?
Hélène: Ouai... HEY SYLVIE! SANDRINE ELLE A UN CHERIIIIII!
Moi: NON C'EST PAAAAS VRAAAAAAAIIII!!
Hélène: C'est presque ton chéri! C'est pareil!
Moi: Y'a rien de fait donc...
Hélène: AAAAAAAAAHHH TU VOIIIIIS!
Moi: DONC... je peux toujours m'intéresser aux petits nouveaux arrivants...
Hélène: Mais moi j'ai pas de casse dalle en vue! je suis prioritaire!!

*Productive cette rentrée des profs...Très productive*


21 juin 2012

Auto-mutilation


C'est moche. Mais surtout, c'est bien triste. Et dire qu'elle avait arrêté...

19 septembre 2011

Du papier!


 BD @ Jacques Risso

Si il y a un truc dont j'ai profondément horreur dans mon métier, c'est la paperasse... Et en début d'année, j'ai l'impression qu'un bon millier d'arbres a été abattu rien que pour me faire chier.

Le piège, maintenant que je suis sédentaire et plus ZIL, c'est que la paperasse, j'en ai encore plus. Par exemple, la fiche d'aide à l'élaboration du Projet Personnalisé de Réussite éducative (PPRE) de Kidzilla pour préparer la REE (Réunion d'Equipe Educative) qui se déroule jeudi prochain pour Kidzilla.

Grosso modo on doit détaillé les soucis de Kidzilla et trouvé une source d'espoir à chaque point.
exemple:

Comportement de l'élève en relation avec l'adulte.
Domaine de réussite: (à argumenter)
Difficultés rencontrées: (à argumenter)

La colonne "domaine de réussite" se trouve toujours en première position. Belle hypocrisie: tous les enfants qui font l'objet d'un PPRE du genre pose problème et on pense d'abord au problème avant de trouver un espoir.

D'autant plus hypocrite que durant cette PPRE, seront présent la mère et le beau père de kidzilla, la psy, le médecin scolaire, la conseillère à l'éducation, la directrice de l'école et moi. Tous on vu Kidzilla, tous on reçu une pluie de "ta gueule" dans la tronche... mais c'est bibi qui va se taper la paperasse.

crotte.

Très franchement, hormis peut être sa mère, je suis peut être celle qui subit le moins les assauts de kidzilla. Je me cacherai bien de déclarer les petits progrès que j'ai pu observer: plus je lui trouve des bons points, moins on considère que j'ai besoin d'aide, plus on me laissera dans la misère. Alors certes les "ta gueule" diminuent légèrement faisant place à "t'es pas belle", certes je n'ai plus à lui courir après dans la cours pour qu'elle daigne se mettre en rang, certes les hurlements sont moins présent (en même temps je ne la force pas à faire quoi que ce soit)... Il n'en reste pas moins que les "ta gueule" sont toujours là, que je dois me battre régulièrement pour qu'elle mette son manteau et ses chaussures, qu'elle crise régulièrement et que pire que tout (et pour le moins choquant à observer) elle se violente en se giflant ou se frappant la tête... et autant les insultes diminuent, autant les coups qu'elle se porte augmente proportionnellement à la baisse de ses cris... comme si elle compensait.

Mon Atsem a du mal à s'en remettre à chaque fois que kidzilla se frappe. Il faut bien le dire, c'est comme si elle voulait nous montrer sa souffrance intérieure en se frappant.

Effet pervers: elle réclame une forte dose d'affection que je suis prête à lui offrir tout en me torturant intérieurement de la limite à lui donner: si j'arrête elle crise, si je continue, elle s'habituera de plus en plus jusqu'à en devenir indispensable. Cruel dilemme.

L'avantage c'est que moins elle connait la personne, plus elle est insupportable: je vous raconte pas la tête de la psy quand elle a du s'occuper d'elle...

Je suis sûre que je serai la plus raisonnable dans mes propos, ce qui est problématique.

Ca me saoule, faut que je trouve comment remplir cette paperasse sans être trop gentille, sans montré que j'ai la foi sur ses progrès pour avoir un max d'aide et en même temps faut que je soit raisonnable et montré ses points forts.

Je remplirai ça durant la Grande Messe. (GM)...dans le jargon de l'école, la Grande Messe c'est la réunion de début d'année de tous les enseignants de la commune pour écouter la bonne parole... de l'inspectrice. La Grande Messe où on papote et on fait tous autre chose parce que ça nous gonfle... AMEN! (la GM c'est mercredi)

03 novembre 2010

Les imbéciles rôdent…


Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir  6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.

09 mars 2010

Des rentrées comme ça, on en veut pas!


Lundi, rentrée de vacances. Je revois pour la dernière fois les maternelles que j’avais eu pendant 3 semaines avant les vacances. Je suis crevée parce que je suis sur le rythme de mes vacances c’est a dire couchée à 3h du mat’ levée à 11h30/ 12h… Mais je ne suis pas mécontente.
Je revois Enguerrand qui boude… Il n’a pas raté sa rentrée! Même si la relation qu’il a avec sa maîtresse est conflictuelle, il espérait la revoir. Il se sent coupable. Ce petit bout a cru, et je pense d’ailleurs qu’il croit toujours, que si sa maitresse est malade, c’était à cause de lui, parce qu’il l’a fait crier. C’est fou tout ce qui se passe dans sa tête à ce petit. Il est peut être case pieds mais c’est surtout un môme très sensible qui a juste un énorme besoin d’affection et de jouer… Ca va être dur pour lui le CP!
A vrai dire, je pensais en allant travailler, que j’allais passé une bonne journée et profiter que ce soit mon dernier jour pour passer un bon moment.
Et puis elle est entrée, et tout de suite j’ai su que quelque chose clochait.
L’état de Sarah, la petite atteinte de la maladie dégénérative dont j’ai parlé dans un article précédent, celle dont les muscles s’atrophieront toute sa vie, s’est considérablement dégradé. Ca m’a sauté aux yeux. Elle avait moins d’équilibre, son visage était plus figé, ses gestes étaient plus raide, sa langue était paresseuse, sa prononciation moins claire. Je l’ai vu dans les 2 minutes. A vrai dire, ce n’était pas si flagrant si on la voyait quotidiennement, mais, moi qui ne l’avait pas vu depuis deux semaines, ça m’a sauté aux yeux… bizarrement l’ATSEM n’a rien vu, mais l’AVS qui la voit tous les jours a ressentis quelque chose mais elle ne pensait pas que s’était si flagrant.
AVS: C’est marrant que tu l’ais vu si vite. T’es attentive…
C’est vrai. Quand ça concerne le bien être des gosses, je repère tout de suite les malaises, aussi petit qu’il soit. En fait, j’en avais pas véritablement conscience, mais l’année dernière, la directrice de l’école où je remplaçais un congé long avait dit à Isawette.
Directrice: Elle se préoccupe beaucoup du bien être de ses élèves!
La seule chose que j’ai dite après cela c’est “Bah… C’est normal non?”
A vrai dire, c’est pas  le fait de me faire remarquer cette qualité, qui me choque, c’est le fait que ce soit remarquable… Normalement, cette qualité, je pense que tous les profs doivent l’avoir, alors pourquoi montré cela comme un signe distinctif?
Donc depuis ce jour, j’ai un peu observé autour de moi et je dois dire que oui, je suis peut être un peu plus observatrice, mais de là à ce que ça me distingue…
Comme je l’ai dit à l’AVS, je pense que le rôle premier d’un prof c’est d’assurer la sécurité physique et morale des mômes mais aussi et avant tout de lui faire aimer l’école. Parce que si un môme ne se sent pas bien en venant à l’école, il ne travaillera pas dans de bonnes conditions. Combien de mômes, d’ado, de lycéens, se sont planter en cours, parce que soit ça se passe mal avec l’enseignant, soit ça se passe mal à la maison où à l’école.
Et les seuls qui peuvent voir tout ça c’est nous, non?
Bref, en ce qui concerne Sarah, ça m’a sauté aux yeux. Y’a plus qu’à espérer, que son état est du au fait qu’elle s’est beaucoup dépensée pendant les vacances et qu’en fait elle n’était que fatiguée.

02 février 2010

Lettre ouverte aux collègues… et moi et moi et moi…

frise
Chers collègues,
… Non en fait ça me saoule de faire de l’officiel “prout prout” bien que ce que je vais dire, ça me tiens quand même à cœur.
Si ça fait un moment que je n’ai pas pondu un pavé perso de mes aventures trépidantes, ce n’est pas réellement par manque d’inspiration parce qu’en fait, j’en ai plein. C’est plus par préoccupation personnelle mais en rapport avec le boulot.
Quand je débarque dans une école, je suis… la remplaçante. C’est la part du marché, on est le bouche trou, on assume… c’est comme ça après tout!
Ce qui est dommage, c’est que certains collègues nous voit avant tout comme bouche trou et non comme professeur des écoles qui ont la même formation, eu le même IUFM, parfois même des profs identiques: Bref des gens tout aussi capables qu’eux.
Alors oui, nous les remplaçants, on se sent un peu boulet quand on arrive dans une nouvelle école: On ne connait pas la structure, on ne connait pas les élèves, les collègues, le personnel, les horaires, la place des toilettes, où se trouve la cantine, quels sont les élèves en Aide personnalisées… Bref on a tout un tas de questions qu’on est bien obligé de poser à chaque fois qu’on débarque.
Ce qui me fait profondément chier, c’est de nous faire traiter d’incapable plus ou moins ouvertement. Ras le bol des profs qui croit bien faire en nous espionnant pour savoir si on fait bien notre taf. Ras le bol ceux qui croient qu’une “bonne classe” est une classe où l’on peut entendre une mouche volée et que si il y a un peu de bruits, pour eux, c’est parce qu’on est un incapable. Ras le bol des collègues qui interviennent en gueulant alors que vous patientez juste aussi longtemps qu'il le faudra pour avoir un rang correct (et une classe de CM1 sait très bien ce qu’ils doivent faire quand on les regarde devant une classe en disant juste un “j’attends!”) Ras le bol des collègues qui viennent rapporter à ceux qui sont remplacés tout ce qu’ils entendent de l’autre côté du mur, tout ce qu’ils ont vu comme travaux que l’instit corrige tranquillement en salle des maîtres… Ils vont même parfois jusqu’a regarder les cahiers des élèves pour faire un rapport détaillé. Ras le bol des jugements de valeurs hypothétiques sur nos manières de faire.
ZIL ce n’est pas synonyme d’incompétent, ZIL n’est pas synonyme de flemmard, ZIL n’est pas synonyme de glandus. Un ZIL c’est avant tout un professeur des écoles!
Autant vous dire que ces dernières semaines en CM1 ont été une galère monstrueuse, non pas avec les mômes mais avec la collègue d’à côté avec ses regards de travers parce que je hurlais pas assez à son goût sur les gosses… Autant je ferme beaucoup ma bouche quand je rencontre ce genre de personne qui croient avoir la science infuse en matière d’éducation à la gueulante, autant j’étais à deux doigts de lui dire “c’est quoi ton problème!” sur un ton qui veux dire “Ferme là et fou moi la paix”. Et jusqu’au bout elle me regardait d’un air" “ils apprennent rien avec toi”.
Un exemple?
J’ai fait remarqué que la frise chronologique de la classe avait une erreur de 2400 ans puisque la fin de la préhistoire est normalement daté en 3000 avant J.-C. et que celle de la classe indique 600 avant J.-C. . Je le sais d’autant plus que je suis assez bien placée pour le savoir puisque j’ai fait une licence d’histoire. La collègue me dit “C’est pas possible, sa frise chrono vient d’être refaite et il y a deux ans elle a été félicité par l’inspecteur pour sa frise.”… J’insiste qu’il y a erreur et elle me dit “je vérifierai”…
Le lendemain, je demande si elle a vérifié et à cela, elle me répond: “Non… mais je fais confiance à ma collègue parce que je la connais plus donc je pense que c’est en –600!”
Je vais m’auto-censurer sur la ribambelle d’injures qui parcourait mon esprit à ce moment là.
Et finalement,  au bout de 3 semaines, évaluation générale en français (Grammaire/ orthographe/ vocabulaire / conjugaison…4 leçons à apprendre) notée sur 80 et ramenée pour les enfants à une moyenne sur 20… résultat pour la classe? 15,76/20 de moyenne générale avec comme plus mauvaise note 10/20.
Bref de grosses envies de meurtre, qui m’ont rappelé mon calvaire d’il y a deux ans, où on me traitait d’incompétente à tout va, à coup de harcèlement psychologique par une Conseillère péda reconnu dans plusieurs circonscriptions pour sa capacité à détruire le moral des jeunes enseignants.
J’ai ravalé beaucoup de salive, fermé ma bouche, attendu patiemment, beaucoup soupiré, un peu souffert malgré tout parce que ça a ranimé pas mal de mauvais souvenir mais finalement depuis aujourd’hui, j’ai une nouvelle classe où j’ai été très bien accueilli. Une Grande section de maternelle.
Mais vous savez ce qui est d’autant plus mal passé?
La même collègue a osé balancer pendant une conversation à midi sur les ZIL
"C’est scandaleux que certains ZIL disent à la secrétaire de l’inspection qu’ils ne veulent plus travailler dans telle ou telle école! Ils ne devraient pas pouvoir choisir!”
Et ça, j’ai pas pu le laisser passer, parce que c’était la troisième fois que je remplaçais dans cette école et par 2 fois je me suis sentie épiée.
“Faut voir aussi comment nous les ZIL on est accueillis dans certaines écoles où on est espionnés et traqués comme des incompétents systématiquement alors que nous aussi on est prof avant tout!”
C’est sorti tout seul et j’ai senti comme des points de suspensions dans l’humeur de la salle…

11 décembre 2009

Nightmare


*remplacement, classe de moyen grand jusqu’à lundi inclus*
Moi et mes 25 élèves en EPS, parcours sur “franchir et sauter des obstacles/prendre des risques” début d’après midi.
Directrice: Je suis obligée de te ramener des élèves de la classe de Boris. Il a été appelé d’urgence, son fils est malade.
Moi: OK.
Directrice: Mais comme il y a que 6 classes dans l’école, que les deux petites section sont à la sieste et que les moyens sont en sortie, Tu vas recevoir une moitié de classe.
Et boum, je suis passée de 25 à 35 élèves d’un coup!
Mardi, y’a grève et pour une fois, je ne voulais pas la faire. Mais si j’avais le malheur de tomber dans une école ou la majorité des enseignants est en grève… ou pire! Si je me retrouvais dans une maternelle quasiment vide, sans ATSEM (elles aussi en grève) et vu la forte probabilité de me retrouver avec 40 élèves parce que les autres enseignants sont grévistes… Alors non, j’abandonne d’avance! Je suis instit et je ne fais pas garderie ou bergère!
Me voilà obligé de faire grève une journée pour éviter un arrêt maladie pour migraine XD
Et si y’a des parents qui osent râler sur les enseignants grévistes, je les invite à se débattre avec une classe de 25 gamins durant une journée avant de nous juger… Ca leur laissera un minimum d’aperçu de l’enfer que pourrait être 35 élèves dans des situations particulières, surtout dans mon cas, où je ne connais pas les mômes et que eux ne me connaissent pas non plus.
Vous savez ce qui m’énerve encore plus? Les premiers parents qui râlent sur la grève, sont les premiers à nous dire “Je ne sais pas comment vous faites avec tant d’enfants, j’ai du mal déjà avec 1 ou 2!”
*soupir*
Et quand on est berger, l’avantage, c’est qu’au moins le mouton est assez docile. Le marmot, lui, il peut s’enfuir de l’école dès qu’on à le dos tourné, déclencher l’alarme incendie pour se marrer ou amorcer une rébellion contre l’autorité… Et même si je suis résistante, si 40 élèves se jettent sur moi, je ferai pas long feu XD

17 novembre 2009

L’école où le temps s’est arrêté…


Ba… n’ayons pas de préjugés. Peut être qu’hier, j’ai un peu exagéré. Peut être suis je devenue un peu exigeante après tout. Soyons tolérante.
Faisons l’impasse sur les vinyles… ça a son charme. Faisons aussi l’impasse sur les  diapositives: C’est après tout un outils pédagogique comme un autre qui peut être utile et c’est beaucoup mieux que rien du tout.
On inspire, on expire et on retraverse la faille spatio-temporelle pour la journée.
Je crois que l’un des aspects qui me donne l’impression que cette école est vieillotte, c’est un petit détail que j’ai trouvé sur les affichages extérieurs concernant un spectacle, celui de “monsieur le vent”… Spectacle dont j’ai été moi même spectatrice à l’âge de 5 ans et dont le matériel est toujours le même après 22 ans de spectacle…

Mais un spectacle de qualité n’a pas d’âge… Prenez donc les femmes savantes…oui… bon Molière s’est une chose et ça s’en est une autre mais Molière a assez bien traversé les âges.
*9h45 récréation*
Le temps est incertain mais tant qu’il ne pleut pas, autant les faire sortir et je suis de service. Si il pleut trop, je les rentrerai…
Et ça n’a pas manqué, dans les alentours de 10h10 soit 5 minutes avant la fin de la récréation, la pluie devient insistante.
Rebelotte passage des disques vinyles.
Et au bout de 5/10 minutes…
Collègue: La pluie s’est arrêtée. On les remet encore dehors 10 à 15 minutes?
*Calcul rapide: 25 minutes de récré + 10 minutes de chansons sous le préau + 10 à 15 minutes de récré = environs 45 à 50 minutes de récré… au lieu de de 30. Et elle me dit ça comme ça… comme si c’était normal. Un peu comme les récrés à rallonge de la veille.*
Je crois que pour le coup je n’ai pas pu montrer mon effarement puisqu’elle m’a dit: “A moins que ça te dérange?”
J’aurai voulu dire “Oui ça dérange! On leur apprend quoi à ces mômes si on mange les journée par des récréations à rallonge? J’ai l’impression d’être en garderie et pas dans une école! Franchement s’en est affolant à quel point on glande rien dans cette école!”
Mais voilà je ne suis qu’une pauvre ZIL, je reste que deux jours.
Moi: Non non… et puis si il pleut cet après midi ils pourront pas sortir…
*mais ils verront une vidéo donc bon…*
Collègue: Oui et puis ces enfants, ils faut qu’ils se dépensent…
*pfffff*
Résultat, alors que je remettais les grands en récré et que normalement les petits moyens devaient aller en récréation et qu’ils m’ont vus, ils ont fait la tronche. La cours est trop petite pour tous le monde et je l’accaparais. Du coup, ils ont envahis le préau pour regarder une vidéo pendant 30 minutes. Et comme pour rentrer en classe, il faut passer par le préau et que je ne voulais pas avoir le culot, après ce qui s’est passé, d’interrompre ce petit temps de distraction en les dérangeant, j’ai attendu qu’ils terminent.
Je suis rentrée dans ma classe à 10h50 soit plus d’une heure de récréation en tout.
Cet après midi, il n’a pas plu non plus… Et ils ont eu 45 minutes de récréations.  T_T (ba… c’est elle qui était de service donc forcément, elle reste “un peu moins de temps”)
Les cahiers sont vides, ils passent leur temps en récréation… Non, décidément, heureusement que je ne reste que 2 jours parce que je suis presque tentée de dire au parents de prendre leurs gosses et de se barrer vite fait pour ne plus revenir dans cette école.
D’ailleurs, je crois qu’ils sont encore dans l’espace temps “Guerre Froide” . J’ai compté en tout et pour tout dans cette classe près de 81 paquets de feutre (et de qualité) de 12 à 24 feutres… Et je précise bien qu’il s’agit des feutres de la classe et non de l’école. Certes, les feutres, on en bouffe en maternelle mais de là à en faire une réserve en cas d’attaque nucléaire, je me demande l’intérêt.
Et le mieux dans tout ça, c’est qu’apparemment je ne suis pas la seule à constater cette faille spatio temporelle, puisque même une ATSEM de 37 ans fustige le fait de voir les mêmes activités et les mêmes affichages tous les ans.
J’ai pas osé lui demandé depuis combien de temps… Toujours?

14 novembre 2009

Espions


Voilà, je viens de finir mon remplacement chez les CP… Enfin!
C’est pas qu’ils étaient terrible c’est surtout que j’aime pas faire les CP… enfin bon je crois l’avoir déjà assez dit.
Les enseignants de CP sont des gros emmerdeurs… Quand ils ne sont pas là et que un ZIL les remplace, ils angoissent à fond parce que tout est fait au millimètre près et que suivre la programmation à temps est essentiel. Du coup, ils se morfondent et stresse alors qu’ils devraient se soigner… Pire que ça d’ailleurs, ce sont les premiers à embaucher des espions.
J’ai horreur de ça.
Je m’explique quand je parle d’espion. Le prof malade appelle son collègue qui est le plus souvent celui qui se trouve dans la classe d’à côté pour demander si discrètement, le zil fout pas le bordel, suit le programme, n’a pas fait un pet de travers et autres.
Et moi qui ai choisi ce métier parce qu’au moins personne ne m’y emmerdait, avoir un collègue qui regarde mes faits et gestes, ça me hérisse vraiment.
Comprenez moi: Toutes la semaine, l’instit d’à côté m’a dit quoi leur faire faire dans la semaine parce que c’est une classe qui travaille conjointement avec l’autre. Ca je le comprend. On m’a dit de suivre l’emploi du temps et pas trop dérivé si possible pour rester au même niveau… Je ne suis pas stupide et même plutôt pragmatique, je peux comprendre aussi. Après tout, en CP, on a peu de liberté… et à vrai dire, cette semaine à part en art plastique et en anglais (que l’enseignante à décidé de ne pas faire alors que c’est obligatoire… mais encore ça je peux le concevoir) la seule liberté que j’ai pu avoir c’est de bouger un peu les tables car j’aime les faire travailler en groupe… Parce que oui… même en EPS, j’avais pas le choix… concours de circonstance et gymnase partagé…
Alors quand l’instit d’à côté est venu me voir en essayant de me faire comprendre avec tact (mais ça a pas marché des masses) que la titulaire du poste était assez maniaque et que ça serait cool que les tables soient remises comme elles étaient… AAARRRRRRRRRRRRRRRFFFFF… Non mais on me prend pour quoi? J’ai déjà eu peu de liberté pédagogique de la semaine parce que j’ai suivi ce qu’on m’a dit de faire, mais en plus on remercie mon extrême docilité en rapportant mes faits et gestes :
1) On a balancé  que j’ai déplacé quelques tables.
2) On passe le message pour dire qu’il faut que je range, ce qui est une évidence.
3) On ose me le dire en face sous un air de reproche.
A côté, y’avait pas de cahier journal… donc crève, j’ai pas fait cette part de travail.
J’avais pas le code photocopieuse donc j’ai pas pu en faire de la semaine.
J’avais pas accès à tout le matériel… comme d’habitude je dirai.
C’est bien gentil de râler sur les remplaçant qui débarquent et qui forcément n’ont pas pu suivre exactement le programme si on ne sait pas où on en est quand on vient à peine de débarquer et qu’on ne connait pas les mômes. C’est bien gentil de râler quand on a rien sur la table comme un cahier journal qui pouvait laisser un trace sur ce qui a été fait et qu’on pourrait faire. C’est bien gentil de râler alors que parfois le matos est mis sous clé et qu’on y a pas accès. C’est bien gentil de râler quand on pas faire de photocop et qu’on est obligé de quémander le code.
Quelqu’un a donc penser que le zil lui, faisait ce qu’il peut MALGRE TOUT!
Bandes d’ingrats de titulaires de postes en classe… pfffff

08 septembre 2009

Trouver l’absurde…


Attention: Lisez bien le passage ci dessous, des questions vous seront posées.

Ce matin, accueil des enfants, petits mots aux mamans:
Moi: Bonjour Juliette
Maman 1: Bonjour!
Maman 2: Franck! Viens faire un bisou à maman avant de partir mon ange!
Moi: Bonjour… Bonjour Rose! Bonjour Clément!
Maman 3 et 4: Bonjour!
Fred: Maîtresse! J’ai soif!
Moi: Va boire au robinet là bas Fred!
 Maman 4: Je vous ai apporté des petits gâteaux pour la collation.
Moi: Merci… par contre je les garde exceptionnellement parce que je sais que des enfants ne petit-déjeune pas. Mais normalement je n’ai rien le droit de leur donner puisque la collation est interdite à l’école.
Maman 3: Ah bon? Pourquoi?
Moi: C’est en prévention contre l’obésité. Certains de mes collègues l’accepte mais pas moi… Mais comme je vous le dit, j’accepte les premiers temps.
Maman 4 : Ah d’accord… Bonne journée
Maman 2 et 3: bonne journée!
Moi: Bonne journée! A tout à l’heure.

Si vous trouvez que cet extrait n’a rien de spécial tapez 1.
Si vous êtes choquez par cette scène tapez 2.


Et si je vous dis qu’une des 4 mamans présentes a appelé de façon anonyme, non pas la directrice de l’école, non pas l’inspection mais le service éducation et jeunesse de la mairie en demandant si “ils trouvaient ça normal qu’un enfant ne boivent pas de l’eau en bouteille à l’école et n’ai pas de collations” sur un ton assez aigri, qu’en pensez vous?
Ce à quoi on lui a répondu “il faut s’adresser à l’école, madame!”… Je sais pas si elle voulait de l’eau minérale pour son môme ou si elle pensait que je les faisais boire dans une auge alors que des verres sont déposés près de l’évier (donc quand je dis “va boire au robinet” c’est avec un verre évidement…)mais…
Si vous pensez que cette mère est une BIIIIIIIIIIPPPP et que vous compatissez à ma douleur de devoir la supporter pendant un mois de remplacement tapez 3…

23 juin 2009

Ecole qui rit, école qui pleure…

Les livrets c’est enfin fini… et j’ai eu ma dose: 47 à cause de ma double décharge.
La dernière semaine s’annonce compliquée puisque le collègue que je remplace voudrait terminer l’année avec ses élèves malgré ses ennuis de santé ce qui peut se comprendre. Et comme il y a peut de remplacement à cet époque de l’année, il est fort probable que je me retrouve sans école fixe.
Ceci dit, c’est vraiment pas les classes que j’ai actuellement qui vont me faire regretter cela… ça sera des vacances avant les vacances.
L’endroit est hyper glauque et très chargé en émotion historiquement et le quartier n’est vraiment pas valorisé pour rendre l’endroit attrayant (genre camp juif de la secondaire mondiale)
On dit que l’histoire d’un lieu se répercute sur ses habitants avec le temps et je dois dire que les enfants du quartiers sont loin d’avoir une vie heureuse entre placements, divorce, mère battue et autre, on a beau dire que cela arrive partout, la pauvreté et la précarité amplifie les conséquences du moindre bouleversement émotionnel.
Cette école m’aura enrichie de part les différents problèmes des enfants que j’ai rencontré. Il est difficile de croire qu’on peut être un enfant presque pas socialisé. Il est difficile de croire qu’un garçon de 10 ans, touche les fesses et la poitrine de ses camarades de classes. Il est difficile de croire qu’un autre ancien élève de 15 ans s’est fait renvoyé du collège pour attouchement sexuel sur une fille de 13 ans.
En même temps, entre la rédaction demandé hier et aujourd’hui, ça a été assez difficile…
*Olivia, 9 ans, arrive dans la classe en pleur*
Moi: Ba qu’est ce qu'i t’arrive?
Olivia: C’est ma tata… Elle est morte hier.
Moi: Oh ma pauvre… C’était un accident.
Olivia: Elle est tombée sur les rails et s’est faite écraser par un train.
:/
Quand aux différentes rédactions entre meurtre décès et tueries de peuples, y’a de quoi déprimer.
A côté de ça, aujourd’hui j’ai eu le droit a un spectacle fabuleux: celui d’un baiser fougueux et passionné entre un de mes élèves et une de ses camarades de l’autre classe de CM2.
C’est meugnon tout plein.

J’aime les baisers fougueux et passionnés aussi bien que surprenants.

Mes élèves ont une vie amoureuse et pas moi.

Et le pire c’est que je les envies.

22 juin 2009

Comment pourrir des livrets scolaires…


J’aime pas ces CM2.
Je suis sûre que les CM2 en général peuvent être mignons mais ceux là! Aucun intérêts pour l’école ou les profs… voir aucun respect d’ailleurs.
Je vais vous dire… ils ont tous besoin d’un psy!
J’ai demandé à ce qu’il me fasse une petite rédaction sur un évènement qui les a marqué dans leur vie et j’ai eu des trucs assez morbides sur différent décès dans la famille dont un qui voyait le visage de sa soeur dans le miroir. Moi qui leur avait donné comme exemple deux enfants qui se disputent dans la cours de récréations.
J’ai eu aussi une rédaction sur une histoire d’amour mais je vous le scannerai parce que c’est assez magnifique :D
Enfin bref, je suis déjà pas très enchanté de les voir mais les vacances approchant ils sont de plus en plus pourris.
La journée avait plutôt mal commencé puisque l’élevage de phasmes s’est échappé des vivariums… je vous raconte pas le bordel et hurlement en tout genre au point qu’une des élèves affolée a fait une crise d’urticaire.
Les futurs adolescents mâle qui commencent à être en chaleur ne sont pas mieux.
Ba oui ce matin j’étais pressé et contrairement à mes habitudes j’ai enfilé un décolleté et ces petits pervers mataient dans le panier du haut de l’escalier pendant que je descendais. Je crois que la discrétion doit s’apprendre avec l’âge.
En rentrant de récréation, ils ont été assez pénibles pour que je leur dise que si ils continuent de rien foutre et de bavarder je leur ferai copié 100 fois qu’il était interdit “de faire ce qu’ils ont fait dans l’escalier” à faire signer par les parents.
Sans compter que de façon insinueuse ils devraient alors s’expliquer auprès des filles de la classe sur leur comportement.
Finalement j’ai décidé à midi de partir revoir les maternels de mon école de rattachement que j’ai eu en septembre octobre.
Et là ça a été une sacré bonne surprise puisque c’était couscous party et que j’ai pu m’incruster à mon grand plaisir.
Y’a pas à dire, les équipes d’enseignants mater en général c’est tellement plus cool que l’élémentaire… bon y’a toujours des cons mais en général je préfère.
Ca faisait plusieurs mois que je ne les avait pas vu et j’ai été accueilli les bras ouverts. Réciproquement chez les élémentaires, les zil, même à long terme ont du mal à s’inclure dans le groupe.
Bref, rien qu’à l’idée de me dire que je devais les supporter à nouveau l’après midi après ça… Pour dire, j’avais autant envie d’y aller que de me faire une épilation totale à la cire, cheveux compris…
D’ailleurs, j’avais raison puisque l’après midi a été une horreur, toujours aussi bavards, chiants, pénibles… J’ai jamais eu autant envie de ma vie que de les balancer par la fenêtre. J’avais pourtant fait un jeu de culture générale qui aurait pu être intéressant et qui marche a tous les coups… Eh ba non!
En retour de récréation j’ai attendu qu’ils se calment environs 30 minutes dans le couloirs, j’ai du arrêter le jeu en plein milieu parce que franchement il me gavait et pendant plus d’une heure, ils ont fait des multiplications… et d’ailleurs ce soir ils sont partis avec une quinzaine de multiplications qui doivent être faite sous peine:
- de regarder les autres jouer à la piscine demain matin et de ne pas pouvoir se baigner.
- d’avoir le double de multiplications à faire.
- d’avoir des lignes à copier.
- d’avoir un mot sur le carnet de correspondance.
Rien que ça! Quand aux livrets que je suis en train de remplir, vu ce que j’ai enduré, je vais pas leur faire de cadeau loin de là.
*Envie de meurtre*

18 juin 2009

Socle commun


Définition:
Socle commun (dans le cadre de l’éducation nationale) : socle commun de connaissances et de compétences créé par la loi pour l'avenir de l'école du 23 mars 2005. Ce socle s'organise en sept compétences-clé qui sollicitent plusieurs disciplines et dont l'acquisition sera évaluée à l’école primaire et au collège.
Les sept compétences sont:
- Maîtrise de la langue française.
- Pratique d’une langue vivante étrangère
- Compétence de base en mathématique et culture scientifique et technologique.
- Maîtrise des techniques usuels de l’information et de la communication.
- Culture humaniste.
- Compétences sociales et civiques.
- Autonomie et initiative.

Nul part il est noté qu’on doit leur apprendre à se laver à ces mômes… et pourtant ils en auraient grandement besoin.
Beaucoup de mômes puent… mais vraiment… la bonne grosse transpiration moisie dans les fringues depuis quelques jours.
Rien qu’en 3 ans de boulot, je peux le dire sans peine, les gens sont crades et, pire que tout, ils n’en ont pas honte, surtout vis a vis de leur gosse.
Prenez ce matin. Ils entrent en classe, passant devant moi et certains laissant trainer une certaine odeur. Et là, ce matin, la petite Léonie a eu la palme.
Elle sent, c’est un fait, mais en plus de ça elle portait un pull blanc, vieux (probablement d’ancien vêtement de sa soeur… voir plus loin) mais truffée de tâches assez ancienne. J’étais à deux doigts de lui faire la remarque mais bon… Et en regardant de plus près j’ai vu qu’elle avait des lentes…
J’ai eu l’occasion d’en parler avec mes collègues et ils sont tous de cet avis. L’hygiène c’est vraiment pas la préoccupation de beaucoup de parents, et le pire c’est que quand le cas est assez préoccupant, ils ont même pas honte d’être convoqué pour ça!
Je sais pas moi… ma fille se ferai convoqué parce que son odeur empêche les autres de se concentrer, je serai morte de honte! (Et je n’exagère pas quand je dit qu’on arrive plus à se concentrer!)
Et pour vous dire à quel point c’était monstrueux, c’est que le petit Théo, qui sent déjà fort à l’origine, à lui même sorti “mais qu’est ce qui pue comme ça?” au passage de Léonie.
Collègue: T’imagines, si les parents sont déjà démissionnaires au niveau de l’hygiène, qu’est ce que ça va être après?”
Des fois, on montre des vidéos a des collégiens et lycéens, les méfaits du tabac sur le corps… On devrai en adapter un sur l’hygiène pour les gosses… Parce que si les parents font rien, peut être que les mômes sont plus intelligents là dessus pour les faire réagir.
Je serai pour le fait d’ajouter au socle commun toute une partie spécifique sur l’hygiène… Tu peux faire HEC ou polytechnique, si tu pues, qui voudra de toi? XD
Voilà que je suis prête a alourdir le programme moi…

17 février 2009

Oups...


Si je ne suis pas vraiment la reine de la bourde comme certaine (et quand je dis "certaine", je parle d'une fidèle lectrice, qui a dit à un quelqu'un avec un strabisme plus que flagrant "Ca t'arrive de me regarder dans les yeux?" deux fois de suite, pendant que je m'enfonçais dans mon siège genre "je la connais pas celle là") J'ai deux pieds gauches.

Je me casse souvent la gueule, si bien que ceux qui me connaissent assez bien, ne sont pas assez fous pour passer devant moi quand je descends les escaliers.

Je me fâche aussi très souvent avec les appareils électriques. Il m'est arrivé de me pencher sur une vitrine de bijoux et que la lampe au dessus de moi explose. Il m'arrive aussi régulièrement que le tourniquet à l'entrée de carrefour se bloque quand je suis dedans, et ça ne surprend même plus mon meilleur ami quand ça m'arrive. Je ne vous parle même pas des ampoules dans ma chambre qui explosent régulièrement. J'ai du changé au moins 4 fois l'ampoule au dessus de mon lit et 2 fois ma lampe de chevet en un an, sans aucune raison, d'autant plus que popa étant électricien, je ne peux pas mettre en cause les installations électriques.

Malgré ce mystère surnaturel, et malgré le fait que je bafouille et bégaie un peu, on ne peut pas dire que je fasse de grosses bourdes orales.

Et forcément vous devez vous dire "Mais qu'est ce qu'elle nous a fait, encore?"

Vous vous souvenez du petit Kevin qui s'est endormi dans ma classe? Et bien monsieur a décidé, jeudi dernier, de ne pas travailler dans le groupe que j'avais désigné pour lui... évidement loin de ses copains.

Je lui ai laissé le choix: ça ou une punition. Et il n'a fait ni l'un, ni l'autre.

Si Kevin est un enfant joueur et malicieux, drôle mais inattentif et surtout avec de grosses difficultés scolaires, foncièrement, il n'est pas méchant.

Cependant, je trouvais que ces derniers temps, il me cherchait un peu beaucoup, et rejeter ainsi mon autorité était intolérable. Si je ne le relevais pas maintenant, qu'est ce que ça aurait été la prochaine fois?

A rejet d'autorité, punition exemplaire:

Moi: Et bien, si c'est comme ça, tu iras dans la classe de Patricia cette après midi et tu feras la sieste dans la classe des moyens, puis tu auras du travail.
Kevin (bredouillant): Je fais jamais ce que je veux!
Moi: Mais personne ne fait ce qu'il veut Kevin! Ni toi, ni moi! On doit tous faire des choses qu'on n'aime pas, mais ça doit être fait tout de même!

Et si je l'ai envoyé chez cette collègue en particulier, c'est que ses élèves, ou plutôt l'une d'elle, est une merveilleuse "miss pied-dans-le-plat".

*reconstitution*

Miss: Maîtresse? Qu'est ce qu'il fait là? Il est grand pour être en maternelle? C'est un nouveau?
Patricia: Non, il est puni.
Miss: Ba dis donc! Il a quel âge?
Kevin (les larmes aux yeux): 10 ans.
Miss: Mais... Tu dois être bête pour venir ici! Moi j'ai 4 ans et c'est normal. Mais toi!
Patricia: Il n'est pas bête. Il a été puni par sa maîtresse.
Miss: Ba c'est pour ça! Il est tellement bête que sa maîtresse le remet en maternelle!
Patricia: Il a surtout oublié les règles de vie.
Miss: Aaaah... Tu veux que je te les apprenne?

*Kevin mort de honte*

Patricia: Sa maîtresse m'a dit qu'il disait qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il veut.
Miss: Ma maîtresse, l'année dernière, disait que c'était pas bien de faire des caprices. C'est un caprice, hein?
Patricia: Oui.
Miss: Ba si je l'ai appris chez les petits, il faut qu'il l'apprenne chez les petits! Il faut qu'il aille faire la sieste alors? Nous, quand on est pas sage, tu dis "Un enfant énervé est un enfant fatigué." Et on fait un dodo ensuite!
Patricia: Tu as raison... je vais donc posé un tapis par terre et il dormira pendant que vous jouez.


Et quand Kevin est revenu, il était extrêmement sage. Et le vendredi, je n'ai rien eu à dire.

Faut dire qu'il vit avec son grand père ce bonhomme. Ses parents sont au Maroc...

Je trouve souvent des excuses à mes élèves.

Mais, ce que je ne savais pas, c'est que j'avais fait une belle bourde et que je n'ai constaté cette bourde que le lendemain, vendredi après midi, pendant la récréation.

Et même si il m'avait énervé, est ce qu'il avait mérité cette torture intellectuelle?

Car il se trouve que, le jour où je l'ai puni, c'était le jour de ses 10 ans et qu'il était loin de son papa et de sa maman. Par dessus le marché, il ne me l'avait pas dit et ne l'avait dit à aucun de ses camarades... Quand bien même nous lui avons souhaité en retour de récréations, je me sentais un peu coupable je dois dire.

Mauvaise maîtresse >_<

13 janvier 2009

Bibidi bobidi bou!



Bonjour, je suis ta maîtresse la fée!


... Mouai...


Une fois pour toute, un enseignant n'est pas un magicien, même si pour autant, des fois, il essaye.

Ca me rappelle l'année dernière une petite qu'une collègue avait dans sa classe. 4/5 ans, ne parlait pas et malgré le fait qu'elle soit en moyenne section, elle avait plutot le niveau d'une petite section... quoique ma nièce qui a 3 ans est beaucoup plus dégourdi qu'elle. Pour montrer qu'elle avait envie de faire pipi, elle se tenait 'entre jambe en chouinant et quand a fournir un effort de travail, on pouvait attendre qu'il tombe des ferreros rocher du ciel.

Et quand sa maîtresse prévenait la maman, le discours était le même: "Ca viendra quand elle sera en CP!"
Collègue: Vous savez madame, je suis enseignante, pas faiseuse de miracle!

Comprenez que les enseignants savent très bien que les parents sont absolument aveugles la plus grande partie du temps sur les difficultés de l'enfant.

Pas propre et en moyenne section?
Maman: Il lui faut du temps!

Fin de CP et il ne sait toujours pas lire?
Maman: Ah mais il comprend pas votre méthode!

En Petite section et a tous les jours un accident pipi pendant la sieste?
Maman: Ah mais je comprend pas! il le fait jamais à la maison!

Oui... on sait que vous êtes gateaux de vos marmots et que vous leur donner des excuses des qu'une moindre chose va de travers.

Prenez hier... dans ma classe

8h50

Comédien: Maîtresse... j'ai mal au bras... je me suis cogné hier...
Moi: Ah... mais tu sais, si ça c'est passé hier, même en mettant de la pommade ça changera rien...

9h15:

Comédien: Maîtresse! j'ai encore mal...
Moi: Ecoute t'as même pas de bleu. je te l'ai déjà dis je peux pas faire grand chose. Si tu peux bouger ton bras c'est que tout vas bien...

9h50:

Comédien: maîtresse...
Moi: écoute... qu'est ce que tu veux que je fasse d'autre à part te dire la même chose!


curieusement à la récréation il a plus eu mal et puis...

10h30:

Comédien: Maîtresse...
Moi: Bon écoute là c'est un peu de la comédie. Je veux bien que tu ai une petite douleur mais comme par hasard à la récréation, ça ne t'as pas gêné pour pousser les autres dans la neige. Tu en rajoutes un peu trop là! T'as un autre problème? Tu as besoin de dire autre chose? Tu veux que j'appelle ta mère pour qu'elle vienne te chercher?

12h00

Animatrice de cantine
: C'était pour vous prévenir qu'il s'était cogner le genou et qu'il se plaind d'avoir mal

*ben voyons*

Moi: Oh c'est rien... ce matin c'était le bras... il en rajoute toujours 3 couches...

12h20:

Comédien: Maîtresse... je me suis fais...
Moi: Oui je sais tu as mal au genou...

D'ailleurs au cas ou je ne l'avais pas compris il me l'as répété environs 4 à 5 fois dans l'après midi, en plein milieu de leçons... mais, comme par hasard, son bras n'était plus un problème...


Et ce matin, devant la grille...

Dame: Bonjour, je suis une amie de la maman de Comédien... Il ne viendra pas aujourd'hui, sa maman le trouve fatigué... il doit couver quelque chose.

*Tiens la maman est tombé dans le panneau... Mais bon, restons aimable...*

Moi: Oh oui c'est vrai qu'il était bizarre hier.

* Tu parles... Il m'a joué du violon toute la journée... et ça lui arrive régulièrement d'ailleurs*

Dame: Elle le garde à la maison aujourd'hui... Et puis on verra après.

Moi: D'accord! Pas de soucis je lui garde son travail de côté

* Et voilà! Raison de plus pour l'avoir dans les pattes jeudi dans la journée à me pomper l'air sur ses maladies imaginaires plus les leçons qu'il doit rattraper*


...


C'est malheureux quand même d'en arriver au point de plus croire un gosse quand il a mal quelque part... mais je peux pas être prof et psy... Déjà que c'est limite si j'ai pas joué l'ophtalmo dans la semaine en testant la vue d'une gamine qui plissait un peu trop les yeux à mon goût en regardant le tableau...

Si y'avait que ça...

Une de mes élèves en grande difficulté et pour qui on avait préconisé un redoublement de CE1 (en même temps elle est venue en septembre novembre puis a disparu jusqu'en juin) est une bordélique de première!

Bordel et bonne note n'allant pas bien ensemble et vu qu'il manquait les moitié de ses leçons dans ses cahiers et dans ses classeurs parce qu'elle les oubliait je les ai tous refait moi même: J'ai pris des cahiers neufs de la réserve et j'ai photocopié les pages de cours de ma meilleure élève avant de tous les coller dans l'ordre dans les nouveaux cahiers. J'ai pris son classeur ce mercredi pour le ranger, j'écris parfois ses devoirs sur son cahier de texte en écrivant quasiment tous les jours en rouge: "les tables de multiplication sont à apprendre par coeur!" et il lui manque toujours un truc dans sa trousse... Bref y'a toujours une merde...

Magré tout j'avais bon espoir lundi quand je lui ai remis ses cahier refait à neuf

Moi: Ils sont TOUT neuf, j'ai refait TOUT le travail que TU aurais du faire, TOUTES les leçons sont là, elles sont TOUTES dans l'ordre donc maintenant tu n'as AUCUNE raison pour me dire que tu ne sais pas ce que tu dois apprendre. Maintenant, tu vas me faire le plaisir d'apprendre tes leçons tous les jours et de faire tes devoirs parce qu'ils ne sont jamais fait! Tu me donnes ton cahier de correspondance pour que je prévienne tes parents que ton travail doit être au minimum surveillé qu'il doit être fait et les leçons apprises!


Et ce matin...


Moi: Linda... Elles sont où les multiplications que tu devais faire?
Linda: Je les ai oublié à la maison

*zen... reste calme...*

Moi: Tu as fais signer ton cahier de correspondance?
Linda:...

*inspire profondément*

Moi: Je suis obligé de te mettre une croix de comportement Linda. Tu ne cherches pas à progresser. Je te préviens, en continuant comme ça, tu ne passes pas en CM1! C'est sûr et certain Linda! Il faut faire ce qu'on te demande un peu! Je veux bien t'aider mais il y a des limites! Bon... Copie ta leçon de français qui est au tableau.
Linda: J'ai oublié mon cahier à la maison maîtresse...
Moi: QUOIIII! LE CAHIER TOUT NEUF QUE J'AI REFAIS HIER! MAIS TU TE MOQUES DE MOI LA!
Linda: C'est maman qui voulait le voir!
Moi: MAIS C'EST PAS UNE EXCUSE TU SAIS BIEN QU'ON A BESOIN DE SES CAHIERS POUR TRAVAILLER!

Et le pire, c'est que j'ai bien du lui hurler dessus pendant 2 longues minutes à cause de son manège qui dure depuis un bon moment déjà et de ses excuses bidons et même comme ça, je suis pas sûre que ça change un jour.

Je veux bien aider, mais un aussi long poil dans la main... que dis-je... une aussi dense forêt noire dans la main... enfin quoi... j'ai des ciseaux certes mais pas de tronçonneuses! En plus si les parents font rien...

Je veux bien aider... mais je peux pas faire de miracles!

20 décembre 2008

Les vacances...pas pour tous le monde


L'enfer de la dernière semaine d'école avant Noël où les gamins sont des mini démons qui te font bien comprendre que non ils ne bosseront pas.

Alors soit, on a fini les chaussettes de Noël, on les a rempli avec du chocolat, on a même eu le temps de coudre un petit coeur pour certain et a part ça... on a fait quelques additions, des soustractions, des multiplications, un peu de révisions et rien d'autre.

Et puis j'ai eu le droit au chocolat de Noël... enfin bon, je suis assez contente d'être en vacances.

On ne pense pas assez que pour d'autre c'est plus difficile.

Je m'attache à mes mômes... d'ailleurs c'est mes mômes, mes élèves de l'année dernière c'est mes mômes... bref c'est tous un peu mes enfants et finalement je m'attache un peu à eux et je pense encore à certains de mes anciens élèves.

La petite Christina, elle, n'aime pas être en vacances. Parce que ses vacances c'est voir sa mère boire, devoir s'occuper des plus petits et assumer les éternelles critiques de sa mère. Alors hier, quand je l'ai raccompagner à la porte et que sa mère n'était pas là à l'attendre, elle s'est mise à pleurer parce que l'angoisse montait... dans quel état allait arriver sa mère?

Comme dirait une collègue, des fois, on a envie de les ramener chez nous parce qu'on sait qu'ils vont en baver.

05 décembre 2008

Yeurk!


Les gens sont crades.

C'est une affirmation sur une constatation.

Il est clair que si ton môme est crade, en tant que parent, tu dois pas être très net non plus.

Et pourtant, je suis du genre à être éberluée par les parents qui gueulent en hurlant "J'espère que cette peinture part à l'eau hein!" "tu t'es encore roulé dans l'herbe toi"... Mais mince quoi! C'est des mômes! Un môme ça se salit! Ca court, ça découvre ça barbote dans la terre, le sable, ça tombe: Se salir, c'est normal! Et il faut mettre les points sur les i: Si tu veux pas avoir plus de lessive à faire et te faire chier avec des tâches immondes, ne fait pas de môme bon sang!

Un môme qui se salit c'est normal: Je parle d'autre chose.

En 3 ans d'enseignement et quelques année de centres de loisirs, j'ai pu voir des choses qui sont "des légendes urbaines" mais qui existent réellement:
- Le môme qui a les mêmes traces de feutres sur les doigts depuis une semaine.
- Le môme qui arbore la même odeur de transpiration moisie, celle qui te fait dire "hum c'est pas de la transpiration fraîche ça!"
- Les mêmes fringues toute une semaine. Généralement un jogging.
- En maternelle, chez les petits, la même culotte deux jours de suite voir plus.

Ca c'est vu c'est constaté et je dirai même: c'est récurrent... Après, on a le stade au dessus: goresque, limite immonde et invivable pour l'entourage:
- Les fringues à l'envers parce que le recto est sale.
- les dents pourries par des caries à 4 ans.
- Le même t-shirt de la veille alors qu'il s'est vomis dessus
- Le même pantalon que la veille alors qu'il s'est pissé dessus
- La crasse sur le coude, derrière le cou et les genoux au point de rendre un gant de toilette noir (et quand je dis noir c'est pas grisatre ou un peu foncé... mais noir!)
- Les cheveux crasseux collants sur les joues.

Et puis après, vous avez les répliques de la mort qui tue des bouches des enfants:

"Le jour de la douche c'est dimanche à la maison"
"Maîtresse? Je peux changer de place s'il te plaît? je supporte plus son odeur!"


et enfin le fabuleux et l'extraordinaire:

"Maman, elle a dit qu'il faut économiser l'eau. Alors quand on prend le bain, on remplis la baignoire un tout petit peu, et puis je passe en premier, ensuite ma soeur, ensuite maman et ensuite papa dans la même eau. Et c'est pareil pour se laver les mains: on remplis le lavabo a moitié, je me lave les mains avec ma soeur puis ensuite c'est maman et après c'est papa..."


Et ça: ça s'invente pas!
 

Teacher's life Copyright © 2011 Designed by Ipietoon Blogger Template and web hosting