Les enfants peuvent être cruels
Ce n’est pas facile d’être un enfant. Les adultes ont l’air d’oublier qu’ils ont été petits ou alors, ils n’étaient pas comme moi. Moi, j’étais différente, mais je ne sais pas pourquoi. C’était mes camarades de classe qui me l’ont fait comprendre parce que j’étais toujours toute seule et ceux de ma classe ne jouaient presque jamais avec moi.
Sauf Samira.
Samira jouait avec moi de temps en temps, mais le plus souvent, j’allais jouer avec les CP. J’étais plus grande qu’eux et j’étais un peu comme leur maman. Je m’amusais bien avec les petites.
Samira était très gentille avec moi. Et même si elle avait la peau noire et moi la peau blanche, on s’adorait.
Et puis, Samira avait toujours plein de bonbons qu’elle achetait à la boulangerie avant de revenir en classe l’après midi et elle m’en donnait toujours.
Samira s’entendait bien aussi avec une autre fille de ma classe. Elle s’appelait Claire. Moi, je ne l’aimais pas. Elle venait toujours voir Samira quand elle avait des bonbons et jamais avant.
Un jour, je ne sais pas trop pourquoi, Claire a dit à toutes les filles de ma classe que si je restais souvent avec Samira, c’était juste parce qu’elle avait des bonbons. Je m’étais mise en colère contre elle, mais, je ne pouvais rien faire parce que les filles de ma classe se sont toutes retournées contre moi. Elles m’ont dit qu’elles ne me parleraient plus parce que je n’étais qu’une profiteuse et que j’aimais être avec Samira parce qu’elle avait des bonbons.
J’ai cru que personne ne m’aimait. On ne me parlait pas beaucoup déjà, mais là, en plus, on me détestait et ce n’était pas juste.
Sur le chemin pour rentrer chez moi à midi, j’ai beaucoup pleuré et c’est alors que deux garçons de ma classe m’ont vus. Quand je leur ai expliqué ce qui m’était arrivé, ils m’ont dit qu’ils m’aideraient.
Quand je suis revenue à l’école l’après midi, les garçons avaient dit aux filles qu’ils ne leur parleraient plus et ils ont dit à Claire d’arrêter de répandre de fausses rumeurs sur moi. Claire a eue très peur des garçons et les filles sont revenues me parler et se sont excusées.
Mais, ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est que Samira est venue me parler pendant la récréation pour me dire qu’elle savait que je ne l’aimais pas que pour ses bonbons. Elle savait que Claire voulait me faire du mal.
Maintenant, je suis adulte. Je vois encore des enfants dire ou faire du mal aux autres. Et je me pose une question. A quoi cela sert de faire tant de mal ? Est-ce que les enfants aiment être méchants ?
Gabrielle Foley
******
Il est bizarre le nom de l'auteur... hein?
*siffle*
Vous savez ce qui est drôle? C'est que la fameuse "Samira" je l'ai plus jamais revus après l'élémentaire et que la fameuse "Claire" j'ai encore de ses nouvelles de temps en temps.
Dois je vous préciser que l'histoire est vraie?
1 /20 en progrès!:
Ah ça, c'est pas à moi que tu as besoin de préciser ça. J'ai expérimenté la méchante bêtises des enfants, moi-aussi, et je pense que malgré tout, le mal que ça fait ne part jamais vraiment.
C'est marrant, parce que j'ai eu l'occasion de reparler de certaines de mes mésaventures de jeunesse il y a une quinzaine de jours à tout prendre, je ne sais même plus comment c'est revenu dans la conversation. Et bien même si aujourd'hui je ne souffre plus vraiment de cette exclusion qui m'a tant marquée plus petite, je ne pouvais pas évoquer ces passages de ma vie sans en avoir les larmes aux yeux.
Pourtant c'est fini tout ça, et ma vie a bien changé. Je crois que ça ne part tout simplement jamais.
D'ailleurs, il y a quelques mois de ça une fille de mon ancien collège m'a contactée sur un site de retrouvailles d'anciens camarades de classe. C'était un peu la paumée de service qui était le bouc émissaire avant que ça ne tombe sur moi, et qui ne s'est pas privée pour m'en faire baver aussi. On va dire que c'était pour détourner l'attention d'elle. Enfin bref, cette fille me recontacte, super contente de retrouver quelqu'un qu'elle connaissait sur Internet.
Et bien appelle ça de la rancune si tu veux, mais pour moi, ce n'est pas possible de m'intéresser comme ça à des gens qui m'ont pourri la vie. Ils en sont sortis, il y a longtemps. Qu'ils restent où ils sont. Chacun chez soi, et les cochons seront bien gardés.
Je crois que j'ai eu conscience très tôt dans la vie du mal qu'on pouvait faire aux gens, pour faire attention à ne blesser personne, autant que possible. Peut-être que je suis trop dure avec les gens, mais j'ai du mal à encaisser le fait qu'eux ne se soient pas privés alors que je n'aurais jamais fait de mal à une mouche.
Ce qui me rend le plus triste, c'est de savoir qu'à quelques centaines de kilomètres de là, j'aurais pu tomber sur des gens peut-être plus naïfs, mais en tout cas beaucoup plus gentils.
Enregistrer un commentaire