28 novembre 2012

Parce qu'avoir le pouvoir, c'est quand même un brin jouissif.



Depuis le mois de septembre, j'ai décidée de faire des heures sup... une fois par semaine environs je fais l'étude le soir. Je surveille la cours des élémentaires une demi heure avec un collègue puis je fais de l'aide au devoir. C'est relativement bien payé (en tout cas bien mieux que le coup de pouce que je faisais l'année dernière qui consistait à aider à la lecture 5 élèves de CP par plusieurs petits instants ludiques.) Et a vrai dire ça devient très nécessaire après une grosse facture chez tonton garagiste.

Je me retrouve avec des grands, de plus de 7 ans ce qui ne m'est pas arrivé depuis 2 ans et demi...Et avec des leçons de CE2, CM1 ou CM2 de math ou de français... d'histoire aussi... de SVT... Bouhouhou... Qu'est ce que je ne donnerai pas pour donner un bon cours d'histoire! Mais mes collègues ne sont pas très chauds pour décloisonner. Faut vraiment que je me débrouille l'année prochaine pour faire ça.

Mais pour l'instant je suis assez bien dans cette école et je n'ai pas envie de changer de poste.

Je me contente de ces petits instants avec eux même si quelque chose me dérange chez les grandes classes: la perfidie de ces petits morveux.

Aussi, lundi dernier, j'ai eu droit à une entourloupe du genre mal ficelée.

Avec mes collègues, nous avons l'habitude de séparer les CM1 qui se croient être probablement des êtres supérieurs dans 2 études différentes.

Me voilà donc avec 4 d'entre eux: Pirabath, Manon, Killyan et Jérôme... sachant qu'il y a 4 ans de cela j'ai eu le droit d'avoir en CE2 pendant plusieurs mois les grands frères de 2 d'entre eux, Stéphane, le frère de Manon et Christophe le frère de Jérôme.

Il se trouve que je me rappelle particulièrement bien de ce CE2 d'il y a 4 ans parce que c'est peut être LA classe que j'ai le plus aimé de toute ma petite expérience d'instit: Des gamins bavards mais hyper attachants que j'ai eu plaisir a revoir régulièrement après ça et qui me considèrent comme LEUR instit de CE2 alors que j'y suis resté moins longtemps que leur instit que j'ai remplacé à l'époque.

Christophe, le grand frère du petit Jérôme m'avait particulièrement marqué: Coquin, malicieux, drôle, il était extrêmement brillant en mathématique, il adorait l'histoire, posait des questions pertinentes et hyper intéressantes... et il était très romantique avec sa petite chérie de l'époque :P. Le genre d'élève qui vous marque pas seulement parce qu'il est brillant mais parce qu'il a une personnalité et un charisme. Depuis, il est délégué de sa classe depuis 2 années consécutives au collège et continue une scolarité assez brillante avec une moyenne générale de 15.5/20

Jérôme ressemble physiquement à son frère mais le reste ne suis pas vraiment. En CM1, il réfléchit 3 secondes de trop quand on lui demande combien font 6+3... Ce qui est assez flippant. Il en fout pas une et est prêt à glander coûte que coûte.

Lundi soir, sans que je ne lui demande, il vient vers moi avec son cahier de texte en me disant: "On a que ça comme devoir."
En soit, je tique un peu quand je vois qu'il n'y a qu'un chapitre à lire connaissant ma collègue... mais bon... ça peut arriver... Et puis sur le coup, je m'occupe des CE1 au nombre de 9 que je dois faire lire en priorité et à haute voix. Les CM1 sont censés avoir des méthodes de travail et être assez indépendants.

Comme ils ont "finis" de travailler, Killyan, Manon et Jérôme se dirige vers le coin jeu de la salle où nous nous trouvons... Manon regarde un cahier 2 secondes avant de le fermer...

Pirabath, lui, est un élève sérieux et indépendant dans son travail. Il est à l'étude parce que ses parents sont non francophone et qu'ils ne peuvent pas l'aider dans ses devoirs. Bien que sérieux, si VRAIMENT il avait si peu de devoirs, il se serait précipité pour les rejoindre.

Mais voilà, Pirabath bûche sérieusement sur son cahier de leçon.

Je re-tique. En fait, je re-tique mauvais même. Si bien qu'à l'instant même où je vois Manon fermer son cahier, ma voix caverneuse des mauvais jours (celle qui porte et qui n'annonce rien de bon) gronde.

Moi: Manon, apporte-moi ton cahier de texte s'il te plaît!

Jérôme est à ce moment là, en fond de classe, moi au milieu et Manon près du tableau...

Killyan s'approche alors rapidement de Manon en feuilletant son cahier de texte.

Je ne re-tique pas... je me prends violemment une claque dans la gueule quand je vois que mes soupçons se confirment.

Moi: Manon! Cahier! TOUT DE SUITE!

J'ai du faire trembler la moitié de l'école.

Le cahier arrive et défile devant moi une liste de devoirs impressionnantes consistant à revoir 3 leçons,d'en apprendre une, de lire un chapitre d'un roman et d'un exercice... avec comme mouche sur le gros tas de fumier (reprise scabreuse de la cerise sur le gâteau) Un contrôle de maths le lendemain.

Je sais pas pourquoi, j'ai pu lire dans leur pensée un énorme "Oh putain! Ca va chier!"

Ce qui n'est qu'un pâle reflet de la réalité.

Moi: JERÔME! ICI!

Il n'est pas apparu dans la milliseconde.

Je m'impatiente.

Moi: MAINTENANT ET DÉPÊCHE TOI!

Killyan et Manon essayent de se faire la malle...

Moi: VOUS! PAS BOUGER!

Jérôme arrive.

Moi: Tu m'as pris pour une imbécile, on est d'accord?

...

Moi: Tu as écris des faux devoirs pour pouvoir glander! Tu t'es fichu de moi!

...

Moi: RÉPONDS  T'AVAIS UNE LANGUE POUR MENTIR COMME UN ARRACHEUR DE DENT SUR TES DEVOIRS! TU T'ES MOQUE DE MOI N'EST CE PAS?

Killyan essaye de s'enfuir.

Moi: PAS BOUGER! TU EN AS BIEN PROFITE AUSSI TOI DE SON MENSONGE! ET TOI AUSSI MANON!

Manon: Mais en fait, moi je croyais...

Moi: TU CROYAIS RIEN DU TOUT! ME PREND PAS POUR UNE BILLE! J’ÉTAIS ENFANT AVANT TOI ET LES COMBINES JE LES CONNAIS TOUTES! MAINTENANT VOUS ALLEZ POSER VOS POSTÉRIEURS SUR UNE CHAISE ET NE PLUS BOUGER JUSQU’À CE QUE VOUS CONNAISSIEZ VOTRE LEÇON PAR COEUR A LA VIRGULE PRES! QUAND A TOI TU ME COPIE 50 FOIS "JE NE DOIS PAS MENTIR A LA MAÎTRESSE SUR MES DEVOIRS" ET JE VAIS RÉFLÉCHIR A LA SUITE DE TA PUNITION A SAVOIR SI J'EN FAIS PART A TON PÈRE!

Parce que faut bien le dire, je le connais le papa et il a la main lourde... et même un peu trop. Et je sais pertinemment ce qu'il va se passer si je fais signer la punition.

D'autant plus que...

Jérôme: J'ai fini.
Moi: Parfait.

A peine regardée, je déchire la punition devant lui.

Moi: Ecrire des lignes c'est aussi débile que de mentir sur ses devoirs: Si tu ne révises pas, tu auras une mauvaise note et tu vas t'en prendre une à la maison... Oui je sais bien que papa peut être dur. Christophe avait de bonnes notes mais c'était pas un ange... Te faire écrire une punition c'est débile parce que je tapisse pas mes murs avec les punitions écrites, ça atterrit directement à la poubelle. Maintenant tu vas me faire le plaisir d'apprendre ta leçon et si tu n'as pas la moyenne au contrôle, et crois moi j'irai demander à ta maîtresse, je te fais faire le double de cette punition et je raconte en détail ce que tu as fait à ton père.

Jérôme: Je vais pas avoir le temps de l'apprendre bien ce soir... C'est mon anniversaire.

...

Moi: Bon allez viens...Je vais te l'expliquer ils nous reste 15 minutes...

Le lendemain, 8h10

Moi: Amel, j'en ai une bonne à te raconter
Amel (maîtresse des CM1): Quoi donc...

...

Amel: Oh ba tiens, Je vais pas me gêner pour faire une petite allusion... Ca va être marrant.

Ces profs... Pourquoi sont ils aussi méchant?

PARCE QUEEEEEEEEEEE!


08 septembre 2012

Résister



Première semaine.

Je suis contente: ma rentrée commence bien. Je ne me suis pas laissée débordée par la paperasse administrative (ce qui est un miracle en soit mais y'en a encore pas mal en stock), mes élèves sont plutôt mignons et calmes (ce qui me change de mon ambiance de classe de l'année dernière mais ça peut encore changer) et si ils sont nettement moins performant que mes élèves précédents, ils sont aussi beaucoup plus mous du genou. (mais ça, ça va changer vu comme j'ai tendance à leur botter le cul pour qu'il se remue).

Moi ça va... Mais j'ai un truc dans le dos qui me gêne... Cette espèce de cape qui me donne envie d'intervenir quand mes collègues sont à l'arrache... Car si ma classe est calme, j'entend ce qui se passe à côté. Et à côté il y a Kidzilla...

Et Kidzilla reprends ses habitudes et teste son AVS et sa toute jeune maîtresse a savoir pourrir toute la classe en hurlant... Hurler au point de l'entendre et pourtant on est très bien isolé.

Je vis un cauchemar... sans rire j'ai qu'une seule envie , venir lui remonter les bretelles. Je l'ai fait
 2/3 fois... La première fois, alors qu'elle venait de hurler à en faire trembler les murs de l'école. Je suis rentrée, j'ai fait les gros yeux et elle a fondu en larme... Ce qui est un relatif progrès parce qu'avant elle aurait souris pour me gonfler un peu plus.

Je sais que ça ne me regarde plus, que j'ai fait ma part, qu'il est temps de passer le relais... Mais comme une bonne greluche que je suis, ça me bouffe encore.

C'est super dur parce que je me retiens... je veux pas que ma collègue pense que je la crois incompétente! Ce n'est pas du tout le cas. Je sais juste que comme la petite me connais, j'ai les trucs et astuces et surtout, elle ne cherche plus à me tester. J'ai l'habitude.

Je lutte avec moi même et c'est juste horrible d'être torturée. Je me remet pas mal en question pourtant et surtout j'essaye de plus me laisser emporter par mes sentiments parce que concrètement ça ne me mène à rien de m'emporter pour qu'au final tout m'échappe. Que ce soit professionnellement ou dans ma vie perso d'ailleurs.

J'ai vraiment un caractère de merde, c'est un fait. Faut que j'essaye de m'adoucir un peu.

Surtout que c'est pas le travail qui manque puisque mes élèves sont nettement moins bon que ceux de l'année dernière: les couleurs basiques comme le jaune n'est pas connu d'au moins la moitié de mes élèves alors que les couleurs étaient acquises par mes élèves précédents dès le début de l'année.

Si vous ne l'avez pas remarqué, je n'ai toujours pas parlé de l'inévitable Yliès. Celui qui crache, frappe, mords, griffe, enfants comme adultes et qui a balancé tout ce qu'il y avait sur le bureau de dirlo.

Tout simplement parce que Yliès a changé d'école.

Je m'y attendais. La maman l'avait évoqué l'année dernière. Il y a 2 écoles qui sont beaucoup plus proches de son domicile. En plus, je sentais bien qu'elle voulait "effacer" le lourd dossier de son fils de 4 ans.

Pour autant, j'ai encore des nouvelles. Il a croisé une ATSEM dans la rue et il lui a dit avec son regard noir: "Toi, je te connais plus".

Reste à savoir ce qu'on a dit à ce petit. Dans le pire des cas on lui a fait avaler le fait qu'il a été tellement relou qu'on l'a viré de l'école. C'est probable comme discours... On lui a dit tellement de conneries à ce môme.

Pour autant, sa nouvelle école est à, à peine, 5 minutes à pieds donc quelque chose me dit qu'on va an avoir des nouvelles.

Mais lui au moins je l'entends plus, donc je range ma cape au placard.

L'autre personne qui est ravie c'est mon collègue qui devait l'avoir dans sa classe. Il aurait presque fait le tour de l'école en hurlant de joie! XD


04 septembre 2012

Les jumeaux


Au début du livre A year in the merde (que je recommande en VO) l'auteur, anglais, fait remarquer au lecteur qu'en France, l'année commence en septembre et non en janvier...Quand j'ai lu ça, j'ai souri. Mais en fait, a y regarder, c'est tellement vrai. Toute la société est marquée par la rentrée des classes. T'as pas de mômes,  tu est cloîtré chez toi mais tu sais que c'est la rentrée et tu le vis presque comme un premier janvier. Tu le vois parce qu'il y a plus de monde dans les transports ou sur la route... Tu le vois aussi parce qu'il n'y a plus de morveux ou de caravanes de maman en poussette dans les rues après 9 heure.

A notre échelle de prof, c'est un peu double rentrée, parce que on reprend le travail comme tous le monde et surtout, quand on reprends le même niveau, on recommence le cycle précédent... Reboot et essaye encore... et ça recommence.

Revoilà une énième rentrée à mon actif, différente des précédentes puisque pour la première fois je fais la rentrée sur la même école.

Arrivée à 7h50, mes collègues sont presque tous là... Derniers réglages voir si tout est près... 8h10. On attends, Atsem profs, tous dans le couloirs. Et puis la sonnerie retentis à 8h20. TAÏÏÏÏÏÏAUUUUUT

Sur 26 élèves, 23 présents... On m'avait dit que c'était des enfants muets. On m'avait dit qu'ils étaient sensibles et bien c'est vrai. Plus de la moitié de la classe a pleuré, j'ai invité les parents a rentré un peu, les enseignantes de petites sections sont venues à la rescousse (le petits rentrent en milieu de matinée), je me suis retrouvée rapidement avec plus de 10 adultes dans la classe, tous bien occupés.

Cette année est toute particulière puis que les 2 classes de moyennes section (ma collègue Célia et moi) se partagent 3 couples de jumeaux... Car oui, on préfère casser les couples pour éviter l'espèce de fusion qui empêche parfois le jumeau d'exister en tant qu'individu.
Nous avons donc:
-2 filles fausses jumelles, aux prénoms différents, habillée différemment et séparée dans des classes différentes déjà l'année dernière.
-2 vrais jumeaux, qui se ressemblent mais qu'on distingue assez bien, Robert et Roberto (c'est pas leur vrais prénoms mais leurs prénoms sont très semblables) et habillés différemment.
-2 vrais jumelles Sonia et Aïcha, ou comment faire la différence entre une goutte d'eau et une autre goutte d'eau habillée presque de façon identique et la maman n'a pas voulu qu'elles soient dans des classes différentes en Petite Section. Et là, c'est le bordel...

Célia: Comment elle s'appelle ta jumelle à toi?
Moi: Aïcha...
Célia: Oh merde... C'est laquelle la mienne?
Moi: La mienne c'est celle qui a le t-shirt blanc sous sa robe en jean. Toi c'est celle qui a le t-shirt rose...
Célia: Même les chaussettes et les élastiques des couettes sont de la même couleur...
Moi: Au pire si on est perdu faut qu'on regarde, Aurélie qui les a eu l'année dernière m'a dit qu'il y en a une qui a une toute petite cicatrice de naissance sur le front.
Célia: La tienne ou la mienne?
Moi: Je sais pas. Faudra regarder tout à l'heure.

Evidemment, on n'a pas regardé, et comme il a fait chaud...

Moi: Oh mince la maman a retiré les t-shirts ce midi.
Célia: Oh purée...
Moi: Attends j'ai une idée, j'appelle la mienne et je regarde son front... AÏÏÏÏCHAAAA.

*les deux se pointent*
*great*

Moi: J'ai appelée Aïcha, pas Sonia. Qui est venu dans ma classe ce matin?
...
*Evidemment elles ne sont pas dégourdies et elles sont muettes*

Moi: Y'a une toute petite cicatrice sur celle ci...
Célia: Celle là elle a un espèce de bouton bizarre...

...

Moi: Bon attends, j'appelle Aurélie parce que là on y arrivera pas...

...

Moi: C'est Sonia ou Aïcha qui a la cicatrice?
Aurélie: Je sais plus moi!

*great*

Célia: Alors...
Moi: Ba alors on va bien voir quand ça va sonner.... C'est comme les chiens, ça suit son maître... Celle qui me suit ça va être la mienne... On a plus qu'à prier pour que ça marche.

*sonnerie*
*les petites se séparent dans des rangs différents*
*soulagement*

Moi: Moi j'ai bouton bizarre.
Célia: Et moi j'ai cicatrice.

Récréation de l'après midi, salle des maîtres.

Moi: Le cru 2008 est sage et calme. C'est pas des bavards, mais c'est pas des flèches non plus. Par rapports à mes excités bons de l'année dernière, je vais sentir la différence... Et puis Roberto c'est pas une flèche... Y'a un gros soucis: je lui ai demandé de dessiner un bonhomme dans le cadre et il a passé son feutre autour de la feuille et a repassé très maladroitement le contour du cadre.
Aurélia: T'as pas le bon jumeau... Je pense, et les parents aussi d'ailleurs, qu'il doit avoir un handicap, surtout quand tu le compares à son frère. T'as laquelle des 2 vrais jumelles?
Moi: Aïcha.
Aurélia: Ah ba t'as la moins bonne des deux aussi!
Moi: Non mais en clair vous m'avez refilé à chaque fois le jumeau qui est tombé par terre pendant l'accouchement quoi?

Bref, les jumeaux c'est la plaie...

C'était une bonne rentrée, prometteuse quand à l'ambiance mais je pense qu'elle sera décevante quand à la performance des enfants...

Ce qui a changé pour moi, c'est le calme. Et ce qui me fait drôle c'est de voir mes anciens élèves dans la classe de collègues comme Kidzilla qui est dans la classe voisine, et Yliès dans celle encore d'à côté (mais il n'est pas encore revenu de vacances).  Je ne les croise que pendant la récré.

Kidzilla: Maîcreeeessseuuuh!
Moi: Bonjour! Alors tu as été sage avec ton maître?
Kidzilla: Oui.
Moi: C'est vrai?
Collègue: Ca va... tant que l'AVS est là dans la classe.
Moi: Oui et en cas de soucis, appelle moi.

Après la récré on remonte en classe.

Kidzilla: Et maintenant je reviens avec toi maîcresse?
*NO WAAAAAAAYYY*
Moi: Je ne suis plus ta maîtresse ma grande. Un bisou et tu retournes avec ton maître.
*une année supplémentaire avec Kidzilla ou Yliès et je fini à l'asile*

Et maintenant que la rentrée est passée, je vais être moins stressée et moins chiante... Mais il est encore trop tôt pour savor si c'est A year in the merde ou pas

02 septembre 2012

Ca sent la rentrée



Je suis quelqu'un d'infiniment stressé... Et à chaque rentrée, c'est le même cinéma.

Comme beaucoup de gens, j'ai horreur d'être jugée. En même temps qui apprécie ça? Je pars du principe qu'il est très difficile de juger quelqu'un et c'est une chose que je ne me permet pas. Je peux dire que j'apprécie les choses, mais j'ai toujours énormément de réticences sur les jugements négatifs en me défilant à coup de "j'aurais pas fait comme ça", "je préfère l'autre"...

Bizarrement les attaques sur mon physique m'indiffèrent... mes compétences c'est autre chose. On peut me balancer toutes les saloperies imaginables sur mon physique ça ne me touche plus. Par contre juger mes choix ou mes compétences me rends assez susceptible.

Etre prof c'est être jugé en permanence: par ses élèves, par les parents, par les collègues et par tout autre intervenant extérieur qui viendrait envahir mon espace personnel: ma classe.

Je suis sans cesse en train de me torturer de doutes sur mes compétences à cause d'un historique familiale très très lourd et surtout sur mon début de carrière extrêmement chaotique... on peut le voir sur ce blog en 2007 après ma titularisation... 2006 a été pas mal non plus... Car il est une chose que je n'ai jamais dites ici: mon année de formation à l'IUFM a été catastrophique et j'ai bien failli ne pas devenir prof...car si la validation de l'année était quasi automatique à l'époque, j'avais tellement bourdé, que j'avais fait un espèce de rattrapage du rattrapage tellement j'étais à l'arrache... ma titularisation s'est faite à un cheveux. Même si ce n'est pas une excuse, il faut bien le dire, je n'étais pas quelqu'un de très stable émotionnellement à l'époque c'était le début de la longues descentes aux enfers.

Même si je vais beaucoup mieux (y'a pas photo) et même si il faut le reconnaître que oui, avec le recul j'ai fait beaucoup de merde (mais bon, on progresse avec les années dans ce métier) Je suis tout le temps en train de me mettre une pression monstrueuse.

Parce qu'il faut bien le savoir: si on devait tout faire tout correctement dans une classe, on ne ferai pas grand chose à côté, si ce n'est manger et dormir (et encore pas longtemps). Du coup, comme il y a toujours beaucoup de choses à faire et que chaque instant de libre pourrait être utilisé à bosser pour tenter d'atteindre une certaine perfection,  quoiqu'il arrive, t'as l'impression d'être une glandouilleuse. Et c'est pas les jugements extérieurs sur ton métier qui vont te rassurer.

D'un autre côté, comme on est seul maître à bord dans une classe, y'a pas grand monde qui peut juger en toute connaissance de cause nos compétences. Donc le moindre pas vers moi qui peut émettre un jugement je le prends comme une agression. C'est comme les collègues qui viennent regarder tes cahiers. On le fait tous pour voir ce que le collègue a fait pour nous inspirer... ba moi quoiqu'il arrive je le prends pas bien!

Une de mes collègues a regardé mes cahiers en fin d'année et elle m'a dit: "Dit donc tu les a fais sacrément bossé! et puis tu suis assez  ce qu'on fait dans l'école!" Remarques entièrement positive hein... ba j'aurais préféré qu'elle regarde pas et qu'elle ne me dise rien... Allez savoir pourquoi!... je suis probablement atteinte d'une paranoïa surdimensionnée... C'est comme mes collègues qui viennent me dire que j'ai peu d'affichage... je le reconnais c'est vrai... mais moi j'ai les jetons rien que de me mettre sur une chaise... alors un escabeau! Pfff est ce que ma conscience professionnelle doit me pousser au point de devoir vaincre ma peur excessive du vide?

Alors oui, on est maître à bord dans sa classe mais pourtant on est peut être plus jugé que certains, parce que notre métier tous le monde le connaît ou crois le connaitre à partir du moment où on est allé à l'école ou dans une structure scolaire et donc tous le monde se permet de juger...

Bref ce métier me met une pression monstre, la société me met une pression monstre et moi j'en rajoute une couche parce que, faut bien l'avouer, j'ai pas une grande estime de moi. Je manque terriblement de confiance en moi et je me demande comment on peut bien me faire confiance.

Mais bon j'essaye de me soigner et d'aller au delà de ça en essayant de pas me rendre malade non plus.

Si encore j'avais des collègues monstrueux qui ne serait d'aucuns soutiens et avec qui je serais en froid! Mais non c'est pas le cas! On est peut être pas des grands copains mais on rigole bien et chacun sait ce qui se passe de croustillant dans la vie des autres... Comme Dirlo qui a fait un camps de naturiste ou la collègue qui a quitté son mari pour un représentant de spectacle pour enfant. D'ailleurs on peut pas se cacher grands choses à force de se confier nos soucis dans nos classes...

*devant la photocopieuse*

Hélène: Il est pas mal le nouveau Zil.
Moi: Oui, il est mignon!
Hélène: Ah moi j'en ferai bien mon quatre heure.
Moi: Ah ba je crois qu'on pense toute la même chose!
Hélène:... T'es bizarre!
Moi: De quoi?
Hélène: T'es la première à t’exalter sur la première proie qui passe!
Moi: Mais même pas vrai! C'est toi qui t'accapare toujours les petits nouveaux mignons! Faut arrêter le délire!
Hélène: Oui mais là t'essayes pas de me le piquer! C'est louche!
Moi: Te le piquer en quoi?? Il est là depuis 3 heures! C'est pas comme si il partait demain... on a le temps de le travailler au corps!
Hélène: TOI T'AS UN MEC!
Moi: Mais n'importe quoi! Tu délires!
Hélène: Si t'as pas un mec, t'as rencontré quelqu'un!
Moi: pffff...
Hélène: C'EST CAAAA!
Moi: Contrairement à toi, je ne me jette pas sur le premier bout de chair qui passe...
Hélène: HAAAAAANNN! Alors c'est qui? Comment il est?
Moi: Bon t'as fini avec les photocop?
Hélène: Ouai... HEY SYLVIE! SANDRINE ELLE A UN CHERIIIIII!
Moi: NON C'EST PAAAAS VRAAAAAAAIIII!!
Hélène: C'est presque ton chéri! C'est pareil!
Moi: Y'a rien de fait donc...
Hélène: AAAAAAAAAHHH TU VOIIIIIS!
Moi: DONC... je peux toujours m'intéresser aux petits nouveaux arrivants...
Hélène: Mais moi j'ai pas de casse dalle en vue! je suis prioritaire!!

*Productive cette rentrée des profs...Très productive*


13 août 2012

Et t'as pas l'intention de...



Revenir en primaire?

C'est la question qu'on me pose tout le temps... ma réponse est "J'y suis"... L'école primaire regroupe élémentaire et maternelle... mais  ça les gens le savent pas en général.

Reprendre une grande classe... je mentirais si je disais ne jamais avoir y penser. Autant j'aime les petits et leur faire découvrir plein de choses, autant c'est vrai qu'intellectuellement parlant on ressent un manque. Qu'est ce que j'aurai pas donné cette année pour faire un bon cours d'histoire! J'avais pu remédier au manque il y a 2 ans avec un de mes collègues de CM1 qui détestait ça alors qu'avec mes CP je déprimais à leur faire de l'écriture, encore et encore. On a fait un échange de service et 2 fois par semaine je prenais ses élèves et lui les miens en EPS. J'étais contente, il était content et les gamins appréciaient aussi. Je leur faisait un grand cours à l'oral et leur projettais des tableaux des cartes et lui leur refilais le poly des connaissances essentielles à retenir. J'avais autant hâte que les gamins de faire leur cours d'histoire, ils étaient tous participatifs et surtout j'adorais ponctuer tout ça avec des anecdotes historiques histoire de les faire rigoler.

Un bon cours d'histoire, d'anglais, de sciences (ou tu décortiques des pattes de poulets pour voir les muscles, les tendons...) faire des pièces de théâtres, faire une initiations aux langues étrangères (japonais, portugais, coréen, allemand...) c'est quand même sympa (bon je me passerai bien de la grammaire par contre)

Le relationnel avec les grands est différent aussi... même si je suis une guimauve un peu trop maternelle même avec des CM. Parler de grands sujets de sociétés avec des CM2 est juste une expérience extraordinaire ... quoique la dernière fois j'ai parlé de nucléaire, de tremblement de terre, de tsunamis et que j'avais précisé "si un tremblement de terre a lieu au Japon, ce qui fera le plus de dégats c'est le Tsunami... le week end suivant on a eu le droit à Fukushima... les gamins m'ont regardé de travers comme si j'étais un être maléfique... Moi j'ai prié parce que je leur avais parlé aussi des tensions géopolitiques entre les 2 Corées et j'avais peur de faire une énième prémonition sous forme de cours de géographie.

Le problèmes des gamins de cycle 3 (comprenez CE2, CM1 et CM2) c'est qu'ils sont déjà pas mal formaté et qu'il est intéressant de les déprogrammer pour qu'ils soient un peu plus futés. L'avantage c'est qu'à l'époque j'étais enseignante remplaçante et que si j'exploitais un sujet qui emmerdait les parents comme l'homosexualité, je m'étais déjà barré avant quelconque plaintes. Quoique les gosses ne parlent pas trop de ce sujet à leurs parents quand ils l'abordent avec moi. L'avantage c'est que je ne suis pas coincé comme beaucoup de mes collègues qui placent les cours de "reproductions animales et humaines" à la fin de l'année scolaire, histoire de dire "Oups! J'ai pas eu le temps de l'aborder dans l'année! C'est dommaaaaaageuuu". Je pars du principe qu'il vaut mieux ne pas avoir de tabou sans pour autant les choquer et d'esquiver par des "t'es un peu trop jeune pour comprendre ça encore" si vraiment la question est trop hard (et j'en ai eu du très hard!) que les laisser se renseigner par eux même sur le net et qu'ils tombent sur Youporn ou autre.

Ouai les parents trous du cul y'en a partout et parfois ça se plainds... mais parfois ils sont aussi content qu'on en parle au lieu de le faire eux même.

 C'est vraiment intéressant de poser le sujet sur l'homosexualité en CM2. Une fois, j'ai juste posé la question "Si demain votre meilleur ami vous dit "je suis homo" qui d'entre vous le rejetterai?" et les 3/4 de la classe a levé le doigt. On en a parlé environs une heure à une heure et demi... et contrairement à ce qu'on peut penser, pas un pouffement, pas un rire. Un vif intérêt sur une question de tolérance qui me parait aussi essentiel que le reste du programme... Une semaine après j'avais eu le droit encore à des réflexion d'élèves sur le sujet qui avaient cogités la dessus en me disant "C'est vrai t'a raison maîtresse... Si les homosexuels peuvent pas devenir hétérosexuel comme les noirs peuvent pas devenir blanc, on devrait pas les rejeter. C'est pas juste. Y'en a ils doivent être triste qu'on soit plus copain avec eux à cause de ça!"

Enfin bon oui... tout ça, ça me manque et c'est sur que les coloriages, les pipis, cacas, prout c'est chiant aussi... Mais à côté les petits ca s'épanouis sur pas grand chose comme la coccinelle dans le jardin, ou sur un haricot qui pousse, ou une limace qui mange de la salade...

Bon le gros avantages non négligeable de la maternelle c'est qu'on passe pas des heures à préparer un cours et on a pas des heures non plus de corrections... Mais à côté on passe des heures à découper et j'ai investis sur une plastifieuse.

La réponse à la question originelle est donc : je sais pas.
Je dois bien avouer que j'aime l'école ou je me trouve et qu'elle est drôlement bien équipée vu qu'elle est très récente. J'avoue aussi que je suis bien curieuse de voir mes élèves évoluer et j'ai la chance de pouvoir les voir grandir dans cette école jusqu'au CM2 et de les croiser régulièrement. J'ai plus qu'à espérer que mes collègues fassent avec moi des échanges de services pour satisfaire mon envie de faire des cours d'histoire.

30 juin 2012

Aldulte et/est enfant.



Ce qui est embêtant quand on doit faire un bilan virant au négatif c'est qu'on reste amère et plein de regret sans trop savoir ce qu'on a loupé et même si on y peut rien.

La dernière fois que j'ai parlé de Yliès, il avait changé de classe suite à la plainte d'un parent et je l'entendais hurler dans la classe voisine.

Il n'y a pas eu beaucoup de changement et le peu qu'il y a eu n'est pas très encourageant.

Le changement de classe n'a été fait que pour calmer les esprits des parents portant plainte (adultes), pour qu'on foute la paix à notre inspectrice à cause des multiples plaintes alors qu'elle change de circonscription (elle aussi adulte) et pour que la maman d'Yliès soit moins oppressée par des parents excédés (aussi adulte quoique pas très responsable).

Où peut on trouver la bonne parole de l'éducation nationale prêchant que l'enfant est au cœur des préoccupations et qu'on doit privilégier le bien être des gamins avant toute chose dans cette décision?

Le quotidien d'Yliès dans sa nouvelle classe sont les crises à répétition. 2,3,4... jusqu'à 8 crises par jours. des hurlements, des injures, des coups. Son nouveau maître étant mon voisin de classe, C'est assez perturbant pour moi d'entendre les crises et d'en avoir des rapports à l'heure de la cantine. C'est aussi dur de voir mon collègue tellement tendu qu'on sent que ça bout à l'intérieur. Il me répète qu'il tient parce que pour lui ce môme est malade. Je sais ce qu'il vit. Je l'ai vécut en double avec Kidzilla.

On a tenté de faire un système de récompense de valorisation... rien n'y fait. Il frappe, crie, hurle et balance tout dans la classe. Du coup dirlo le prend souvent dans son bureau pour le calmer et l'appaiser. Quand il est seul avec l'adulte, ça se passe mieux.

Personnellement, oui je plains mon collègue mais j'ai du mal à en plaindre d'autre. Quand est arrivé le jour de la répartition des classes, il a fallu attribué Kidzilla à une classe de Grande Section et Yliès à l'autre. Évidement il est hors de question d'avoir 2 cas lourds dans la même classe bien que ce fut mon cas. Certes Kidzilla n'était pas dans ma classe à l'origine et je l'ai recueilli de bonne volonté parce que je voyais ma collègue péter un câble et que la gamine m'a presque choisi.

On a quand même eu le culot de me demander si je voulais prendre une classe de Grande Section l'année prochaine.

Je suis gentille mais pas bonne poire. J'ai subit un an et on me demande de continuer. Non. Et pourtant je l'ai dit dès janvier qu'il n'était pas question que j'ai à nouveau une classe aussi difficile l'année prochaine... On m'avait dit "ça on verra"... Non non c'est tout vu. 1 an c'est bien, 2 c'est indécent. D'ailleur c'était clair pour dirlo que j'avais des moyens l'année prochaine avant même de me le demander.

Peste ou choléra, Kidzilla ou Yliès. Qui aura qui. Au début il était prévu que Richard continu d'avoir Yliès dans sa classe de Moyen/grand l'année prochaine et qu'Arthur, mon autre collègue ai Kidzilla dans sa classe de grands pure.

 Et puis on s'est rendu compte que Annie se retrouvait de nouveau dans la classe d'Yliès et qu'il fallait les séparer pour ne pas qu'elle soit pas de nouveau son bouc émissaire. 

Je propose de changer Annie de classe contre un autre.

Ba non. Car il se trouve que Richard va probablement prendre temporairement la direction de l'école car dirlo va partir en congé mater. Comme il sera déchargé à temps complet, il sera probablement remplacé par un ZIL ou nouvel arrivant. Et donc il a été dit que "Donner Yliès à un nouveau prof c'est un coup à le dégoûter du métier et c'est clairement pas sympa... donc il faut qu'Yliès soit dans la classe d'Arthur et que Kidzilla soit dans la classe de Richard".

De mon point de vue c'est mieux aussi... mais je ne vois pas ça de la même façon: Kidzilla a un niveau de petite section et la mettre dans une classe de Moyen Grand est plus pertinent: Elle re-suivra le programme de Moyenne section, ça la fera progresser.

Mais Arthur l'a amer. Kidzilla s'est beaucoup calmé même si elle est actuellement dans une mauvaise période. Et puis ses crises sont contre elle puisqu'elle s'auto-mutile. Yliès c'est autre chose. Alors ça le fait chier de l'avoir récupéré.

*en récréation*

Arthur: Il y a des profs privilégiés dans cette école.
Moi: Pourquoi tu dis ça?
Arthur: Vu comment il en bave, Richard a du demandé à Dirlo de ne plus avoir Yliès l'année prochaine et elle a été d'accord.
Moi: Ba en même temps, pour Yliès, Richard est lié au fait de son changement de classe... Et clairement Yliès l'a mal pris et c'est compréhensible... donc il lui fait payer. Maintenant c'est clair que quand Richard va prendre la direction, le pauvre zil qui se serai tapé Yliès il est bon pour démissionner direct si c'est sa première année...
Arthur: C'est bidon comme excuse et puis Kizilla ne cause presque plus de problèmes et elle aura une AVS l'année prochaine. Moi je te dis, y'en a qui ont des privilèges.

Un peu excédée par cette gaminerie de bas étage je lui lâche un peu sévèrement.

Moi: Je ne vais pas te plaindre, moi, j'ai eu les 2 au plus fort de leur crise et c'est pour ça qu'à un moment de l'année je me suis arrêtée 2 semaines pour burn out

Je me lâche avec d'autant plus de délectation que ce même collègue avait confié à une autre lors de mon burn out de cette année "A ton avis, pourquoi elle est absente? Non parce que le burn out c'est bidon comme excuse, c'est parce qu'elle veut glander."

Arthur: Ouai... mais bon... voilà quoi!

Ah ba oui... Tu sais plus quoi dire...

Détrompez vous, je l'aime bien Arthur. Il est marrant. Il est le premier à sortir des blagues et à faire marrer tous le monde. Mais c'est aussi le premier à critiquer les collègues même si eux ont des bonnes raisons d'être absent... et même si ce n'est pas le cas, ça ne le regarde pas... Mais ca ne l'empêche pas de critiquer. Un jour ça lui retombera dessus. En tout cas, il a choisi la mauvaise cible pour se plaindre.

Du coup Yliès va dans la classe d'Arthur et Kidzilla va dans la classe de Richard.

Reste à savoir comment Yliès va le vivre. Il a beaucoup souffert de son changement de classe et Richard m'a lui même confié que le gamin le rejette clairement. Yliès a aussi du mal a comprendre mes réactions. J'ai voulu un peu m'éloigner résultat un jour il en a frappé un autre et au moment ou je le cherche du regard dans la cours pour le sanctionné. Je le vois près de la porte menant au hall. Je me lève et comme il voit que je me dirige vers lui, il ouvre la porte et se sauve. 

Me voilà donc obligée de le poursuivre. Il m'attends dans le hall et fait semblant de s'échapper. Je sais pertinemment qu'il attendait mon attention. Je le prend par le bras, lui demande de sortir et de se calmer quand il me lâche:

Yliès: De toute façon, tu me connais plus!

C'est comme un petit poignard dans le cœur.

Moi: Mais si je te connais Yliès. Tu es mon ancien élève et tu as du changer de classe. Maintenant  tu es l'élève de Richard et tu es juste à côté de ma classe. Je t'entends souvent crier d'ailleurs. Et ça me rends très très triste. Richard me donne de tes nouvelles quand je ne te vois pas et si tu veux venir me dire bonjour et me faire un bisou tu peux venir quand tu veux.

Yliès: Je veux voir Dirlooooo

Moi: Je ne peux pas t'emmener désolé. Tu sais, elle travaille beaucoup. Mais si tu veux on peut aller devant sa fenêtre, je te porte et tu pourras lui faire coucou. Tu veux?

Yliès: Ouiii

Depuis Yliès est parti en vacances. La suite, ça sera pour septembre!



21 juin 2012

Auto-mutilation


C'est moche. Mais surtout, c'est bien triste. Et dire qu'elle avait arrêté...

20 juin 2012

J'ai trouvé le bouton OFF



Avant de passer au second bilan, celui de kidzilla, quelques nouvelles d’Opossum.

La dernière fois j'avais parlé de la REE prévue... REE annulée car le père a oublié. Bien sûr. C'est le mot poli pour le "je m'en fou", mais nous n'abandonnons pas, nous avons une autre date: vendredi. J'ai un peu tiré les vers du nez d’Opossum après qu'il ai fondu en larme en allant en garderie et le petit m'a dit qu'il avait reçu des coups de ceintures parce qu'il n'était pas sage à l'école. Je lui ai demandé si je pouvais regarder en soulevant le t-shirt et là il me dit "j'ai pas de marques"... réflexe étrange du gamin qui serai incapable de dire ça sans connaitre la dimension de mon geste. Après lui avoir dit que personnes n'a le droit de le frapper ni moi, ni papa, ni maman, ni aucun adulte et que si c'était le cas il fallait le dire sans hésiter; je tilte et retourne dans ma classe consulter mon cahier d'appel. Quelque chose me frappe. Opossum n'est jamais absent même légèrement fiévreux. Pourtant, il y a juste quelques semaines, il a été absent 3 jours... J'avais donné la lettre de rendez vous pour la REE juste avant cette absence... Je me fais surement un film mais peut être que c'est à ce moment là que Opossum comprend le sens de "j'ai pas de marques".

A suivre...

La kidzilla de début d'année n'est plus. Ses progrès sont remarquables socialement même si son niveau scolaire est comparable à un début de petite section alors qu'elle va faire son entrée en grande section. Elle parle mieux, n'a plus de toc de lavage de main et son auto mutilation (elle se frappait, se giflait, se mordait et se tirait les cheveux) avait totalement disparu jusqu'à dernièrement... elle s'est remordu et s'est frappée de nouveau et je pense que l'arrivée du petit frère en est la cause. Rien à voir avec la sauvageonne qu'on devait poursuivre dans les couloirs, qui hurlait, se roulait par terre et qui était tout simplement ingérable jusqu'à sa déscolarisation partielle. Elle m'obéit, plus que les autres adultes, elle m'écoute et surtout elle me demande souvent de la prendre dans ses bras. Elle ne souhaite visiblement pas grandir et plus que tout, elle est en grande demande d'affection.

Je me surprends souvent à regarder sa bouille malicieuse et son incroyable gourmandise qui ne peuvent que tirer un sourire. Elle aime tout, mais surtout, tout ce qui est sucré... et par dessus tout: LE CHOCOLAT!

Sans aucun doute, c'est une petite fille attachante, loin de la diablesse de septembre. Son surnom de Kidzilla n'est qu'un souvenir même si elle reste une petite fille difficile.

Alors oui... si vous saviez combien de fois j'ai voulu lui en coller une! Combien de fois je l'ai trainée dans les couloirs en lui tirant le bras parce qu'elle ne voulait pas se lever! Combien de fois, alors qu'elle refusait de descendre ou de monter les escaliers, j'ai du la porter sous le bras à l'horizontal, comme une baguette de pain... et presque aussi légère!

Elle n'était pas facile à apprivoiser et le travail exceptionnel de la maman pour que sa fille soit aidée (psy, orthophoniste, différentes consultations a Débré jusqu'à la reconnaissance officielle du handicap) a porté ses fruits même si elle reste quelqu'un de froid, ne montrant que peu d'affection envers sa fille. Combien de fois, Kidzilla est entrée en classe avec un regard de désespoir, levant les bras vers moi pour un câlin si chichement distribué par sa mère? Un besoin viscéral d'affection et, aussi difficile qu'elle soit, je ne pouvais pas faire autrement que d'y répondre. Je reste persuadée que l'autorité sévère de sa mère est aussi efficace que la mienne beaucoup plus souple et répondant à ses besoins affectifs même si sa mère en doute.

A la remise des livrets la semaine dernière, la petite assiste à la discussion, assise sur sa chaise, sagement. Image surprenante quand elle est mise en parallèle à la tornade du début d'année. Nous sommes satisfait de l'année écoulé sans parler de vrais résultats scolaires. Nous savons que, de toute façon, la petite fera deux grande section et que sa scolarité sera fort probablement différente. En attendant, je lui dit qu'elle sera dans un double niveau MS/GS chez mon collègue et qu'elle y suivra un niveau de moyen même si officiellement elle est en grande section.

Moi: Il y a encore des crises mais j'ai appris à les gérer et j'ai partagé avec son futur maître certaines petites astuces...
Maman de Kidzilla: Ah? Quelles astuces?
Moi: Il y a Monsieur Puni. C'est un minuteur de cuisine. Même si elle me la cassé à force de le toucher, ça l'apaise. Elle reste calmement assise quand je la puni et que je lui met en face. Elle ne crie plus. Sinon, vous pouvez aussi mettre votre main sur sa tête?
Maman de Kidzilla: Comment ça?
Moi: Vous n'avez jamais remarqué? Quand elle hurle, vous posez juste votre main sur le sommet de sa tête et elle se calme presque de suite!
Maman de Kidzilla: Ah bon? Ah je vais essayé si ça marche...
Moi: Vous allez voir, c'est surprenant... J'ai découvert ça il y a 2/3 mois...

D'ailleurs j'avais donné l'astuce à mon collègue, son futur prof et celui qui a accueilli Yliès après son départ de ma classe.

Fabien: J'ai essayé ton truc sur Kidzilla. Elle partait en crise tout à l'heure dans la cours et j'ai posé ma main sur sa tête et pouf! Sa tension est redescendu tout de suite. C'est magique ton truc! T'as pas la même pour Yliès?

Ah ba non désolé...

13 juin 2012

Opossum a des ennuis



En cette fin d'année, il est temps de parler des différents cas de cette année... il va falloir que je fasse un article sur Kidzilla, sur Yliès l'ultra violent et sur Opossum...On commence par Opossum.

La différence avec mes années d'enseignement précédentes c'est que, comme je suis dans un groupe scolaire et maintenant fixée, en règle général, je vais pouvoir suivre mes élèves jusqu'en CM2. Sauf si il y a du changement dans la carte scolaire pour le passage en CP... Ce qui est le cas pour la moitié de mes grandes sections (3 de mes élèves sur mes 6 GS). A vrai dire la carte scolaire est tellement inadéquate (beaucoup de nouvelles constructions en cours et faites récemment autours de l'école) que 18 élèves du secteurs n'ont pu être inscrit dans notre école. Ces élèves sont à 50 mètres de l'école. L'école est archi pleine pour l'année prochaine et le refoulement d'autant d'enfants ainsi que le changement d'école de nombreux d'entre eux à cause de la carte scolaire ont fait apparaitre une rumeur dont nous avons eu des échos: L'école serait élitiste et admettrait des enfants sous dossiers quand ils sont particulièrement doués. D'ailleurs, la directrice a en effet reçu un CV et une lettre de motivation d'un enfant de 6 ans (qu'il faut absolument que je scanne un de ses quatre parce que ça vaut vraiment le coup d'oeil).

Les gens devraient se renseigner sur le concept d'école publique... De plus, si ils passaient une demi journée dans notre école, ils comprendraient vite qu'il n'y a rien d’élitiste chez nous.

D'un certains côté, il faut bien le dire, même si ce n'est pas politiquement correct, on est bien content que certains d'entre eux prennent le large. C'est un problème en moins à régler.

Aussi c'est le cas pour Opossum. Pour son passage au CP il change d'école... et on est pas mécontent dans l'équipe.

Parce que Opossum n'a pas que des problèmes d'endormissement régulier, c'est aussi un des plus gros réservoir à connerie qui existe.

Voilà un petit extrait de ses frasques:
- Faire des croches pieds pour voir le copain se vautrer (et se marrer)
- Ramasser des bonbons tomber malencontreusement à la poubelle.
- Sauter 5 marches de l'escalier.
- Lever les jupes des filles
- Baisser le pantalon des garçons
- Manger le popcorn utilisé pour une production en art plastique, donc enrobé de colle et exposé dans le couloir depuis un mois.
- chopper un morceau de gâteau au chocolat restant d'un anniversaire posé sur mon bureau alors qu'il sait qu'il ne peut pas en manger à cause de son allergie.
- Sauter dans les bras de parents ou d'adultes inconnus
- Sucer son pouce à longueur de temps si bien que celui ci est à moitié digéré.
- Percher des casquettes à près de 7 mètres de haut
- Pisser au fond de la cours contre le mur parce qu'il n'a pas pu se retenir jusqu'au toilette (à 20 mètres derrière lui)
- Pisser dans le lavabo pour épater la galerie (lavabo qu'il a lavé en guise de punition)
- Etaler du savon sur le toboggan.
Et tout un tas de connerie pas méchante et sans volonté de faire mal à autrui mais juste une envie profonde de faire le clown.

Avec le recul c'est marrant. Sur le coup, c'est juste épuisant.

Je lui répète régulièrement qu'il est temps de grandir et que le CP sera très dur. Sans résultat.

Et puis la, dernièrement, y'a eu un truc.

La semaine dernière, Opossum s'est fait 4 fois dessus alors que ça ne lui était jamais arrivé depuis le début de l'année. Et c'est pas la petite commission. 3 fois cela s'est produit en garderie en une semaine... Et puis ca s'est produit dans ma classe. Je lui demande si il a eu un petit accident. Il me dit que non. Mais l'odeur est là. On lui redemande: Il fond en larme.

Ce n'est pas une gastro. Ce n'est pas liquide. Il se fait dessus, c'est tout.

C'est jamais bon signe quand ça se produit comme ça d'un coup et régulièrement.

Et puis Opossum fond en larme parfois pour tout et n'importe quoi: Parce qu'il veut rentrer à la maison, parce qu'il est fatigué, parce qu'il a pas envie de travailler.

Du coup je m'inquiète, Dirlo s'inquiète, maître G s'inquiète et psychologue scolaire s'inquiète.

La maman elle, quand je lui dit qu'on s'inquiète elle sourit.

Le papa lui, a dit l'année dernière à la directrice: "Si il a besoin d'un bon coup de ceinture, je vous autorise à le faire."

Je sens que ma Réunion d'Equipe Educative pour Opossum jeudi va être difficile...

23 mai 2012

Malheureusement, on s'habitue à tout



Il y a quelques temps, j'ai raconté l'histoire d'Yliès.
Dr Jekyll and Mr Hide... Pour les flemmards, il s'agit d'un enfant de 4 ans, qui est scolairement faible et un peu nouille. Mais surtout, c'est un enfant capable de faire des crises au point de balancer tout ce qu'il y a sur le bureau de la directrice, de frapper, mordre, griffer, cracher, lécher, pincer... les adultes! Sans oublier qu'il insulte et menace à tout va!

Il est temps de prendre quelques (mauvaises) nouvelles... Oui je préviens déjà car les cas déjà énormissime est loin d'avoir progresser.

Comment cela pourrait-il être pire qu'un enfant qui frappe et insulte son prof alors qu'il n'a que 4 ans? Ba un enfant qui s'en prends aux adultes ET aux enfants!

Car Yliès, jusque là, faisait des crises de plus en plus fréquentes mais toujours ciblé sur l'adulte: moi, mon atsem, la dirlo... ou tout autre adulte qui passe!

Yliès avait une petite copine. Annie. Blonde aux yeux bleus, sage et douce. Toujours collés l'un à l'autre en récré.

J'avais prévenu les parents d'Annie lors du dernier livret que je m'inquiétais un peu de leur relation parce qu'il fallait bien le dire, Yliès avait déjà un comportement préoccupant et Annie commençait à être influencée.

Il y a deux semaines, dans la cours, Yliès s'est disputé avec Annie dans la cours. Par chance, justement je les regardais. Il l'a poussé assez violemment par terre. Ca aurait pu être pire si je n'avais pas vu le début de la dispute.

Le soir même, je disais à la maman d'Yliès, que j'étais inquiète. Pour la première fois, il s'en prenait à un autre enfant (même si ensuite c'est moi qu'on a frappé). Et je sentais que ça allait continuer. Le papa d'Annie, lui même, est arrivé a ce moment là. Très cool, et assez compréhensif, il a juste dit à Yliès "Tu sais, si tu frappes Annie, elle ne t'invitera pas à son anniversaire!".

Assez cool le père quand même... Il comprends cependant (et à mon avis sa fille a du lui dire aussi) que ce n'est pas un acte isolé et que le gamin a des sacrés problèmes. C'est un parent d'élève élu et je sais que cet évènement va lui rester dans un coin de sa mémoire.

Je ne suis pas surprise qu'il me demande de faire en sorte que sa fille ne joue plus avec lui. Peine perdue, celle ci a des élans masochiste et elle ne peux pas s'empêcher de retourner avec son petit copain.

J'en étais resté là puisque la semaine dernière, je choppe une laryngite qui me rends aphone 6 jours.

Lundi, je débarque à l'école et Valérie ma collègue m'annonce: "Tiens une bonne nouvelle pour toi sur le cahier navette de l'école! Moins bonne pour Richard (mon collègue) par contre" (le cahier navette est un cahier où les enseignants reçoivent les infos)

Ah...

Yliès ne sera pas déscolarisé à mi temps mais change de classe.... l'heureux gagnant est RICHARD! (ordre de l'inspectrice)

Moi: J'ai loupé un truc?
Dirlo: Yliès a mordu Annie assez violemment. Le père monte au créneau et il veut porter plainte. Comme la petite retourne toujours vers lui malgré tout, il faut la protéger. Il faut donc éviter qu'il se croise en classe et en récréation. Sauf que dans l'autre service de récré c'est les Petites section et la classe de Petits/Grands de Richard... donc il n'y a que lui qui peut le prendre.

J'avoue être assez déçue. Je le vis un peu comme un échec même si je sais pertinemment que je ne peux pas grand chose pour ce gosse. Ce qu'il lui faut, c'est un psychiatre.

Yliès vit mal ce changement. Richard est dans la classe voisine, j'arrive donc à les croiser quand nous rentrons en classe à 13h30.

Richard: Et c'est reparti...
Yliès: NON JE VEUX PAS TAAAAAAAAAA GUEUUUUUUUUUUUUUUUULE!

Je l'ignore. Je ne le regarde même pas. Pourtant ça me bouffe... Mais je sais qu'il hurle aussi pour attirer mon attention et me retourner n'est pas une solution.

Je rentre dans ma classe et ça hurle des "ta gueule" et des "je veux retourner chez Sandrine" au moins 20 bonnes minutes avant que dirlo vienne porter secours à Richard.

Ca me bouffe... c'est con hein? Le pire c'est que quand c'était mon élève, je m'étais habitué à me faire frapper tous les jours. Maintenant que c'est les autres, ça me choque plus encore.


Plus tard, pendant le changement de service de récréation Yliès me croise, me regarde et me dit:
"Maîtresse je suis plus avec toi parce que je suis méchant. Quand je serai gentil, je vais revenir hein?"

 L'inspectrice vient inspecter notre dirlo... On a presque envie que le môme entre en état de crise à ce moment là pour qu'elle réalise l'étendue du problème.


Je sens que les dernières semaines d'école vont être longueeeeeeeeeeuuu!


14 avril 2012

Couleurs



Maëlle, 4 ans, jolie petite métisse, pleine de malice.


Florence (Collègue): Je t'ai vu hier au marché avec ton papy.

Maëlle: Quel papy?

Florence: Ba c'était ton papy... je ne sais pas qui est qui...

Maëlle: Ba c'est simple: C'était papy blanc ou papy noir?

Florence: C'était papy blanc.

Maëlle: Ah... Non parce que chez moi c'est facile mon papa il est noir et dans la famille de papa ils sont tous noirs... Ma maman est blanche et toute sa famille est blanche. Et moi je suis café au lait... Mon frère il est plus chocolat au lait.

Florence: Et bien dit moi, tu es capable de donner une couleur à tous le monde?

Maëlle: En fait non... Caroline (asiatique) je sais pas de quelle couleur elle est... et Amina non plus. De toute façon, papa il dit qu'on à tous la même couleur quand il fait noir alors c'est pas grave si je sais pas.


*C'est pas faux*

12 avril 2012

Souvent les gentils gagnent... Mais des fois...



Becky: J'ai pas une bonne nouvelle...

Moi: Elle t'a encore pourrie la vie?

Becky: Je suis là encore aujourd'hui et demain... Mais je suis mutée après les vacances. Je suis a plein temps dans une autre école.

Moi: A cause de toutes ses conneries?

Becky: Ouai. C'est ma chef qui m'a annoncé ça.

Moi: C'est franchement des cons... Ils auraient pu te laisser finir l'année quand même! Il reste que 3 mois!

Becky: Je suis dégoutée. Je voulais rester avec toi, moi. Et puis pour les gosses, c'est pas génial. Kidzilla fait une crise à chaque nouvelle personne qui entre dans la classe pendant plusieurs jours.

Moi: Ils sont chiés quand même! Et moi, ils me préviennent même pas. Je compte pour des prunes!...Le bon côté des choses c'est que tu n'auras plus à la subir mais bon... pffff

*Évidement les mômes étaient fous de joie...*

*Life is unfair*

08 avril 2012

Cette douleur que je connais si bien.



La dépression a été une étape douloureuse mais instructive dans ma vie (et je parle au passé car officiellement cela fait plus de 3 ans sans rechute donc je suis guérie médicalement parlant) Si j'en retire beaucoup de peines et de douleurs, et si les conséquences de la maladie sont encore présentes (hypersensibilité, méfiance et fermeture émotionnelle à toute relation amoureuse ou amicale "sans retenue"...  c'est à dire que dans la mesure où, toutes relations construites depuis m’indiffèrent et que je peux très bien couper les ponts avec quelqu'un connut après cette période de ma vie du jour au lendemain sans que ça ne me fasse ni chaud, ni froid...), j'en retire au final de bonnes choses. Je me satisfais pleinement de ma vie actuelle même si elle n'est pas "socialement correcte" à savoir trouver un amoureux, me marier et avoir des enfants. Je n'ai aucun désir de ses formalités sociales et je ne les envie pas. Ma solitude me plaît et je ne comprend toujours pas pourquoi on m'incite tous le temps à m'en sortir malgré le fait que je clame partout être grandement satisfaite de ma vie actuelle. Quand les gens comprendront que la norme n'est pas une généralité, ils me feront signes.


J'ai toujours cru au fait que chaque être humain a un but dans la vie et qu'une "entité" (Dieu?) nous avait créé dans un but bien précis. Je ne crois pas que le mien soit de fonder une famille ni de satisfaire un mari, un chéri... Je ne suis pas fermée à cette possibilité, mais en ce qui me concerne je pense qu'elle est totalement inutile à mon épanouissement personnel (l'avenir me le confirmera, ou pas). Mon métier, dans une certaine mesure m'épanouit. Mes amis, dans une autre mesure m'épanouissent aussi. A part ça, rien. Mais je trouve ça suffisant pour le moment... ou presque... J'ai un autre domaine qui pourrait m'épanouir cent fois, mille fois plus, mais il demande de franchir un pas. Je suis encore "bloquée" et pourtant je pense ne pas être loin. J'ai effleuré cette épanouissement il y a quelques années et je m'y suis sentie tellement bien... la réalité fait que je m'en suis éloignée, mais je me rappelle encore des jours heureux et de la chaleur que tout cela me procurait. Peu de gens sont vraiment au courant de ce désir qui m’apaise, m'émeut et m'emplit de joie rien que d'y penser. Je ne souhaite pas réellement le révéler de peur que ce rêve idéal ne s'évanouisse, c'est un peu une petite bulle que je protège. Ce blog c'est aussi un peu effleurer ce chemin de vie et c'est pour ça qu'il a survécut toute ses années (même si je ne l'entretient pas des masses).


Ceci étant dit, je m'éloigne complètement de ce que je voulais dire à l'origine...


Si j'en viens à parler de ma dépression, c'est qu'elle vient de me rebondir dans la gueule assez violemment. Non pas que je retombe dans cet abysse infernal (dieu merci) mais plutôt que mon épisode dépressif est en train encore de me servir de nouveau pour la bonne cause.


Bien souvent, je parle ici de mes élèves et de mes collègues. des parents et de l'éducation nationale. Souvent de ce qui me choque, de ce qui me fait rire, de ce qui m'interpelle. Pourtant je parle très peu d'une personne que je vois tous les jours à l'école et qui participe pleinement à la vie de ma classe. Je fais référence ici à mon ATSEM. Vous savez, la petite dame qui aide dans les classes de maternelle à faire la peinture, à aider les enfants, à nettoyer la classe... Bref l'allier de choix des enseignants de maternelle, sans qui on serait inévitablement débordé.


Becky est mon ATSEM. Elle a 19 ans. Je l'ai rencontré il y a 3 ans pendant que j'étais ZIL et elle était alors en formation. Aussi, j'ai été assez contente de la revoir et qu'elle soit mon ATSEM pour sa première année en tant que titulaire. Comme tout débutant, elle est encore un peu hésitante. Il faut lui expliquer un peu plus qu'aux autres ce qu'on souhaite, elle manque un peu de méthode et elle bourdasse un peu parfois. J'ai beaucoup travaillé avec des ATSEM expérimentées donc du coup j'ai du un peu m'adapter et passer un peu plus de temps à lui expliquer les choses, mais elle a bon coeur, elle aime les enfants et surtout, son boulot lui tient à coeur. On a tous débuté et on a tous bourdassé en tant que pauvre bleu. Mais je pars du principe que si on fait de son mieux, tout ça n'est pas grave et avec l'expérience, tout s'arrange.


Becky n'est avec nous que l'après midi. Le matin, elle est dans une autre école, où j'ai aussi travaillé. Et c'est là que ça se complique.


Pour comprendre un peu ce qui arrive a Becky, je vais remonter 2 ans en arrière, un peu avant Noël. Je travaillais dans cette école pour 2 jours. Il avait beaucoup neigé et les enfants, au lieu de partir en récréation, regardait un petit dessin animé en salle de motricité parce que la cour était devenue une vrai patinoire. C'était quelque jours avant les vacances. La directrice... appelons la... Melle Mangin (si vous comprenez déjà ou je veux en venir grâce à ce nom, c'est que nous avons probablement les mêmes références télévisuelles... Si j'étais plus "littéraire" je l'aurais appelé "Miss Minchin" mais vous n'avez pas forcément lu le livre) est une espèce de tyran en son territoire, totalement dénué de sentiments... et selon moi totalement dénué de jugeote voir de cerveau. Elle devait ranger je sais plus trop quoi dans un endroit protégé et l'idée lui est venue de le mettre dans la réserve EPS de la salle de motricité.


Problème: Nous sommes en maternelle et dans cette réserve était conservé les cadeaux de noël des petiots en attendant la venue du Père Noël qui devait se faire le lendemain.


Un adulte "normal" aurait soit trouvé une autre cachette, soit attendu que les enfants sortent de la salle de motricité, pour sortir les cadeaux, les mettre ailleurs et mettre son bordel en place.


Ba non. Melle Mangin, elle, elle prend le chariot de cadeaux, le sort de sa réserve sous les yeux des gosses et dit "Regardez les enfants! Le Père Noël est passé, il a laissé les cadeaux mais vous les aurez que demain!"


Personnellement, j'étais assez effarée. Les autres enseignants ont parus être "habitués" et l'un d'entre eux à soupiré profondément. Ceci dit, j'étais ZIL et donc par nature, je n'étais que de passage. J'ai donc soigneusement fermé ma gueule pour évité de faire des vagues. Clairement, j'étais assez contente de me tirer vu ce qu'on disait de cette école, de Melle Mangin et le spectacle dont je venais d'être témoin.


Aussi quand j'ai su en septembre que Becky y travaillait, je l'ai mise en garde "Attention, Melle Mangin a sa réputation... Comme je te plains!"


Ceci dit cette réputation n'est pas qu'un avis personnel car, son incompétence est telle qu'un anecdote assez effarante a fait le tour de la circonscription: L'année dernière, Melle Mangin s'est fait inspecter en sa qualité de dirlo. Après moult critiques de l'inspectrice sur la gérance de son domaine, et pendant que Melle Mangin avait sa classe, elle prétexta partir chercher ses photocopies restés en salle des maîtres en disant à l'inspectrice "Vous pouvez me les garder une seconde s'il vous plait" en sortant de sa classe sans même attendre une réponse de l'inspectrice (j'oserai dire "What the Fuck!!!"). Ceci dit, ce n'est pas le pire: Les photocopies n'était qu'un prétexte: Melle Mangin savait bien que son inspection commençait sérieusement à sentir le roussit, si bien qu'elle n'est pas allé chercher des photocopies mais qu'elle s'est dirigé sans aucune hésitation vers (attention accrochez vous...) l'alarme incendie, histoire d'écourter cette inspection catastrophe. L'histoire est remontée à l'inspection académique sans réelle suite. C'est bien malheureux que même après une bourde aussi grosse, un fonctionnaire soit toujours aussi bien protégé.


Ai-je réellement besoin d'en rajouter sur les problèmes psychiatriques de Melle Mangin après ça?


Les problèmes de Becky ont fait surface très rapidement. Elle me disait déjà en octobre que son travail lui était pénible là bas et qu'elle ne voyait pas les après midi passés avec ma classe. Je ne m'alertais pas pour autant. Normal qu'elle préfère être avec nous: Elle me connaissait d'avant, l'école est chouette, les collègues aussi. Il y a donc tout un tas de raisons pour préféré un endroit plus qu'un autre.


J'ai commencé à m'inquiéter plus pour elle fin novembre, début décembre, quand ses congés maladies se sont répétés et que le peu de fois où je la voyais c'était pour se plaindre de la directrice et de l'enseignante avec qui elle travaillait dans l'autre école.


Pour avoir vécu un nombre de maladies incroyables avant le diagnostique de ma dépression (dont un zona assez impressionnant dans le dos, tellement étendu que comparable à une seconde varicelle), ses absences répétées commençaient à m'alerter sur son état de santé psychologique. Becky n'allait pas bien. Elle ne me parlait pas encore réellement de tout. Elle me disait juste qu'elle ne s'entendait pas avec l'enseignante qui ne lui épargnait rien. Certes les classes de maternelles se salissent vite, mais nous sommes là aussi pour enseigner aux enfants au minimum le soin du matériel et de l'équipement. Ne serait ce que ramasser du papier de découpage et nettoyer les éventuelles tâches de peintures au sol ou sur les tables, car Becky n'est pas là que pour nettoyer mais aussi pour aider les enfants dans leur travail. J'insiste pour qu'elle participe autant que moi aux activités de la classe. La bas, elle ne fait que le ménage... Et rien ne lui est épargné car les enfants ne sont pas priés de nettoyer un minimum leurs matériels. Elle n'y a d'ailleurs touché aucun cahier des enfants.


Si ça n'avait été que jusque là...


Car depuis quelques semaines Becky me pose des questions du genre "J'espère que je te suis utile hein?" "Je ne fais pas que les choses de travers?" "Tu me dis si j'ai fais quelque chose de mal?". Je suis sincère: Tout n'est pas parfait mais elle n'est que débutante. Normal que tout ne soit pas carré!


J'apprends alors que son calvaire l'achève lentement. L'enseignante se plains que la salle n'est pas assez propre, que tout n'est pas fait à temps et Melle Mangin s'en mêle pour en rajouter une couche. Becky essaye quotidiennement de faire de son mieux mais ça ne suffit jamais.


"Je comprend pas... tout se passe bien ici... hein? Là bas, je fais tout mal!"


La dépression m'a appris un truc primordial: Dans ce monde, il y a tout un tas de cons, mais surtout de vrais connards sadiques. Des gens qui font du mal pour le plaisir d'enfoncer quelqu'un dans la merde. Le tout c'est de les reconnaitre et de les éviter... du moins de les ignorer.


Aussi, quand Becky est un jour venu dans ma classe pendant la pause méridionale. J'ai senti qu'un truc n'allait pas et quand j'ai voulu un peu creuser, elle a fondu en larme: Melle Mangin en est venu à se plaindre directement à la mairie du travail de Becky.


Du coup, j'ai pris beaucoup de temps pour lui parler et lui expliquer que clairement j'étais trèèèèèès bien placée pour comprendre ses soucis.


Moi: Tu sais, elle est complètement tarée... je t'avais prévenu en début d'année. Tu n'as rien à craindre. Tu es fonctionnaire et tu ne peux pas te faire virer. Après, je sais que ça ne te soulage pas beaucoup parce que tu doutes surtout de toi. Avec moi ça se passe bien, même si tu bourdes mais c'est normal. Moi je suis bordélique et t'es déjà bien gentille de pas t'en plaindre. On a tous des défauts, on est pas parfait. Mais t'es loin d'être nulle. C'est juste une connasse et tous le monde le sait bien. Demande un autre poste pour l'année prochaine et tient encore quelque mois mais surtout ne prête pas d'intérêt à ce qu'elle peut dire.


Becky: Mais tu sais d'une certaine façon j'ai pas envie de partir parce que...


Moi: Parce que tu veux montrer que t'es plus forte que ça? Tu sais, quand j'ai commencé a allé mieux après ma dépression, j'ai voulu plusieurs fois contacter ma conseillère pédagogique pour lui dire que j'étais encore enseignante et que j'avais survécu malgré sa volonté de me détruire. Je voulais lui faire comprendre qu'elle m'avait fait du mal pour que d'autre après moi soit épargné. C'est mon psy qui m'a convaincu que c'était inutile. Ca serait donné de l'importance à ses actes destructeurs et ça amplifierai son sadisme parce qu'elle verrait que ça marche. Et même si ça me démange encore de ne pas lui avoir dit ses quatre vérités, au fond je sais qu'il a raison. Et puis je sais que tu t'inquiète: tu te dis aussi que si tu te tires sans essayer d'arranger les choses, les autres débutants qui viendront à ta place...


Becky:... Ils subiront ça aussi. Oui ça m'embête que des gens après moi vive ce que je vis.


Moi: Tu sais, il faut comprendre que ni toi, ni moi, ne sommes des "wonder women"... Qui es tu pour croire que tu peux sauver le monde? La première personne que tu dois sauver, c'est toi. Les autres, tu t'en fou. J'étais comme toi avant de me rendre compte qu'on était dans un monde d’égoïstes. C'est dur à entendre et à en prendre conscience mais c'est la réalité. Tu sais, si toute cette histoire ne te tracassait pas, je me poserai des questions. Mais ça te bouffe et si ça te bouffe c'est parce que tu veux faire ton travail correctement et que tu essayes de le faire bien pour les gosses. Ca prouve au moins ta volonté de bien faire alors qu'il est si facile pour nous, en tant que fonctionnaire, de rien glander parce que de toute manière on ne peut pas te licencier. Pense à toi, fait de ton mieux, continue toujours à te remettre en question pour progresser mais ne te fait pas détruire par des cons prétentieux. C'est normal que ça te touche mais il faut passer au travers.


N'empêche que même si j'ai eu l'impression de l'avoir consolé (et dieu sait que tout ce que je lui ai dit c'est ce que moi j'aurais voulu entendre... mais maintenant il faut qu'elle en prenne vraiment conscience) j'ai quand même voulut mettre mon grain de sel dans cette histoire. J'en ai parlé a super dirlo de moi.


Dirlo: Mais qu'elle conne cette Melle Mangin... Le truc c'est que je veux pas trop me friter avec elle parce qu'elle me fait chier aussi. La seule chose que je peux faire, c'est d'appeler la mairie et dire que ici tout va bien mais qu'a chaque fois qu'elle arrive de l'autre école, elle est toute démoralisée. Comme ça, la mairie a les deux sons de cloche et pas que du négatif.


*quelques jour plus tard*


Concierge: Tiens j'ai Becky pour toi au tel...
Moi: Allo.
Becky: Ouai... je viens de parler avec Melle Mangin. Elle me dit qu'elle a parlé à la dirlo de ton école.
Moi: Quand?
Becky: Hier.


*???*

Moi: et?
Becky: Melle Mangin m'a dit qu'elle pensait la même chose toutes les deux. Que je faisais du mauvais boulot et elle a convoqué ma chef.


*RAAAAAAAAAAAAHHHHH!*


Moi: Tu diras à cette pouffiasse de mythomane d'arrêter de lécher le tableau parce que ça lui donne de graves problèmes neurologiques: Notre dirlo est absente depuis hier et pour deux semaines. Elle est en congé maladie. De plus, si elle veut un avis sur ton boulot c'est à MOI qu'elle doit demander ça et je serais ravie de lui toucher et en ta présence. Tu te doutes bien qu'elle ment quand même puisque notre dirlo a parlé avec toi et t'as rassuré. Ne crois pas un mot de ce que cette pouffiasse peut te dire. Elle mériterait bien quelques coups de poing dans sa gueule cette connasse.




Ca me démange... Mais ça me démangeeeuuuuuh!

07 avril 2012

Exorciste, psy, magicien et à l'occasion Prof aussi...



Tiens c'est vrai, j'ai un blog...

J'ai pris de grandes résolutions: J'essaye de m'organiser. Seulement la procrastination m'a fait prendre pas mal de retard. Et avec ça, faudrait que j'arrange le champ de bataille qui me sert d'appartement (dit elle alors qu'elle est sur son canap, en pyj et en plein milieu d'après midi).

Ca sent sérieusement la fin d'année: mercredi dernier nous avons remplis la feuille de passage de mes élèves, chose quasi inutile en maternelle car sauf dossier MDPH (enfant avec handicap reconnu) les redoublements en maternelle n'existent pas. Quand je vois qu'un de mes grandes section a un niveau de moyenne section, qu'il arrive pas à se tenir sur une chaise, qu'il arrive a s'endormir partout y compris au milieu de la cours en plein hiver et qu'il suce continuellement son pouce au point qu'il soit à moitié digéré par sa salive, alors oui je me dis que cette folie furieuse du refus de redoublement à tout prix est une aberration totale. Soit, je ne suis pas encore habituée à cette folie furieuse gouvernementale se permettant de donner des avis flirtant sérieusement avec le crétinisme et déstabilisant toujours un peu plus le statut déjà bien décrédibilisé de professeur. Et après on ose dire que le niveau des élèves baisse alors qu'on nous donne ni solution de redoublement, ni de moyen de remédier aux échecs scolaires et le peu d'aide du RASED disparait lentement avec la baisse des effectifs dans l'éducation nationale... C'est pas des profs qu'il faudrait, c'est des magiciens.

De même, la répartition de mes élèves a été faite pour l'année prochaine avec certains enjeux majeurs: Qui qui veut Kidzilla l'année prochaine? Et Yliès, ma petite brute qui frappe, mord, griffe et crache sur les adultes?

Prenons donc des nouvelles de Kidzilla: Toujours scolarisé à mi temps, il y a une nouveauté, et pas des moindre: Kidzilla a une AVS  (pas officiellement mais j'ai l'appui de la merveilleuse conseillère à l'éducation de la circonscription qui m'a permis d'avoir ces moyens humains indispensables) Car même si en ce moment, je suis la seule adulte qu'elle écoute et à qui elle obéit (apparemment Maman et Beau Papa vivent un enfer), un adulte prêt a être à ses côté pour la faire travailler me décharge l'espace de 30 minutes... avant qu'elle ne revienne me demander un peu d'attention. Cela peu paraitre peu, mais c'est déjà énorme... Comme le chemin qui a été fait jusque ici. En début d'année, j'avais des "Ta Gueule" à tout bout de champ. Je n'en ai plus. Je devais lui courir après pour qu'elle se mette en rang. Maintenant elle vient me donner la main et se range parfois avec un autre élève.Elle refusait tout travail scolaire. A présent, elle les réclame. Elle était seule et farouche. Elle commence a jouer avec les autres. Elle se lavait les mains indéfiniment et maladivement tous les jours. Maintenant ça lui arrive à titre vraiment exceptionnel et seulement si son quotidien est bouleversé, par exemple si je suis absente et qu'elle se retrouve dans une autre classe... D'ailleurs dans ce cas là, les hurlements et caprices reviennent aussi alors que je n'en ai quasiment plus et que j'arrive à le gérer assez facilement. Bref, Kidzilla ne tient son pseudo qu'à un ancien souvenir fantôme qui réapparait de temps en temps.

Il n'y a qu'à voir hier, alors que je lui ai donné son petit panier de Pâques avec 3 gros oeufs au chocolat. Nous attendions Beau Papa à l'entrée de l'école avec quelques élèves de l'élémentaire, s'attendrissant sur ce petit bout de petite fille qui n'avait pas résister à la tentation de dévorer un oeuf en chocolat (après m'avoir demandé poliment si elle pouvait). Parce que clairement, cette petite bouille s'exprimant comme un enfant de 2 ans (alors qu'elle en a presque 5) dévorant un oeuf en chocolat, assise par terre, sans se soucier de s'en tartiner tout le contour de la bouche et vous regardant avec un air un tout petit niais, ça ne peut que vous faire tirer un grand sourire. Elle m'a fait vivre l'enfer, mais en même temps, cette gamine, elle a réussi à me toucher, avec sa fragilité.

Sauf que voilà, mardi tout peu changer! Car, si beau papa était un peu en retard hier, ce n'était pas pour rien. Il avait mis du temps à revenir de la clinique à cause des embouteillages, parce qu'il avait dû y emmener la maman de Kidzilla. La différence entre hier et aujourd'hui, c'est que Kidzilla doit être à l'heure qu'il est, grande soeur... Et ça, ça peut changer beaucoup de chose, en bien comme en mal.

Yliès quand à lui est fluctuent... Il y a des jours où ça va et des jours où c'est l'enfer. Pourtant en ce moment, il semble vouloir se maîtriser. Il m'arrive alors de voir son regard changer, mais il ne monte pas sur ses grands chevaux en contenant toute sa rage. Je le félicite tout de suite quand je m'en rends compte en lui disant que je voyais bien que la crise allait venir mais qu'il arrivait à se maîtriser et il semble alors fier de lui.

La semaine dernière il a fait quand même une crise à la cantine. Maîtrisé par le directeur adjoint alors qu'il se débattait encore, à peine m'avait il aperçu à l'entrée du bureau qu'il s'est calmé. Je lui ai juste dit calmement "Je suis très déçue et très triste de ton comportement." et il a fondu en larme.  Pas pour m'attendrir mais parce qu'il était honteux. Preuve que malgré tout les coup de pieds qu'il m'a donné, j'ai quand même un certain ascendant sur lui.

Mais comme dans tout accès de violence de Yliès il y avait une raison à cela. La veille, sa maman lui a dit qu'il passerait le mercredi suivant seul avec son vrai papa. Celui qui vient de sortir de prison. Celui qui a violenté sa compagne. Celui qui n'a plus aucun droit parental sur Yliès. Elle fait ça pour son fils, Yliès, qui, à cause d'une maladresse de sa grand mère, connait le passé monstrueux de son papa.

"Mais madame... Vous vous rendez compte que jusque là, vous avez fait un portrait monstrueux de son père. Que vous avez même reproché à votre fils de lui ressembler. Que vous ne cachez pas la haine que vous avez envers votre ancien conjoint. Vous allez laissé votre enfant à un homme dont il connait un visage détestable. Mais madame, c'est comme si vous disiez à votre fils que les crocodiles sont monstrueux et dangereux et que vous lui dites soudainement que bientôt vous allez l'enfermer dans une cage avec l'un d'entre eux. Si il réagit comme ça, c'est qu'il a peur. Tous le monde aurait peur à sa place."

"J'avais pas vu ça comme ça..."

C'est tout de même désespérant de devoir éclairer une mère sur quelque chose de si évident.

31 janvier 2012

Le choc des cultures



*Environs 10h, cours de récréation, une de mes élèves, Caroline, une petite vietnamienne s'approche de moi et de mon collègue Franck accompagnée de Amina*

Franck: Bonjour Caroline! Alors tu as fêté l'année du dragon?
Caroline: Oh oui c'était bien!

Moi: D'ailleurs le prénom vietnamien de Caroline c'est "Niew"

Franck: Ah oui? Alors Niew, tu es de quelle année chinoise toi?

Caroline:... je sais pas...

Franck: Tu ne connais pas ton signe astrologique chinois? Moi par exemple, je suis buffle!

Moi: Et moi, je suis chien.

Caroline: Ah! Je suis cochon!

Franck: Tu vois, tu le savais!

Amina: Et moi, je suis Hello Kitty!

*j'ai peut être pas tout compris moi en lisant Fruits Basket*

Un occasion donc pour vous souhaiter un bon nouvel an chinois!
 

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