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08 septembre 2012

Résister



Première semaine.

Je suis contente: ma rentrée commence bien. Je ne me suis pas laissée débordée par la paperasse administrative (ce qui est un miracle en soit mais y'en a encore pas mal en stock), mes élèves sont plutôt mignons et calmes (ce qui me change de mon ambiance de classe de l'année dernière mais ça peut encore changer) et si ils sont nettement moins performant que mes élèves précédents, ils sont aussi beaucoup plus mous du genou. (mais ça, ça va changer vu comme j'ai tendance à leur botter le cul pour qu'il se remue).

Moi ça va... Mais j'ai un truc dans le dos qui me gêne... Cette espèce de cape qui me donne envie d'intervenir quand mes collègues sont à l'arrache... Car si ma classe est calme, j'entend ce qui se passe à côté. Et à côté il y a Kidzilla...

Et Kidzilla reprends ses habitudes et teste son AVS et sa toute jeune maîtresse a savoir pourrir toute la classe en hurlant... Hurler au point de l'entendre et pourtant on est très bien isolé.

Je vis un cauchemar... sans rire j'ai qu'une seule envie , venir lui remonter les bretelles. Je l'ai fait
 2/3 fois... La première fois, alors qu'elle venait de hurler à en faire trembler les murs de l'école. Je suis rentrée, j'ai fait les gros yeux et elle a fondu en larme... Ce qui est un relatif progrès parce qu'avant elle aurait souris pour me gonfler un peu plus.

Je sais que ça ne me regarde plus, que j'ai fait ma part, qu'il est temps de passer le relais... Mais comme une bonne greluche que je suis, ça me bouffe encore.

C'est super dur parce que je me retiens... je veux pas que ma collègue pense que je la crois incompétente! Ce n'est pas du tout le cas. Je sais juste que comme la petite me connais, j'ai les trucs et astuces et surtout, elle ne cherche plus à me tester. J'ai l'habitude.

Je lutte avec moi même et c'est juste horrible d'être torturée. Je me remet pas mal en question pourtant et surtout j'essaye de plus me laisser emporter par mes sentiments parce que concrètement ça ne me mène à rien de m'emporter pour qu'au final tout m'échappe. Que ce soit professionnellement ou dans ma vie perso d'ailleurs.

J'ai vraiment un caractère de merde, c'est un fait. Faut que j'essaye de m'adoucir un peu.

Surtout que c'est pas le travail qui manque puisque mes élèves sont nettement moins bon que ceux de l'année dernière: les couleurs basiques comme le jaune n'est pas connu d'au moins la moitié de mes élèves alors que les couleurs étaient acquises par mes élèves précédents dès le début de l'année.

Si vous ne l'avez pas remarqué, je n'ai toujours pas parlé de l'inévitable Yliès. Celui qui crache, frappe, mords, griffe, enfants comme adultes et qui a balancé tout ce qu'il y avait sur le bureau de dirlo.

Tout simplement parce que Yliès a changé d'école.

Je m'y attendais. La maman l'avait évoqué l'année dernière. Il y a 2 écoles qui sont beaucoup plus proches de son domicile. En plus, je sentais bien qu'elle voulait "effacer" le lourd dossier de son fils de 4 ans.

Pour autant, j'ai encore des nouvelles. Il a croisé une ATSEM dans la rue et il lui a dit avec son regard noir: "Toi, je te connais plus".

Reste à savoir ce qu'on a dit à ce petit. Dans le pire des cas on lui a fait avaler le fait qu'il a été tellement relou qu'on l'a viré de l'école. C'est probable comme discours... On lui a dit tellement de conneries à ce môme.

Pour autant, sa nouvelle école est à, à peine, 5 minutes à pieds donc quelque chose me dit qu'on va an avoir des nouvelles.

Mais lui au moins je l'entends plus, donc je range ma cape au placard.

L'autre personne qui est ravie c'est mon collègue qui devait l'avoir dans sa classe. Il aurait presque fait le tour de l'école en hurlant de joie! XD


04 septembre 2012

Les jumeaux


Au début du livre A year in the merde (que je recommande en VO) l'auteur, anglais, fait remarquer au lecteur qu'en France, l'année commence en septembre et non en janvier...Quand j'ai lu ça, j'ai souri. Mais en fait, a y regarder, c'est tellement vrai. Toute la société est marquée par la rentrée des classes. T'as pas de mômes,  tu est cloîtré chez toi mais tu sais que c'est la rentrée et tu le vis presque comme un premier janvier. Tu le vois parce qu'il y a plus de monde dans les transports ou sur la route... Tu le vois aussi parce qu'il n'y a plus de morveux ou de caravanes de maman en poussette dans les rues après 9 heure.

A notre échelle de prof, c'est un peu double rentrée, parce que on reprend le travail comme tous le monde et surtout, quand on reprends le même niveau, on recommence le cycle précédent... Reboot et essaye encore... et ça recommence.

Revoilà une énième rentrée à mon actif, différente des précédentes puisque pour la première fois je fais la rentrée sur la même école.

Arrivée à 7h50, mes collègues sont presque tous là... Derniers réglages voir si tout est près... 8h10. On attends, Atsem profs, tous dans le couloirs. Et puis la sonnerie retentis à 8h20. TAÏÏÏÏÏÏAUUUUUT

Sur 26 élèves, 23 présents... On m'avait dit que c'était des enfants muets. On m'avait dit qu'ils étaient sensibles et bien c'est vrai. Plus de la moitié de la classe a pleuré, j'ai invité les parents a rentré un peu, les enseignantes de petites sections sont venues à la rescousse (le petits rentrent en milieu de matinée), je me suis retrouvée rapidement avec plus de 10 adultes dans la classe, tous bien occupés.

Cette année est toute particulière puis que les 2 classes de moyennes section (ma collègue Célia et moi) se partagent 3 couples de jumeaux... Car oui, on préfère casser les couples pour éviter l'espèce de fusion qui empêche parfois le jumeau d'exister en tant qu'individu.
Nous avons donc:
-2 filles fausses jumelles, aux prénoms différents, habillée différemment et séparée dans des classes différentes déjà l'année dernière.
-2 vrais jumeaux, qui se ressemblent mais qu'on distingue assez bien, Robert et Roberto (c'est pas leur vrais prénoms mais leurs prénoms sont très semblables) et habillés différemment.
-2 vrais jumelles Sonia et Aïcha, ou comment faire la différence entre une goutte d'eau et une autre goutte d'eau habillée presque de façon identique et la maman n'a pas voulu qu'elles soient dans des classes différentes en Petite Section. Et là, c'est le bordel...

Célia: Comment elle s'appelle ta jumelle à toi?
Moi: Aïcha...
Célia: Oh merde... C'est laquelle la mienne?
Moi: La mienne c'est celle qui a le t-shirt blanc sous sa robe en jean. Toi c'est celle qui a le t-shirt rose...
Célia: Même les chaussettes et les élastiques des couettes sont de la même couleur...
Moi: Au pire si on est perdu faut qu'on regarde, Aurélie qui les a eu l'année dernière m'a dit qu'il y en a une qui a une toute petite cicatrice de naissance sur le front.
Célia: La tienne ou la mienne?
Moi: Je sais pas. Faudra regarder tout à l'heure.

Evidemment, on n'a pas regardé, et comme il a fait chaud...

Moi: Oh mince la maman a retiré les t-shirts ce midi.
Célia: Oh purée...
Moi: Attends j'ai une idée, j'appelle la mienne et je regarde son front... AÏÏÏÏCHAAAA.

*les deux se pointent*
*great*

Moi: J'ai appelée Aïcha, pas Sonia. Qui est venu dans ma classe ce matin?
...
*Evidemment elles ne sont pas dégourdies et elles sont muettes*

Moi: Y'a une toute petite cicatrice sur celle ci...
Célia: Celle là elle a un espèce de bouton bizarre...

...

Moi: Bon attends, j'appelle Aurélie parce que là on y arrivera pas...

...

Moi: C'est Sonia ou Aïcha qui a la cicatrice?
Aurélie: Je sais plus moi!

*great*

Célia: Alors...
Moi: Ba alors on va bien voir quand ça va sonner.... C'est comme les chiens, ça suit son maître... Celle qui me suit ça va être la mienne... On a plus qu'à prier pour que ça marche.

*sonnerie*
*les petites se séparent dans des rangs différents*
*soulagement*

Moi: Moi j'ai bouton bizarre.
Célia: Et moi j'ai cicatrice.

Récréation de l'après midi, salle des maîtres.

Moi: Le cru 2008 est sage et calme. C'est pas des bavards, mais c'est pas des flèches non plus. Par rapports à mes excités bons de l'année dernière, je vais sentir la différence... Et puis Roberto c'est pas une flèche... Y'a un gros soucis: je lui ai demandé de dessiner un bonhomme dans le cadre et il a passé son feutre autour de la feuille et a repassé très maladroitement le contour du cadre.
Aurélia: T'as pas le bon jumeau... Je pense, et les parents aussi d'ailleurs, qu'il doit avoir un handicap, surtout quand tu le compares à son frère. T'as laquelle des 2 vrais jumelles?
Moi: Aïcha.
Aurélia: Ah ba t'as la moins bonne des deux aussi!
Moi: Non mais en clair vous m'avez refilé à chaque fois le jumeau qui est tombé par terre pendant l'accouchement quoi?

Bref, les jumeaux c'est la plaie...

C'était une bonne rentrée, prometteuse quand à l'ambiance mais je pense qu'elle sera décevante quand à la performance des enfants...

Ce qui a changé pour moi, c'est le calme. Et ce qui me fait drôle c'est de voir mes anciens élèves dans la classe de collègues comme Kidzilla qui est dans la classe voisine, et Yliès dans celle encore d'à côté (mais il n'est pas encore revenu de vacances).  Je ne les croise que pendant la récré.

Kidzilla: Maîcreeeessseuuuh!
Moi: Bonjour! Alors tu as été sage avec ton maître?
Kidzilla: Oui.
Moi: C'est vrai?
Collègue: Ca va... tant que l'AVS est là dans la classe.
Moi: Oui et en cas de soucis, appelle moi.

Après la récré on remonte en classe.

Kidzilla: Et maintenant je reviens avec toi maîcresse?
*NO WAAAAAAAYYY*
Moi: Je ne suis plus ta maîtresse ma grande. Un bisou et tu retournes avec ton maître.
*une année supplémentaire avec Kidzilla ou Yliès et je fini à l'asile*

Et maintenant que la rentrée est passée, je vais être moins stressée et moins chiante... Mais il est encore trop tôt pour savor si c'est A year in the merde ou pas

02 septembre 2012

Ca sent la rentrée



Je suis quelqu'un d'infiniment stressé... Et à chaque rentrée, c'est le même cinéma.

Comme beaucoup de gens, j'ai horreur d'être jugée. En même temps qui apprécie ça? Je pars du principe qu'il est très difficile de juger quelqu'un et c'est une chose que je ne me permet pas. Je peux dire que j'apprécie les choses, mais j'ai toujours énormément de réticences sur les jugements négatifs en me défilant à coup de "j'aurais pas fait comme ça", "je préfère l'autre"...

Bizarrement les attaques sur mon physique m'indiffèrent... mes compétences c'est autre chose. On peut me balancer toutes les saloperies imaginables sur mon physique ça ne me touche plus. Par contre juger mes choix ou mes compétences me rends assez susceptible.

Etre prof c'est être jugé en permanence: par ses élèves, par les parents, par les collègues et par tout autre intervenant extérieur qui viendrait envahir mon espace personnel: ma classe.

Je suis sans cesse en train de me torturer de doutes sur mes compétences à cause d'un historique familiale très très lourd et surtout sur mon début de carrière extrêmement chaotique... on peut le voir sur ce blog en 2007 après ma titularisation... 2006 a été pas mal non plus... Car il est une chose que je n'ai jamais dites ici: mon année de formation à l'IUFM a été catastrophique et j'ai bien failli ne pas devenir prof...car si la validation de l'année était quasi automatique à l'époque, j'avais tellement bourdé, que j'avais fait un espèce de rattrapage du rattrapage tellement j'étais à l'arrache... ma titularisation s'est faite à un cheveux. Même si ce n'est pas une excuse, il faut bien le dire, je n'étais pas quelqu'un de très stable émotionnellement à l'époque c'était le début de la longues descentes aux enfers.

Même si je vais beaucoup mieux (y'a pas photo) et même si il faut le reconnaître que oui, avec le recul j'ai fait beaucoup de merde (mais bon, on progresse avec les années dans ce métier) Je suis tout le temps en train de me mettre une pression monstrueuse.

Parce qu'il faut bien le savoir: si on devait tout faire tout correctement dans une classe, on ne ferai pas grand chose à côté, si ce n'est manger et dormir (et encore pas longtemps). Du coup, comme il y a toujours beaucoup de choses à faire et que chaque instant de libre pourrait être utilisé à bosser pour tenter d'atteindre une certaine perfection,  quoiqu'il arrive, t'as l'impression d'être une glandouilleuse. Et c'est pas les jugements extérieurs sur ton métier qui vont te rassurer.

D'un autre côté, comme on est seul maître à bord dans une classe, y'a pas grand monde qui peut juger en toute connaissance de cause nos compétences. Donc le moindre pas vers moi qui peut émettre un jugement je le prends comme une agression. C'est comme les collègues qui viennent regarder tes cahiers. On le fait tous pour voir ce que le collègue a fait pour nous inspirer... ba moi quoiqu'il arrive je le prends pas bien!

Une de mes collègues a regardé mes cahiers en fin d'année et elle m'a dit: "Dit donc tu les a fais sacrément bossé! et puis tu suis assez  ce qu'on fait dans l'école!" Remarques entièrement positive hein... ba j'aurais préféré qu'elle regarde pas et qu'elle ne me dise rien... Allez savoir pourquoi!... je suis probablement atteinte d'une paranoïa surdimensionnée... C'est comme mes collègues qui viennent me dire que j'ai peu d'affichage... je le reconnais c'est vrai... mais moi j'ai les jetons rien que de me mettre sur une chaise... alors un escabeau! Pfff est ce que ma conscience professionnelle doit me pousser au point de devoir vaincre ma peur excessive du vide?

Alors oui, on est maître à bord dans sa classe mais pourtant on est peut être plus jugé que certains, parce que notre métier tous le monde le connaît ou crois le connaitre à partir du moment où on est allé à l'école ou dans une structure scolaire et donc tous le monde se permet de juger...

Bref ce métier me met une pression monstre, la société me met une pression monstre et moi j'en rajoute une couche parce que, faut bien l'avouer, j'ai pas une grande estime de moi. Je manque terriblement de confiance en moi et je me demande comment on peut bien me faire confiance.

Mais bon j'essaye de me soigner et d'aller au delà de ça en essayant de pas me rendre malade non plus.

Si encore j'avais des collègues monstrueux qui ne serait d'aucuns soutiens et avec qui je serais en froid! Mais non c'est pas le cas! On est peut être pas des grands copains mais on rigole bien et chacun sait ce qui se passe de croustillant dans la vie des autres... Comme Dirlo qui a fait un camps de naturiste ou la collègue qui a quitté son mari pour un représentant de spectacle pour enfant. D'ailleurs on peut pas se cacher grands choses à force de se confier nos soucis dans nos classes...

*devant la photocopieuse*

Hélène: Il est pas mal le nouveau Zil.
Moi: Oui, il est mignon!
Hélène: Ah moi j'en ferai bien mon quatre heure.
Moi: Ah ba je crois qu'on pense toute la même chose!
Hélène:... T'es bizarre!
Moi: De quoi?
Hélène: T'es la première à t’exalter sur la première proie qui passe!
Moi: Mais même pas vrai! C'est toi qui t'accapare toujours les petits nouveaux mignons! Faut arrêter le délire!
Hélène: Oui mais là t'essayes pas de me le piquer! C'est louche!
Moi: Te le piquer en quoi?? Il est là depuis 3 heures! C'est pas comme si il partait demain... on a le temps de le travailler au corps!
Hélène: TOI T'AS UN MEC!
Moi: Mais n'importe quoi! Tu délires!
Hélène: Si t'as pas un mec, t'as rencontré quelqu'un!
Moi: pffff...
Hélène: C'EST CAAAA!
Moi: Contrairement à toi, je ne me jette pas sur le premier bout de chair qui passe...
Hélène: HAAAAAANNN! Alors c'est qui? Comment il est?
Moi: Bon t'as fini avec les photocop?
Hélène: Ouai... HEY SYLVIE! SANDRINE ELLE A UN CHERIIIIII!
Moi: NON C'EST PAAAAS VRAAAAAAAIIII!!
Hélène: C'est presque ton chéri! C'est pareil!
Moi: Y'a rien de fait donc...
Hélène: AAAAAAAAAHHH TU VOIIIIIS!
Moi: DONC... je peux toujours m'intéresser aux petits nouveaux arrivants...
Hélène: Mais moi j'ai pas de casse dalle en vue! je suis prioritaire!!

*Productive cette rentrée des profs...Très productive*


30 juin 2012

Aldulte et/est enfant.



Ce qui est embêtant quand on doit faire un bilan virant au négatif c'est qu'on reste amère et plein de regret sans trop savoir ce qu'on a loupé et même si on y peut rien.

La dernière fois que j'ai parlé de Yliès, il avait changé de classe suite à la plainte d'un parent et je l'entendais hurler dans la classe voisine.

Il n'y a pas eu beaucoup de changement et le peu qu'il y a eu n'est pas très encourageant.

Le changement de classe n'a été fait que pour calmer les esprits des parents portant plainte (adultes), pour qu'on foute la paix à notre inspectrice à cause des multiples plaintes alors qu'elle change de circonscription (elle aussi adulte) et pour que la maman d'Yliès soit moins oppressée par des parents excédés (aussi adulte quoique pas très responsable).

Où peut on trouver la bonne parole de l'éducation nationale prêchant que l'enfant est au cœur des préoccupations et qu'on doit privilégier le bien être des gamins avant toute chose dans cette décision?

Le quotidien d'Yliès dans sa nouvelle classe sont les crises à répétition. 2,3,4... jusqu'à 8 crises par jours. des hurlements, des injures, des coups. Son nouveau maître étant mon voisin de classe, C'est assez perturbant pour moi d'entendre les crises et d'en avoir des rapports à l'heure de la cantine. C'est aussi dur de voir mon collègue tellement tendu qu'on sent que ça bout à l'intérieur. Il me répète qu'il tient parce que pour lui ce môme est malade. Je sais ce qu'il vit. Je l'ai vécut en double avec Kidzilla.

On a tenté de faire un système de récompense de valorisation... rien n'y fait. Il frappe, crie, hurle et balance tout dans la classe. Du coup dirlo le prend souvent dans son bureau pour le calmer et l'appaiser. Quand il est seul avec l'adulte, ça se passe mieux.

Personnellement, oui je plains mon collègue mais j'ai du mal à en plaindre d'autre. Quand est arrivé le jour de la répartition des classes, il a fallu attribué Kidzilla à une classe de Grande Section et Yliès à l'autre. Évidement il est hors de question d'avoir 2 cas lourds dans la même classe bien que ce fut mon cas. Certes Kidzilla n'était pas dans ma classe à l'origine et je l'ai recueilli de bonne volonté parce que je voyais ma collègue péter un câble et que la gamine m'a presque choisi.

On a quand même eu le culot de me demander si je voulais prendre une classe de Grande Section l'année prochaine.

Je suis gentille mais pas bonne poire. J'ai subit un an et on me demande de continuer. Non. Et pourtant je l'ai dit dès janvier qu'il n'était pas question que j'ai à nouveau une classe aussi difficile l'année prochaine... On m'avait dit "ça on verra"... Non non c'est tout vu. 1 an c'est bien, 2 c'est indécent. D'ailleur c'était clair pour dirlo que j'avais des moyens l'année prochaine avant même de me le demander.

Peste ou choléra, Kidzilla ou Yliès. Qui aura qui. Au début il était prévu que Richard continu d'avoir Yliès dans sa classe de Moyen/grand l'année prochaine et qu'Arthur, mon autre collègue ai Kidzilla dans sa classe de grands pure.

 Et puis on s'est rendu compte que Annie se retrouvait de nouveau dans la classe d'Yliès et qu'il fallait les séparer pour ne pas qu'elle soit pas de nouveau son bouc émissaire. 

Je propose de changer Annie de classe contre un autre.

Ba non. Car il se trouve que Richard va probablement prendre temporairement la direction de l'école car dirlo va partir en congé mater. Comme il sera déchargé à temps complet, il sera probablement remplacé par un ZIL ou nouvel arrivant. Et donc il a été dit que "Donner Yliès à un nouveau prof c'est un coup à le dégoûter du métier et c'est clairement pas sympa... donc il faut qu'Yliès soit dans la classe d'Arthur et que Kidzilla soit dans la classe de Richard".

De mon point de vue c'est mieux aussi... mais je ne vois pas ça de la même façon: Kidzilla a un niveau de petite section et la mettre dans une classe de Moyen Grand est plus pertinent: Elle re-suivra le programme de Moyenne section, ça la fera progresser.

Mais Arthur l'a amer. Kidzilla s'est beaucoup calmé même si elle est actuellement dans une mauvaise période. Et puis ses crises sont contre elle puisqu'elle s'auto-mutile. Yliès c'est autre chose. Alors ça le fait chier de l'avoir récupéré.

*en récréation*

Arthur: Il y a des profs privilégiés dans cette école.
Moi: Pourquoi tu dis ça?
Arthur: Vu comment il en bave, Richard a du demandé à Dirlo de ne plus avoir Yliès l'année prochaine et elle a été d'accord.
Moi: Ba en même temps, pour Yliès, Richard est lié au fait de son changement de classe... Et clairement Yliès l'a mal pris et c'est compréhensible... donc il lui fait payer. Maintenant c'est clair que quand Richard va prendre la direction, le pauvre zil qui se serai tapé Yliès il est bon pour démissionner direct si c'est sa première année...
Arthur: C'est bidon comme excuse et puis Kizilla ne cause presque plus de problèmes et elle aura une AVS l'année prochaine. Moi je te dis, y'en a qui ont des privilèges.

Un peu excédée par cette gaminerie de bas étage je lui lâche un peu sévèrement.

Moi: Je ne vais pas te plaindre, moi, j'ai eu les 2 au plus fort de leur crise et c'est pour ça qu'à un moment de l'année je me suis arrêtée 2 semaines pour burn out

Je me lâche avec d'autant plus de délectation que ce même collègue avait confié à une autre lors de mon burn out de cette année "A ton avis, pourquoi elle est absente? Non parce que le burn out c'est bidon comme excuse, c'est parce qu'elle veut glander."

Arthur: Ouai... mais bon... voilà quoi!

Ah ba oui... Tu sais plus quoi dire...

Détrompez vous, je l'aime bien Arthur. Il est marrant. Il est le premier à sortir des blagues et à faire marrer tous le monde. Mais c'est aussi le premier à critiquer les collègues même si eux ont des bonnes raisons d'être absent... et même si ce n'est pas le cas, ça ne le regarde pas... Mais ca ne l'empêche pas de critiquer. Un jour ça lui retombera dessus. En tout cas, il a choisi la mauvaise cible pour se plaindre.

Du coup Yliès va dans la classe d'Arthur et Kidzilla va dans la classe de Richard.

Reste à savoir comment Yliès va le vivre. Il a beaucoup souffert de son changement de classe et Richard m'a lui même confié que le gamin le rejette clairement. Yliès a aussi du mal a comprendre mes réactions. J'ai voulu un peu m'éloigner résultat un jour il en a frappé un autre et au moment ou je le cherche du regard dans la cours pour le sanctionné. Je le vois près de la porte menant au hall. Je me lève et comme il voit que je me dirige vers lui, il ouvre la porte et se sauve. 

Me voilà donc obligée de le poursuivre. Il m'attends dans le hall et fait semblant de s'échapper. Je sais pertinemment qu'il attendait mon attention. Je le prend par le bras, lui demande de sortir et de se calmer quand il me lâche:

Yliès: De toute façon, tu me connais plus!

C'est comme un petit poignard dans le cœur.

Moi: Mais si je te connais Yliès. Tu es mon ancien élève et tu as du changer de classe. Maintenant  tu es l'élève de Richard et tu es juste à côté de ma classe. Je t'entends souvent crier d'ailleurs. Et ça me rends très très triste. Richard me donne de tes nouvelles quand je ne te vois pas et si tu veux venir me dire bonjour et me faire un bisou tu peux venir quand tu veux.

Yliès: Je veux voir Dirlooooo

Moi: Je ne peux pas t'emmener désolé. Tu sais, elle travaille beaucoup. Mais si tu veux on peut aller devant sa fenêtre, je te porte et tu pourras lui faire coucou. Tu veux?

Yliès: Ouiii

Depuis Yliès est parti en vacances. La suite, ça sera pour septembre!



20 juin 2012

J'ai trouvé le bouton OFF



Avant de passer au second bilan, celui de kidzilla, quelques nouvelles d’Opossum.

La dernière fois j'avais parlé de la REE prévue... REE annulée car le père a oublié. Bien sûr. C'est le mot poli pour le "je m'en fou", mais nous n'abandonnons pas, nous avons une autre date: vendredi. J'ai un peu tiré les vers du nez d’Opossum après qu'il ai fondu en larme en allant en garderie et le petit m'a dit qu'il avait reçu des coups de ceintures parce qu'il n'était pas sage à l'école. Je lui ai demandé si je pouvais regarder en soulevant le t-shirt et là il me dit "j'ai pas de marques"... réflexe étrange du gamin qui serai incapable de dire ça sans connaitre la dimension de mon geste. Après lui avoir dit que personnes n'a le droit de le frapper ni moi, ni papa, ni maman, ni aucun adulte et que si c'était le cas il fallait le dire sans hésiter; je tilte et retourne dans ma classe consulter mon cahier d'appel. Quelque chose me frappe. Opossum n'est jamais absent même légèrement fiévreux. Pourtant, il y a juste quelques semaines, il a été absent 3 jours... J'avais donné la lettre de rendez vous pour la REE juste avant cette absence... Je me fais surement un film mais peut être que c'est à ce moment là que Opossum comprend le sens de "j'ai pas de marques".

A suivre...

La kidzilla de début d'année n'est plus. Ses progrès sont remarquables socialement même si son niveau scolaire est comparable à un début de petite section alors qu'elle va faire son entrée en grande section. Elle parle mieux, n'a plus de toc de lavage de main et son auto mutilation (elle se frappait, se giflait, se mordait et se tirait les cheveux) avait totalement disparu jusqu'à dernièrement... elle s'est remordu et s'est frappée de nouveau et je pense que l'arrivée du petit frère en est la cause. Rien à voir avec la sauvageonne qu'on devait poursuivre dans les couloirs, qui hurlait, se roulait par terre et qui était tout simplement ingérable jusqu'à sa déscolarisation partielle. Elle m'obéit, plus que les autres adultes, elle m'écoute et surtout elle me demande souvent de la prendre dans ses bras. Elle ne souhaite visiblement pas grandir et plus que tout, elle est en grande demande d'affection.

Je me surprends souvent à regarder sa bouille malicieuse et son incroyable gourmandise qui ne peuvent que tirer un sourire. Elle aime tout, mais surtout, tout ce qui est sucré... et par dessus tout: LE CHOCOLAT!

Sans aucun doute, c'est une petite fille attachante, loin de la diablesse de septembre. Son surnom de Kidzilla n'est qu'un souvenir même si elle reste une petite fille difficile.

Alors oui... si vous saviez combien de fois j'ai voulu lui en coller une! Combien de fois je l'ai trainée dans les couloirs en lui tirant le bras parce qu'elle ne voulait pas se lever! Combien de fois, alors qu'elle refusait de descendre ou de monter les escaliers, j'ai du la porter sous le bras à l'horizontal, comme une baguette de pain... et presque aussi légère!

Elle n'était pas facile à apprivoiser et le travail exceptionnel de la maman pour que sa fille soit aidée (psy, orthophoniste, différentes consultations a Débré jusqu'à la reconnaissance officielle du handicap) a porté ses fruits même si elle reste quelqu'un de froid, ne montrant que peu d'affection envers sa fille. Combien de fois, Kidzilla est entrée en classe avec un regard de désespoir, levant les bras vers moi pour un câlin si chichement distribué par sa mère? Un besoin viscéral d'affection et, aussi difficile qu'elle soit, je ne pouvais pas faire autrement que d'y répondre. Je reste persuadée que l'autorité sévère de sa mère est aussi efficace que la mienne beaucoup plus souple et répondant à ses besoins affectifs même si sa mère en doute.

A la remise des livrets la semaine dernière, la petite assiste à la discussion, assise sur sa chaise, sagement. Image surprenante quand elle est mise en parallèle à la tornade du début d'année. Nous sommes satisfait de l'année écoulé sans parler de vrais résultats scolaires. Nous savons que, de toute façon, la petite fera deux grande section et que sa scolarité sera fort probablement différente. En attendant, je lui dit qu'elle sera dans un double niveau MS/GS chez mon collègue et qu'elle y suivra un niveau de moyen même si officiellement elle est en grande section.

Moi: Il y a encore des crises mais j'ai appris à les gérer et j'ai partagé avec son futur maître certaines petites astuces...
Maman de Kidzilla: Ah? Quelles astuces?
Moi: Il y a Monsieur Puni. C'est un minuteur de cuisine. Même si elle me la cassé à force de le toucher, ça l'apaise. Elle reste calmement assise quand je la puni et que je lui met en face. Elle ne crie plus. Sinon, vous pouvez aussi mettre votre main sur sa tête?
Maman de Kidzilla: Comment ça?
Moi: Vous n'avez jamais remarqué? Quand elle hurle, vous posez juste votre main sur le sommet de sa tête et elle se calme presque de suite!
Maman de Kidzilla: Ah bon? Ah je vais essayé si ça marche...
Moi: Vous allez voir, c'est surprenant... J'ai découvert ça il y a 2/3 mois...

D'ailleurs j'avais donné l'astuce à mon collègue, son futur prof et celui qui a accueilli Yliès après son départ de ma classe.

Fabien: J'ai essayé ton truc sur Kidzilla. Elle partait en crise tout à l'heure dans la cours et j'ai posé ma main sur sa tête et pouf! Sa tension est redescendu tout de suite. C'est magique ton truc! T'as pas la même pour Yliès?

Ah ba non désolé...

23 mai 2012

Malheureusement, on s'habitue à tout



Il y a quelques temps, j'ai raconté l'histoire d'Yliès.
Dr Jekyll and Mr Hide... Pour les flemmards, il s'agit d'un enfant de 4 ans, qui est scolairement faible et un peu nouille. Mais surtout, c'est un enfant capable de faire des crises au point de balancer tout ce qu'il y a sur le bureau de la directrice, de frapper, mordre, griffer, cracher, lécher, pincer... les adultes! Sans oublier qu'il insulte et menace à tout va!

Il est temps de prendre quelques (mauvaises) nouvelles... Oui je préviens déjà car les cas déjà énormissime est loin d'avoir progresser.

Comment cela pourrait-il être pire qu'un enfant qui frappe et insulte son prof alors qu'il n'a que 4 ans? Ba un enfant qui s'en prends aux adultes ET aux enfants!

Car Yliès, jusque là, faisait des crises de plus en plus fréquentes mais toujours ciblé sur l'adulte: moi, mon atsem, la dirlo... ou tout autre adulte qui passe!

Yliès avait une petite copine. Annie. Blonde aux yeux bleus, sage et douce. Toujours collés l'un à l'autre en récré.

J'avais prévenu les parents d'Annie lors du dernier livret que je m'inquiétais un peu de leur relation parce qu'il fallait bien le dire, Yliès avait déjà un comportement préoccupant et Annie commençait à être influencée.

Il y a deux semaines, dans la cours, Yliès s'est disputé avec Annie dans la cours. Par chance, justement je les regardais. Il l'a poussé assez violemment par terre. Ca aurait pu être pire si je n'avais pas vu le début de la dispute.

Le soir même, je disais à la maman d'Yliès, que j'étais inquiète. Pour la première fois, il s'en prenait à un autre enfant (même si ensuite c'est moi qu'on a frappé). Et je sentais que ça allait continuer. Le papa d'Annie, lui même, est arrivé a ce moment là. Très cool, et assez compréhensif, il a juste dit à Yliès "Tu sais, si tu frappes Annie, elle ne t'invitera pas à son anniversaire!".

Assez cool le père quand même... Il comprends cependant (et à mon avis sa fille a du lui dire aussi) que ce n'est pas un acte isolé et que le gamin a des sacrés problèmes. C'est un parent d'élève élu et je sais que cet évènement va lui rester dans un coin de sa mémoire.

Je ne suis pas surprise qu'il me demande de faire en sorte que sa fille ne joue plus avec lui. Peine perdue, celle ci a des élans masochiste et elle ne peux pas s'empêcher de retourner avec son petit copain.

J'en étais resté là puisque la semaine dernière, je choppe une laryngite qui me rends aphone 6 jours.

Lundi, je débarque à l'école et Valérie ma collègue m'annonce: "Tiens une bonne nouvelle pour toi sur le cahier navette de l'école! Moins bonne pour Richard (mon collègue) par contre" (le cahier navette est un cahier où les enseignants reçoivent les infos)

Ah...

Yliès ne sera pas déscolarisé à mi temps mais change de classe.... l'heureux gagnant est RICHARD! (ordre de l'inspectrice)

Moi: J'ai loupé un truc?
Dirlo: Yliès a mordu Annie assez violemment. Le père monte au créneau et il veut porter plainte. Comme la petite retourne toujours vers lui malgré tout, il faut la protéger. Il faut donc éviter qu'il se croise en classe et en récréation. Sauf que dans l'autre service de récré c'est les Petites section et la classe de Petits/Grands de Richard... donc il n'y a que lui qui peut le prendre.

J'avoue être assez déçue. Je le vis un peu comme un échec même si je sais pertinemment que je ne peux pas grand chose pour ce gosse. Ce qu'il lui faut, c'est un psychiatre.

Yliès vit mal ce changement. Richard est dans la classe voisine, j'arrive donc à les croiser quand nous rentrons en classe à 13h30.

Richard: Et c'est reparti...
Yliès: NON JE VEUX PAS TAAAAAAAAAA GUEUUUUUUUUUUUUUUUULE!

Je l'ignore. Je ne le regarde même pas. Pourtant ça me bouffe... Mais je sais qu'il hurle aussi pour attirer mon attention et me retourner n'est pas une solution.

Je rentre dans ma classe et ça hurle des "ta gueule" et des "je veux retourner chez Sandrine" au moins 20 bonnes minutes avant que dirlo vienne porter secours à Richard.

Ca me bouffe... c'est con hein? Le pire c'est que quand c'était mon élève, je m'étais habitué à me faire frapper tous les jours. Maintenant que c'est les autres, ça me choque plus encore.


Plus tard, pendant le changement de service de récréation Yliès me croise, me regarde et me dit:
"Maîtresse je suis plus avec toi parce que je suis méchant. Quand je serai gentil, je vais revenir hein?"

 L'inspectrice vient inspecter notre dirlo... On a presque envie que le môme entre en état de crise à ce moment là pour qu'elle réalise l'étendue du problème.


Je sens que les dernières semaines d'école vont être longueeeeeeeeeeuuu!


16 janvier 2012

Z'auriez pas vu Zoé?



Rappel de l'épisode précédent: Le grand père de Zoé, 3 ans vient la chercher à l'école. Or, ma collègue de petite section et maîtresse de la petite, Martine, affirme haut et fort qu'elle n'a pas franchie les portes de la classe. La mère est contactée par le grand père et celle ci confirme que Zoé a été emmenée à l'école le matin même par son père.

Aucune trace de la petite.
Pas de nouvelles données à l'école (qui s'inquiète un peu quand même) après multiples appels aux parents.

Et bien, le matin de la disparition, Zoé est effectivement montée en voiture avec son père pour aller à l'école.

Ce matin là, elle croise son autre grand père (le père de son père) au feu rouge.

Grand Père: Z'allez où?
Papa: A l'école!.. D'ailleurs on va y aller je suis en retard.
Grand Père: Ah... En fait je voulais emmener la petite à Disney...
Papa: Ah... euh... Ba ok! Prends là! Au revoir ma puce, Papa va travailler!

Conclusion: L'école?  On s'en fout. Elle en petite section alors c'est un peu de la garderie, là bas ou Disney, c'est kif kif. Prévenir l'école de l'absence de la petite exceptionnelle... Ba ils s'en foutent... Rappelez alors que l'école appelle toute la famille, parce qu'ils sont inquiets de la disparition d'une petite fille de 3 ans? Pas grave il la verrons le lendemain.

... Comment se foutre un peu de notre gueule...

15 janvier 2012

La disparition



Cette semaine, 11h30, chez ma collègue Martine de Petite Section,

Grand Père: Bonjour je viens cherché Zoé!
Martine: Zoé? ... Mais... Mais elle n'est pas venue à l'école ce matin!
Grand Père: Mais... ma fille m'a demandé de venir la chercher. Elle est donc à l'école!
Martine: Je vous assure qu'elle n'est pas venue! Attendez, on va demander à mon ATSEM. Virginie, peux tu m'apporter mon cahier d'appel s'il te plait... On est d'accord, Zoé n'est pas venue ce matin.
Virginie: Non non. Elle n'est pas venue.
Martine: Et vous voyez... je ne l'ai pas noté présente.

*Le grand père sort son téléphone et appelle la maman*

Grand Père:... La maîtresse me dit qu'elle est pas là...
Maman: QUOI! Tu es bien devant la classe de Martine?
Grand Père: vous êtes bien Martine?
Martine: Oui oui... *montrant une photo de Zoé* C'est bien votre petite fille?
Grand Père: Vous l'avez retrouvée?
Martine: Mais non! Puisque je vous dis qu'elle n'a pas franchie la porte aujourd'hui!
Grand Père: La maîtresse ne l'a pas vu!
Maman: Mais son père l'a emmenée à l'école ce matin! C'est pas possible! Elle s'est enfuie de l'école!
Grand Père: La maîtresse me dit qu'elle l'a pas vu partir...
Martine: Non non! Je vous le répète, elle n'est pas venue à l'école, elle n'a pas franchie la porte et comme je suis toujours à la porte de la classe, il est IMPOSSIBLE que je puisse ne pas la voir si elle est venue.
Grand Père: Elle me dit que Zoé n'est pas venu ce matin.
Maman: AH BORDEL! J'appelle son père.

*le grand père part*

11h45

Martine:... quand même...
*téléphone à la maman sur son portable... répondeur*
Martine: C'est la maîtresse de Zoé... je m'inquiète un peu, est ce que vous pourriez me joindre pour rassurer l'école.
....
*téléphone sur le fixe... répondeur*
*téléphone du papa... répondeur*

12h00, salle de cantine des profs.

Martine: ... J'ai téléphoné et rien... Je me pose des questions...
Dirlo: Ah ouai... Je vais tout de même téléphoné de nouveau, histoire de bien protégé l'école de cette affaire. On sait jamais.

*Pas de réponse au téléphone*


...

Le lendemain, 12h00 salle de cantine des profs

Martine: J'ai eu des nouvelles de Zoé. Vous devinerez jamais...

...

Si vous voulez savoir ce qu'il est advenu de la petite Zoé, attendez le prochain épisode de Teacher's life... Je vous laisse avec vos hypothèses. Les plus saugrenues sont les bienvenues car bien entendu, tout fini bien. XD

15 septembre 2011

Et maintenant, qu'allons nous faire?



Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.

Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.

Je n'ai pas de quoi me plaindre.

Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.

Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.

Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).

Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.

J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"

Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.

Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.

Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.

Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.

Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?

10 septembre 2011

Kidzilla



Ilona, 4 ans, est une petite fille en moyenne section dans la classe de ma collègue.  Elle est toute petite, toute maigrelette, les cheveux blonds ondulé avec de grands yeux marrons glacés et porte souvent un long manteau rose papier toilette.

Ilona pourrait être une petite fille tout à fait banale, pourtant, elle est au coeur des conversations de toute l'école.

On a souvent l'image des séries américaines du gamin perturbateur et espiègle qui se retrouve dans le bureau du proviseur.

Et bien là, vous prenez la même chose mais avec cette petite gamine de 4 ans, 3 jours après la rentrée. 

J'ai rarement vu plus rapide.

Il faut dire qu'Ilona hurle, frappe, mord et se mord et à un langage fleurie se résumant essentiellement à une pluie de "Ta gueule" qu'elle attribue à sa maitresse, à l'atsem, à tous le personnel de l'école, y compris la directrice, ainsi que, plus curieusement, à elle même. Les caprices, les pleurs... que du bonheur concentré sur 1 mètre de petite fille.

Je suis tout de même perplexe, car pour l'avoir observée, elle est tout de même un étrange mélange de mauvaise éducation, de problème psy et de TOC multiples et divers comme un lavage de main intempestif dont les séances doivent être interrompues car elles peuvent durer plus de 30 minutes (et si on l'interromps, elle nous regarde avec des yeux terrifiées.)

Pas totalement inconnue des autorités scolaires, puisqu'elle a passé déjà une année mouvementée en ces lieux; en 3 jours, mes collègues ont certifié que le cas avait empiré...et qu'"empiré" était un mot bien faiblard.

Que dire de la mère? (que je n'ai jamais rencontré mais qu'on m'a bien résumé) Outre le fait, qu'elle a dut lui apprendre les chapelets d'injures que la petite a enregistré ... bien que je puisse comprendre, vu son niveau d'excellence "d'insuportabilité", que 1 ou 2 "T'as gueule" ai pu lui échapper, la maman d'Ilona ne comprends pas.

Oui parce que "c'est un ange à la maison."...Ah... Il faut dire que c'est tellement chiant de faire des démarches pour que ta fille soit aidée et soutenue avec une Auxilliaire de Vie Scolaire (AVS), qu'on ne voit soudainement que son côté angélique.

Les cornes démoniaques d'Ilona ont commencé à pousser aux yeux de sa mère, curieusement quand les animateurs du centre de loisirs ont menacer de ne plus prendre Ilona sans AVS. Tout à coup, elle est devenu démon quand on a dit à sa mère que "NON" on ne la gardera pas les mercredi et vacances scolaires. Or, les demandes d'AVS ne peuvent se faire qu'à l'école pour en avoir une à l'école ET au centre de loisirs.

La coïncidence entre ce refus de l'accepter au centre et cette demande urgente de Réunion d'Equipe Educative (REE) pour une demande d'AVS est étrange.

En attendant, avant que ma collègue n'en foute une à la petite, je lui ai dit que je pouvais la prendre et la directrice elle même pense à me la donner et donc à la changer de classe car elle semble plus apte à m'écouter et que je dois être la seule en ces lieux à ne pas avoir reçue d'insulte du petit démon.

Je sens que je n'ai pas fini d'écrire sur kidzilla

03 septembre 2011

La rentrée des profs... la vrai!


Vendredi était le jour officielle de la rentrée des profs. Sauf que moi je suis rentrée jeudi :P

Ma première vrai rentrée des profs en tant que non remplaçante... Parce qu'il faut bien le dire, cette journée là, est vraiment très nulle pour tous les ZIL. On arrive, on file un coup de main, puis une réunion de ZIL et soit on est direct en poste et on atterrit dans l'inconnu ce qui fait que on ne sait pas trop ce qu'on va faire, soit on va aider dans les écoles mater en général pour essuyer les larmes des petites sections... ou pour leur courir après quand ils tentent de s'enfuir... ou pour décoller les parents des vitres quand ils laissent leur bébé pour la première fois à l'école des grands.

Une vrai rentrée de prof c'est quoi? On arrive à 8h30 et en général, petit café, petit croissant, beaucoup de blabla. Généralement en tant que nouvel arrivant, on fait un peu le timide, on est dans un coin et on sourit. L'avantage c'est que moi, contrairement à mes deux autres collègues nouveaux arrivants, cette école je la connais depuis 2 ans car j'y avais remplacé l'instit de CE2... j'y avais rencontré la célèbre Linda.

Petit rappel:

Les malheurs de Linda
On va bien voir ce que ça donne
Linda vs Cruella
Comment devenir une Cruella?
Echec
:')

... Linda qui à cause... que dis je... grâce à son redoublement providentiel est en CM2.

Bref. Comme je l'ai dit, après le blabla, petit rapport avant la réunion directeur sur les infos à savoir et les choses que l'on doit faire et distribuer aux parents. Réunion qui dure au moins 3/4 d'heure.

Et après, on range, on bouge les tables on fait des étiquettes et on va voir les collègues pour les dépanner où leur poser des questions... ou les charrier.

Par exemple, il y a Isabelle, ma collègue de Moyenne section... on se connait bien puisque j'ai remplacé sa classe entre autre et que j'ai travaillé avec elle alors qu'elle avait un CE1 et moi un CE2. On s'entend bien et je pense qu'on va surtout bien contribuer ensemble. A côté elle me parlait de sa dernière rencontre meetic avec qui elle vient d'emménager... Je pense qu'on va bien se marrer xD. Bref on va bien s'entraider et se soutenir.

De l'autre coté, il y a Fabien qui a des Grands / Petits. Lui, il est toujours près à aider et il est venu avec ses supers outils pour arranger mes tables... C'est le grand costaud qu'on appel au secours pour déplacer les gros meubles. Mais à côté de ça, il est tout guimauve.

Laurent lui c'est un petit nouveau comme moi... il est T2 (comprenez titulaire 2ème année... moi je suis T5) mais je l'ai connu en tant que stagiaire il y a un peu plus d'un an dans une autre école... Il était un peu effacé à l'époque et là... Il squatte ma classe, et cherche la première vanne et taquinerie à me faire.... d'un coup d'un seul. Ca ne me déplait pas comme changement... c'est plutôt marrant... et vue comme c'est partie ça risque de partir très loin dans la taquinerie...

Et puis comme le couloir donne sur le côté élémentaire, j'ai été voir le deuxième petit nouveau Cédric, qui lui est T1 en CE1... enfin petit nouveau qui a quand même pas mal de bouteille puisqu'il a enseigner quelques années en Afrique... J'ai pas eu trop le temps d'approfondir le truc, mais je pense qu'il faut que je trouve un peu de temps pour en discuter avec lui parce que ça avait l'air intéressant.

A part ça la dirlo est très chouette et hyper efficace et organisée. Kévin le concierge est assez cool (je suis priée de l'appeler chef... et n'ayant pas les clés pour sortir de l'école, je hurle le soir "Chef, ouvre moi la porte") et il est très présent dans la vie de l'école.

Bref, je suis RA-VIE. C'est comme si je découvrais le métier...

En plus je suis pas inspectable :D

Par contre j'ai peut être un peu trop parlé avec mes collègues parce que j'ai encore plein de truc à faireuuuu T-T

20 juin 2011

A 7 ans, les menaces. A 17,…

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Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?

07 juin 2011

Remettons un peu chucky à sa place…

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*Récréation*
Flo (collègue): Chucky! Qu’est ce que tu viens de faire à Laurent?
Chucky:…
Flo: Je viens de te voir, tu as voulu lui prendre son avion des mains et comme il n’a pas voulu tu l’a fouetté avec ton gilet!
Chucky: Oui mais il m’a poussé!
Flo: Menteur! ça fait 5 minutes que je te regarde! Et Laurent a une grosse marque sur le visage! Tu t’assoies ici tu es puni!
Chucky *larme de rage de s’être fait avoir*: Ba moi je vais dire à mes parents qu’il m’a poussé et que je me suis défendu!
Antho (collègue): QUOI! Tu oses nous dire que tu vas mentir! Non mais tu te prends pour qui? On est 3 maitres et maitresses à t’avoir entendu dire un mensonge! Tu sera puni au 2 récréations de demain! Et crois moi, si tu mens à papa ce soir, c’est moi qui vais lui rapporter ce que tu viens de nous dire! Maintenant tu restes là… Et tu peux pleurer tant que tu veux!
*bé au moins il n’y a pas que moi qui le puni ce “pauvre martyr”*
______
*classe*
Moi: Bon ça fait une demi heure que vous écrivez vos devoirs… tant pis j’efface pour ceux qui n’ont pas fini, ils iront les recopier dans une autre classe pendant qu’on partira en sport… Qui n’a pas fini?
*Chucky lève le doigt…of course comme d’hab*
Moi: bon ba tu sais ce qu’il t’attends… Les autres, on corrige rapidement les additions au tableau et ensuite on y va.
*Chucky s’approche*
Chucky *fond en larme/panique à bord*: Maîtresse! Je veux pas aller chez le maître! J’ai peur! Il est méchant! ça me fait mal au ventre!
Moi: J’avais prévenu il me semble, non?
*Chucky hoche la tête*
Moi: J’ai répété plusieurs fois qu’il fallait que tu écrives tes devoirs?
*hoche la tête de nouveau*
Moi: Et donc qu’est ce que tu faisais pendant que tu devais copier tes devoirs?
Chucky *en mode fontaine*: Je jouais!
Moi: donc tu finiras de copier tes devoirs ailleurs…
Chucky *se liquéfiant*: Je veux pas maîtresse! J’ai trop peur! Ca me fait mal!
Moi: Il y a des manières de demander les choses correctement… et des mots magiques…
Chucky: S’il te plaît maitresse! Je veux pas y aller!
Moi: Aaaaaaah! là tu vois, J’ai déjà plus envie de t’écouter. Si tu as si peur que ça et si tu te tiens correctement, tu pourras recopier tes devoirs dans le gymnase pendant qu’on fera sport. Tu te tiendras bien?
Chucky *reniflant sa morve*: Oui oui… je serai sage…
*Ô divin délice qu’est la supplication d’un petit pourri… C’est moi la chef bordel!*

15 janvier 2011

mordicus!


7 jours de remplacement de congé paternité, classe de CP.
Lundi 3:
Collègue: Ca va la classe?
Moi: Oui, ils sont sages et mignons… Y’a le petit Kévin qui me chiffonne un peu.
Collègue: Oui il est un peu réservé.
Moi: Mouai…
Mardi 4:
Moi:… mmm quand même…
Jeudi 6:
Moi: Et dis moi… Le petit Kévin… Son maitre il a jamais repérer un truc bizarre?
Collègue: Ah non… Il est mignon… Un peu pâlichon mais il est pas mauvais en classe…
Vendredi 7:
Moi: Dis moi… je pourrais regarder la fiche de renseignement du petit Kévin?
Directrice: Oui… Pourquoi?
Moi: Juste pour voir si il a des soucis ce petit… je le sens pas. Il sourit peu. Je le trouve un peu renfermé et… c’est pas seulement son caractère… y’a un truc.
Directrice: Un truc? T’es pas un peu parano? … y’a rien sur sa fiche… Crois moi son maitre est super attentif et papa poule. Ca m’étonne que tu lui trouves un truc…
Lundi 10:
Moi: Ca va Kévin?
Kévin: Oui
*mouai*
Mardi 11:
Moi: Non franchement, y’a un truc c’est trooooooop bizarre.
Directrice: C’est quoi qui te chiffonne?
Moi: Tout! il est pas vraiment là, il sourit pas beaucoup. Il parle pas beaucoup et la façon dont il observe les gens. Faudrait que tu dises à son maitre de voir tout ça parce que j’en met ma main à couper que ce môme, il est pas net.
Directrice: Ah… si tu le dis…
Jeudi 12:
Kévin: Maîtresse… y’a papa qui voudrait te voir ce soir.
Moi: Ah d’accord.

16h45
Moi: Dis donc je viens de voir le père du petit Kévin…
Directrice: il voulait te voir?
Moi: C’était juste pour me prévenir que demain après midi il sera absent…
Directrice: Pourquoi?
Moi: Rien de grave… Le petit à rendez vous chez son psychiatre…
Directrice: un psychologue?
Moi: Non non… J’ai bien dit psychiatre.

Directrice: touché!

23 octobre 2010

Comme quoi, on peut être bon et mauvais en même temps.


Comme je l’ai dit précédemment et assez souvent, cette classe a un niveau extraordinaire vu que j’ai 3 lecteurs et qu’ils savent tous déchiffrer plus ou moins… en tout cas ils savent tous lire quelques syllabes… Ce qui ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas d’élèves en difficulté mais je n’ai pas de cas catastrophique.
Alors que moi j’ai un CP extra, ma collègue de CP se retrouve avec des élèves au ras les pâquerettes… Et je suis plutôt généreuse puisque quand il s’agit de recopier un simple mot, elle a 3 élèves qui eux, font des ronds… oui c’est leur façon de recopier un mot… Faire des ronds. Quoique je soupçonne l’un d’entre eux de se foutre de la gueule de son instit puisque quand je prend la petite Nina en atelier, bizarrement, son écriture s’améliore ainsi que ses capacités.
Quand aux comportements, il n’y a pas photo. Je n’ai pas que des anges mais je n’ai pas à me plaindre. Ils savent tous travailler seuls alors que je travaille avec un petit groupe et c’est loin d’être le cas de l’autre classe, où la maitresse s’arrache les cheveux.
Je suis plutôt heureuse d’avoir cette classe malgré toutes les appréhensions de mes débuts parce que c’était un CP. Et même si je ne suis pas l’instit idéale, je pense que j'ai quand même pas tout rater et que j’ai contribué un peu à leurs évolutions.
Et dans mon élan “c’est le dernier jour avant les vacs, faisons la fête” Je me suis dit qu’un petit “question pour un bonbon” avec l’autre classe de CP serait assez sympathique.
J’ai donc convié l’autre classe de CP après la récréation de l’après midi pour mon petit jeu collectif et j’ai commencé mon question pour un bonbon en anglais comme j’en ai pris l’habitude avec les miens… matière qui n’a pas encore été abordé dans l’autre classe. En fait j’ai tellement pris le plis que quand il me réclame leur bonbon de récompense il me demande le parfum du bonbon en anglais même quand je fais un question pour un bonbon “lecture”.
Le jeu se passe toujours bien et le fait d’avoir plus d’élèves n’a pas changé les choses…

quoique

Après que les autres CP soient partis.
Alexandre: Maîtresse c’est pas juste! Pourquoi tu aides plus les autres CP et pas nous.
Lucia: Et pourquoi tu nous interroges pas un peu nous!
Louise: C’est vrai c’est pas juste!
Moi: Non mais attendez! J’ai aidé certains d’entre vous aussi! Et puis, c’est quand même sympa d’avoir accueilli les CP de l’autre classe et de jouer tous ensemble!
*silence de plomb* *regards en coin*
Moi: Je rêve! Vous ne pensez qu’à vous! J’ai autant joué avec vous qu’avec les autres et vous avez tous eu votre bonbon… Je ne vois pas quel est le problème!
Nathan: Oui mais tu es notre maitresse… et c’est notre jeu.
Je dois me rendre à l’évidence: mes génies sont tous de gros mauvais égoïstes pas partageurs.
Baaa… personne n’est parfait!

23 mars 2010

We are a family! tadadada!


Jeudi, je débute un très long remplacement pour congé maladie jusqu’à fin juin et pour que cela se déroule dans les meilleurs conditions possibles, l’inspectrice elle même (et le mystère reste encore complet… je me demande bien pourquoi… C’est peut être juste parce que c’est la galère ) a demandé à ce que je fasse ce remplacement et que je passe une journée en observation pour prendre le relais.

Celle que je remplace? Françoise… aussi proche de la retraite que moi de mes débuts. Certainement plus âgé que ma mère.
A vrai dire, j’ai remplacé un instit y’a un mois de cela qui s’avère être, un ancien élève à elle…
J’ai toujours des aprioris lorsque je remplace une instit de l’ancienne génération. Y’a pas de cahier journal, pas de progressions, les photocop sentent la naphtaline tellement les dessins accompagnants les exercices ont l’air vieux… Bref, en général, je recommence tout, avec mon entrain habituel et mes gros sabots. Je dégomme toutes traces de vieilleries et débarque avec mes méthodes bulldozers “Si on s’amuse pas, on apprend pas” dans mes classes bruyantes mais pleine de vie, avec le O combien célèbre “Question pour un bonbon” de fin de semaines.
J’ai des méthodes que n’aime pas les adeptes du frontal. Les adeptes du “Je suis le prof, tu es l’élève. Je parle, tu m’écoutes. J’ai raison, ferme ta gueule.” Ce genre de classe ou y’a un espèce de mur de Berlin entre les bureaux des mioches et celui de l’instit. Pouaaaaah…
Hummmm…
Devant Françoise, j’ai l’impression d’être une adepte du frontal. XD
Quand je suis rentrée, dans la classe j’ai adoré la disposition des tables… y’a pas vraiment d’ordre mais c’est réfléchi en fonction des difficultés.
Dans sa classe, y’a tout un tas de bordel monstrueux: 4 poissons rouges, un hamster, des escargots en pleine reproduction et des milliards de plantations et les moucherons qui vont avec. Va falloir s’en occuper, ça me gonfle un peu… mais c’est sympa.
Un système de tutorat a été appliqué et qui marche plutôt bien.
Y’a du matériel d’art plastique à gogo… Je me suis d’ailleurs plâtrée la langue a force de découper des bandes de plâtres dans la cours pendant que les mômes faisaient des pots au soleil. Le vent tournait et j’inspirai systématiquement du plâtre… mais c’était marrant.
Le cahier journal est à jour et est décrit à l’excès. Ca va être la misère pour le continuer et ca va me donner plein de boulot… mais c’est bien pratique!
Présentation de la classe par Françoise: “Ici c’est une famille on s’aime tous grand comme ça!”
Elle ouvre les bras en grand… Et les gosses font pareil! C’est limite mystique! J’adoooooooree!
*soustraction au tableau*
Françoise (au gamin): Si tu m’oublies encore cette retenue, je te botte les fesses!
Et elle la fait.
Françoise: Bon ce matin, on a fait un résumé du livre qu’on lit à la nouvelle maîtresse. On va voir si elle a bien écouté!
*regards tous braqués vers moi*
*tééé heureusement que j’ai suivis*

Françoise: Et on applaudit la maîtresse! Elle a bien suivi!
Elle a des méthodes d’apprentissages comparables au mienne… Les coups de pieds aux fesses en moins. Mais elle adore ces mômes et je me demande si c’est son opération qui l’attend ou son éloignement de sa seconde maison qu’est l’école qui va être le plus dur… Oui parce que sa classe, c’est chez elle et ses élèves, c’est presque ses petits enfants. D’ailleurs, elle s’est plus à me dire qu’elle avait eu 3 générations d’une famille, et que très souvent, elle a eu les parents comme élève.
Vous imaginez pas le poids qui pèse sur moi…
Françoise: Fais gaffe à mes gosses… sinon je viens ici et je te botte les fesses!
Elle rigolait… Mais je vais me méfier.
Oh et puis… j’ai un enfant acteur dans ma classe… C’est déplacé si je demande un autographe? XD

02 février 2010

Lettre ouverte aux collègues… et moi et moi et moi…

frise
Chers collègues,
… Non en fait ça me saoule de faire de l’officiel “prout prout” bien que ce que je vais dire, ça me tiens quand même à cœur.
Si ça fait un moment que je n’ai pas pondu un pavé perso de mes aventures trépidantes, ce n’est pas réellement par manque d’inspiration parce qu’en fait, j’en ai plein. C’est plus par préoccupation personnelle mais en rapport avec le boulot.
Quand je débarque dans une école, je suis… la remplaçante. C’est la part du marché, on est le bouche trou, on assume… c’est comme ça après tout!
Ce qui est dommage, c’est que certains collègues nous voit avant tout comme bouche trou et non comme professeur des écoles qui ont la même formation, eu le même IUFM, parfois même des profs identiques: Bref des gens tout aussi capables qu’eux.
Alors oui, nous les remplaçants, on se sent un peu boulet quand on arrive dans une nouvelle école: On ne connait pas la structure, on ne connait pas les élèves, les collègues, le personnel, les horaires, la place des toilettes, où se trouve la cantine, quels sont les élèves en Aide personnalisées… Bref on a tout un tas de questions qu’on est bien obligé de poser à chaque fois qu’on débarque.
Ce qui me fait profondément chier, c’est de nous faire traiter d’incapable plus ou moins ouvertement. Ras le bol des profs qui croit bien faire en nous espionnant pour savoir si on fait bien notre taf. Ras le bol ceux qui croient qu’une “bonne classe” est une classe où l’on peut entendre une mouche volée et que si il y a un peu de bruits, pour eux, c’est parce qu’on est un incapable. Ras le bol des collègues qui interviennent en gueulant alors que vous patientez juste aussi longtemps qu'il le faudra pour avoir un rang correct (et une classe de CM1 sait très bien ce qu’ils doivent faire quand on les regarde devant une classe en disant juste un “j’attends!”) Ras le bol des collègues qui viennent rapporter à ceux qui sont remplacés tout ce qu’ils entendent de l’autre côté du mur, tout ce qu’ils ont vu comme travaux que l’instit corrige tranquillement en salle des maîtres… Ils vont même parfois jusqu’a regarder les cahiers des élèves pour faire un rapport détaillé. Ras le bol des jugements de valeurs hypothétiques sur nos manières de faire.
ZIL ce n’est pas synonyme d’incompétent, ZIL n’est pas synonyme de flemmard, ZIL n’est pas synonyme de glandus. Un ZIL c’est avant tout un professeur des écoles!
Autant vous dire que ces dernières semaines en CM1 ont été une galère monstrueuse, non pas avec les mômes mais avec la collègue d’à côté avec ses regards de travers parce que je hurlais pas assez à son goût sur les gosses… Autant je ferme beaucoup ma bouche quand je rencontre ce genre de personne qui croient avoir la science infuse en matière d’éducation à la gueulante, autant j’étais à deux doigts de lui dire “c’est quoi ton problème!” sur un ton qui veux dire “Ferme là et fou moi la paix”. Et jusqu’au bout elle me regardait d’un air" “ils apprennent rien avec toi”.
Un exemple?
J’ai fait remarqué que la frise chronologique de la classe avait une erreur de 2400 ans puisque la fin de la préhistoire est normalement daté en 3000 avant J.-C. et que celle de la classe indique 600 avant J.-C. . Je le sais d’autant plus que je suis assez bien placée pour le savoir puisque j’ai fait une licence d’histoire. La collègue me dit “C’est pas possible, sa frise chrono vient d’être refaite et il y a deux ans elle a été félicité par l’inspecteur pour sa frise.”… J’insiste qu’il y a erreur et elle me dit “je vérifierai”…
Le lendemain, je demande si elle a vérifié et à cela, elle me répond: “Non… mais je fais confiance à ma collègue parce que je la connais plus donc je pense que c’est en –600!”
Je vais m’auto-censurer sur la ribambelle d’injures qui parcourait mon esprit à ce moment là.
Et finalement,  au bout de 3 semaines, évaluation générale en français (Grammaire/ orthographe/ vocabulaire / conjugaison…4 leçons à apprendre) notée sur 80 et ramenée pour les enfants à une moyenne sur 20… résultat pour la classe? 15,76/20 de moyenne générale avec comme plus mauvaise note 10/20.
Bref de grosses envies de meurtre, qui m’ont rappelé mon calvaire d’il y a deux ans, où on me traitait d’incompétente à tout va, à coup de harcèlement psychologique par une Conseillère péda reconnu dans plusieurs circonscriptions pour sa capacité à détruire le moral des jeunes enseignants.
J’ai ravalé beaucoup de salive, fermé ma bouche, attendu patiemment, beaucoup soupiré, un peu souffert malgré tout parce que ça a ranimé pas mal de mauvais souvenir mais finalement depuis aujourd’hui, j’ai une nouvelle classe où j’ai été très bien accueilli. Une Grande section de maternelle.
Mais vous savez ce qui est d’autant plus mal passé?
La même collègue a osé balancer pendant une conversation à midi sur les ZIL
"C’est scandaleux que certains ZIL disent à la secrétaire de l’inspection qu’ils ne veulent plus travailler dans telle ou telle école! Ils ne devraient pas pouvoir choisir!”
Et ça, j’ai pas pu le laisser passer, parce que c’était la troisième fois que je remplaçais dans cette école et par 2 fois je me suis sentie épiée.
“Faut voir aussi comment nous les ZIL on est accueillis dans certaines écoles où on est espionnés et traqués comme des incompétents systématiquement alors que nous aussi on est prof avant tout!”
C’est sorti tout seul et j’ai senti comme des points de suspensions dans l’humeur de la salle…

19 novembre 2009

Expérience intéressante, enrichissante et plus si affinité.

 
*Coup de fil de l’inspection à 8h15*
Secrétaire: J’ai un remplacement pour vous pour 2 jours...
Moi: Ok
Secrétaire: C’est une CLIS
CLIS… comprenez CLasse d’Intégration Scolaire.
Un effectif réduit pour des enfants tous différents et avec un handicap variant. 11 élèves.
J’ai eu comme une bouffée de chaleur. A côté, le CP c’était de la rigolade. Rien de plus difficile que ce genre de classe avec des enfants d’âges différents et des facultés différentes. J’en ai jamais faites jusque là et c’est la grosse panique à bord.
Quoi faire et comment s’y prendre et avec qui?
Une classe comme ça demande une organisation du tonnerre parce qu’il faut connaitre leur niveau, à chacun. Faire une activité adaptée à chacun. Répondre à leurs besoins. Connaitre leur classe d’intégration quand il se déplace dans une classe “normale” et leur emploi du temps par rapport à leur classe d’intégration. Bref, en tout je jongle avec 8 emploi du temps.
Et moi qui ai du mal avec un seul emploi du temps c’est un peu la misèreuuuuuu.
Grosso modo, j’ai du niveau Moyenne section au CE2 sur seulement 9 élèves présents ce jour là. C’est la loose. Sans compter qu’ils ont tous de très gros problèmes de mémoire. Je connais bien 2 de ses élèves pour les avoir croisés l’année dernière dans une autre école et une autre classe de CLIS… et je sais pourquoi: l’autre école était vraiment pourrie. C’était celle de mes CE2/CM2.
Heureusement dans la classe il y a J. l’Aide de Vie Scolaire qui est là pour m’assister. Il est aussi à l’IUFM pour passer le concours. J’ai bien accroché avec lui, on a beaucoup parlé de sa formation, du boulot mais aussi d’autre chose que l’école puisqu’on a le même âge et qu’on aime les mêmes choses…

Pour ne rien caché, Il est très à mon goût.
Il a de très beaux yeux verts.
Il est très spirituels et assez cultivé.
Il a de très bon goûts en matière de lecture (il a lu tout les HP déjà c’est un bon point pour lui)
Il est très sexy.
Il a été très dragouilleur. XD
Il est très charmant et je suis charmée…
Et quand j’ai appris que finalement je restais  jusqu’à mardi, il a dit “Super! on pourra faire un peu plus connaissance”
Et j’ai comme qui dirait commencé à fondre. XD
Par contre, Il est très en couple et ils vivent très ensemble et il me l’a dit avec une petite moue.
La vie est très injuste XD
Moi qui avait eu un coup de cœur… snif…
 

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