31 décembre 2011

La merveilleuse histoire de Monsieur Puni

En ayant à relire les post de ce blog, je me dis franchement que j'ai bien fait de le faire. Bons ou mauvais souvenirs, j'aime bien me rappeler de tout ça. Malheureusement, soit je n'ai pas le temps soit je ne pense pas forcément à alimenter ce blog. Pas faute que certains de mes lecteurs viennent me dire d'alimenter un peu la machine.

Soit je vais tenter de prendre un peu de temps pour le faire aujourd'hui en ce dernier jour de l'année... avant d'aller préparer mon réveillon.

Kidzilla tout d'abord (parce que je le dois bien). Quand je me rappelle la petite fille que j'ai accueilli en septembre, ce n'est plus du tout la même. Les injures ont presque totalement disparus. J'en ai encore, c'est clair, mais j'ai nettement moins de crise. Elle ne se frappe plus, bien qu'elle dise souvent qu'elle n'est pas belle ou qu'elle est méchante et je n'ai plus ce lavage de main intempestifs dont les séance pouvait durer 1/2 heure.

Alors que je ne la forçais plus à rien faire, parce que cela engendrait une crise et qu'elle refusait de travailler, elle commence, tout doucement, à réclamer les activités bien qu'elle demande à être accompagnée. Du coup, elle accapare très souvent mon ATSEM. Pour l'EPS c'est un peu pareil. Elle qui courrait dans tous les sens, commence doucement à vouloir s'y mettre un peu, en acceptant d'attendre son tour.

J'arrive à lui faire accepter les punitions, ce qui était impossible en septembre puisqu'elle ne restait pas assise et qu'elle se mettait systématiquement à chouiner... Il faut lui expliquer pourquoi elle est puni, pourquoi c'est normal d'être puni, pourquoi il faut s'excuser à chaque fois ce qui prends 10 minutes et ensuite elle part en punition avec ceci:
Je vous présente Monsieur Puni. Monsieur Puni a beaucoup de bandages parce que, quand on est puni, c'est triste. Ca fait mal. Parce que quand on est puni on a aussi fait mal aux autres en tapant ou quand on leur a dit des choses méchantes qui font pleurer. Mais quand on tourne la tête de Monsieur Puni, il réfléchi aux bêtises qu'il a faite. Il réfléchit très fort pour se calmer aussi parce que quand on a mal on est aussi en colère. Et puis, quand Monsieur Puni a fini de réfléchir, il se rend compte qu'il méritait d'être Puni et qu'il ne fallait pas recommencer la prochaine fois... Et comme la punition est fini, il se met à rire et son rire c'est comme une petite cloche qui fait sourire les enfants.

Qu'est ce qu'il faut pas inventer comme connerie des fois. M'enfin le principal c'est que ça marche. Elle reste en punition.

Par contre maintenant j'ai un autre problème. Comme elle est en opposition permanente avec l'adulte, à chaque fois c'est une comédie pour sortir de la classe. Soit pour aller à la cantine, soit pour aller en récréation... La solution étant de l'isoler dans la classe et de fermer légèrement la porte derrière elle, faire comme si je partais et que je la laissais seule, et de ne pas m'occuper d'elle. Et là, panique à bord: elle a peur que je l'abandonne, que je la laisse seule, et elle a si peur que parfois elle fait dans sa culotte.

Concrètement, j'ai pas envie de lâcher l'affaire. La maman pour éviter toute crise, la prend par la main (la tire si la gamine a envie de l'embêter), lui fait enfiler son manteau de grès ou de force, et hop c'est torché. Moi j'ai pas le temps de lui faire ça. Elle bouffe déjà assez de mon temps sans ça.

De même, si je ne fais pas le service de récréation, elle part souvent en pleurs (pleurs est un bien grand mot.... disons caprice) elle demande les bras, un câlin.... bref... faut que je sois la pour mademoiselle. heureusement j'ai un collègue qui prends le relais et qui a accepté de la prendre sur ses genoux le temps de la récréation. Parce que le câlin, la somnolence de récréation de l'après midi, est un espèce de rituel indispensable pour elle...

Je sais ce que vous allez me dire: Pourquoi on la mettrai pas plutôt au dortoir? Parce qu'elle refuse le dortoir et que ça l'angoisse. Elle lutte et ne dormira pas. Elle arrivera juste a enquiquiner ceux qui ont encore besoin de dormir.

Enfin... tout n'est pas réglé, mais on est sur la bonne voie. En espérant qu'avec les vacances, elle n'ait pas régressé d'un coup.


29 décembre 2011

Vent nouveau




Yop... me revoilou...

J'ai l'impression de ne plus avoir du temps à moi, mais aujourd'hui j'ai pu enfin un peu travailler sur ce blog: à droite, la nouvelle rubrique "dictionnaire" ou les articles sont répertoriés par mots clés... je n'ai pas terminé parce que cela demande au moins de revoir chaque article et leurs sujets et comme il y en a plus de 500, ce n'est pas mince affaire.

Ca permet de voir certains articles mais ça manque un peu de pertinence... genre article marrant pas marrant.

Dans "instant de vie" c'est souvent des dialogues avec mes élèves, dans "cas d'enfant particulier" on retrouve les articles lié a des enfants marquants (comme kidzilla quoi XD)... Délirium est aussi sympa dans son genre.

Soucis: le template actuel ne permet pas certaines choses: donc les petits papillons roses c'est bientôt fini :P j'en cherche un...

Donc là je vais chercher un peu et puis si j'ai le temps je ponds un article ce soir sur mes mésaventures (parce que ça fait longtemps ^^)

14 novembre 2011

Humpff...



*1 e-mail reçu, boite mail réservée à mes élèves et parents d'élève*

Bonjour,

Je suis la maman de Mylène
Si d'un point de vue scolaire, tout semble bien se passer pour Mylène, depuis plusieurs semaines elle se plains d'une petite fille appelé Kidzilla.
Elle est rentrée il y a quelques temps avec des marques au cou et des griffures. Mylène n'ayant pas l'air plus "traumatisé" que ça, je n'en ai pas fait état.
Seulement, régulièrement le soir Mylène me parle de cette petite fille qui semble méchante et très grossière avec elle.
Depuis la rentrée de vacances de la Toussaint, ma fille traîne des pieds pour aller à l'école. Cela m'ennuie d'autant plus que je la sais très bien dans votre classe et qu'elle se sent bien avec vous.
J'aimerais savoir ce qu'il se passe entre elles deux. Je ne voudrais pas que Kidzilla prenne en grippe ma fille.
Je vous demande d'être vigilante par rapport à cette situation.

Travaillant de l'autre côté de la banlieue parisienne je ne peux que rarement venir à l'école, c'est pour cette raison que je n'ai pu vous en parler directement.

Votre avis m'intéresse.
Je reste à votre disposition. 
Cordialement,
La maman de Mylène
Mathilde
J'avoue ne pas trop savoir quoi répondre...

09 novembre 2011

Opossum



Dans ma classe de 27 élèves, j'en ai 6 qui sont en grande section.

5 d'entre eux ont été placés dans cette classe parce qu'ils sont doués et indépendants. Et puis il y a celui que je vais surnommer Opossum.

Opossum est un petit brésilien, arrivé l'année dernière en France, qui a un niveau plutôt faible (il fait du travail de moyen), qui se contre fous de l'école, fait bêtises sur bêtises, est totalement immature vu son âge et a 2 mauvaises manies:
La première, grandement agaçante, est qu'il a la furieuse tendance à suçoter son pouce à longueur de journée ce qui a eu pour conséquence de déformer ses dents de devant.

La seconde c'est qu'il s'endort a peu près partout, comme piqué par la mouche tsé-tsé... un vrai endormissement en l'espace de quelques seconde. Il s'endort sur sa chaise, sur le banc, allongé dans la cours sous une pile de manteau et à la cantine.

Très souvent, il s'endort quand il va travailler sur quelque chose qu'il n'aime pas ou quand il a été puni, ce qui est le cas au moins 2 à 3 fois dans la journée.

Entre son suçage de pouce intempestif et ses bêtises, Opossum est très souvent repris en classe... A vrai dire, je m'inquiète assez: l'année prochaine il part en CP, et vu sa tendance à l'endormissement et sa sale manie, ça va être dur... très dur.

On pourrait se dire que tout est relatif, mais je crois qu'on a atteint un point de non retour.

Alors que nous étions en salle de motricité, en pleine séance de parcours, Opossum se fait de nouveau remarqué et est puni assis autour d'une petite table dans un coin de la salle. A la fin de la séance, je ne suis pas étonnée de le voir affalé sur la table, le pouce dans la bouche, ronflant bruyamment.

Comme je suis bien obligée de le réveiller, j'y vais en douceur, lui gratouillant la joue.

rien.

Je lui gratouille la tête.

rien.

Je lui secoue les épaules légèrement.

toujours rien.

Je secoue de manière un peu plus vive.

...

"Allez! Debout! Réveille toi!"

Il lève enfin la tête, le regard brouillon, l'air grincheux.

"Allez! On retourne en classe! Prends ton manteau!"

Je me retourne, forme le rang, rouspète sur les bruyants, recadre les inattentifs, me retourne et...

"Ah non! Réveille toi bon sang! Je ne vais pas te porter jusqu'en classe quand même!"

Je le soulève, le met debout et...

Moi: Ohééééé!
Elève: Maîtresse... je crois qu'il dort...
Moi: Youhou! Ouvre tes yeux!

*Je claque des doigts devant son visage... ses yeux sont toujours clos*

Elève: Maîtresse... il dort vraiment...
Moi: Mais non... Il pourrait pas tenir debout si...

Et c'est alors que tout à coup, Opossum penche dangereusement vers l'avant... et que je le rattrape in extrémis.

En fait , ce qui l'a réveillé c'est surtout moi, éclatant de rire, le portant pour éviter qu'il ne tombe.

05 novembre 2011

Faune et flore d'une cours de récré.



J'avoue que ce titre d'article est quand même bien ambigue...

Si j'étais franchement méchante, je pourrais dire que la cours de récré est pleine de bêtes en furies et de plantes vertes... Mais ca serait vraiment méchant... parfois vrai, mais méchant.

En fait, je vais parler de vrais animaux.

Dans la cours de récré, il y a un petit jardinet pour nos petites expériences scientifiques. On y a planté des petits pois, des lentilles, des pois chiche, des graines de fleur, mais aussi des grains de semoule et des coquillettes... ba oui, faut bien expérimenter et voir ce qui pousse ou pas.

Dans ce petit jardinet on trouve aussi les plus grosses limaces que j'ai jamais vu et qui éveille la curiosité des tout petits en saccageant notre potager miniature.

Nous avons hésité longtemps sur le sort de ces voraces.
1) Les tuer à coup d'anti-limaces pour sauver les pauvres plantations que nous allons faire.
2) Les laisser vivre et pourrir notre expérimentation pour laisser les petits s'émerveiller sur les mollusques.

Baaa... on va juste attendre pour le moment puisque rien n'est planté. Et puis ils adorent leur faire rentrer leurs cornes du bout de leur doigt ou d'un petit bâton.

Le problème c'est quand la pauvre bête s'aventure en dehors du petit jardinet grillagé et qu'un gamin l'écrabouille... glissant et se vautrant par terre par la même occasion.

Bref, c'est tout de même dommage que ces bestioles saccagent tout parce que le jardinet de l'école a un gros avantage: Pour une raison que nous ignorons, le jardin est surpeuplé de coccinelles (du coup on a jamais de pucerons).

Je sais pas vous mais, quand j'étais petite, je me rappelle qu'on était tous plus ou moins fascinés par ces bestioles... En tout cas, chez nous c'est pareil. Pas une récré ne se passe sans qu'on vienne nous voir pour nous montrer la "cochinnelle" sauf que...

Élève: Maicresseu! Regarde j'ai une cochinnelle!
Moi: Ah oui! Et tu as compter ses points?
Élève:1,2,3,5, 6, 8, 5...11!
Moi: Moui... Bon... tu sais les coccinelles c'est important pour le jardin... il faudrait l'y remettre.
Élève: d'accord!
*le gamin prends la bestiole entre ses deux doigts malhabiles...tellement malhabile que...* 
Élève: Maicresseu? C'est quoi ce truc jaune?

Nous prenons vite conscience que malheureusement, tel la limace qui saccage le potager, l'enfant tue notre insecticide naturel.

Hier, un vent de frayeur a parcouru la cours!

Élève: MAITRE MAITREEEEUUUUU! Y'A UN SERPENT, Y'A UN SERPENT!
Collègue: ... Je vais voir...

*quelques minutes plus tard*

Moi: Alors?
Collègue: La vache... énorme... je sais pas ce qu'il y a dans ce jardin... entre les énormes limaces et une surpopulation de coccinelle, je sais pas ce qui se trouve ici mais en tout cas les bestioles sont toujours impressionnantes.
Moi: C'était quoi?
Collègue: Un long... un très très long ver de terre.

13 octobre 2011

Dans la peau de la dirlo



Si ma journée n'a pas été simple, j'avoue quelque fois trouver que je me plains  pour pas grands chose.

Aujourd'hui, j'ai compris que jamais, quelque soit la paye reçue, je ne deviendrai dirlo d'une école. Qui plus est un dirlo ne gagne pas forcément beaucoup mieux sa vie. Je le savais déjà mais une journée comme celle qu'à vécu notre école aujourd'hui suffit pour calmer qui que ce soit.

Alors soit je vais essayer de décrire la journée de ma dirlo, du moins de ce que j'en ai vu et ça commence mal parce qu'elle se tape les bouchons et qu'elle pense arriver en retard....ce qui n'est pas le cas. Mais notre dirlo c'est notre zéroïne à nous. super efficace, super à l'heure finalement.

8h30 commence le début des hostilités: une matinée de REE.
La première, celle de Kidzilla où il faut annoncer à la maman la déscolarisation partielle de sa fille. La réunion commence à 9h mais on se prépare un peu avant parce qu'on le sait: ca va être dur. La maman est de bonne volonté même si elle a ses soucis. Elle crains pour sa fille. Je commence en déclarant que malheureusement ça ne s'arrange pas. Zéroïne poursuit en disant que modestement je ne fais pas part de ma propre souffrance et que j'ai craqué. Qu'on a essayé et qu'on y arrive pas parce que sa rééducation se fera d'abord avec des soins médicaux appropriés. La conseillère à la scolarisation termine en disant que malgré le changement classe et ma dévotion, ainsi que celle de tout mes collègues, le cas est difficile. Que cela nuit malheureusement à toute la classe et annonce la déscolarisation partielle.

La maman fond en larme. Elle comprend. Elle aussi, elle lutte et comprend qu'avec les 27 élèves je ne peux pas tout gérer surtout si ça influence les autres. Nous parlons de l'éventuelle violence de son ex sur la petite. Je fais part du fait que ses bleus dans le dos sont étranges mais que la petite m'a dit que c'était à cause de Vivi. Vivi pour moi c'est Viviane, une ATSEM... Donc je n'y prête pas attention.

Vivi en fait, c'est Evelyne: la nouvelle compagne de son papa. Nous surveillerons donc à l'avenir la moindre trace.

Loin de la catastrophe larmoyante que nous attendions la maman y met de la bonne volonté: Kidzilla, après la Toussaint ne fréquentera l'école que l'après midi... Elle s'est même proposé de la garder après 15h... Nous aviserons.

10h seconde REE. La maman de ma petite trisomique qui vient pour son second fils. J'ai eu le premier qui est actuellement en 6ème et j'ai la petite dernière. Le cas? John, CM1, un peu livré à lui même, s'est fait renversé par une voiture alors qu'il était à vélo dans une rue proche de l'école. Traumatisme crânien. conséquences: perte du langage, amnésie partielle, perte de motricité... et moult petits désagréments qui demande une rééducation. Il reprends l'école après plusieurs mois d'hospitalisation et de centre rééducatif.

Imaginez: vous êtes une maman célibataire, 3 enfants, sans emploi, sans formation (probablement illetrée), une petite fille de 5 ans avec une trisomie assez sévère (en couche, elle ne parle pas, régurgite tout ses aliments) un autre gamin de 9 ans fortement handicapé, un grand sur qui elle se repose beaucoup (et qui, dieu merci, n'a pas craqué), elle a reçu un avis d'expulsion et n'a plus de quoi se nourrir elle même.

Pendant la seconde REE, des larmes d'une maman désespérée, perdue, qui réclame l'aide de l'école pour elle et ses enfants, priant dieu et lui demandant pourquoi le sort s'acharne sur elle.

Matinée de Zéroïne affreuse. Quand on nous dit à nous, enseignants, de ne pas apporter les bagages de l'école chez nous c'est une vérité... Comme dirait la conseillère à l'éducation: Dès fois, on a juste envie de prendre la main du gamin et de lui dire "Allez vient chez moi".

Sauf que voilà, l'école peut nous sortir de la panade et même si nous outre passons notre rôle presque tous les jours, Il arrive un moment ou rentrer chez nous et oublier, c'est aussi une question de survie morale.

Le pire est à venir.

A peine sortie de sa seconde REE, Zéroïne va se restaurer...ca dure 30 minutes avant que notre super gardien ne vienne nous l'enlever. "Je crois que c'est urgent".

Pour l'être ça l'est.

La maman qu'elle reçoit arrive avec ses deux filles. Elle est défigurée, tuméfiée. D'origine croate, elle annonce sa fuite. Son mari a été incarcéré dans la nuit. Il sera libéré ce soir. Il lui faut prendre l'avion d'urgence avec ses filles sous le bras. Elle ne sait pas où elle en est, ce qu'elle doit faire. Les gendarmes vont la contacter pour lui donner une chambre pour les prochaines nuits. Mais en attendant...

Zéroïne lui dit de partir vite faire ses bagages avant sa libération et de les ramener à l'école. Nous stockerons ses affaires dans notre réserve de matériel.

Zéroïne: Allez y mais n'y allez pas seule. Demandez à des hommes costauds que vous connaissez de vous aider.
Maman: Le problème c'est eux... je ne peux pas.
Zéroïne: Comment ça?
Maman: J'ai trompé mon mari plusieurs fois...

Un vrai vaudeville si les conséquences n'étaient pas si tragiques. La mère revient avec ses bagages, l'assistante à la scolarisation l'aide pour les prochains jours à lui trouver toute l'aide nécessaire...

Dirlo pour une prime 380 euros de plus par mois (pour une école de plus de 10 classes) alors qu'on est confronté à toute la misère humaine et que surtout "il faut pas craquer"

Très peu pour moi...

Ah... et je suis pas dans une école ZEP mais dans un quartier pavillonnaire. Aux chiottes les préjugés...

10 octobre 2011

Heureuse coupable et inquiète.



Aujourd'hui, il s'est passé quelque chose que je ne reverrai sans doute plus dans ma carrière. On peut s'en réjouir et en être triste en même temps. On peut se sentir libérée et empli de remords en même temps.

Tout avait commencé comme d'habitude: accueil, atelier de langage, récré et bataille avec Kidzilla pour qu'elle mette ses chaussures et son manteau, atelier, puis départ à la cantine ou rebataille avec Kidzilla...13h30 on remonte en classe... temps de repos où Kidzilla pousse des cris comme si le silence ambiant la stressait. à 14h50 on vient la chercher... oui parce que pour le bien de tous, surtout pour moi et ma classe, Kidzilla fini sa journée en petite section des qu'ils se réveillent. Puis je pars en récré et je fini ma journée par une séance de sport en salle de motricité où j'ai commencé une séquence de lutte.

16h10 Je remonte dans la classe et je croise la directrice.

Là on m'annonce l'improbable. On me dit cette chose que je n'entendrais probablement plus jamais tellement cela est rare: L'inspectrice approuve la demande de déscolarisation à mi-temps de Kidzilla.

Une déscolarisation par un inspecteur s'est aussi rare que de croiser... une 2 chevaux dans la rue en 2011... peut être plus encore.

Pire. On m'a sous entendu que si j'avais demandé une déscolarisation totale, on me l'aurait accepté.

L'expression "avoir un poids sur les épaules" a pris tout son sens. Quand on me l'a dit, d'abord, je ne l'ai pas cru, puis quand j'ai réalisé, j'ai eu la sensation que les muscles et les nerfs de ma nuque s'étaient soudainement détendus. Je me suis sentie allégée, j'ai levé les bras au ciel et j'ai répété "Oh ouiii! OUIIIIII!"...

Mes élèves ont pas tout compris. XD

Tout de suite j'ai pensé "enfin"... c'est un peu comme si on reconnaissait ma souffrance et la sienne et qu'enfin on me dise "Tu as besoin d'aide. Elle a besoin d'aide. Cette situation ne peut pas durer."

Rapidement cette victoire a pris un goût d'amertume. J'ai eu malgré tout des petits progrès comme le fait que le nombre d'injures a fortement baissé. Elle vient à présent se ranger avec les autres au lieu de fuir quand la fin de récré sonne... Des toutes petites choses...de ci....de là...

Je ne peux pas m'empêcher de voir le bon alors que je subi beaucoup... Et la retirer de l'école à mi temps c'est comme si je dévalorisai ses tout petits progrès qui pour moi ont une importance folle. C'est comme si je lui disais "Tu fais des efforts, mais je m'en fou"...

Je me sens un peu coupable presque d'avoir ressenti ce poids s'envoler. J'ai beau me dire que j'ai tenté beaucoup et que j'ai été immensément patiente, un petit morceau de moi a ce sentiment d'abandonner face à la difficulté qui ne me ressemble pas mais qui me mène a beaucoup souffrir à chaque fois parce que je ne suis pas super woman... et que ça serai tellement bien si j'étais plus forte.

On ne peut pas vraiment se réjouir d'en venir à ce point. Un évènement si exceptionnel ne peut avoir que des circonstances tout aussi exceptionnelles.

Car oui je suis maîtresse. Je suis là pour qu'ils entrent dans des apprentissages scolaires et non pas pour les rééduquer.
Je suis là pour passer de bons moments en discutant, en jouant, en découvrant avec eux... pas pour me battre, pour me faire insulter, pour m'acherner à obtenir un "pardon maitresse" après 3/4 d'heure de hurlements.
J'aime ce que je fais et je pars à l'école avec le sourire... pas en somatisant avec des maux de ventre, des maux de dos parce que même si je veux sauver cette gosse je sais que c'est impossible dans ces circonstances.

Je suis là pour 27 élèves... Pas pour 1 seule.

Tout ça, je me le dis et je me le répète... Mais au fond je me sentirai toujours coupable. Ce n'est pas moi qui ai mis ces insultes dans sa bouche... mais je me sens coupable de ne pas pouvoir les arrêter... C'est comme ça.

Il reste une chose à faire à présent: l'annoncer à la maman jeudi.
Et ça, ça m'inquiète. Même si cette femme n'a pas fait son travail d'éducation correctement, lui annoncer cette mesure c'est aussi la poignarder quand aux petits efforts qu'elle a fait pour que sa fille ait accès aux soins... Certes, c'est un peu tard maintenant mais quand même.

Que va t'il advenir de Kidzilla quant elle ne sera plus à l'école. Sera-t-elle soignée, suivie? Sera-t-elle abandonnée de nouveau? Régressera-t-elle d'autant plus?

Car oui, ça ne résous pas tout, et si ce retrait mènent encore à la régression de Kidzilla, je me sentirai encore et toujours coupable... Car au fond, cette petite, j'y suis attaché. Je lutte avec elle. Je souffre avec elle.

Je me rappelle encore jeudi... ce jour ou j'ai craqué et ou en début d'après midi elle me demande avec insistance "Qu'est ce que tu fais maîtresse?" et que je lui répond d'un ton calme et monocorde que je ne peux pas, que je n'arrive pas à lui parler parce que je n'ai pas accepté ce qu'elle m'a fait subir en matinée, et qu'elle me répond, toujours en parlant d'elle à la troisième personne "Ah ba oui parce que Kidzilla méchante. Kidzilla dit des gros mots. Maîtresse triste."

Comment ne pas craquer, ne pas s'attendrir face à ce petit bout de petite fille qui, même si elle vous fait subir des atrocités, comprend tout? Elle ne se contrôle pas... Elle est juste comme ça au fond, c'est tout.

09 octobre 2011

04 octobre 2011

Ah bon?



Moi: Aujourd'hui, je vais vous lire... attendez... mets toi là Lina, tu gênes les enfants derrière...
Alex (5 ans): Pa... ta...trrrr
Moi: Oui donc je disais... aujourd'hui je vais vous lire Patatras...

...huuuummm...

 Moi: Tu l'as déjà lu Alex?
Alex: Non...

*suspect*

Moi: Une seconde les enfants...*j'écris au tableau le mot "salade"* Tu es capable de me dire ce qu'il y a d'écrit là?
Alex: Sa....
...
Moi: A côté, c'est L et A. Ca donne quoi?
Alex: la
Moi: bien et ensuite c'est D et E
Alex: de.
Moi: Et si tu mets tout ensemble sa...
Alex: Sa.......la.......de.
Moi: Dis le plus vite...
Alex: Sa....la....de. Sa..la....de. Saladeuu... salade?
Moi: Oui c'est ça! Mais dis moi jeune homme, c'est que tu sais presque lire! C'est maman qui t'as appris? (la maman est instit)
Alex: Non j'ai appris tout seul... mais je sais pas lire un livre.
Moi: Mais tu es capable de déchiffrer un mot avec un peu d'aide

*ah ah...*

Plus tard, salle des maîtres.

Moi: Qui est ce qui avait Alex en moyenne section l'année dernière?
Annie: Moi pourquoi?
Moi: il est doué. il déchiffre très facilement des syllabes simples et avec de l'aide des syllabes plus complexes... Il a juste un peu de mal à les lier pour former un mot mais c'est par manque de confiance.
Annie: Ah ouai? Il lisait pas en fin d'année dernière de ce que j'en ai vu. C'est nouveau... Mais ça m'étonne pas parce qu'il est très bon. D'ailleurs je pensais que sa mère l'aidait, mais c'est pas le cas, elle veut pas le pousser du tout. Je voulais pas le mettre dans ta classe à cause du double niveau mais quand j'ai su que c'était Eric qui prenait la grande section, je me suis dis que vu le papa, fallait absolument qu'une maitresse en profite. :-P
Moi: Ah c'est clair! C'est trop gentil.

Le papa d'Alex...Grand, blond, yeux bleus, une carrure d'athlète, tout en muscle mais pas trop non plus... Juste l'allure d'un dieu grec. Tout simplement CA-NON (et pourtant je suis pas fan des blonds)
Et justement, c'est lui qui amène et qui vient chercher son fils tous les jours...

Moi: Bonsoir... Alex y'a papa... Vous savez que votre fils sait un petit peu lire?
Papa: Ah oui?
Moi: Quelques syllabes simple mais il arrivera à lire un mot de façon fluide très bientôt.
Papa: Pourtant on ne veut absolument le pousser...
Moi: C'est ce qu'on m'a dit... Je ne le pousserai pas trop non plus et il a encore des choses à apprendre... comme découper correctement... n'est ce pas Alex?
Alex: Oui.
Papa: Alors comme ça tu lis? Ah bon?
Alex: ba un ti peu...
Papa: Comment t'as appris?
Alex : Tout seul.
Papa: Ah ba ça!
Moi: C'est ce qu'on appelle avoir du talent!

Et comme le petit ressemble à son papa, je préviens: Si tu es une petite fille, et que tu souhaites avoir plus tard un beau (super canon) prince ( bien sculpté) intelligent... alors inscrit toi tout de suite sur la liste d'attente chérie... parce que ça va se bousculer au portillon dans 10 ans.

24 septembre 2011

Il en faut peu pour être heureux...


Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.

Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.

Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente

Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*

BANG!

Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il  y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.


BANG BANG BANG BANG!

La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.

Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.

A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.

Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*

Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.

Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.

Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/

Son doudou?
Le voilà (clic)

20 septembre 2011

Mes grands :')



Il y a un peu plus de deux ans, j'ai eu un merveilleux CE2 en remplacement pour un petit peu plus d'un trimestre. Un classe avec laquelle je me suis vraiment éclatée à coup de bataille de boules de neige, de grandes parties de rigolade et beaucoup de moment mémorable.

Y'a des trucs qui apparaissent au tableau...
On compte les jours...
rédaction de n'Isawette
:')

Bien que la structure soit toute neuve et que le nom de l'établissement change, c'est la même école. Mes CE2 sont à présent 6ème (sauf une, Linda, qui a redoublé et que je croise régulièrement pour un petit bisou au détour d'un couloir de la cantine)... Mais ils resteront à jamais mes CE2! Ainsi va la vie, on part, on oublie ses anciens instits... ou presque.

Car chose extraordinaire: 2 de mes élèves actuels sont des petites soeurs de mes CE2. Du coup, le matin je revoyais 2 de mes grands venu comme ça me voir avec un grand sourire... peut être aussi un peu nostalgique, ils sont venu me réclamer un bisou en passant. Une 3ème de mes anciens élèves a un petit frère dans la classe voisine à la mienne, la petite Camille en fin de cet article qui est une petite vraiment extraordinaire, remplie de potentiel. Pareil, elle écarte la foule de parents et d'élèves pour me sauter au cou... toujours aussi expressive alors que quand je l'ai rencontrée elle était si effacée (oui oui j'ose le dire, elle est un peu ma petite fierté... sous mes conseils, elle a commencé le théâtre et elle si plait et joue régulièrement sur scène avec la petite troupe qu'elle a intégré.)

Ah... ça fait du bien de les voir ceux là...

Et apparemment, beaucoup d'entre eux finissent à la même heure le mardi, puisqu'un petit troupeau d'une dizaine d'élèves s'est retrouvé devant l'école maternelle ce soir... Frappant sur la vitre à mon passage, me pressant pour que je sorte et m'enterrer sous une pluie de bisous...M'appelant "maitresse" alors que je les ai eu comme élève environs 4 mois, il y a plus de 2 ans et que maintenant, en 6ème, y'a plus de maîtresse qui tienne! Mes autres collègues qui les ont eu plus longtemps pourtant ont été bien vexé de mon petit privilège.

Je les aime mes CE2. Je me demande si un jour je retomberai sur une classe pareille.

19 septembre 2011

Du papier!


 BD @ Jacques Risso

Si il y a un truc dont j'ai profondément horreur dans mon métier, c'est la paperasse... Et en début d'année, j'ai l'impression qu'un bon millier d'arbres a été abattu rien que pour me faire chier.

Le piège, maintenant que je suis sédentaire et plus ZIL, c'est que la paperasse, j'en ai encore plus. Par exemple, la fiche d'aide à l'élaboration du Projet Personnalisé de Réussite éducative (PPRE) de Kidzilla pour préparer la REE (Réunion d'Equipe Educative) qui se déroule jeudi prochain pour Kidzilla.

Grosso modo on doit détaillé les soucis de Kidzilla et trouvé une source d'espoir à chaque point.
exemple:

Comportement de l'élève en relation avec l'adulte.
Domaine de réussite: (à argumenter)
Difficultés rencontrées: (à argumenter)

La colonne "domaine de réussite" se trouve toujours en première position. Belle hypocrisie: tous les enfants qui font l'objet d'un PPRE du genre pose problème et on pense d'abord au problème avant de trouver un espoir.

D'autant plus hypocrite que durant cette PPRE, seront présent la mère et le beau père de kidzilla, la psy, le médecin scolaire, la conseillère à l'éducation, la directrice de l'école et moi. Tous on vu Kidzilla, tous on reçu une pluie de "ta gueule" dans la tronche... mais c'est bibi qui va se taper la paperasse.

crotte.

Très franchement, hormis peut être sa mère, je suis peut être celle qui subit le moins les assauts de kidzilla. Je me cacherai bien de déclarer les petits progrès que j'ai pu observer: plus je lui trouve des bons points, moins on considère que j'ai besoin d'aide, plus on me laissera dans la misère. Alors certes les "ta gueule" diminuent légèrement faisant place à "t'es pas belle", certes je n'ai plus à lui courir après dans la cours pour qu'elle daigne se mettre en rang, certes les hurlements sont moins présent (en même temps je ne la force pas à faire quoi que ce soit)... Il n'en reste pas moins que les "ta gueule" sont toujours là, que je dois me battre régulièrement pour qu'elle mette son manteau et ses chaussures, qu'elle crise régulièrement et que pire que tout (et pour le moins choquant à observer) elle se violente en se giflant ou se frappant la tête... et autant les insultes diminuent, autant les coups qu'elle se porte augmente proportionnellement à la baisse de ses cris... comme si elle compensait.

Mon Atsem a du mal à s'en remettre à chaque fois que kidzilla se frappe. Il faut bien le dire, c'est comme si elle voulait nous montrer sa souffrance intérieure en se frappant.

Effet pervers: elle réclame une forte dose d'affection que je suis prête à lui offrir tout en me torturant intérieurement de la limite à lui donner: si j'arrête elle crise, si je continue, elle s'habituera de plus en plus jusqu'à en devenir indispensable. Cruel dilemme.

L'avantage c'est que moins elle connait la personne, plus elle est insupportable: je vous raconte pas la tête de la psy quand elle a du s'occuper d'elle...

Je suis sûre que je serai la plus raisonnable dans mes propos, ce qui est problématique.

Ca me saoule, faut que je trouve comment remplir cette paperasse sans être trop gentille, sans montré que j'ai la foi sur ses progrès pour avoir un max d'aide et en même temps faut que je soit raisonnable et montré ses points forts.

Je remplirai ça durant la Grande Messe. (GM)...dans le jargon de l'école, la Grande Messe c'est la réunion de début d'année de tous les enseignants de la commune pour écouter la bonne parole... de l'inspectrice. La Grande Messe où on papote et on fait tous autre chose parce que ça nous gonfle... AMEN! (la GM c'est mercredi)

15 septembre 2011

Et maintenant, qu'allons nous faire?



Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.

Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.

Je n'ai pas de quoi me plaindre.

Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.

Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.

Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).

Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.

J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"

Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.

Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.

Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.

Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.

Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?

10 septembre 2011

Kidzilla



Ilona, 4 ans, est une petite fille en moyenne section dans la classe de ma collègue.  Elle est toute petite, toute maigrelette, les cheveux blonds ondulé avec de grands yeux marrons glacés et porte souvent un long manteau rose papier toilette.

Ilona pourrait être une petite fille tout à fait banale, pourtant, elle est au coeur des conversations de toute l'école.

On a souvent l'image des séries américaines du gamin perturbateur et espiègle qui se retrouve dans le bureau du proviseur.

Et bien là, vous prenez la même chose mais avec cette petite gamine de 4 ans, 3 jours après la rentrée. 

J'ai rarement vu plus rapide.

Il faut dire qu'Ilona hurle, frappe, mord et se mord et à un langage fleurie se résumant essentiellement à une pluie de "Ta gueule" qu'elle attribue à sa maitresse, à l'atsem, à tous le personnel de l'école, y compris la directrice, ainsi que, plus curieusement, à elle même. Les caprices, les pleurs... que du bonheur concentré sur 1 mètre de petite fille.

Je suis tout de même perplexe, car pour l'avoir observée, elle est tout de même un étrange mélange de mauvaise éducation, de problème psy et de TOC multiples et divers comme un lavage de main intempestif dont les séances doivent être interrompues car elles peuvent durer plus de 30 minutes (et si on l'interromps, elle nous regarde avec des yeux terrifiées.)

Pas totalement inconnue des autorités scolaires, puisqu'elle a passé déjà une année mouvementée en ces lieux; en 3 jours, mes collègues ont certifié que le cas avait empiré...et qu'"empiré" était un mot bien faiblard.

Que dire de la mère? (que je n'ai jamais rencontré mais qu'on m'a bien résumé) Outre le fait, qu'elle a dut lui apprendre les chapelets d'injures que la petite a enregistré ... bien que je puisse comprendre, vu son niveau d'excellence "d'insuportabilité", que 1 ou 2 "T'as gueule" ai pu lui échapper, la maman d'Ilona ne comprends pas.

Oui parce que "c'est un ange à la maison."...Ah... Il faut dire que c'est tellement chiant de faire des démarches pour que ta fille soit aidée et soutenue avec une Auxilliaire de Vie Scolaire (AVS), qu'on ne voit soudainement que son côté angélique.

Les cornes démoniaques d'Ilona ont commencé à pousser aux yeux de sa mère, curieusement quand les animateurs du centre de loisirs ont menacer de ne plus prendre Ilona sans AVS. Tout à coup, elle est devenu démon quand on a dit à sa mère que "NON" on ne la gardera pas les mercredi et vacances scolaires. Or, les demandes d'AVS ne peuvent se faire qu'à l'école pour en avoir une à l'école ET au centre de loisirs.

La coïncidence entre ce refus de l'accepter au centre et cette demande urgente de Réunion d'Equipe Educative (REE) pour une demande d'AVS est étrange.

En attendant, avant que ma collègue n'en foute une à la petite, je lui ai dit que je pouvais la prendre et la directrice elle même pense à me la donner et donc à la changer de classe car elle semble plus apte à m'écouter et que je dois être la seule en ces lieux à ne pas avoir reçue d'insulte du petit démon.

Je sens que je n'ai pas fini d'écrire sur kidzilla

03 septembre 2011

La poupée



Quand j'étais petite, dans les 3/4 ans, une de mes nombreuses tata m'a offert une poupée. Cette poupée est d'autant plus précieuse, que cette tante qui me l'a offerte est décédée peu de temps après me l'avoir donnée, elle, son mari et son fils.

Cette poupée, je la trouvais très jolie: blonde aux yeux noisettes, avec un petit noeud rose dans les cheveux et une robe rose vichy avec petites soquettes et chaussures roses.

Ma maman a eu un discours assez étrange sur cette poupée. Elle l'a laissé dans son emballage et en haut de ma grande armoire, inaccessible donc. Elle ne m'a pas strictement interdit d'y toucher mais, vu son emplacement, c'était tout comme. De plus, elle prétextait que des poupées, j'en avais d'autre.

Je vous laisse imaginé la frustration d'une petite fille qui voit en haut de son armoire, sa plus jolie poupée sans jamais pouvoir y jouer.

Les années ont passé... et je grandissais avec toujours cette poupée intouchable en vue, sans réellement comprendre pourquoi je ne pouvais pas l'avoir. Plus le temps passait et moins j'avais envie de la prendre... ce n'était plus de mon âge mais elle était là.

A l'adolescence, j'ai émis l'hypothèse, que puisque cette poupée m'avait été offerte par ma tante, ma maman la gardait un peu comme une relique de sa soeur décédée... ce que l'ont peut comprendre ado... mais soit... j'ai posé la question à ma mère, en lui exprimant ma frustration juvénile. Elle m'a répondu "Tu sera bien contente de la donné à tes enfants.

Il y a 6/7 ans, mes parents ont déménagé et moi avec. En 20 ans, pour la première fois, l'a poupée a quitté son perchoir... Elle a déménagé avec moi et... par réflexe je l'ai replacée en haut de mon armoire dans la nouvelle maison de mes parents, sans la sortir de sa boite... Je n'ai pas poussé le vice jusqu'à l'apporté dans mon appartement.

Jeudi, je suis passée chez ma mère et... surprise, ma poupée était là, sortie de sa boite, sur le canapé avec une autre de mes poupée, qui elle m'a accompagné toute mon enfance.

Maman: "T'as besoin d'une poupée pour ta classe non?"

Alors j'avoue n'avoir pas trop compris... Ma mère s'est fait une raison sur mon célibat prolongé et sur le fait que j'aurais peut être pas d'enfant? XD

Moi: "Tu sais, les gosses, ils vont surement me la massacré si je la prend."
Maman: "Et alors?"

Et alors? Tant de frustration pour la donner en pâture aux fauves! Les boules quand même!

Et puis j'ai regardé mon autre poupée. Celle qui a toujours été là. Elle marchait et chantait grâce à un disque. Je ne sais pas si elle fonctionne encore. Elle est rousse aux yeux bleus... et sa robe fait franchement tapisserie... j'y ai pris soin malgré tout même si elle est franchement défraîchie et que j'ai maquillée ses yeux aux feutres violet.

J'ai regardé l'une puis l'autre... et finalement...

Ma vrai poupée, a beau être ne pas être très belle mais c'était la mienne... Elle, elle a une âme.

La petite blonde a rejoint le couffin de ma classe pour avoir son histoire à elle. Elle sera charcutée, tiraillée, malmenée mais aussi câlinée, adorée et choyée... c'est son vrai rôle de poupée. :D

La rentrée des profs... la vrai!


Vendredi était le jour officielle de la rentrée des profs. Sauf que moi je suis rentrée jeudi :P

Ma première vrai rentrée des profs en tant que non remplaçante... Parce qu'il faut bien le dire, cette journée là, est vraiment très nulle pour tous les ZIL. On arrive, on file un coup de main, puis une réunion de ZIL et soit on est direct en poste et on atterrit dans l'inconnu ce qui fait que on ne sait pas trop ce qu'on va faire, soit on va aider dans les écoles mater en général pour essuyer les larmes des petites sections... ou pour leur courir après quand ils tentent de s'enfuir... ou pour décoller les parents des vitres quand ils laissent leur bébé pour la première fois à l'école des grands.

Une vrai rentrée de prof c'est quoi? On arrive à 8h30 et en général, petit café, petit croissant, beaucoup de blabla. Généralement en tant que nouvel arrivant, on fait un peu le timide, on est dans un coin et on sourit. L'avantage c'est que moi, contrairement à mes deux autres collègues nouveaux arrivants, cette école je la connais depuis 2 ans car j'y avais remplacé l'instit de CE2... j'y avais rencontré la célèbre Linda.

Petit rappel:

Les malheurs de Linda
On va bien voir ce que ça donne
Linda vs Cruella
Comment devenir une Cruella?
Echec
:')

... Linda qui à cause... que dis je... grâce à son redoublement providentiel est en CM2.

Bref. Comme je l'ai dit, après le blabla, petit rapport avant la réunion directeur sur les infos à savoir et les choses que l'on doit faire et distribuer aux parents. Réunion qui dure au moins 3/4 d'heure.

Et après, on range, on bouge les tables on fait des étiquettes et on va voir les collègues pour les dépanner où leur poser des questions... ou les charrier.

Par exemple, il y a Isabelle, ma collègue de Moyenne section... on se connait bien puisque j'ai remplacé sa classe entre autre et que j'ai travaillé avec elle alors qu'elle avait un CE1 et moi un CE2. On s'entend bien et je pense qu'on va surtout bien contribuer ensemble. A côté elle me parlait de sa dernière rencontre meetic avec qui elle vient d'emménager... Je pense qu'on va bien se marrer xD. Bref on va bien s'entraider et se soutenir.

De l'autre coté, il y a Fabien qui a des Grands / Petits. Lui, il est toujours près à aider et il est venu avec ses supers outils pour arranger mes tables... C'est le grand costaud qu'on appel au secours pour déplacer les gros meubles. Mais à côté de ça, il est tout guimauve.

Laurent lui c'est un petit nouveau comme moi... il est T2 (comprenez titulaire 2ème année... moi je suis T5) mais je l'ai connu en tant que stagiaire il y a un peu plus d'un an dans une autre école... Il était un peu effacé à l'époque et là... Il squatte ma classe, et cherche la première vanne et taquinerie à me faire.... d'un coup d'un seul. Ca ne me déplait pas comme changement... c'est plutôt marrant... et vue comme c'est partie ça risque de partir très loin dans la taquinerie...

Et puis comme le couloir donne sur le côté élémentaire, j'ai été voir le deuxième petit nouveau Cédric, qui lui est T1 en CE1... enfin petit nouveau qui a quand même pas mal de bouteille puisqu'il a enseigner quelques années en Afrique... J'ai pas eu trop le temps d'approfondir le truc, mais je pense qu'il faut que je trouve un peu de temps pour en discuter avec lui parce que ça avait l'air intéressant.

A part ça la dirlo est très chouette et hyper efficace et organisée. Kévin le concierge est assez cool (je suis priée de l'appeler chef... et n'ayant pas les clés pour sortir de l'école, je hurle le soir "Chef, ouvre moi la porte") et il est très présent dans la vie de l'école.

Bref, je suis RA-VIE. C'est comme si je découvrais le métier...

En plus je suis pas inspectable :D

Par contre j'ai peut être un peu trop parlé avec mes collègues parce que j'ai encore plein de truc à faireuuuu T-T

26 août 2011

Résolution pour la nouvelle année (scolaire)







Bon l'année prochaine, ça rigole plus... J'ai ma classe et faut que j'arrête certaines choses et que je sois plus sérieuse.



Donc je vais prendre de bonnes résolutions en espérant, au moins, en tenir une jusqu'au bout.



1) Tenir mon cahier journal correctement à jour. Qu'il soit propre, lisible, et cohérent.



2) Essayer de faire des fiches de prep correctes... parce que même si personne ne les fait sauf si inspection, je serai bien contente d'en avoir quand le temps sera venu... Logiquement je suis inspectable... est ce que je serai inspectée? Ça...



3) Ne pas me faire repérer immédiatement par l'inspectrice... pas comme l'année dernière, où dès la rentrée enseignant, elle m'avait à l'œil.



4)Au lieu de glander le mercredi, prendre 1heure ou 2, au moins, pour préparer la semaine suivante (ça m'évitera de travailler le week end et trop la veille au soir)



5)Me coucher tôt (23h derniers carats) me lever tôt pour être sûre qu'à 8h10 dernier carat, je sois à l'école. Au pire des cas, être debout et comateuse à 7 heure en essayant de pas me casser la figure en contournant mon lit.



6) Arrêter de geeker les dimanches, lundi,mercredi et jeudi après 20...21...raaaa... 21 heures (je fonde peux d'espoir en cette résolution)



7) Essayer de me dépatouiller un minimum avec toute la paperasse qui m'incombe. Prendre le temps de les remplir, les organiser les trier i tout i tout.


8) Tenter de tenir correctement une progression cohérente.



9) Toujours me préoccuper des petits qui se font oublier parce qu'ils sont sages et bons.



10) Être plus compréhensive face aux petits chieurs.



11) Instaurer un esprit de groupe solidaire.



12) Décider enfin clairement ma reprise d'étude afin d'entamer au moins une licence LLCE anglais par correspondance pour septembre 2012.


13) M'entendre bien avec mes collègues, travailler conjointement avec eux.


14) Préparer des sorties plus originales



15) M'entendre avec tous les parents, mais les envoyer bouler si ils me font chier plus régulièrement aussi pour ne pas me laisser bouffer.



16) M'impliquez plus avec mes élèves en très grosses difficultés scolaires en instaurant des REE sans trop hésiter (Réunion d'Equipe Educative)



17) Prendre plus en compte mes élèves en situation de handicap (parce qu'à priori j'en ai au moins 1 voire 2...si ce n'est plus...) les inclure dans la classe comme des enfants à part entière autant que faire se peut.



18) Continuer mon projet perso sur la découverte du monde par le biais des langues étrangères: portugais, anglais, japonais eu moins... italien/coréen/ allemand/espagnol si j'ai le temps. Les sensibiliser sur la complémentarité de la différence (je me comprend xD)



19) Penser à un jour, instaurer un projet LSF (Langue des Signes Française)... Apprendre un chtouille la LSF cette année donc.



20) Toujours trouver du temps pour jouer avec eux sans penser forcément à leur faire rentrer un truc dans le crâne.



Et c'est déjà pas mal...

20 juin 2011

A 7 ans, les menaces. A 17,…

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Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?

07 juin 2011

Remettons un peu chucky à sa place…

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*Récréation*
Flo (collègue): Chucky! Qu’est ce que tu viens de faire à Laurent?
Chucky:…
Flo: Je viens de te voir, tu as voulu lui prendre son avion des mains et comme il n’a pas voulu tu l’a fouetté avec ton gilet!
Chucky: Oui mais il m’a poussé!
Flo: Menteur! ça fait 5 minutes que je te regarde! Et Laurent a une grosse marque sur le visage! Tu t’assoies ici tu es puni!
Chucky *larme de rage de s’être fait avoir*: Ba moi je vais dire à mes parents qu’il m’a poussé et que je me suis défendu!
Antho (collègue): QUOI! Tu oses nous dire que tu vas mentir! Non mais tu te prends pour qui? On est 3 maitres et maitresses à t’avoir entendu dire un mensonge! Tu sera puni au 2 récréations de demain! Et crois moi, si tu mens à papa ce soir, c’est moi qui vais lui rapporter ce que tu viens de nous dire! Maintenant tu restes là… Et tu peux pleurer tant que tu veux!
*bé au moins il n’y a pas que moi qui le puni ce “pauvre martyr”*
______
*classe*
Moi: Bon ça fait une demi heure que vous écrivez vos devoirs… tant pis j’efface pour ceux qui n’ont pas fini, ils iront les recopier dans une autre classe pendant qu’on partira en sport… Qui n’a pas fini?
*Chucky lève le doigt…of course comme d’hab*
Moi: bon ba tu sais ce qu’il t’attends… Les autres, on corrige rapidement les additions au tableau et ensuite on y va.
*Chucky s’approche*
Chucky *fond en larme/panique à bord*: Maîtresse! Je veux pas aller chez le maître! J’ai peur! Il est méchant! ça me fait mal au ventre!
Moi: J’avais prévenu il me semble, non?
*Chucky hoche la tête*
Moi: J’ai répété plusieurs fois qu’il fallait que tu écrives tes devoirs?
*hoche la tête de nouveau*
Moi: Et donc qu’est ce que tu faisais pendant que tu devais copier tes devoirs?
Chucky *en mode fontaine*: Je jouais!
Moi: donc tu finiras de copier tes devoirs ailleurs…
Chucky *se liquéfiant*: Je veux pas maîtresse! J’ai trop peur! Ca me fait mal!
Moi: Il y a des manières de demander les choses correctement… et des mots magiques…
Chucky: S’il te plaît maitresse! Je veux pas y aller!
Moi: Aaaaaaah! là tu vois, J’ai déjà plus envie de t’écouter. Si tu as si peur que ça et si tu te tiens correctement, tu pourras recopier tes devoirs dans le gymnase pendant qu’on fera sport. Tu te tiendras bien?
Chucky *reniflant sa morve*: Oui oui… je serai sage…
*Ô divin délice qu’est la supplication d’un petit pourri… C’est moi la chef bordel!*

29 mai 2011

Vais je me prendre un pain?

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Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut  être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions  et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…

15 janvier 2011

mordicus!


7 jours de remplacement de congé paternité, classe de CP.
Lundi 3:
Collègue: Ca va la classe?
Moi: Oui, ils sont sages et mignons… Y’a le petit Kévin qui me chiffonne un peu.
Collègue: Oui il est un peu réservé.
Moi: Mouai…
Mardi 4:
Moi:… mmm quand même…
Jeudi 6:
Moi: Et dis moi… Le petit Kévin… Son maitre il a jamais repérer un truc bizarre?
Collègue: Ah non… Il est mignon… Un peu pâlichon mais il est pas mauvais en classe…
Vendredi 7:
Moi: Dis moi… je pourrais regarder la fiche de renseignement du petit Kévin?
Directrice: Oui… Pourquoi?
Moi: Juste pour voir si il a des soucis ce petit… je le sens pas. Il sourit peu. Je le trouve un peu renfermé et… c’est pas seulement son caractère… y’a un truc.
Directrice: Un truc? T’es pas un peu parano? … y’a rien sur sa fiche… Crois moi son maitre est super attentif et papa poule. Ca m’étonne que tu lui trouves un truc…
Lundi 10:
Moi: Ca va Kévin?
Kévin: Oui
*mouai*
Mardi 11:
Moi: Non franchement, y’a un truc c’est trooooooop bizarre.
Directrice: C’est quoi qui te chiffonne?
Moi: Tout! il est pas vraiment là, il sourit pas beaucoup. Il parle pas beaucoup et la façon dont il observe les gens. Faudrait que tu dises à son maitre de voir tout ça parce que j’en met ma main à couper que ce môme, il est pas net.
Directrice: Ah… si tu le dis…
Jeudi 12:
Kévin: Maîtresse… y’a papa qui voudrait te voir ce soir.
Moi: Ah d’accord.

16h45
Moi: Dis donc je viens de voir le père du petit Kévin…
Directrice: il voulait te voir?
Moi: C’était juste pour me prévenir que demain après midi il sera absent…
Directrice: Pourquoi?
Moi: Rien de grave… Le petit à rendez vous chez son psychiatre…
Directrice: un psychologue?
Moi: Non non… J’ai bien dit psychiatre.

Directrice: touché!

Pourquoi le petit nicolas fait des bêtises à l’école?


Ou pas…
Les formations à l’IUFM c’est chiant mais on y apprend plein de choses… pas spécialement ce qu’on y attendait.
La semaine dernière, en m’y rendant pour une formation en histoire de l’art, j’ai vu tout un tas de panneau de protestation… Et quand on y est pas, c’est sur, on comprend pas. Notre formateur, prof d’histoire, nous a donc informé des différents bouleversements sur la formation des maitres. Accrochez vous, moi qui ne suis pas une fervente activiste, je suis tombé sur le cul: l’école se meurt.
C’est vrai qu’en décembre, quand je me suis rendu à l’IUFM, une chose m’avait énormément choqué: ce lieu plein de vie qu’est l’IUFM comme je l’ai connu avec des étudiants partout dans les couloirs, des escaliers grouillants dans cet immense labyrinthe, et surtout cette queue incroyable pour aller à la cantine si tu te dépêchais pas un peu… tout ça avait disparu. Car l’IUFM est un lieu fantôme à présent. Quelques villes y organisent des formations, mais les étudiants y sont rares. Il faut dire qu’à mon époque on avait besoin que d’une licence et que maintenant il faut un master 2 et que forcément le nombre d’inscription aux épreuves a été divisé par 2… Qui dit master 2, dit que forcément, la paye des profs auraient été bien supérieure quand même.
La formation à l’IUFM se faisait à mon époque en 2 ans: après la licence on était PE1 on préparait le concours qui se déroulait en juin puis on était PE2, payé environs 1300 euros net par mois pour étudier et faire des stages… très cool me direz vous… Je ne le dément pas surtout après avoir passé 4 ans en licence en conjuguant petit job et cours… Au moins on pouvait se consacrer à ce qu’on faisait.
Petit Nicolas est arrivé et voilà ce qui était prévu (la version officielle jolie et toute enjolivée parce que c’est Kawaï): Les enseignants sont priés d’avoir un master 2 (soit un master métier de l’enseignement… soit n’importe quoi d’autre d’ailleurs) qu’il passe en même temps que leur concours et après leur admission, il passait un an de formation en stage divers et variés. Durant la deuxième année de master, les étudiants faisait un stage de 4 semaines rémunérés 3000 euros… bien plus économique que de payer 1300 euros mensuel… mais ca encore c’est compréhensible… on doit tous économiser. Il était prévu que tous les étudiants master 2 bénéficieraient de ces 3000 euros de stage.
La réalité à présent.
Le concours d’admissibilité a eu lieu pour les master 2 en septembre… et les résultats on été connu fin octobre. Ceux qui ont échoués au concours et qui sont en “métiers de l’enseignement” continue leur master 2 avec des cours qui ont pour but de vous faire passer les épreuves d’admissions de juin, épreuves qu’ils ne peuvent pas passer… ba oui ils sont pas admissibles… logique! Quelle connerie de faire passer des épreuves en septembre alors que si elles avaient lieu en juin on leur aurait fait redoubler leur master 1 pour s’entrainer a être de nouveau admissible l’année suivante…
si c’était que ça…
Ils sont master 2 donc ils continuent leurs études hein…
On a dit à ces gentils master 2 que comme ils allaient avoir 3000 euros pour leur stage, que ca serait bien qu’il se consacre à leurs études à fond (n’oublions pas qu’en plus de passer un concours, il passe un master donc ils ont pas mal de recherches à faire) et de laisser leurs petits boulots… les 3000 euros compenseraient tout… le calcul fait: si ils gagnaient moins de 300 euros par mois effectivement la question pouvait se poser.
Surprise! Fin décembre ont leur dit que finalement ça ne sera que 2000 euros et uniquement ceux qui sont admissibles. Les autres n’auront rien.
Mieux encore: Certains de ceux qui ont fait leur stage n’ont pas été payé encore mais en plus on les rappelle parce qu’on manque de prof et de remplacement! donc il retourne bosser et en plus ils ont toujours leur master a préparer sous le bras.
Ce qui peut donner dans le pire des cas quelque chose de ce genre:
Vous êtes maman de 2 enfants et souhaitez reprendre vos études pour devenir enseignante et avoir une meilleur qualité de vie car la promesse a été faite que la paye serait super pour les enseignants masterisés. Vous décidez de devenir étudiant salarié (parce qu’il faut bien nourrir sa famille)… seulement voilà: vous avez raté votre épreuve d’admissibilité… zut… mais bon faut bien continuer ses études hein! donc vous vous préparez à passer votre stage obligatoire et de demander un congé sans solde à votre employeur… heureusement vous savez que vous pouvez compter sur vos 3000 euros pour nourrir les marmots… et en décembre après avoir passé votre stage qu’on vous a pas rémunéré bien sûr, on vous dit: “Ah bé non madame! vous êtes pas admissible donc on ne vous paiera pas!”
Coooooool!
Autre logique du système: vous pouvez réussir votre concours \o/ mais rater votre master T-T… et bien vous n’êtes pas prof! ba non! Vous devez passer votre 3 ème année a repréparer votre master et a être en stage ou vous n’aurez pas de responsabilité. Vous n’êtes pas payé donc (et si tu es maman t’es dans la merde pendant un an si vous me suivez toujours) et bien sur si à la fin de l’année vous n’avez toujours pas votre master bé on vous dit que votre admission au concours n'est plus valable.
La seule solution serait de punir le petit Nicolas…et de ne pas le faire redoubler hein… faut l’exclure de l’école…
 

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