18 décembre 2010

La maicresseuh gatée

choc
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour  des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir  pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.

06 décembre 2010

Joël



Je vous parle souvent ici de la plupart de mes élèves des bons, des mauvais, des drôles, des casse pieds, des pauvres et des malins. Chacun de nous, enfants et adultes, on a tous un petit truc qui nous distingue comme un trait de personnalité ou une anecdote… Et c’est vrai  que dans une classe de 20 ou plus, y’en a toujours qu’on privilègie parce qu’ils ont des capacités et qu’ils peuvent expliquer aux autres, parce qu’ils rament au mieux… coulent au pire ou bien parce qu’on a envie de fracasser contre les murs tellement ils nous pourrissent la vie.
Et puis, il y a les autres. les timides, pas mauvais mais pas excellents. Pas participatifs bien qu’ils sachent la réponse… D’ailleurs c’est difficile de savoir ce qu’ils savent ou pas et on y réfléchit à deux fois avant d’exprimer ce qu’ils savent ou pas. Quand on s’en rend compte, on essaye de les interroger, de prendre un peu plus de temps pour eux mais ils se font rapidement oublier.
J’ai pensé tout de suite en voyant pour la première fois Joël que c’était un discret. De la plus pure espèce qui essaye de se faire oublier à la moindre occasion. Un calme, un doux avec quelques légères difficultés. Difficultés qu’ils comblent par un travail régulier. Bref on a pas vraiment de choses à dire scolairement parlant sur Joël.
Loin de moi l’idée de jeter la première pierre à mes collègues mais souvent quand il n’y a pas de difficultés scolaires, on ne fait pas plus attention que ça à un gosse. Pourtant au bout d’un mois, le comportement de Joël me chiffonnait.
J’aime bien observer mes élèves en récréation: qui fréquente qui? qui joue à quoi?…
Joël lui, est seul. Tous le temps. Quelques fois, des élèves viennent jouer avec lui. Pas toujours. Pourtant c’est pas la tête de turc de la classe, ni celui qui tapent les autres.
Au bout de quelques semaines, j’ai mis ça sous le compte de sa timidité. au bout d’un mois et demi, ça me chiffonnait et ça commençait à m’inquiéter… et plus ça allait, et plus il se renfermait même quand je disais aux autres de jouer avec lui.
Depuis deux semaines, ça ne m’inquiète plus: C’est au delà de ça. Ils suit les lignes tracées sur le sol de la cours, fait le tour des arbres, reste assis par terre, le regard dans le vide. Certains passent, l’incite à jouer… mais rien.
Alors qu’il y avait beaucoup d’absent, j’ai rassemblé les élèves  histoire qu’ils soient moins éparpillés et quand j’ai voulu le mettre avec les autres son visage a changé.
Moi: Qu’est ce qu’il t’arrive?
Joël: je suis en colère.
Moi: Pourquoi?
Joël: Parce que je suis triste et que je ne voulais pas changer de place.
Moi: tu veux rester tout seul à ta place?
Joël: oui.
La semaine dernière il a tenté de se faire enfermer dans la classe pour échapper à la cours. Il essaye de ne plus y aller parce que “il fait froid” ou qu’”il est fatigué”. Et tous les jours, ils négocient pour rester dans la classe ou sous le préau et ainsi éviter la récréation. Il dit lui même  qu’il n’aime pas ça.
J’ai donc alerté la directrice et elle aussi avait remarqué pendant l’étude qu’il était étrange et seul. Et pendant qu’elle tentait de joindre son ancienne maternelle, j’ai creusé le personnage en le prenant à part et en discutant avec lui.
L’école maternelle n’avait rien à dire de spécial. Ils ne se souvenaient pas spécialement des parents et le gamin “était pas mauvais et gentil”. RAS.
Quand à ma petite enquête et après une copie qui, comme toutes les dernières copies données est sale et mal écrite, ce qui n’était pas le cas en début d’année, je commence à lui poser des questions.
Je lui dis qu’en ce moment je le trouve souvent triste et seul et que ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Je lui ai demandé si ça allait à la maison, si lui ça allait, si il aimait l’école.
Au début il a surement pris l’interrogatoire pour une punition puisqu’il m’a dit être triste parce qu’il était mauvais en classe. Ensuite, il m’a dit qu’il était triste à la maison parce qu’il vivait dans un petit appartement et qu’il préférait venir à l’école… ce qui m’a fait enchainer sur le fait qu’à l’école et dans la cour il était aussi seul et semblait triste.
Moi: Tu es triste tous le temps alors?
Joël: Oui.
Moi: Et qu’est ce qu’on pourrait faire pour que tu ne sois plus triste?
Joël: je sais pas.
Moi: Et tu n’aimes pas jouer avec les autres?
Joël: si. des fois. Mais je sais pas ce qui m’arrive des fois. J’ai pas de copains.
Au programme des prochains jours: remise des livrets et réunion spéciale avec la directrice et les parents… Et on va tâcher de glisser le mot “psy” dans la conversation parce qu’un gosse de 6 ans dans cet état, c’est vraiment pas normal.

27 novembre 2010

Comment le Téléthon creuse les inégalités…


La ville où je travaille s’active tous les ans pour le Téléthon. Je ne suis pas du genre à dire de contribuer à telle association. Je donne mon sang, j’ai fait savoir à ma famille que j’étais donneuse d’organe, il m’est arrivé de donné à des gens dans la rue ou de donner a des associations caritatives mais ce n’est pas un réflexe automatique.
A vrai dire, le téléthon est une des dernières associations a qui je donnerai des sous: Y’a tellement de misère dans le monde et ils gagnent tellement d’argent une fois par an que je préfère donner à des associations sérieuses et un peu moins connues.
Bref, à cette occasion, les écoles se mobilisent et hier, en échange de 1 euros pour l’association, un gamin recevait un pain au lait, une barre de chocolat et un bonbon.
Se pose un dilemme récurrent: Dans un quartier comme celui ou se trouve l’école, 1 euro, c’est 1 euro et quoiqu’on en pense, c’est pas toujours facile de le sortir d’une poche et nous les instits on le voit tous les jours: quand le gamin porte les chaussures du grand frère 3 fois trop grandes ou quand il a toujours pas de crayons de couleur depuis la rentrée ou quand par inadvertance la facture EDF se retrouve à l’intérieur d’un cahier de poésie et que le montant représente plus de deux fois la paye mensuelle d’un instit à savoir 3326 euros.
Alors voilà: donner c’est bien quand on peut… et les autres? Bien sûr c’est important pour ces mômes de comprendre que pour se nourrir, se vétir, se divertir et bien il faut payer. Ca explique la valeur de l’argent. Mais moralement, ces pauvres gamins qui ne peuvent pas donner, ce sont eux qui ont le plus besoin de recevoir aussi.
Alors on fait quoi pour ceux qui n’ont pas donné les sous? On leur explique la valeur de l’argent et on donne aux autres qui restent pour eux virtuels mais pas à eux alors qu’ils en ont besoin?
La veille de l’évènement, je me suis dit “Bah… pour ceux qui ne donneront pas, je leur ramènerais un paquet de biscuit et un paquet de bonbons comme ça tous le monde est content.”
Pourtant dans une classe de 20, la très grande majorité de la classe a participé. Seuls 5 d’entre eux ne m’ont pas rapporté l’argent ou partiellement.
Mais il s’est passé un évènement auquel je ne m’attendais pas.
Alors que je demandais les différentes participations, je demande à Omer si il a l’argent pour le petit gouter. Il me dit oui, s’approche,  et, alors que je tends ma main pour recevoir ses sous, une pluie de pièces de bronze, de 1 et 2 centimes tombent en faisant de discrets petits cliquetis… un amas de petites pièces loin d’être suffisante et qui sentait les fonds de tirelires et de tiroirs voir de dessous de coussins de canapé…
Moi: Ok… écoute, reprends tes pièces parce que tu n’as pas assez. On va se débrouiller. Ne t’inquiète pas.
Dans ma tête, ni une ni deux… quitte à y mettre de ma poche pour sauvegarder  ma toute petite coopérative, il allait l’avoir son gouter… et les autres qui n’avaient pas les sous aussi. Ils n’ont pas l’âge de comprendre ça. Ca ne devrait même pas leur effleurer l’esprit.
Et pourtant le petit Joshua, s’approche alors discrètement de mon bureau et me souffle à l’oreille.
Joshua: Maîtresse… et si Omer ramène les sous lundi… tu peux lui donner son gouter aujourd’hui?
…pfiou…
Moi: Ne t’inquiète pas… tous le monde aura son gouter.
Et quand la récolte des sous fut terminée, il fallait bien expliquer.
Moi: Bon écoutez les enfants. Je vais faire quelque chose qui n’est pas très juste pour tous le monde. J’ai un peu de sous dans mon porte-monnaie pour ceux qui n’ont pas l’argent pour le gouter. C’es moi qui vais payer à leur place pour que tous le monde puisse avoir son gouter. Ce n’est pas juste parce que je paye que pour 5 enfants et les autres ont du payer eux même. Est ce que tous le monde est d’accord pour que je leur offre le gouter?
Pas d’hésitation puisqu’un oui général retentit.
Moi: Par contre c’est un cadeau… alors pour ceux à qui je donne le gouter, j’attends un mot magique!
Et toute la classe à dit merci…
On a tous à apprendre certaines valeurs des gosses…

03 novembre 2010

Les imbéciles rôdent…


Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir  6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.

23 octobre 2010

Comme quoi, on peut être bon et mauvais en même temps.


Comme je l’ai dit précédemment et assez souvent, cette classe a un niveau extraordinaire vu que j’ai 3 lecteurs et qu’ils savent tous déchiffrer plus ou moins… en tout cas ils savent tous lire quelques syllabes… Ce qui ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas d’élèves en difficulté mais je n’ai pas de cas catastrophique.
Alors que moi j’ai un CP extra, ma collègue de CP se retrouve avec des élèves au ras les pâquerettes… Et je suis plutôt généreuse puisque quand il s’agit de recopier un simple mot, elle a 3 élèves qui eux, font des ronds… oui c’est leur façon de recopier un mot… Faire des ronds. Quoique je soupçonne l’un d’entre eux de se foutre de la gueule de son instit puisque quand je prend la petite Nina en atelier, bizarrement, son écriture s’améliore ainsi que ses capacités.
Quand aux comportements, il n’y a pas photo. Je n’ai pas que des anges mais je n’ai pas à me plaindre. Ils savent tous travailler seuls alors que je travaille avec un petit groupe et c’est loin d’être le cas de l’autre classe, où la maitresse s’arrache les cheveux.
Je suis plutôt heureuse d’avoir cette classe malgré toutes les appréhensions de mes débuts parce que c’était un CP. Et même si je ne suis pas l’instit idéale, je pense que j'ai quand même pas tout rater et que j’ai contribué un peu à leurs évolutions.
Et dans mon élan “c’est le dernier jour avant les vacs, faisons la fête” Je me suis dit qu’un petit “question pour un bonbon” avec l’autre classe de CP serait assez sympathique.
J’ai donc convié l’autre classe de CP après la récréation de l’après midi pour mon petit jeu collectif et j’ai commencé mon question pour un bonbon en anglais comme j’en ai pris l’habitude avec les miens… matière qui n’a pas encore été abordé dans l’autre classe. En fait j’ai tellement pris le plis que quand il me réclame leur bonbon de récompense il me demande le parfum du bonbon en anglais même quand je fais un question pour un bonbon “lecture”.
Le jeu se passe toujours bien et le fait d’avoir plus d’élèves n’a pas changé les choses…

quoique

Après que les autres CP soient partis.
Alexandre: Maîtresse c’est pas juste! Pourquoi tu aides plus les autres CP et pas nous.
Lucia: Et pourquoi tu nous interroges pas un peu nous!
Louise: C’est vrai c’est pas juste!
Moi: Non mais attendez! J’ai aidé certains d’entre vous aussi! Et puis, c’est quand même sympa d’avoir accueilli les CP de l’autre classe et de jouer tous ensemble!
*silence de plomb* *regards en coin*
Moi: Je rêve! Vous ne pensez qu’à vous! J’ai autant joué avec vous qu’avec les autres et vous avez tous eu votre bonbon… Je ne vois pas quel est le problème!
Nathan: Oui mais tu es notre maitresse… et c’est notre jeu.
Je dois me rendre à l’évidence: mes génies sont tous de gros mauvais égoïstes pas partageurs.
Baaa… personne n’est parfait!

16 octobre 2010

Y’a des jours comme ça…


… ou on se dit qu’on est pas une si mauvaise prof.
J’ai pas l’air comme ça, mais je ne suis pas d’une très grande confiance en moi même. Et, à vrai dire, au vu de mes débuts chaotiques d’enseignantes, dépression et tralala, tout ça n’a pas aidé. J’ai toujours peur de mal faire depuis que je suis toute petite et ça va toujours en s’amplifiant. D’ailleurs mon corps reflète mes angoisses. Quand je suis rentrée à l’iufm, j’ai commencé a faire de l’eczéma sur le cuir chevelu… Depuis 2 ans, j’en ai sur le visage… J’espère quand même que ça se calmera avec l’expérience. ( j’ai pas assez confiance en moi pour dire que j’aurai un jour confiance en moi XD).
Aussi, quand j’ai su que j’allais avoir un CP, je dois dire que c’était un peu panique à bord dans ma tête. Parce que foiré un CP, c’est foiré l’entrée à la lecture et c’est de ça que dépend tous le reste de la scolarité.
J’ai toujours eu un peu peur qu’ils ne comprennent pas, mal, de travers… Enfin même si, par exemple, je leur apprenais à faire des multiplications et que toute la classe y arrivait plutôt bien, allez savoir pourquoi, j’ai toujours cette peur irrationnelle de savoir si c’est clairement bien compris. Et le gosse, il pourra faire des milliers de multiplications au tableau devant moi, j’aurai toujours un doute… ou je trouverais toujours moyen de trouver une angoisse ailleurs: Ils savent conjuguer?… ouai mais est ce que j’ai pas trop travaillé la conjugaison au dépend de l’expression écrite! Il savent multiplier? J’ai pas loupé un truc en géométrie des fois? Il font du français comme des malades?… Quand même… je suis pas sympa et je devrai leur faire un peu plus d’art plastique…
C’est comme marcher sur des charbons ardents ou trouver un équilibre impossible à atteindre. Je crois que j’aurai des doutes éternellement sur ce que je fais avec les marmots. En même temps, si je ne les avais pas, je pense que je n’aurai plus à faire ce métier.
Mais pour contre balancer toutes ses angoisses, y’a quand même les petits résultats qui flattent un peu l’égo.
Natercia, la petite portugaise, m’a appelé aujourd’hui “maitresse”… C’est le premier mot en français que j’entends sortir de sa bouche.
Elisa, qui pédalait sérieusement dans la semoule en arrivant, ne sachant ni son alphabet ni sa comptine numérique, même si en voyant la syllabe “BU” elle demande “C’est quoi cette lettre?” en montrant le B, dès qu’on lui dit elle arrive à lire la syllabe. Et avec tout son entrainement et son travail personnel, elle reconnait toute ses voyelles et quelques consonnes sans réciter son alphabet. Elle réussit presque a tous les coup à dénombrer jusqu’à 17 maintenant.
2 de mes non lecteurs de début d’année, arrivent a présent à déchiffrer des phrases simples. Un déclic assez rapide.
Sur mes 18 élèves, 11 de mes élèves arrivent à former des mots avec des syllabes simples seuls et 14 d’entre eux arrivent à lire des mots de 3 syllabes.
Tous mes redoublants démarrent leur année assez bien voire très bien alors que les autres enseignants doutaient réellement de leurs capacités.
Et enfin, et non des moindre… Ils sont quasi tous autonomes et tous impliqués dans la vie de la classe. Ils travaillent et s’occupent seul quand je m’occupe d’un groupe spécifique et respectent les autres en chuchotant. Si bien que je fais ce que tout enseignant déteste faire avec des élèves si jeunes parce qu’en général ca dégénère en bordel immense: de la peinture! Tout est rangé, nettoyé, lavé en moins de 20 minutes. Alors malgré toute les appréhensions, je le fais avec plaisir. Et eux ils sont bien contents.
Alors je veux bien… certes ils sont doués, ils sont pas méchants, ils perturbent pas trop la classe… Mais c’est un peu grâce à moi hein…un ti peu quand même. Un soupçon… un grain de poussières?

Tain j’ai l’impression que j’ai pas assez bossé les maths et la découverte du monde… >_<

03 octobre 2010

Le mystère du dédoublement de personnalité résolu


Karim, 7 ans, redoublant.
Redoubler un CP c’est assez courant je trouve. Il faut dire que le cap n’est pas facile à passer. Il faut apprendre à lire et c’est plus difficile qu’il n’y parait.
Autant j’ai vu des redoublants où je me posait la question de la pertinence du redoublement, autant pour Karim, c’était assez évident: même les syllabes simples ne sont pas acquises.
Comme souvent quand on est zil, on a pas le passif des gamins. On atterrit et on se démerde. Alors on a tout un tas d’à priori.
Autant dire que le fait que Karim soit suivi par un orthophoniste n’est pas une surprise mais, du peu de ce que j’avais vu depuis la rentrée, son suivi psy m’interloquait.
Il est pas méchant. Peut être un peu sensible, un peu collant mais bon… Rien d’alarmant à première vu.
Aussi pour le peu de questions que j’ai posé des questions à mes collègues (avec qui j’ai peu d’affinités) on m’a dit qu’il était lourd, perturbateur, dissipé… bref une plaie.
Bizarre… J’ai connu bien pire. Il écoute et suit en classe moi… c’est loin d’être le meilleur mais c’est pas lui que je dispute le plus. Loin de là… baaa…
Le seul truc un peu embêtant c’est qu’il me dit plusieurs fois par jour “maitresse, t’es belle!” ou “maitresse t’es gentille, je t’aime beaucoup”…
Il est dans l’affectif quoi… y’en a beaucoup dans ce cas là.
Je discute de temps en temps avec la maman qui me demande comment ça va…
Moi: Oh ba quand quelque chose le perturbe, plus rien ne rentre mais bon, il est attentif et travailleur.
Maman : Ca me fait plaisir parce que c’était pas le cas l’année dernière. Je suis contente.
J’en venais à me poser la question si il avait été possédé l’année dernière et depuis exorcisé.
Mais lors d’une deuxième discussion avec la maman, le mystère fut enfin éclairci.
Maman: Comment ca va en ce moment Karim?
Moi: Ca va… un peu collant. Il me demande toujours de l’aide et de l’attention pour que je sois auprès de lui.
Maman: Ah bon? Vous me surprenez! L’année dernière il ne disait jamais rien à sa maitresse.
Moi: C’est curieux ça! Moi il me demande toutes les 5 minutes.
Maman; En tout cas je suis très contente parce qu’il a envie d’aller à l’école tous les jours. Il a hâte d’y aller. Et il vous aime beaucoup.
Moi: Ah oui… ça il me le dit souvent…
Maman: Faut dire que je lui dis souvent, vu que moi même je suis ronde que “les filles les plus belles c’est les grosses”… Et il me dit “tu sais ma maitresse, elle est grosse comme toi et elle est belle comme toi!”
Moi: Aaaaah… Tout s’explique alors! Voilà pourquoi il a beaucoup changé par rapport à l’année dernière. Je comprenais pas qu’il y ait une telle différence entre ce qu’on me disait de son année scolaire précédente et maintenant.
Maman: Vous croyez que c’est ça?
Moi: Ca me parait évident.
… Les mâles ou la recherche de la mère dans le regard et le comportement des autres femmes… Tous les mêmes… Rire

29 septembre 2010

Jamais on a vu, jamais on ne verra…


Souvent en début d’année, on a encore des arrivées de nouveaux élèves venant d’autres écoles.
C’est mon cas.
Aujourd’hui, Natercia est arrivée dans ma classe… Mais elle, elle vient de Lisbonne.
J’ai déjà vu, plusieurs fois, arrivé des élèves non francophone, mais en maternelle.
Natercia, elle, a 7 ans et devrait être en CE1.
En toute logique, dans le monde impitoyable de l’éducation nationale, il existe des classes adaptées aux élèves non francophone appelées CLIN.
En ce qui me concerne, la CLIN pour moi, c’est une légende. J’en ai jamais vu et pourtant, dans cette ville, j’ai fait le tour des écoles… Et je me demande sincèrement où se trouve cette satané CLIN dans notre circonscription qui pourtant est une des plus grande du 93. C’est un vrai mystère. D’ailleurs, vu la population de la ville, il devrait y avoir logiquement plusieurs CLIN…
Toujours est-il, qu’apparemment, elle existe. Seulement voilà, comme toute classe spécialisé, la CLIN est pleine… ou les CLIN sont pleines si elles sont plusieurs…
Trouver une place en CLIN, c’est un peu comme trouver une place de parking gratuite sur Paris en bas de l’immeuble où vous allez. C’est un espèce de miracle ou de Saint Graal: on est tellement content de l’avoir cette place de parking, que si on vous dit qu’il faut aller faire une course de l’autre côté de Paris, vous préférez prendre les transports et galérer  même en pleine grève que de perdre ce petit espace de bitume.
Trouver une place en CLIN c’est rare, alors 2, ce n’était même pas la peine d’y penser. Aussi Natercia et sa sœur jouent donc de leur droit à l’éducation pour rentrer dans l’école du coin.
Seulement voilà, pour ceux qui n’aurai pas encore tilté: Natercia devrait être en CE1 et moi, j’ai un CP.
Car oui, après longue réflexion ce week end, je me suis retrouvée face à un choix devant ma classe avec mes têtes d’ampoule. 3 possibilités:
1) Ma classe est un CP et je fais que du CP. Conséquence: mes têtes d’ampoule se font chier, se tournent les pouces et perdent leurs capacités.
2) Ma classe est un CP et je fais du CP en préparant de façon informelle mes têtes d’ampoule à sauter leur CE1. Conséquence: mes petits en difficultés ne comprennent pas que eux n’arrivent pas à faire les mêmes choses que mes têtes d’ampoule alors qu’ils sont dans la même classe. Quid des parents? Ont ils leur mot à dire quand à ma façon de gérer ma classe? Ils ont le droit de savoir mes plans après tout.
3) J’officialise et j’informe mes parents d’élèves de mes plans en faisant un CP/CE1 tout en prenant mes précautions: Si certaines de mes têtes d’ampoule ne sont pas prêtes à la fin de l’année scolaire à faire un CE2, ils passeront en CE1. Ils ne perdent pas d’années mais n’en gagnent pas. Je n’oublie pas que dans mes têtes d’ampoule, j’ai quand même des non lecteurs… mais très doué et apprenant très très vite et qui pourraient, si ils sont assez matures, pourquoi pas, tenter un CE2. Ils sont au courant du défi mais j’avertirai les parents qu’ils sont jeunes et qu’il ne faut pas non plus les presser. Situation délicate mais pas dénuée d’intérêts. Officiellement, ce n’est pas un CP/CE1, officieusement je prévois qu’avant Noël mes génies abordent la soustraction.
Pour le bien de la majorité, je pense que la 3ème solution était la plus raisonnable.
Me voilà donc avec un faut CP avec un groupe à profil CE1 accueillant une élève qui devrait être en CLIN… Ou plutôt un CP/CE1 officieux avec une non francophone… Enfin une classe de cycle 2 dans un certain flou artistique…
Quand à moi,  le fait d’accueillir Natercia arrangeait tous le monde:
-La directrice, instit de la seule classe de CE1 a 27 élèves qui se voyait mal prendre une élève supplémentaire.
-Mes autres collègues qui sont bien contents de comprendre ce que les petites disent parce que je peux communiquer avec elles, sachant  qu’ils sont aussi bien content de ne pas avoir “ce petit soucis de communication” dans leur classe.
- Natercia qui comprend tout puisque je fais l’effort de lui traduire ce qu’on fait, jusqu’à ce qu’elle s’habitue, petit à petit, à la langue française.
Par contre la grande sœur, elle, n’a pas une instit lusophone… et ni l’instit, ni la grande ne sont réellement ravies.
En (hum) consolation, nous avons eu un petit message de notre adorée inspectrice, disant qu’elle comprend notre délicate situation (plus pour ma collègue que pour moi vu que je parle portugais) mais que ce sont des enfants qui viennent d’un pays alphabétisé (pour ceux qui auraient des doutes quand à la scolarisation au Portugal) et donc qu’il faut leur laissé le temps avant tout de poser leurs valises avant d’ouvrir leur cartable.
Et moi, dans mon bordel, il faut que je prépare une réunion la semaine prochaine avec les parents de mes têtes d’ampoules pour mettre a plat la situation de façon officielle et faire le point sur leurs enfants individuellement (non parce que ma petite Louise de 5 ans et demi, bien que petit génie, s’est endormie pour la deuxième fois en classe depuis le début de l’année. Génie ou pas, vu sa maturité actuelle, envisagée un CE2 l’année prochaine, c’est pure folie) … pfiou…
J’en oublie presque qu’à Noël, c’est plus ma classe…

25 septembre 2010

La classe des têtes d’ampoule.


J’ai une classe qui me rend dingue.
Le peu d’épisode que j’ai regardé de la série Malcolm, je me suis toujours dit que ce genre de classe dans une école publique serait impossible. Mais c’est un fait: Il est fort probable que j’ai une classe avec des enfants très précoces… pour au moins 3 d’entre eux. Bien que j’en ai au moins 5 d’assez talentueux.
N’y voyez aucune ironie…
Louise, 5 ans et demi, lectrice avec quelques difficultés (dû probablement à sa langue maternelle différente). De part son jeune âge, je ne la force pas à faire des exercices de niveau CE1 bien qu’elle en soit très proche. Elle va a son rythme. Elle est malicieuse et très coquine dans son genre. Elle a encore quelques soucis de langage de part ses origines Sri lankaise: Par exemple quand elle veut me demander d’aller au toilette, elle me dit “Y’a pipi qui arrive” ou, j’ai eu aussi “maitresse? Je peux fermir la porte avec ta clé?”. Quand à son niveau de graphisme… Elle écrit mieux que moi XD.
Lara, 6 ans, lectrice depuis l’âge de 4 ans. Lara est probablement la plus futée du groupe. D’ailleurs elle est proche d’un niveau fin de CE1. Elle a une lecture fluide et courante. Pourtant, d’après ce qu’elle dit, elle n’aime pas lire. Elle est d’ailleurs très mure et préfère jouer avec des grands plutôt qu’avec des enfants de sa classe. Elle aime venir me parler de sujet divers, du fonctionnement de certains objets… En fait je pense qu’elle aime garder son confort de statut de CP bien qu’elle soit curieuse de tout. Elle se rends bien compte par contre qu’elle est bien au dessus du lot.
Noah, 6 ans, lecteur un peu moins fluide mais bon quand même. Pensait avoir une position confortable vu son talent pour s’exprimer et sa lecture. Il a toujours été le meilleurs dans toute les classes qu’il a fréquenté jusqu’à présent… Se retrouve bien embêté de voir qu’il en sait moins que certains du groupe de têtes d’ampoule. Du coup, ça le met au défis. Il  a envie de tout savoir, tout découvrir, pour enfin rivaliser avec les autres. Enorme potentiel au niveau du vocabulaire.
Chloé, 6 ans. Pas lectrice mais pas loin de l’être. Elle aime être portée par les autres donc j’ai formé un groupe de 4 tables ou j’ai mis mes 3 lecteurs et elle. Quand elle n’arrive pas a comprendre une consigne, les autres lui explique. Du coup, elle est dépendante du groupe des 3 et je pense que ça l’agace un peu et qu’elle a envie de mérité sa place a part entière dans le groupe… Elle multiplie les efforts pour enfin être lectrice! Elle reste très calme et discrète (j’aime pas les stéréotypes mais c’est quand même typique dans la culture asiatique). C’est “la plus faible” de mes têtes d’ampoules mais j’attends de voir ce que ca va donner dans quelques semaines quand elle grimpouillera les échelons.
Et enfin Arthur, pas lecteur mais déchiffreur, quand l’envie lui prends. Son point fort c’est les maths. Il serait capable de prendre son fichiers de maths et de le compléter toute la journée. Il a fort probablement un niveau mi CE1 en mathématique… En fait, je pense que la seule chose qui lui manque pour compléter son niveau de CE1 en math c’est les soustractions et l’écriture des chiffres. Je rajoute une cinquième table au groupe de 4 quand on fait des maths… et c’est le meilleur des 5 dans ce domaine.
Vous savez ce que ça donne un groupe de tête d’ampoule dans une classe de CP qui à ce stade de l’année ne devrait ni lire, ni écrire, et dont les maths se résumerait à dénombrer un petit tas de moins de 10 jetons?
Ca donne des scènes de discussions assez surréalistes…
Lara et Arthur: 2x1,2, 2x2, 4, 2x3, 6… 4x7, 28, 4x8, 32… (niveau normal: début de CE2)
*******
*pendant une séance sur les additions posées*
Lara: Maîtresse? Quand est ce qu’on fait les moins? C’est rigolo aussi les moins! (niveau normal: fin de CE1)
*******
Noah: Maîtresse? Est ce que les aisselles ont peut les considérer comme une articulations ou ça n’a rien à voir avec le squelette quand il bouge?
******
Louise: Pourquoi les autres ils arrivent même pas à lire les syllabes?
*****
Noah: Maîtresse! J’ai remarqué que “autoroute” et “automobile” commençait de la même manière et s’écrivait aussi pareil au début… est ce que c’est parce que c’est des mots qui ont un rapport avec les voitures?
Moi: oui…
Noah: C’est comme si ils étaient de la même famille en fait! ( famille de mots: niveau CE2)
*****
Lara (avec un magazine de la bibliothèque de la classe): Je comprend pas ce mot... Ch, ça fait le son ch comme chat pourtant!
Noah: Lequel?
Lara: celui là…
Noah: archéologie (le ch a été prononcé comme dans chat par Noah)… Ca a un rapport avec des gens qui ont un arc et des flèches. Un archer c’est quelqu’un qui utilise un arc… Bizarre… Demande à la maîtresse…
Lara: Ah Attends… Je crois que j’ai compris… si ch s’entends comme un k, ça fait archéologie… et on parle de dinosaures… Je vais vérifier avec la maitresse, mais ça doit être ça…
******
Ca fait quand même flipper…
Du coup Elisa qui a beaucoup de mal avec son alphabet et qui compte en disant “1,2,3,5,9…” se rend bien compte d’un énorme fossé.
Elisa: Moi j’y arrive pas à ça! J’y arrive pas toute seule! Pourquoi pour eux c’est facile?
Moi: Tu sais, ils ont déjà appris… Alors je leur fait des choses plus difficile. Mais toi, tu as besoin de plus de temps. Tous les enfants sont différents. Pour moi le plus important, ce n’est pas que tu saches tout sur tout comme eux. Le plus important, c’est que tu fasses de gros efforts et que tu écoutes la maîtresse. Tu vois, ils ont fait 2 pages du fichier de math. C’est bien. Toi tu en a fais qu’une seule, mais je sais que c’est très difficile pour toi et que tu t’es débrouillée toute seule pour ce dernier exercice alors qu’avant tu n’y arrivais pas. Tu as fais de gros efforts et tu as bien travaillé et c’est pour ça que je suis fière de toi. Il faut que tu continus à bien travaillé et de faire des efforts et je serais toujours contente même si tu prends plus de temps.
Life is unfaiiiiiiiiiiiir

21 septembre 2010

Et toi? T’as quel niveau?


Voilà presque 3 semaines que l’école à commencer. C’est la fin de la période qu’on a entre collègues à se demander entre nous “T’as quel niveau?”, “ Il sont comment les tiens?” “Et ca se passe bien?”…
Il est donc temps de faire un premier bilan de ma classe.
En général, c’est jamais très glorieux. On a toujours tous un problème. On a “le chiant”, “le paumé”, “le rêveur”… Je trouve que nous, enseignants, on est toujours très pessimistes… On voit tout de suite les problèmes. Bon…On a toujours “nos perles” ou “le petit génie” mais on le met jamais assez en valeur.
En ce qui me concerne, alors que je n’avais que 21 inscrits, je n’ai plus que, finalement, 17 élèves.
Un CP, à 17… c’est le rêve! En fait, tout est relatif. Je trouve ça bien dans l’absolu même si je n’aime pas ce niveau.
J’ai mon gros rêveur, un peu trainard… Il est mignon et gentil mais bon…
Je m’en plains pas.
J’ai le casse pieds qui et loin d’être un génie mais qui croit savoir tout sur tout…
Mais j’ai pas à m’en plaindre non plus.
J’ai une petite, complètement lost, qui dénombre comme une moyenne section à coup de “1,2,3,5,9,12…”
Ca va être dur… mais y’en a toujours dans les classes des gosses comme ça…
J’en ai un qui a de groooooos soucis orthophonique…
Moi: Est ce que tu entends aaaaaaa dans Baaaaaaaaaaaaaaaaaateau?
Tayan: Non.
Moi: Vas y… dis aaaaaaaaaaaaaaaaaa
Tayan: aaaaaaaaaaaaaaaaa
Moi: Maintenant dis baaaaaaaaaaaaaaaaaaateau
Tayan: Baaaaaaaaaaaaaaaaateau
Moi: Alors est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaa dans baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaateau.
Tayan: Non.
Moi: Bon… ok… dans Tigre… Est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaaaa dans tigre?
Tayan: Oui… alors je colorie?
Je perds parfois patience… Mais, c’est ça après tout mon boulot d’instit. Tout ne peux pas être “idéal”.
On pourrait se dire que je ne suis pas de celles qui sont médisantes et qui ne voient que le mal.
En fait, j’ai un énorme problème dans cette classe et j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire.
Car sur 17 élèves, j’ai 3 lecteurs, 2 presque lecteurs et 1 redoublant qui déchiffre… Bref j’en ai 6 qui se font chier sur 17 quand on travaille sur les sons…
Et c’est pas finit!
J’ai décidé que j’allais testé les capacités en maths de mes 5 lecteurs et presque lecteurs qui semblait se faire chier avec le fichier de mathématiques…
Je me suis dit qu’il fallait les mettre au défi. Donc j’ai donné un exercice basique avec les > et < que tous le monde connait et je l’ai très très très corsé… j’ai mis une bonne vingtaine de problèmes types et je leur ai expliqué comment résoudre le problème une seule fois et c’était la veille:
63……36
204……24
47……49
56……65

Ce genre d’exercice est plus d’un niveau fin de bon CP voir plutôt  de CE1… et puis j’ai mis quelques additions… que je n’ai pas encore abordé avec la classe.
Je me suis donc dis “au moins ils vont bien être occupé pendant 15 minutes!”
ouai…
Sauf que 4 de mes génies me l’ont torchés en 3 minutes chrono… et tout était juste… Restait ma petite lumière: 1m10, 5 ans et demi, lectrice qui, de par son jeune âge était bien fatigué et avait mal à la tête… Elle s’est reposé un peu, a pris la feuille et un crayon avant de descendre en récréation et m’a dit:
Louise: Je peux le faire pendant la récréation?
Moi: Si tu veux…
Elle est revenue moins de 10 minutes plus tard “me foutre une claque dans la gueule” si je puis dire en me disant:
Louise: Ayé j’ai fini!
Aucune faute…
Mieux encore…
Au vu des magnifiques résultats sur “plus petit que, plus grand que” je me suis dit “si j’osais”…
J’ai donc pris une ardoise et posé l’opération 44+38 (niveau fin de très très bon CP voir CE1) et je l’ai montré à mon groupe d’Einstein.
Moi: Qui sait faire ça?
Lara, 6 ans. Lectrice depuis la moyenne section: depuis donc l’âge de 4 ans. Je sais pas ce qu’ils ont foutu à la maternelle pour pas faire un passage anticipé au CP mais soit… Elle s’approche… et oublie la retenue… Ba… j’ai peut être un peu vu trop loin…
Moi: C’est faux… Mais bon c’est pas grave tu…
Lara: Ah ba oui… 8+4 ça fait 12… Faut bien que je mette le 1 quelque part non?… Faut l’additionné au dizaine c’est ça?
*Boum dans ma gueule*
Vous savez quoi?… Et ba ils ont beau m’arriver à la taille… je me sens toute petite…
J’ai quel niveau déjà?
CP?
Ah bon?
Et pour ceux qui pourrait se dire “Pourquoi tu les fais pas sauté une classe?”…
Si je pouvais, j’en mettrai 3 d’entre eux en CE1… Seulement dans l’école il n’y a que 1 CE1 de 27 élèves!
J’ai donc plus qu’à  leur donné une excellente base fin de CE1 pour les faire passer directement du CP au CE2 l’année prochaine…
Je me déclare ce jour, enseignante de CP/CE1… P’tain fait chier le double niveau! J’aime pas cette classe, elle est trop bonne! XD

04 septembre 2010

premiers jours… on va arrêter de compter les années


31 août: jour de rentrée des profs dans la ville ou je travaille
Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que tout n’allait pas se passer comme prévue… pourtant mon poste de remplacement avait été demandé en juin et confirmé… on m’a juste dit “appelez à la rentrée pour confirmer” mais en vain c’était trop beau…
Je débarque donc dans l’école maternelle où j’ai longtemps travaillé à plusieurs reprise. Mes collègues sont déjà en train de papoté sur feu leur vacances et la nouvelle directrice tente de s’y imposé…
Directrice: Tu es Christelle c’est ça?
Moi: Ah non…
Directrice: Parce que je viens de recevoir un mail qui me disait que  c’était une certaine Christelle qui remplacerais Florence…
Je tente d’appeler l’inspection… ca sonne dans le vide… deux solution s’offre à moi:
- Soit je pars à l’inspection pour arranger les choses… mais sachant que c’est le rush, je risque de m’y faire lapider…
- Soit je pars dans mon école de rattachement et j’attends la réunion ZIL du lendemain pour plus amples information.
… Et j’ai donc cédé à la lâcheté parce que j’ai trop peur de la lapidation… En attendant le lendemain, je me suis tourné les pouces
Le lendemain, 1er septembre, réunion ZIL à l’inspection
J’ai jamais trop aimé les réunions de débuts d’années… c’est la troisième dans cette ville pour moi, donc j’ai déjà donné et c’est toujours la même chose sauf que chaque année on change d’inspecteur chez nous.
Alors après la distribution de paperasses et de plans divers dont je n’ai nul besoin parce que je connais la circonscription par cœur, viens le moment intéressant: la distribution des postes de remplacement dès le début d’année… L’inspectrice m’appelle et me dit alors que j’ai un poste dans l’école collée à l’inspection ( ZEP pourrie dans une des cités les plus connu de France école où j’ai passé pas mal de temps: CM2 pourris de cette école) pour un CP …
*Putain un CP en début d’année jusqu’à Noël… le stress*
C’est alors qu’on répartie la classe que j’aurai du avoir alors je tente le tout pour le tout en levant la main…
Inspectrice: Oui
Moi: C’était pour signaler que j’avais demander ce remplacement à l’origine en juin… Je m’étais arranger avec l’enseignante…
L’inspectrice s’arrête l’espace de 3 secondes en me regardant… puis continue sa liste de répartition l’air de rien…

Okayyyyy… J’ai tenu deux jours avant de me faire repérer moi… Heureusement je ne suis pas inspectable… Je m’écrase… tant pis…
Je quitte l’inspection et fait 20 mètres à pied pour rentrée dans l’école. Par chance la titulaire y a tout laissé y compris son cahier journal de l’année dernière… Donc je vais pas me fouler vu que je ne suis pas à l’aise avec ce niveau… Et, Ô comble de joie, le mur où se trouve mon bureau est communiquant avec… je vous le donne en mille: l’inspection!… Mieux… avec le bureau de l’inspectrice! XD
Autre soucis: j’aime pas mes collègues, c’est toutes des princesses… vous savez ce genre de filles qui quand elles sont au boulots ne parle que boulot et qui ont un aspect irréprochable d’enseigne 1ère de la classe… C’est triste à en mourir… Les meilleures salle des maîtres c’est tout de même celle où ont peu balancer des blagues de cul sans passer pour une perverse… :’(
Il y a quand même 3 points positifs dans cette école:
- Elle est pas très loin de chez moi
- Les mômes sont chouettes… 21 inscrits à l’origine, 2 disparus donc une classe de 19 au final dont 3 enfants qui ne sont pas encore arrivé de vacances. 12 garçons, 4 filles et…2 lecteurs pour le moments… il y en a deux qui sont un peu à la ramasse mais le niveau n’a pas l’air très mauvais… Et ils ont aussi l’air plein de vie et un peu malicieux à tendance bêtise grassouillette pas bien méchante et rigolote. Ca me plait bien.
-  C’est à 10 minutes de l’école où j’ai fini mon année avec mes CE1 et mes collègues que j’aime et que j’adore… ce qui m’a permis, ce vendredi, de prendre mon repas préparé la veille et d’aller mangé dans mon ancienne école qui m’a accueilli les bras ouverts… Si je pouvais, j’irais tous les jours… Mais faut pas exagérer… Mais pour ma vie professionnelle/sociale,  j’irai y faire un pèlerinage régulièrement sinon je crains pour ma santé mentale…
Ce petit passage dans mon ancienne école m’a permis, en outre, d’éclairer une possibilité d’avenir non négligeable et pour le moins intéressante… à suivre…

Résumé de tout ce que vous ne savez pas…


… Et qui n’est plus d’actualité… la faute à moi et à mes préoccupations autres qui font que je n’ai eu ni le temps, ni l’envie d’étaler mes aventures par ici.
Tout d’abord concernant le changement d’adresse de ce blog: J’ai cru fut un temps que certaines personnes de mon boulot a pu y avoir accès et ça m’embêtait un peu… Bien que je ne dise pas de mal des gens en général, ces gens sont dans mon monde professionnel proche et non pas des amis. Nulle envie de contrôler mes doigts à tout prix en me disant “que va penser untel en pensant à ce que j’ai écrit”… J’ai horreur d’être jugée et mon opinion sur mon quotidien en classe  m’est personnelle… Qui plus est, il n’était pas difficile de tomber sur ce blog et Google refusait de ne plus l’afficher… Le pseudo Aldysse est extrêmement lié à ma personne si bien que beaucoup de gens me connaissant et ne sachant pas que j’ai un blog, pouvait rien qu’en cherchant sur google me retrouver.
Bref, je n’ai qu’une confiance limité envers des gens que je rencontre un temps… et c’est le cas pour mes rencontres dans mes aventures ziliennes… Maintenant vous pouvez vous refilez mon adresse entre vous, je ne limiterai pas l’accès… jusqu’à incident éventuel.
Le ménage étant fait, me revoilà donc!
J’ai fini mon année scolaire en CE1 plus ou moins tranquillement comme prévu. J’ai adoré ce remplacement même si le quartier était pas vraiment cool et que je ne raffole pas de ce niveau. Ce que j’ai aimé surtout, c’est mes collègues. C’est tellement rare en tant qu’enseignant d’avoir une bonne relation avec tous les collègues mais pour nous zil, c’est vraiment exceptionnel parce qu’en remplaçant un peu partout, on n’a pas de collègues fixes. A vrai dire, je ne me suis jamais autant sentie à l’aise avec une équipe… Je m’entendais vraiment bien avec tous le monde et c’est encore le cas à l’heure qu’il est sauf que je suis de retour dans ma vie zilienne et donc plus ou moins loin d’eux même si j’espère entretenir des liens plus personnels avec certain… :D ( je vais pas vous faire un dessin mais bon…)
Concernant mes élèves j’ai eu quelques mésaventures de fin d’année qui ont pu faire trembler les murs… Figurez vous que du haut de leur 7 ans, certains de mes marmots se sont consulté pour engendrer de la bêtise à l’état pure.
Noah, William, Yacine, Mehmet et Mohamed sont 5 garçons bien différents.
Noah, c’est le meneur, le tchatcheur, celui qui est très “In” et surtout celui qui finira par manipuler des gros sous genre “agent immobilier” ou “vendeur hifi” quand il sera grand… vous savez les rapaces qui vous choppent pour vous convaincre d’acheter… C’est lui! Chef d’équipe aimant la bêtise et la manipulation.
William c’est le faux dur ultra sensible, prêt à suivre le meneur dans la bêtise parce que c’est trop cool (comprenez que “c’est très con mais que ça fait grand”)
Yacine c’est le type effacé qui dit rien mais qui suit… il fait un peu “Samy” dans Scooby doo… prêt à renier père et mère pour sauver sa peau quand il a la trouille.
Mehmet c’est simplet à l’état pur… totalement immature, niveau scolaire déplorable, à la limite du handicap non reconnu.
Et enfin Mohamed, le premier de la classe, intelligent, futé,  qui organise tout et monte le plan..
Du coup ça fait un peu Agence tout risque tout ça…
ag
Voilà… ça donne un bon aperçu de la chose grosso modo…
Il se trouve que les derniers temps, Noah est devenu un peu casse pied, si bien que j’ai du convoquer la maman (et pour que j’en vienne à ce point, faut vraiment le vouloir).
Je met un mot un jeudi pour une rencontre un lundi soir pour faire un bilan général pour qu’il se calme un peu… ce a quoi la maman, aveuglément amoureuse de son fils, m’aperçoit le vendredi matin et me place rapidement un “pas de problème pour se rencontrer lundi mais sachez que mon pauvre petit est influençable!”
*Bien sûr… D’ailleurs Al Capone était aussi très influençable mais c’était un ange de gentillesse et d’amour*
Et après un vendredi en apparence tranquille, le week end passe… et je dis bien “apparence”
Parce que, figurez vous que le lundi matin, à peine entrée en salle des maitres à 8h10, on m’annonce le démantèlement de ma team bétise et de leur dernière nouveauté en matière de conneries…
Le vendredi soir, à l’étude, Noah se fait griller en train de s’en griller une dans les toilettes…à 7 ans. Et que, par ailleurs, il avait avoué s’être relayé avec les copains de la team bêtise pendant que je faisait de l’art plastique, sous prétexte de se relayer pour nettoyer pots et pinceaux.
On m’aurait poignardé dans le dos, ça m’aurait fait pareil. Les apercevoir me donnait des envies de meurtres.
Je vous épargne mes hurlements divers dans ma classe qui fait que mes élèves n’ont pas moufetés de la journée de peur que je les jette par la fenêtre…
Leur organisation était simple: Mohamed a eu l’idée et a ramassé des mégots par terre, Noah a apporté le briquet de chez popa moman et tous les autres ont fait les moutons…
Le directeur me voyant me décomposer littéralement entre mes envies de meurtres et écœurement au point d’en avoir la nausée, c’est chargé de la punition: plus aucune récréation ne leur était accordée… accolés au murs de la cours jusqu’à la fin de l’année… on était fin mai…
La seule source de réjouissance qu’a pu m’apporter cette situation, c’est la décomposition de la moman de Noah qui ne voyait que pureté et sagesse dans le regard de son môme alors que je la convoquais pour son comportement intolérable de ces derniers temps… Les faits étaient la preuve de ce que j’avançais. Elle est littéralement tombée sur le cul… effarée, stupéfaite… choquée même…
… Mais elle a quand même rajouté qu’on l’avait influencé… Aveuglement, quand tu nous tiens…
… Peut être un peu moins aveugle quand même quand je lui ai laissé un second mot la semaine suivante pour dire que Noah avait triché durant le contrôle de sciences… mais pas sur…
Et puis quand j’ai dit que j’ai finis l’année scolaire dans cette école, ce n’est pas tout a fait vrai… pour les 3 derniers jours, on m’a envoyé dans une maternelle pour 7 gamins… j’ai pas eu une seule journée sans remplacement de toute l’année…
Mais j’ai quitté l’année en sachant que je pouvais remplacé le congé maternité d’une collègue de maternelle dans une école où j’avais passé beaucoup de temps. J’avais tout prévu, j’avais prévenu la secrétaire de circonscription, ma place était réservée…
C’était sans compté le bordel de la rentrée mais ça, c’est au prochain épisode… :D

22 juillet 2010

Rassure-toi

J'écris sur ce que j'endure Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour

J'écris du cour
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir

J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée

Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi

Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps

J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi

Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau
J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin
Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va
On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi
Tout ça pour dire que tout va bien, qu’il faudrait que j’écrive tout ce qui s’est passé à la fin de mon année scolaire, du moins un résumé, mais qu’il y a toujours une raison pour ne pas écrire… Pas mon blog en tout cas…

see ya!

21 mai 2010

La machine à caca

 
Petit jeu éducatif pour tous… et idéal dans le cadre d’une classe: La machine à caca!
Qu’est ce que la machine à caca?
C’est un jeu simple ou on met 3 ingrédients dans une machine qui les transforme en supposés caca qui en ressortira… Intéressant dans le cadre d’une alimentation équilibré… Ca fait un peu analyse de selles à moindre coût mais je trouve ça assez instructif en fait… Et pis le caca, ça fait toujours rire les mômes.
Essayez, vous verrez… Pas si facile que ça d’avoir à la sortie le “caca parfait”.
Enjoy: La machine à caca

11 mai 2010

Spectacle de fin d’année.


C’est marrant mais quand j’ai cherché une image pour illustrer cet article, je suis tombée sur ça…Et en grande section de maternelle, j’avais fait un spectacle sur le cirque et c’était moi l’ours! XD D’ailleurs au niveau de la tête, c’était trop grand et les oreilles penchaient violemment. XD
Brefouille XD
Chaque année, les profs s’enquiquinent à trouver ce qu’ils vont faire avec leurs élèves durant la kermesse.
Et à chaque fois c’est très souvent, soit une danse, soit une chanson.
Me concernant, ça sera un chanson pour mes CE1.
Pour faire original, j’ai décidé que cette chanson serait en langue étrangère.
Ba vous allez me dire, que ce n’est pas si original puisque beaucoup font des chansons en anglais pour les spectacles de fin d’année. Moi-même, il y a 2 ans avec mes grandes sections j’avais fait une chanson en anglais.
Cette fois ci, je m’attaque au japonais… Là c’est tout de même beaucoup moins courant.
Le seul soucis, c’est de trouver une chanson correcte pour des enfants de 7 ans, pas trop difficile, pas trop molle (parce que les mélodies douces pour des enfants pleins d’énergie de cet âge, je trouve que ça fait faux) et surtout pas un truc trop scolaire comme les chansons qu’on a tous appris en cours d’anglais au collège… beurk beurk!
Trouver une chanson adaptée c’est le parcours du combattant.
Alors finalement, je me suis dit que le meilleur moyen de trouver, c’est de faire appel à ce que je connais…
Et moi je connais les mangas! XD
Donc, j’ai trouvé la chanson parfaite, qu’ils chanteront en version longue avec 3 couplets, 2 refrains… à hauteur de 1 couplet et 1 refrain en français et le reste en japonais…
Voici donc la version japonaise et française de la chanson que mes élèves vont chanter pour le spectacle de fin d’année!




\o/ Ca va être fun!!!
Je suis tarée, enfermez moi!

08 mai 2010

Happy Birthday


J’ai eu cette chance de vivre, de vivre le premier jour de ma vie et de m’en souvenir… et je m’en souviendrais toujours…

Kanashimi no mukou kishi ni
Hohoemi ga aru toiu yo
Kanashimi no mukou kishi ni
Hohoemi ga aru toiu yo
Tadori tsuku sono saki ni wa
Nani ga bokura wo matteru ?
Nigeru tame ja naku yume ou tame ni
Tabi ni deta hazusa tooi natsu no ano hi
Ashita sae mieta nara tame iki mo nai kedo
Nagare ni sakarau fune no you ni
Ima wa mae he susume
Kurushimi no tsukita basho ni
Shiawase ga matsu toiu yo
Boku wa mada sagashite iru
Kisetsu hazure no himawari
Kobushi nigirishime asahi wo mateba
Akai tsume ato ni namida kirari ochiru
Kodoku ni mo nareta nara
Tsuki akari tayori ni
Hane naki tsubasa de tobi tatou
Motto mae he susume
Amagumo ga kireta nara
Nureta michi kagayaku
Yami dake ga oshiete kureru
Tsuyoi tsuyoi hikari
Tsuyoku mae he susume
Sur la rive opposé de la tristesse
Il y a quelque chose appelé un sourire
Sur la rive opposé de la tristesse
Il y a quelque chose appelé un sourire
Mais avant que nous ne puissions aller le rejoindre,
Y a t'il quelque chose pour lequel nous attendons ?
Pour poursuivre nos rêves, nous n'avons aucune raison de fuir
Nous devons continuer, jusqu'a cette lointaine journée d'été
Si nous le trouvons demain, nous ne pouvons nous réjouir
Car comme un bateau qui oppose la tempête
Nous devrons continuer à la franchir
Dans un endroit usé par la tristesse
Il y a quelque chose appelé un miracle qui attend
Nous continuons a chercher sans cesse
Pour le tournesol qui pousse à la fin du printemps
Le guerrier attend dans la lumière de l'aube
Avant qu'il ne puisse la serrer de ses ongles souillés, ses larmes brillent et tombent
Même si nous grandissons pour la solitude
Seulement en se fiant sur la lumière de la lune
Nous devons nous envoler loin avec nos ailes sans plumes
Juste aller devant, juste un peu plus loin
Comme les nuages de pluie se déchirent
Les rues trempées brillent
Bien que cela n'apporte que l'obscurité
Une puissante, puissante lumière
Nous pousse toujours à continuer

Je crois qu’il n’y a pas meilleure chanson pour illustrer ce que je ressens.
Je suis quelqu’un qui ne crois pas au hasard. Je pense que si quelque chose arrive c’est qu’elle devait arriver. Vous savez c’est comme cette fameuse chanson que tout un coup vous avez en tête, et au moment où vous allumez la radio, elle est là. C’est valable pour les bonnes et les mauvaises choses.
Alors que je me préparais pour faire un brin de ménage, j’ai allumé Itunes qui est toujours en aléatoire et je suis tombée sur cette chanson. Je connaissais la traduction de ses paroles et le destin a voulu que sur ma bibliothèque Itunes, où il y a plus de 2500 musiques, je tombe sur elle aujourd’hui. Et comme à chaque fois que j’écoute cette chanson, les larmes coulent, sans que je ne puisse faire autrement.
Cette chanson, je l’ai découverte en regardant le drama Ichi Rittoru no Namida (textuellement 1 litre de larmes)… Drama qui porte très bien son nom. Je vous laisse le découvrir seul si ca vous intéresse… On pleure forcément (et je suis résistante pourtant) mais il vaut le coup d’être vu.
Il y a un an, jour pour jour, je renaissais… Et si ce n’est pas ma date de naissance, c’est peut être la date la plus importante de ma vie. Et je suis persuadée, que toute les années qui suivront, je penserai à ce jour, en pleurant, comme je suis en train de le faire.
Aujourd’hui, cela fait un an que j’ai emménagé dans mon appartement et qu’après un dernier antidépresseur, j’ai jeté encore une boite à moitié pleine à la poubelle et placé une autre boite neuve dans la boite à pharmacie de chez mes parents où elle n’a plus bougé depuis. Je me rappelle encore avoir avalé le verre d’eau pour prendre le cachet alors qu’on démontait mon lit à l’étage pour l’apporter chez moi. J’avais décidé ce jour là que quoiqu’il arrive, je ne devais plus jamais avoir cette sensation de devoir dépendre d’une pilule pour être heureuse… Et que cette pilule ne franchirait pas la porte de mon nouvel appartement. J’avais prévu que cela devait être le premier jour de ma nouvelle vie qui commençait.
C’est tellement symbolique pour moi que cette date commémore la fin d’une guerre, parce ce que c’est aussi la fin d’une guerre pour moi. Une guerre avec moi même.
Je ne sais pas si on peut comprendre cette sensation quand on ne l’a pas vécu.
Depuis toute petite, je ne supporte pas de paraître faible aux yeux des autres et je ne supporte pas de montrer ma peine et ma souffrance parce que je pense qu’il y a des choses tellement plus graves et importantes.
Quand j’étais petite, mon frère était insupportable et jusqu’à ce qu’il ai trouvé celle qui est devenu ma belle sœur, mes parents ont eu beaucoup d’ennuis avec lui, que ce soit à cause de sa santé ou son comportement. Je crois que j’ai pris conscience que cela faisait de la peine à mes parents très très tôt, si bien que j’ai toujours été très sage et indépendante parce que je ne voulais pas leur créer de problèmes… Et plus que tout, leur faire de la peine était la pire chose qui aurait pu m’arriver. Je tentais d’être une fille modèle, ravalant ses petits problèmes de petite fille et d’adolescente, craignant que le moindre faux pas, ferai s’écrouler une montagne sur ma tête.
Alors aussi bien scolairement que dans mon comportement, j’étais irréprochable. Je m’empêchait tout écart, toutes bêtises, toutes les choses que tous parents vous interdit de faire et tout ce qui aurait pu leur faire de la peine.
Avec le recul, je pense que je me suis empêchée de vivre… C’est peut être pour ça que j’aime encore tous les truc un peu enfantin…
Quand j’étais petite et que je ramenais un bon carnet à la maison, ma mère m’a toujours offert un livre. Et du haut de mes 7 ans, je me souviens qu’une fois ma mère m’a offert un livre très moche et très bébé suite à une bon carnet. A chaque fois, je souriais, je remerciais ma maman… Mais moi, il ne me plaisait pas ce cadeau… ça faisait juste plaisir à ma maman et c’était bien. Mes copines, me montrait le lendemain leur album panini du dernier Disney sortit à l’époque. Mon livre était sous mon lit, chez moi.
Quand j’étais au collège, il y avait une réunion avec certains profs avec qui les parents prenait rendez vous. C’était peut être un des seuls caprices que j’ai fait étant adolescente: j’avais demandé à mon père d’aller voir certains de mes profs… ce n’était pas obligatoire à l’époque… Et mon père est allé voir 5 de mes profs pour me faire plaisir… J’ai bataillé pour qu’il le fasse! Tous mes profs ont dit la même chose. J’étais excellente dans toutes les matières à l’époque. J’avais une moyenne générale de 17.5 avec 19.5 de moyenne en math. Bref, les entretiens duraient 2 minutes à tout cassé… Je me rappelle même que ma prof de SVT et prof principale à l’époque a dit à mon père “Je ne vois pas pourquoi vous êtes venu… Il n’y a aucun problème!”. D’ailleurs, mon père m’a dit lui même en partant du collège “Ba… si c’est toujours comme ça… Inutile que je revienne…”
Et il n’est plus revenu.
Je crois que j’ai jamais aussi bien compris les gamins qui piquent des crises pour recevoir un peu d’attention… Je les envie. J’aurais aimé avoir la force de dire ce que je pensais et de m’exprimer quand j’étais petite au lieu de ravaler ce que je pensais réellement.
Alors ce matin du dernier cachet, je ne savais pas ce qui allait m’attendre. Est ce que j’allais supporter le fait de vivre seule? Est ce que j’allais arrivé à me prendre en main et m’occuper de moi?… J’aurai pu me poser ces questions mais en fait, elles ne m’ont même pas effleuré l’esprit. J’arrivais à être optimiste… Et ce n’était pas à cause de mes pilules. Tout ce que je pensais c’est qu’à cet instant, je pouvais être comme je le voulais et plus personne ne pouvait me dicter ma conduite. Que je vivais pour moi et non pour faire plaisir aux autres.
Finalement au bout de quelques mois  dans mon chez moi, je me suis rendu compte qu’en fait, hormis cette nouvelle ligne de vie, tout était pareil… J’avais tellement été indépendante depuis toute petite qu’à part le fait de faire mon ménage seule, ma lessive seule, ma vaisselle seule… Rien avait changé. J’ai toujours été seule et plus que jamais, je n’avais pas besoin de me raccrocher à qui que ce soit pour continuer à vivre…
Depuis ado, j’ai toujours considéré 2 types de personnes: Celles qui vivent pour eux et celles qui vivent pour les autres. Je me suis toujours considérée comme étant de la deuxième catégorie. Ma vie en elle même n’était pas importante, elle devait servir pour ceux qui en valait la peine… C’était un peu ma philosophie de vie… Je me suis même dit que je n’étais pas quelqu’un qui avait droit au bonheur et que les miettes de bonheur des autres me contenterai pour continuer mon chemin.
En fait, cette image que j’avais de moi, je la répugne a présent. J’étais une collabo…
Le 8 mai dernier, j’ai pris en main ma vie de révolutionnaire et j’ai atteins l’autre rive opposée à celle de la tristesse.
Aujourd’hui, j’ai toujours peur de ce qu’on pense de moi. J’ai toujours peur de mal faire. J’ai toujours peur de faire de la peine consciemment ou inconsciemment à quelqu’un parce que je ne crois pas qu’on peut être pleinement heureux sans aucuns problèmes ni soucis, mais je ne regrette plus mes décisions. Elles ne me torturent plus l’esprit.
Et quand je prends une décision, je ne la prends plus en fonction des autres mais en fonction des mes propres besoins. Et c’est pour ça que certains ont disparus de ma vie… Ils me créaient plus de souffrances que de bonheurs et je ne peux plus vivre avec plus de souffrances que de joies.
J’ai même réussi à dire à mes parents que toutes ces choses que j’attendais de leur part étant petite, je ne les avais pas eu… Mais bon ce n’étais pas de leur faute. C’étais parce que j’étais comme ça…
J’étais… comme ça…
J’étais.
Est ce que je suis heureuse aujourd’hui? Je ne vais pas dire oui parce que le terme est tellement fort pour moi que je me demande si vraiment c’est quelque chose d’atteignable. Je ne suis pas malheureuse en tout cas, c’est certain.
J’utilise un autre terme qui me fait sourire parce que j’en ressens les moindres vibrations de joie quand je prononce ces mots.
Aujourd'hui, je vis.
 

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