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12 janvier 2012
Dr Jekyll and Mr Hyde
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Aldysse
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00:10
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bêtises,
Cas d'enfant particulier,
Comportement,
Vie de prof,
violence
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/20 en progrès!
Ylies, 4 ans.
Quelle erreur de ne pas vous en avoir parlé jusqu'à maintenant.
Ylies est un petit garçon affectueux, turbulent et avec un niveau faible mais qui, en septembre du moins, ne sortait pas plus du lot que ça. Dr Jekyll bien que n'étant pas d'une claire intelligence, n'avait rien de bien méchant.
3 Semaines après l'arrivée d'une certaine Kidzilla dans la classe, les premiers signes auraient du me mettre la puce à l'oreille. Le petit garçon refuse de m'obéir, et répète les douces injures de la demoiselle qui vient d'être accueilli en classe, me pince ( partout mais surtout le premier bout de chair devant lui à savoir mes seins vu que quand j'essaye de le raisonner je suis à sa hauteur) et hurle.
Je crois que ce jour là a été un des plus difficile de ma carrière, j'en ai pleuré et je remercie bien mes collègues de m'avoir soutenu.
L'histoire d'Ylies n'est pas bien simple. Quand il avait juste quelques semaines, sa maman et lui se sont sauvés loin d'un papa violent qui s'en prenait à la maman. Craignant pour sa peau et celle de son fils, elle est partie sans bagage, avec juste son fils sous le bras.
Plus tard, la maman d'Ylies rencontre son chéri actuel et, tout naturellement, Ylies se met à l'appeler papa... sans savoir que son vrai papa, n'est pas celui qui vit avec lui.
Rien d'étonnant donc, que ce cher Ylies pète un câble quand il apprend que celui qu'il considérait comme son géniteur ne l'est pas et qu'il rencontre le vrai géniteur... loin d'être un idéal.
Rien d'étonnant d'avoir une répercussion à l'école...
Ouai...
Sauf que là, quand même, y'a un truc.
Qu'on se mette en colère, et qu'on se rebelle contre la société est une chose... Mais concernant Yliès c'est carrément de l'ordre de la démesure.
Je vais lire une histoire, je suis devant les enfants et Yliès est assis par terre sur ses genoux.
Moi: Yliès, est ce que tu pourrais t'asseoir sur tes fesses s'il te plait. Tes copains derrière toi ne peuvent pas voir les images sur le livre.
*Mon dieu... pourquoi ai je demandé ça?*
Ylies: Et ba NON! JE VEUX PAS!
Et là, la crise commence. Car toutes les crises démarrent d'un rien du tout, pour partir en sucette...et le mot sucette est bien trop doux. Car ce n'est plus un enfant que j'ai devant moi. Ses yeux se transforment et changent de couleur. Littéralement. C'est peut être le changement d'expression le plus impressionnant que j'ai jamais rencontré dans ma vie.
Pour ceux qui ont pu observer la transformation, un terme revient: ce môme est possédé... Pour moi c'est vraiment au delà d'un problème psychiatrique. Et je ne dis pas ça à la légère.
Vous pensiez que Kidzilla était un petit démon. Ylies, à côté, c'est Satan.
Évidement, je ne lâche pas le morceau donc je lui demande d'obéir. Résultat il me griffe, il me mord, me pince et j'en passe. Hier il est allé jusqu'à me jeter sa chaussure dessus. Ca c'est la partie agression physique. Le physique, je gère assez bien.
A côté j'ai le droit à:
- Je vais te jeter du caca et du pipi dessus!
- Je suis le plus fort je vais te mordre!
- C'est moi qui commande!
- Je vais te tuer!
- T'es morte! tu vas mourir!
- Tu vas voir je vais te jeter une chaise dessus!
Tout cela en hurlant évidement et en me frappant, toujours. Les agressions verbales par contre, je les vis pas très bien. Les menaces de mort surtout, et le coup du balancé de chaise, je le digère un peu mal aussi. Autant dire que le jour ou il passera à l'action (et il le fera, c'est certain), j'exerce mon droit de retrait tout de suite. Je veux bien être gentille, je veux bien être patiente, je veux bien être compréhensive, mais si je ne dis pas stop maintenant, je me ferai bouffer.
A côté de ça, ses crises peuvent retomber aussi vite qu'elles sont apparus et ses sautes d'humeurs comme son regard se transforment tout aussi rapidement. Il y a qu'a voir: il y a quelques jours alors que je le réprimandait dans la cours et qu'il s'est mis à me frapper et à me menacer qu'une "pluie de cacas" me tombe dessus, à peine j'avais mis un pied avec lui dans le hall pour tenter de le calmer qu'il s'est apaisé, que son regard s'est apaisé et qu'il me lance, comme si de rien était: Maîtresse, je t'aime! Je veux un bisou!
...
Ben voyons!
Je crois que le terme "possession" est vraiment le plus approprié. Mais moi, j'ai pas pris l'option "exorcisme" dans ma formation. La seule chose que je puisse faire face à tant de vices, c'est de tenir mes promesses bonnes et mauvaises: Hier, après moult coups et menaces, je lui lance "Si tu me touches... je dis bien juste "toucher" même pas "frapper"... Si tu me touches, tu sors de cette classe et tu vas chez le maître à côté!"
Vous me croirez ou pas mais, levant les yeux pour me fusiller du regard alors que je fais 2 fois sa taille et que je me trouvais face à lui, il a eu le culot de pointer son index sur moi pour m'effleurer la cuisse. Ni une, ni deux, je l'avais déjà pris sous le bras pour l'envoyer chez le collègue.
Mais c'est déjà allé très loin: Un jour qu'il était devenu ingérable (et au bout d'un moment, il faut aussi que je gère les autres) je l'ai envoyé chez la dirlo: Il a envoyé valsé tout ce qui se trouvait sur son bureau en une crise de colère... Elle a donc joint la maman en urgence et pendant qu'elle téléphonait, ma collègue de CP devait lui tenir les mains: Elle est enceinte et ça ne l'a pas empêcher de redoubler ses coups.
La dirlo a fait un rapport pour incident en milieu scolaire avec exclusion pour une journée: En gros, Ylies, 4 ans, a déjà un petit rapport sur lui sur un des bureau de l'inspection académique qui va le suivre longtemps... très longtemps...
Vous n'avez pas fini d'en entendre parler de celui là...
14 novembre 2011
Humpff...
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Aldysse
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19:10
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Cas d'enfant particulier,
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/20 en progrès!
*1 e-mail reçu, boite mail réservée à mes élèves et parents d'élève*
Bonjour,
Je suis la maman de Mylène
Si d'un
point de vue scolaire, tout semble bien se passer pour Mylène, depuis plusieurs semaines elle se plains d'une petite fille
appelé Kidzilla.
Elle est rentrée il y a quelques temps avec des
marques au cou et des griffures. Mylène n'ayant pas l'air plus
"traumatisé" que ça, je n'en ai pas fait état.
Seulement, régulièrement
le soir Mylène me parle de cette petite fille qui semble méchante et
très grossière avec elle.
Depuis la rentrée de
vacances de la Toussaint, ma fille traîne des pieds pour aller à
l'école. Cela m'ennuie d'autant plus que je la sais très bien dans votre
classe et qu'elle se sent bien avec vous.
J'aimerais savoir ce
qu'il se passe entre elles deux. Je ne voudrais pas que Kidzilla prenne en
grippe ma fille.
Je vous demande d'être vigilante par rapport à
cette situation.
Travaillant de l'autre
côté de la banlieue parisienne je ne peux que rarement venir à l'école,
c'est pour cette raison que je n'ai pu vous en parler directement.
Votre avis m'intéresse.
Je reste à votre
disposition.
Cordialement,
La maman de Mylène
La maman de Mylène
Mathilde
J'avoue ne pas trop savoir quoi répondre...
13 octobre 2011
Dans la peau de la dirlo
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Aldysse
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20:37
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/20 en progrès!
Si ma journée n'a pas été simple, j'avoue quelque fois trouver que je me plains pour pas grands chose.
Aujourd'hui, j'ai compris que jamais, quelque soit la paye reçue, je ne deviendrai dirlo d'une école. Qui plus est un dirlo ne gagne pas forcément beaucoup mieux sa vie. Je le savais déjà mais une journée comme celle qu'à vécu notre école aujourd'hui suffit pour calmer qui que ce soit.
Alors soit je vais essayer de décrire la journée de ma dirlo, du moins de ce que j'en ai vu et ça commence mal parce qu'elle se tape les bouchons et qu'elle pense arriver en retard....ce qui n'est pas le cas. Mais notre dirlo c'est notre zéroïne à nous. super efficace, super à l'heure finalement.
8h30 commence le début des hostilités: une matinée de REE.
La première, celle de Kidzilla où il faut annoncer à la maman la déscolarisation partielle de sa fille. La réunion commence à 9h mais on se prépare un peu avant parce qu'on le sait: ca va être dur. La maman est de bonne volonté même si elle a ses soucis. Elle crains pour sa fille. Je commence en déclarant que malheureusement ça ne s'arrange pas. Zéroïne poursuit en disant que modestement je ne fais pas part de ma propre souffrance et que j'ai craqué. Qu'on a essayé et qu'on y arrive pas parce que sa rééducation se fera d'abord avec des soins médicaux appropriés. La conseillère à la scolarisation termine en disant que malgré le changement classe et ma dévotion, ainsi que celle de tout mes collègues, le cas est difficile. Que cela nuit malheureusement à toute la classe et annonce la déscolarisation partielle.
La maman fond en larme. Elle comprend. Elle aussi, elle lutte et comprend qu'avec les 27 élèves je ne peux pas tout gérer surtout si ça influence les autres. Nous parlons de l'éventuelle violence de son ex sur la petite. Je fais part du fait que ses bleus dans le dos sont étranges mais que la petite m'a dit que c'était à cause de Vivi. Vivi pour moi c'est Viviane, une ATSEM... Donc je n'y prête pas attention.
Vivi en fait, c'est Evelyne: la nouvelle compagne de son papa. Nous surveillerons donc à l'avenir la moindre trace.
Loin de la catastrophe larmoyante que nous attendions la maman y met de la bonne volonté: Kidzilla, après la Toussaint ne fréquentera l'école que l'après midi... Elle s'est même proposé de la garder après 15h... Nous aviserons.
10h seconde REE. La maman de ma petite trisomique qui vient pour son second fils. J'ai eu le premier qui est actuellement en 6ème et j'ai la petite dernière. Le cas? John, CM1, un peu livré à lui même, s'est fait renversé par une voiture alors qu'il était à vélo dans une rue proche de l'école. Traumatisme crânien. conséquences: perte du langage, amnésie partielle, perte de motricité... et moult petits désagréments qui demande une rééducation. Il reprends l'école après plusieurs mois d'hospitalisation et de centre rééducatif.
Imaginez: vous êtes une maman célibataire, 3 enfants, sans emploi, sans formation (probablement illetrée), une petite fille de 5 ans avec une trisomie assez sévère (en couche, elle ne parle pas, régurgite tout ses aliments) un autre gamin de 9 ans fortement handicapé, un grand sur qui elle se repose beaucoup (et qui, dieu merci, n'a pas craqué), elle a reçu un avis d'expulsion et n'a plus de quoi se nourrir elle même.
Pendant la seconde REE, des larmes d'une maman désespérée, perdue, qui réclame l'aide de l'école pour elle et ses enfants, priant dieu et lui demandant pourquoi le sort s'acharne sur elle.
Matinée de Zéroïne affreuse. Quand on nous dit à nous, enseignants, de ne pas apporter les bagages de l'école chez nous c'est une vérité... Comme dirait la conseillère à l'éducation: Dès fois, on a juste envie de prendre la main du gamin et de lui dire "Allez vient chez moi".
Sauf que voilà, l'école peut nous sortir de la panade et même si nous outre passons notre rôle presque tous les jours, Il arrive un moment ou rentrer chez nous et oublier, c'est aussi une question de survie morale.
Le pire est à venir.
A peine sortie de sa seconde REE, Zéroïne va se restaurer...ca dure 30 minutes avant que notre super gardien ne vienne nous l'enlever. "Je crois que c'est urgent".
Pour l'être ça l'est.
La maman qu'elle reçoit arrive avec ses deux filles. Elle est défigurée, tuméfiée. D'origine croate, elle annonce sa fuite. Son mari a été incarcéré dans la nuit. Il sera libéré ce soir. Il lui faut prendre l'avion d'urgence avec ses filles sous le bras. Elle ne sait pas où elle en est, ce qu'elle doit faire. Les gendarmes vont la contacter pour lui donner une chambre pour les prochaines nuits. Mais en attendant...
Zéroïne lui dit de partir vite faire ses bagages avant sa libération et de les ramener à l'école. Nous stockerons ses affaires dans notre réserve de matériel.
Zéroïne: Allez y mais n'y allez pas seule. Demandez à des hommes costauds que vous connaissez de vous aider.
Maman: Le problème c'est eux... je ne peux pas.
Zéroïne: Comment ça?
Maman: J'ai trompé mon mari plusieurs fois...
Un vrai vaudeville si les conséquences n'étaient pas si tragiques. La mère revient avec ses bagages, l'assistante à la scolarisation l'aide pour les prochains jours à lui trouver toute l'aide nécessaire...
Dirlo pour une prime 380 euros de plus par mois (pour une école de plus de 10 classes) alors qu'on est confronté à toute la misère humaine et que surtout "il faut pas craquer"
Très peu pour moi...
Ah... et je suis pas dans une école ZEP mais dans un quartier pavillonnaire. Aux chiottes les préjugés...
10 octobre 2011
Heureuse coupable et inquiète.
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Aldysse
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23:03
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1 /20 en progrès!
Aujourd'hui, il s'est passé quelque chose que je ne reverrai sans doute plus dans ma carrière. On peut s'en réjouir et en être triste en même temps. On peut se sentir libérée et empli de remords en même temps.
Tout avait commencé comme d'habitude: accueil, atelier de langage, récré et bataille avec Kidzilla pour qu'elle mette ses chaussures et son manteau, atelier, puis départ à la cantine ou rebataille avec Kidzilla...13h30 on remonte en classe... temps de repos où Kidzilla pousse des cris comme si le silence ambiant la stressait. à 14h50 on vient la chercher... oui parce que pour le bien de tous, surtout pour moi et ma classe, Kidzilla fini sa journée en petite section des qu'ils se réveillent. Puis je pars en récré et je fini ma journée par une séance de sport en salle de motricité où j'ai commencé une séquence de lutte.
16h10 Je remonte dans la classe et je croise la directrice.
Là on m'annonce l'improbable. On me dit cette chose que je n'entendrais probablement plus jamais tellement cela est rare: L'inspectrice approuve la demande de déscolarisation à mi-temps de Kidzilla.
Une déscolarisation par un inspecteur s'est aussi rare que de croiser... une 2 chevaux dans la rue en 2011... peut être plus encore.
Pire. On m'a sous entendu que si j'avais demandé une déscolarisation totale, on me l'aurait accepté.
L'expression "avoir un poids sur les épaules" a pris tout son sens. Quand on me l'a dit, d'abord, je ne l'ai pas cru, puis quand j'ai réalisé, j'ai eu la sensation que les muscles et les nerfs de ma nuque s'étaient soudainement détendus. Je me suis sentie allégée, j'ai levé les bras au ciel et j'ai répété "Oh ouiii! OUIIIIII!"...
Mes élèves ont pas tout compris. XD
Tout de suite j'ai pensé "enfin"... c'est un peu comme si on reconnaissait ma souffrance et la sienne et qu'enfin on me dise "Tu as besoin d'aide. Elle a besoin d'aide. Cette situation ne peut pas durer."
Rapidement cette victoire a pris un goût d'amertume. J'ai eu malgré tout des petits progrès comme le fait que le nombre d'injures a fortement baissé. Elle vient à présent se ranger avec les autres au lieu de fuir quand la fin de récré sonne... Des toutes petites choses...de ci....de là...
Je ne peux pas m'empêcher de voir le bon alors que je subi beaucoup... Et la retirer de l'école à mi temps c'est comme si je dévalorisai ses tout petits progrès qui pour moi ont une importance folle. C'est comme si je lui disais "Tu fais des efforts, mais je m'en fou"...
Je me sens un peu coupable presque d'avoir ressenti ce poids s'envoler. J'ai beau me dire que j'ai tenté beaucoup et que j'ai été immensément patiente, un petit morceau de moi a ce sentiment d'abandonner face à la difficulté qui ne me ressemble pas mais qui me mène a beaucoup souffrir à chaque fois parce que je ne suis pas super woman... et que ça serai tellement bien si j'étais plus forte.
On ne peut pas vraiment se réjouir d'en venir à ce point. Un évènement si exceptionnel ne peut avoir que des circonstances tout aussi exceptionnelles.
Car oui je suis maîtresse. Je suis là pour qu'ils entrent dans des apprentissages scolaires et non pas pour les rééduquer.
Je suis là pour passer de bons moments en discutant, en jouant, en découvrant avec eux... pas pour me battre, pour me faire insulter, pour m'acherner à obtenir un "pardon maitresse" après 3/4 d'heure de hurlements.
J'aime ce que je fais et je pars à l'école avec le sourire... pas en somatisant avec des maux de ventre, des maux de dos parce que même si je veux sauver cette gosse je sais que c'est impossible dans ces circonstances.
Je suis là pour 27 élèves... Pas pour 1 seule.
Tout ça, je me le dis et je me le répète... Mais au fond je me sentirai toujours coupable. Ce n'est pas moi qui ai mis ces insultes dans sa bouche... mais je me sens coupable de ne pas pouvoir les arrêter... C'est comme ça.
Il reste une chose à faire à présent: l'annoncer à la maman jeudi.
Et ça, ça m'inquiète. Même si cette femme n'a pas fait son travail d'éducation correctement, lui annoncer cette mesure c'est aussi la poignarder quand aux petits efforts qu'elle a fait pour que sa fille ait accès aux soins... Certes, c'est un peu tard maintenant mais quand même.
Que va t'il advenir de Kidzilla quant elle ne sera plus à l'école. Sera-t-elle soignée, suivie? Sera-t-elle abandonnée de nouveau? Régressera-t-elle d'autant plus?
Car oui, ça ne résous pas tout, et si ce retrait mènent encore à la régression de Kidzilla, je me sentirai encore et toujours coupable... Car au fond, cette petite, j'y suis attaché. Je lutte avec elle. Je souffre avec elle.
Je me rappelle encore jeudi... ce jour ou j'ai craqué et ou en début d'après midi elle me demande avec insistance "Qu'est ce que tu fais maîtresse?" et que je lui répond d'un ton calme et monocorde que je ne peux pas, que je n'arrive pas à lui parler parce que je n'ai pas accepté ce qu'elle m'a fait subir en matinée, et qu'elle me répond, toujours en parlant d'elle à la troisième personne "Ah ba oui parce que Kidzilla méchante. Kidzilla dit des gros mots. Maîtresse triste."
Comment ne pas craquer, ne pas s'attendrir face à ce petit bout de petite fille qui, même si elle vous fait subir des atrocités, comprend tout? Elle ne se contrôle pas... Elle est juste comme ça au fond, c'est tout.
09 octobre 2011
SOS d'une maîtresse en détresse.
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Aldysse
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21:42
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3
/20 en progrès!
24 septembre 2011
Il en faut peu pour être heureux...
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Aldysse
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Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.
Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.
Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente
Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*
BANG!
Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.
BANG BANG BANG BANG!
La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.
Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.
A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.
Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*
Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.
Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.
Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/
Son doudou?
Le voilà (clic)
19 septembre 2011
Du papier!
BD @ Jacques Risso
Si il y a un truc dont j'ai profondément horreur dans mon métier, c'est la paperasse... Et en début d'année, j'ai l'impression qu'un bon millier d'arbres a été abattu rien que pour me faire chier.
Le piège, maintenant que je suis sédentaire et plus ZIL, c'est que la paperasse, j'en ai encore plus. Par exemple, la fiche d'aide à l'élaboration du Projet Personnalisé de Réussite éducative (PPRE) de Kidzilla pour préparer la REE (Réunion d'Equipe Educative) qui se déroule jeudi prochain pour Kidzilla.
Grosso modo on doit détaillé les soucis de Kidzilla et trouvé une source d'espoir à chaque point.
exemple:
Comportement de l'élève en relation avec l'adulte.
Domaine de réussite: (à argumenter)
Difficultés rencontrées: (à argumenter)
La colonne "domaine de réussite" se trouve toujours en première position. Belle hypocrisie: tous les enfants qui font l'objet d'un PPRE du genre pose problème et on pense d'abord au problème avant de trouver un espoir.
D'autant plus hypocrite que durant cette PPRE, seront présent la mère et le beau père de kidzilla, la psy, le médecin scolaire, la conseillère à l'éducation, la directrice de l'école et moi. Tous on vu Kidzilla, tous on reçu une pluie de "ta gueule" dans la tronche... mais c'est bibi qui va se taper la paperasse.
crotte.
Très franchement, hormis peut être sa mère, je suis peut être celle qui subit le moins les assauts de kidzilla. Je me cacherai bien de déclarer les petits progrès que j'ai pu observer: plus je lui trouve des bons points, moins on considère que j'ai besoin d'aide, plus on me laissera dans la misère. Alors certes les "ta gueule" diminuent légèrement faisant place à "t'es pas belle", certes je n'ai plus à lui courir après dans la cours pour qu'elle daigne se mettre en rang, certes les hurlements sont moins présent (en même temps je ne la force pas à faire quoi que ce soit)... Il n'en reste pas moins que les "ta gueule" sont toujours là, que je dois me battre régulièrement pour qu'elle mette son manteau et ses chaussures, qu'elle crise régulièrement et que pire que tout (et pour le moins choquant à observer) elle se violente en se giflant ou se frappant la tête... et autant les insultes diminuent, autant les coups qu'elle se porte augmente proportionnellement à la baisse de ses cris... comme si elle compensait.
Mon Atsem a du mal à s'en remettre à chaque fois que kidzilla se frappe. Il faut bien le dire, c'est comme si elle voulait nous montrer sa souffrance intérieure en se frappant.
Effet pervers: elle réclame une forte dose d'affection que je suis prête à lui offrir tout en me torturant intérieurement de la limite à lui donner: si j'arrête elle crise, si je continue, elle s'habituera de plus en plus jusqu'à en devenir indispensable. Cruel dilemme.
L'avantage c'est que moins elle connait la personne, plus elle est insupportable: je vous raconte pas la tête de la psy quand elle a du s'occuper d'elle...
Je suis sûre que je serai la plus raisonnable dans mes propos, ce qui est problématique.
Ca me saoule, faut que je trouve comment remplir cette paperasse sans être trop gentille, sans montré que j'ai la foi sur ses progrès pour avoir un max d'aide et en même temps faut que je soit raisonnable et montré ses points forts.
Je remplirai ça durant la Grande Messe. (GM)...dans le jargon de l'école, la Grande Messe c'est la réunion de début d'année de tous les enseignants de la commune pour écouter la bonne parole... de l'inspectrice. La Grande Messe où on papote et on fait tous autre chose parce que ça nous gonfle... AMEN! (la GM c'est mercredi)
15 septembre 2011
Et maintenant, qu'allons nous faire?
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Aldysse
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20:51
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/20 en progrès!
Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.
Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.
Je n'ai pas de quoi me plaindre.
Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.
Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.
Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).
Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.
J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"
Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.
Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.
Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.
Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.
Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?
10 septembre 2011
Kidzilla
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Aldysse
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13:19
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/20 en progrès!
Ilona, 4 ans, est une petite fille en moyenne section dans la classe de ma collègue. Elle est toute petite, toute maigrelette, les cheveux blonds ondulé avec de grands yeux marrons glacés et porte souvent un long manteau rose papier toilette.
Ilona pourrait être une petite fille tout à fait banale, pourtant, elle est au coeur des conversations de toute l'école.
On a souvent l'image des séries américaines du gamin perturbateur et espiègle qui se retrouve dans le bureau du proviseur.
Et bien là, vous prenez la même chose mais avec cette petite gamine de 4 ans, 3 jours après la rentrée.
J'ai rarement vu plus rapide.
Il faut dire qu'Ilona hurle, frappe, mord et se mord et à un langage fleurie se résumant essentiellement à une pluie de "Ta gueule" qu'elle attribue à sa maitresse, à l'atsem, à tous le personnel de l'école, y compris la directrice, ainsi que, plus curieusement, à elle même. Les caprices, les pleurs... que du bonheur concentré sur 1 mètre de petite fille.
Je suis tout de même perplexe, car pour l'avoir observée, elle est tout de même un étrange mélange de mauvaise éducation, de problème psy et de TOC multiples et divers comme un lavage de main intempestif dont les séances doivent être interrompues car elles peuvent durer plus de 30 minutes (et si on l'interromps, elle nous regarde avec des yeux terrifiées.)
Pas totalement inconnue des autorités scolaires, puisqu'elle a passé déjà une année mouvementée en ces lieux; en 3 jours, mes collègues ont certifié que le cas avait empiré...et qu'"empiré" était un mot bien faiblard.
Que dire de la mère? (que je n'ai jamais rencontré mais qu'on m'a bien résumé) Outre le fait, qu'elle a dut lui apprendre les chapelets d'injures que la petite a enregistré ... bien que je puisse comprendre, vu son niveau d'excellence "d'insuportabilité", que 1 ou 2 "T'as gueule" ai pu lui échapper, la maman d'Ilona ne comprends pas.
Oui parce que "c'est un ange à la maison."...Ah... Il faut dire que c'est tellement chiant de faire des démarches pour que ta fille soit aidée et soutenue avec une Auxilliaire de Vie Scolaire (AVS), qu'on ne voit soudainement que son côté angélique.
Les cornes démoniaques d'Ilona ont commencé à pousser aux yeux de sa mère, curieusement quand les animateurs du centre de loisirs ont menacer de ne plus prendre Ilona sans AVS. Tout à coup, elle est devenu démon quand on a dit à sa mère que "NON" on ne la gardera pas les mercredi et vacances scolaires. Or, les demandes d'AVS ne peuvent se faire qu'à l'école pour en avoir une à l'école ET au centre de loisirs.
La coïncidence entre ce refus de l'accepter au centre et cette demande urgente de Réunion d'Equipe Educative (REE) pour une demande d'AVS est étrange.
En attendant, avant que ma collègue n'en foute une à la petite, je lui ai dit que je pouvais la prendre et la directrice elle même pense à me la donner et donc à la changer de classe car elle semble plus apte à m'écouter et que je dois être la seule en ces lieux à ne pas avoir reçue d'insulte du petit démon.
Je sens que je n'ai pas fini d'écrire sur kidzilla
20 juin 2011
A 7 ans, les menaces. A 17,…
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Aldysse
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Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?
29 mai 2011
Vais je me prendre un pain?
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Aldysse
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/20 en progrès!
Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…
15 avril 2010
La plume assassine…
Je sais, je ne suis pas très studieuse en ce moment… pourtant j’ai des choses à dire et je me dis “tiens, ce sujet ferait un bon article!” mais outre le fait que je souffre pour la seconde fois du dos au point de marcher à 4 pattes ce qui m’a valu un arrêt maladie d’une semaine, j’ai une flemmingite aïgue assez phénoménale (accompagnée d’une envie subite de niaiseries m’obligeant a rebouquiné les ouvrages les plus écœurants que l’univers a pu créer… et je ne vous parle même pas des films que je regarde en ce moment)
J’ai plus de muscle, je suis réduite à l’état de guimauve dans plusieurs sens du terme.
A part ça, j’ai repris le boulot aujourd’hui, malgré la douleur. (parce qu’au point ou j’en étais et au vu des vacances approchant, d’ici 2 semaines, je n’aurais plus été une guimauve, mais une flaque de sucre liquide)
Rien de mieux pour redevenir “normale” qu’une bande de gamins bruyants vous rappelant que
niaiserie = amour = enfant = enfer
…et d’en finir avec ma guimauverie attitude. (je réduis un peu le schéma mais c’est pour mieux me sortir de cet état mielleux)
Je suis accueillie ce matin par un mot dans le carnet de William.
“ …J’aimerai savoir quel est le comportement de William en ce moment en classe…”
Ce genre de message, ça pue.
En fait, y’a 2 genres de parents qui posent cette question:
1) Les fameux “si tu te comporte bien à l’école tu auras…”. qu’on ne rencontre jamais parce que leur boulot leur prends trop de temps… souvent des bobos. probabilité: 5%
2) Les plus qu’impopulaires “si tu fous la merde à l’école, tu vas t’en manger une bien grosse dans ta gueule… et je sais que c’est le cas donc je veux une occasion pour t’en foutre une”. probabilité 94%
je laisse 1% à l’improbable.
Toujours est il que ce gamin, quand on le voit, il est fort loin d’avoir la première catégorie de parents. Ces énormes cernes quotidiennes me font limite flipper. Je garde un œil assez protecteur sur lui depuis un moment. Mauvais pressentiment.
Cependant, c’est un fait: Ce gamin est chiant. Il se donne un genre des cité assez inquiétant pour ses 8 ans à peine. Trop fier… trop lourd… William je vous en reparlerais dans un article que je nommerais “le gamin le plus poissard de l’univers”… je suis sûre vous avez hâte! XD
Donc voilà le problème: quoi répondre?
1) La vérité => Pour un moment je serais tranquille, mais le gamin me haïra et ne me fera jamais confiance vu la mandale qu’il se mangerait le soir même. A terme, il me fera chier…
2) Un mensonge => Dire que c’est un ange, c’est me laisser bouffer. Il se mangera pas de mandales (pas cette fois en tout cas) mais il me pourrira à coup sûr. Trop bonne, trop conne.
1 et 2 n’étant pas de bonnes solutions, je tente une troisième solution.
J’ai laissé ma classe travailler et je suis partie discuter avec William dans le couloir avec 2 choses: son cahier et une feuille.
Je lui lis la feuille où j’y ai écris la vérité… sans cadeau… le genre de petit mot qui engendrerait plus que la mandale… Mandale que je comparerais à un amuse-bouche dans un repas gastronomique… je vous laisse imaginer le menu du soir suite à ce petit mot.
Effet garantis: grands yeux emplis de terreurs, mouillés de larmes mais pas à cause du mot…
Moi: “Ce que je dis est vrai… tu es d’accord?”
*Baisse les yeux*
Moi: “J”aurais pu écrire ça sur ton cahier… Mais je n’ai pas écris ça…”
Je lui lis le mot dans son cahier… plus pondéré, mais vrai… qu’il est insolent, un peu trop fier et peu attentif… mais qu’il est participatif quand ça l’intéresse et qu’il a des remarques intéressantes. Que j’avais confiance en lui et qu’il fallait juste qu’il s’intéresse autant à son travail qu’à son apparence. Qu’il avait besoin d’attention et qu’on lui fasse confiance. Ce à quoi je concluais par “j’attends de voir si William évolue dans le bon sens…”
La terreur dans ses yeux disparait.
Moi: Je vais être franche avec toi. En général quand une maman me demande quel est le comportement de son enfant, c’est que cette maman est assez sévère et que si la réponse est mauvaise, l’enfant risque de s’en prendre une le soir même. Je me trompe?
William: …
Moi: Et moi je ne peux pas dire à ta maman que tu es un ange… Elle ne me croirait pas. Donc, j’ai dit la vérité en faisant en sorte qu’on ne te crie pas trop dessus ce soir…
William: Merci maîtresse…
Moi: Oui t’as intérêt à me remercier… mais c’est à double tranchant! Je te fais confiance mais il faut que tu le mérites. Si par malheur, un jour tu me casses les pieds alors que je viens de te rendre service, alors là, je serais sans pitié. Je prend cette feuille et je la colle sur ton cahier de correspondance. Est ce que c’est clair?
William: Oui
Moi: Bien… Alors montre moi que j’ai raison de te faire confiance et va travailler tes maths, Einstein!
J’ai eu la paix… et il a l’air d’avoir compris! Maintenant est ce que ça va durer? Ca…
22 janvier 2010
Petits mots d’amour en fin de journée
Petits mots sur le cahier d’école (qui fait le tour de toutes les classes et destiné aux instit, généralement rédigé par le directeur)
“Nous avons un nouveau visiteur en salle des maître: Mr LE RAT… C’est pas une blague. Donc quand vous y rentré, tapez du pied et faites attention aux provisions que vous laissez traîner!”
Les instits sont priés de traquer la bête XD
28 janvier 2009
Linda vs Cruella
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Aldysse
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13:32
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1 /20 en progrès!

Suite de l'épisode précédent.
Lundi, j'arrive en classe avec mon petit texte photocopié dans ma classe, je distribue et je les laisse faire une lecture silencieuse en scrutant leurs visages. Et j'en vois déjà pâlir... Parce que si j'ai fait ça pour Linda, je l'ai aussi fait pour ses détracteurs. C'est le cas pour Cruella... ouai... je trouve que ce pseudo lui va à merveille.
Cruella, 8 ans, brune les yeux bleux... A vrai dire avec sa peau blanche, on aurai pu l'appeler Blanche Neige parce qu'il y a un air. Cependant Cruella est d'une méchanceté sans borne. J'ai rarement vu pire.
Quand Linda a été accusé la première fois d'avoir volé le twix, j'ai dit à la classe que cet acte devait être puni à la hauteur de l'infraction c'est à dire par l'exclusion d'une journée de la classe... ce a quoi Cruella a dit: "Tant mieux on va se débarasser de Linda!" tout ça à voix haute et claire au milieu de la classe. De même, elle m'appelle pour me demandé un stylo vert et alors que Linda tente de lui prêter le sien, elle lui dit "J'en veux pas de ton stylo!"... Cruella lui va a ravir
Aussi, pendant la lecture, je regarde Cruella. Et elle réagit comme je l'envisageais: Elle lit, palit un peu, me jette un regard et finalement fait mine de s'en foutre, elle bavarde encore et toujours... Avec des copines cruellettes suiveuses de la grande reine genre la petite Gwen. Les autres eux, lisent en me jettant des petits coups d'oeils genre "toi, tu nous a pas fait lire ça pour rien..."
Et après une lecture à haute voix, le premier doigt levé a été pour dire.
"Maîtresse? C'est l'histoire de Linda? C'est elle qui a raconté son histoire?"
Et puis ça a continué par:
"C'est une maîtresse qui a écrit ça pour ses élèves."
"Ca se fait pas!"
"C'est difficile pour elle"
Moi: La première remarque qu'on m'ai faite c'est "ça ressemble à Linda" et maintenant vous me dite que c'est difficile pour elle... Alors la situation est aussi difficile pour Linda... logique?
*un ange passe*
Gwen: Oui mais des fois Linda, elle nous dit des gros mots.
Moi: Mais je ne dis pas que Linda est parfaite... Cependant est ce que des fois vous ne lui faites pas des méchancetés alors qu'elle ne vous a rien fait?
Gwen:... ba oui des fois...
Et là je vois Cruella en train de pouffer de rire comme un hyènne et forcément ça m'énerve
Moi: Ca te faire rire ce qu'on dit? Tu te sens pas un peu concerné?
Cruella: ...
Moi: Non parce que si j'ai donné ce texte vous vous doutez bien que ce n'est pas pour rien mais ce n'est pas non plus que pour Linda... Tu ne penses pas ressembler un peu trop à Claire? Dois je te rappeler que la semaine dernière, alors que Linda ne t'avait rien fait tu avais "hâte de te débarasser d'elle"? Tu crois vraiment que j'avais oublié?
Cruella: ...
Elève: Ca se fait pas...
Elève: oui c'est vrai c'est méchant...
*brouahaha*
Moi: Ca ne se fait pas? Je m'étonne d'une chose quand même. Personne n'a réagit le jour où elle l'a dit et c'est maintenant que vous dites "Ca ne se fait pas"!
...
Moi: Vous savez les enfants, être maîtresse ce n'est pas seulement vous apprendre des choses. Une maîtresse doit s'occuper aussi de la sécurité des enfants que ce soit faire attention à ce que vous ne vous blessiez pas dans la cours mais aussi à ce que vous ne vous blessiez à cause de méchantes paroles. Et si un enfant, ne veut plus aller à l'école à cause d'autres enfants alors il ne va pas aimer l'école. Et si il n'aime pas l'école, il ne fera pas d'effort dans son travail et si il ne travaille pas, il aura de mauvaise note et la situation sera de pire en pire.
Gwen:... mais... maîtresse... Je ne l'aime pas Linda. Je la déteste.
Moi: Soyons clair les enfants. Je ne vous demande pas de vous aimez. Il y a des gens qu'on aime et des gens qu'on aime moins et c'est tout a fait naturel. Ce que je vous demande c'est de vous respecter. Ne dites pas de méchanceté, ca ne sert à rien... surtout quand on ne vous a rien fait! Et vous voyez le nom de l'auteur? Et bien c'est un pseudonyme.
Elève: c'est quoi?
Moi: Un faux nom qu'on utilise pour ne pas dire son vrai nom. L'auteur en fait, c'est moi. C'est ce qui m'est arrivé quand j'étais petite.
Elève: C'est tout vrai maîtresse? Alors tu étais comme Linda?
Moi: Pas vraiment... En fait, c'est moi qui n'aimait pas trop les filles de ma classe et je m'entends toujours mieux avec les plus jeunes que moi... C'est encore le cas puisque je suis avec vous. J'avais choisi d'être avec les plus petite. Linda, toi, tu ne choisis pas.
*Linda approuve d'un signe de tête*
Moi: Et vous savez les enfants...aujourd'hui je n'ai plus du tout de nouvelle de Samira.
Elève: c'est triste ça maîtresse...
Moi: Et le plus étonnant c'est que Claire, j'ai encore de ses nouvelles et je la vois quelque fois.
Elève: Mais pourquoi maîtresse? Elle t'a fait du mal pourtant?
Moi: Mais c'était il y a très longtemps, elle s'est excusée et on a grandi... et puis, on peut pardonner les enfants, même si on n'oublie pas vraiment et quand on y repense en étant un peu triste. Ce qui est important maintenant, c'est de se respecter les uns les autres pour qu'il y ai une bonne ambiance pour qu'on puisse tous passé de bons moments ensemble.
Quand à mademoiselle Cruella, entre ses papotages intempestifs et sa cruauté, j'ai encore quelque compte a régler avec elle... et j'ai donc convoqué les parents de la demoiselle.
Mais j'ai fort à faire puisque mademoiselle est princesse en son royaume si bien que sa grand mère qui est cantinière lui avait réservé il y a quelques années un repas particulier parce que mademoiselle n'aimait pas les repas de la cantine... Il a fallu bataillé pour que ce ne soit plus le cas.
A vrai dire, je me vois déjà dire au parent de la petite reine: "je vous ai convoqué parce que votre fille est cruelle envers une autre élève." Et j'imagine leur tête...
04 décembre 2008
Je vais t'apprendre la politesse...
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Aldysse
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19:02
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Le désavantage de cette école c'est que pour aller d'une pièce à une autre faut sortir... qui plus est en ce moment sous la pluie.
La pluie ça rend maussade ça rend rochon surtout les parents.
Aussi y'en a qui prennent leurs aises...²
*12h00*
Père: bonjour. Je dépose mon fils, il a déjà manger. Moi faut que j'aille travailler.
Concierge: Non monsieur. Ceux de la cantine sont déjà parti et nous ne pouvons pas prendre la responsabilité de votre enfant.
Père: Quoi? Il faut que je revienne?
Concierge: oui monsieur. A 13h20.
Père: Grmblr...
*13H10*
Concierge: Non monsieur, ce n'est toujours pas l'heure.
Père: Attendez faut que je travaille moi. C'est l'heure là!
Concierge: Non monsieur! On parle de la responsabilité sur votre fils, si il lui arrive quelque chose ca sera de notre faute et il est hors de question de prendre en charge cette responsabilité. Je suis désolé j'ai des ordres...
Père: Mais faites une exception.
Concierge: Monsieur je n'ai aucun droit sur les enfants, je ne peux pas le faire entrer et je ne peux pas engager ma responsabiblité. Il fallait soit le ramener ce matin à 8h30 soit le ramener à la rigueur à 11h30 et encore... mais là c'est impossible. Il n'y a personne d'apte ni d'assuré pour engager sa responsabiblité.
Père: MAIS JE M'EN FOU MOI JE VOUS LE DEPOSE IL FERA PAS DE MAL!
Concierge: Ne vous mettez pas en colère monsieur ce n'est pas.
Père: M'EN FOU JE VOUS EMMERDE!
...
*Je passe dans le coin car gros besoin de faire pipi*
Père: ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE! ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE! JE VOUS EMMERDE!
O____O
Moi: Monsieur, vous êtes dans l'enceinte d'une école! Surveillez votre langage!
Père: JE M'EN FOU VA TE FAIRE FOUTRE! CONASSE!
Moi: Monsieur, je ne vous permet pas de parler ainsi il y a des enfants dans la cours!
Père: VAS TE FAIRE FOUTRE!
Moi: MONSIEUR VOUS ÊTES DANS UNE ECOLE! IL Y A DES ENFANTS QUI VOUS ENTENDENT, DES ENFANTS A QUI ON DOIT ENSEIGNER LA POLITESSE!
Père: CONNASSE. TU VAS ME FAIRE QUOI?
Moi: JE VOUS DEMANDE JUSTE DE SURVEILLER VOTRE LANGAGE ICI EN VOUS EXPRIMANT CALMEMENT!
Père: ALLEZ TOUS VOUS FAIRE FOUTRE!
Moi: C'EST COMME CA QUE VOUS EDUQUER VOTRE FILS? JE NE TOLERERAI PAS VOTRE COMPORTEMENT DEVANT LES ENFANTS MONSIEUR! C'EST INTOLERABLE POUR UN ADULTE QUI DOIT MONTRER L'EXEMPLE! SORTEZ DE CETTE ECOLE!
J'ai bien cru qu'il allait me foutre une baffe ce con... j'ai bien du gueuler 20 minutes comme ça. avant que la directrice arrive enfin. La pauvre concierge de l'école >_<
Et j'ai du me retenir jusqu'à la récréation de 15h du coup...
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