08 septembre 2012
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Aldysse
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/20 en progrès!
Première semaine.
Je suis contente: ma rentrée commence bien. Je ne me suis pas laissée débordée par la paperasse administrative (ce qui est un miracle en soit mais y'en a encore pas mal en stock), mes élèves sont plutôt mignons et calmes (ce qui me change de mon ambiance de classe de l'année dernière mais ça peut encore changer) et si ils sont nettement moins performant que mes élèves précédents, ils sont aussi beaucoup plus mous du genou. (mais ça, ça va changer vu comme j'ai tendance à leur botter le cul pour qu'il se remue).
Moi ça va... Mais j'ai un truc dans le dos qui me gêne... Cette espèce de cape qui me donne envie d'intervenir quand mes collègues sont à l'arrache... Car si ma classe est calme, j'entend ce qui se passe à côté. Et à côté il y a Kidzilla...
Et Kidzilla reprends ses habitudes et teste son AVS et sa toute jeune maîtresse a savoir pourrir toute la classe en hurlant... Hurler au point de l'entendre et pourtant on est très bien isolé.
Je vis un cauchemar... sans rire j'ai qu'une seule envie , venir lui remonter les bretelles. Je l'ai fait
2/3 fois... La première fois, alors qu'elle venait de hurler à en faire trembler les murs de l'école. Je suis rentrée, j'ai fait les gros yeux et elle a fondu en larme... Ce qui est un relatif progrès parce qu'avant elle aurait souris pour me gonfler un peu plus.
Je sais que ça ne me regarde plus, que j'ai fait ma part, qu'il est temps de passer le relais... Mais comme une bonne greluche que je suis, ça me bouffe encore.
C'est super dur parce que je me retiens... je veux pas que ma collègue pense que je la crois incompétente! Ce n'est pas du tout le cas. Je sais juste que comme la petite me connais, j'ai les trucs et astuces et surtout, elle ne cherche plus à me tester. J'ai l'habitude.
Je lutte avec moi même et c'est juste horrible d'être torturée. Je me remet pas mal en question pourtant et surtout j'essaye de plus me laisser emporter par mes sentiments parce que concrètement ça ne me mène à rien de m'emporter pour qu'au final tout m'échappe. Que ce soit professionnellement ou dans ma vie perso d'ailleurs.
J'ai vraiment un caractère de merde, c'est un fait. Faut que j'essaye de m'adoucir un peu.
Surtout que c'est pas le travail qui manque puisque mes élèves sont nettement moins bon que ceux de l'année dernière: les couleurs basiques comme le jaune n'est pas connu d'au moins la moitié de mes élèves alors que les couleurs étaient acquises par mes élèves précédents dès le début de l'année.
Si vous ne l'avez pas remarqué, je n'ai toujours pas parlé de l'inévitable Yliès. Celui qui crache, frappe, mords, griffe, enfants comme adultes et qui a balancé tout ce qu'il y avait sur le bureau de dirlo.
Tout simplement parce que Yliès a changé d'école.
Je m'y attendais. La maman l'avait évoqué l'année dernière. Il y a 2 écoles qui sont beaucoup plus proches de son domicile. En plus, je sentais bien qu'elle voulait "effacer" le lourd dossier de son fils de 4 ans.
Pour autant, j'ai encore des nouvelles. Il a croisé une ATSEM dans la rue et il lui a dit avec son regard noir: "Toi, je te connais plus".
Reste à savoir ce qu'on a dit à ce petit. Dans le pire des cas on lui a fait avaler le fait qu'il a été tellement relou qu'on l'a viré de l'école. C'est probable comme discours... On lui a dit tellement de conneries à ce môme.
Pour autant, sa nouvelle école est à, à peine, 5 minutes à pieds donc quelque chose me dit qu'on va an avoir des nouvelles.
Mais lui au moins je l'entends plus, donc je range ma cape au placard.
L'autre personne qui est ravie c'est mon collègue qui devait l'avoir dans sa classe. Il aurait presque fait le tour de l'école en hurlant de joie! XD
04 septembre 2012
Les jumeaux
Au début du livre A year in the merde (que je recommande en VO) l'auteur, anglais, fait remarquer au lecteur qu'en France, l'année commence en septembre et non en janvier...Quand j'ai lu ça, j'ai souri. Mais en fait, a y regarder, c'est tellement vrai. Toute la société est marquée par la rentrée des classes. T'as pas de mômes, tu est cloîtré chez toi mais tu sais que c'est la rentrée et tu le vis presque comme un premier janvier. Tu le vois parce qu'il y a plus de monde dans les transports ou sur la route... Tu le vois aussi parce qu'il n'y a plus de morveux ou de caravanes de maman en poussette dans les rues après 9 heure.
A notre échelle de prof, c'est un peu double rentrée, parce que on reprend le travail comme tous le monde et surtout, quand on reprends le même niveau, on recommence le cycle précédent... Reboot et essaye encore... et ça recommence.
Revoilà une énième rentrée à mon actif, différente des précédentes puisque pour la première fois je fais la rentrée sur la même école.
Arrivée à 7h50, mes collègues sont presque tous là... Derniers réglages voir si tout est près... 8h10. On attends, Atsem profs, tous dans le couloirs. Et puis la sonnerie retentis à 8h20. TAÏÏÏÏÏÏAUUUUUT
Sur 26 élèves, 23 présents... On m'avait dit que c'était des enfants muets. On m'avait dit qu'ils étaient sensibles et bien c'est vrai. Plus de la moitié de la classe a pleuré, j'ai invité les parents a rentré un peu, les enseignantes de petites sections sont venues à la rescousse (le petits rentrent en milieu de matinée), je me suis retrouvée rapidement avec plus de 10 adultes dans la classe, tous bien occupés.
Cette année est toute particulière puis que les 2 classes de moyennes section (ma collègue Célia et moi) se partagent 3 couples de jumeaux... Car oui, on préfère casser les couples pour éviter l'espèce de fusion qui empêche parfois le jumeau d'exister en tant qu'individu.
Nous avons donc:
-2 filles fausses jumelles, aux prénoms différents, habillée différemment et séparée dans des classes différentes déjà l'année dernière.
-2 vrais jumeaux, qui se ressemblent mais qu'on distingue assez bien, Robert et Roberto (c'est pas leur vrais prénoms mais leurs prénoms sont très semblables) et habillés différemment.
-2 vrais jumelles Sonia et Aïcha, ou comment faire la différence entre une goutte d'eau et une autre goutte d'eau habillée presque de façon identique et la maman n'a pas voulu qu'elles soient dans des classes différentes en Petite Section. Et là, c'est le bordel...
Célia: Comment elle s'appelle ta jumelle à toi?
Moi: Aïcha...
Célia: Oh merde... C'est laquelle la mienne?
Moi: La mienne c'est celle qui a le t-shirt blanc sous sa robe en jean. Toi c'est celle qui a le t-shirt rose...
Célia: Même les chaussettes et les élastiques des couettes sont de la même couleur...
Moi: Au pire si on est perdu faut qu'on regarde, Aurélie qui les a eu l'année dernière m'a dit qu'il y en a une qui a une toute petite cicatrice de naissance sur le front.
Célia: La tienne ou la mienne?
Moi: Je sais pas. Faudra regarder tout à l'heure.
Evidemment, on n'a pas regardé, et comme il a fait chaud...
Moi: Oh mince la maman a retiré les t-shirts ce midi.
Célia: Oh purée...
Moi: Attends j'ai une idée, j'appelle la mienne et je regarde son front... AÏÏÏÏCHAAAA.
*les deux se pointent*
*great*
Moi: J'ai appelée Aïcha, pas Sonia. Qui est venu dans ma classe ce matin?
...
*Evidemment elles ne sont pas dégourdies et elles sont muettes*
Moi: Y'a une toute petite cicatrice sur celle ci...
Célia: Celle là elle a un espèce de bouton bizarre...
...
Moi: Bon attends, j'appelle Aurélie parce que là on y arrivera pas...
...
Moi: C'est Sonia ou Aïcha qui a la cicatrice?
Aurélie: Je sais plus moi!
*great*
Célia: Alors...
Moi: Ba alors on va bien voir quand ça va sonner.... C'est comme les chiens, ça suit son maître... Celle qui me suit ça va être la mienne... On a plus qu'à prier pour que ça marche.
*sonnerie*
*les petites se séparent dans des rangs différents*
*soulagement*
Moi: Moi j'ai bouton bizarre.
Célia: Et moi j'ai cicatrice.
Récréation de l'après midi, salle des maîtres.
Moi: Le cru 2008 est sage et calme. C'est pas des bavards, mais c'est pas des flèches non plus. Par rapports à mes excités bons de l'année dernière, je vais sentir la différence... Et puis Roberto c'est pas une flèche... Y'a un gros soucis: je lui ai demandé de dessiner un bonhomme dans le cadre et il a passé son feutre autour de la feuille et a repassé très maladroitement le contour du cadre.
Aurélia: T'as pas le bon jumeau... Je pense, et les parents aussi d'ailleurs, qu'il doit avoir un handicap, surtout quand tu le compares à son frère. T'as laquelle des 2 vrais jumelles?
Moi: Aïcha.
Aurélia: Ah ba t'as la moins bonne des deux aussi!
Moi: Non mais en clair vous m'avez refilé à chaque fois le jumeau qui est tombé par terre pendant l'accouchement quoi?
Bref, les jumeaux c'est la plaie...
C'était une bonne rentrée, prometteuse quand à l'ambiance mais je pense qu'elle sera décevante quand à la performance des enfants...
Ce qui a changé pour moi, c'est le calme. Et ce qui me fait drôle c'est de voir mes anciens élèves dans la classe de collègues comme Kidzilla qui est dans la classe voisine, et Yliès dans celle encore d'à côté (mais il n'est pas encore revenu de vacances). Je ne les croise que pendant la récré.
Kidzilla: Maîcreeeessseuuuh!
Moi: Bonjour! Alors tu as été sage avec ton maître?
Kidzilla: Oui.
Moi: C'est vrai?
Collègue: Ca va... tant que l'AVS est là dans la classe.
Moi: Oui et en cas de soucis, appelle moi.
Après la récré on remonte en classe.
Kidzilla: Et maintenant je reviens avec toi maîcresse?
*NO WAAAAAAAYYY*
Moi: Je ne suis plus ta maîtresse ma grande. Un bisou et tu retournes avec ton maître.
*une année supplémentaire avec Kidzilla ou Yliès et je fini à l'asile*
Et maintenant que la rentrée est passée, je vais être moins stressée et moins chiante... Mais il est encore trop tôt pour savor si c'est A year in the merde ou pas
02 septembre 2012
Ca sent la rentrée
Corrigé par
Aldysse
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/20 en progrès!
Je suis quelqu'un d'infiniment stressé... Et à chaque rentrée, c'est le même cinéma.
Comme beaucoup de gens, j'ai horreur d'être jugée. En même temps qui apprécie ça? Je pars du principe qu'il est très difficile de juger quelqu'un et c'est une chose que je ne me permet pas. Je peux dire que j'apprécie les choses, mais j'ai toujours énormément de réticences sur les jugements négatifs en me défilant à coup de "j'aurais pas fait comme ça", "je préfère l'autre"...
Bizarrement les attaques sur mon physique m'indiffèrent... mes compétences c'est autre chose. On peut me balancer toutes les saloperies imaginables sur mon physique ça ne me touche plus. Par contre juger mes choix ou mes compétences me rends assez susceptible.
Etre prof c'est être jugé en permanence: par ses élèves, par les parents, par les collègues et par tout autre intervenant extérieur qui viendrait envahir mon espace personnel: ma classe.
Je suis sans cesse en train de me torturer de doutes sur mes compétences à cause d'un historique familiale très très lourd et surtout sur mon début de carrière extrêmement chaotique... on peut le voir sur ce blog en 2007 après ma titularisation... 2006 a été pas mal non plus... Car il est une chose que je n'ai jamais dites ici: mon année de formation à l'IUFM a été catastrophique et j'ai bien failli ne pas devenir prof...car si la validation de l'année était quasi automatique à l'époque, j'avais tellement bourdé, que j'avais fait un espèce de rattrapage du rattrapage tellement j'étais à l'arrache... ma titularisation s'est faite à un cheveux. Même si ce n'est pas une excuse, il faut bien le dire, je n'étais pas quelqu'un de très stable émotionnellement à l'époque c'était le début de la longues descentes aux enfers.
Même si je vais beaucoup mieux (y'a pas photo) et même si il faut le reconnaître que oui, avec le recul j'ai fait beaucoup de merde (mais bon, on progresse avec les années dans ce métier) Je suis tout le temps en train de me mettre une pression monstrueuse.
Parce qu'il faut bien le savoir: si on devait tout faire tout correctement dans une classe, on ne ferai pas grand chose à côté, si ce n'est manger et dormir (et encore pas longtemps). Du coup, comme il y a toujours beaucoup de choses à faire et que chaque instant de libre pourrait être utilisé à bosser pour tenter d'atteindre une certaine perfection, quoiqu'il arrive, t'as l'impression d'être une glandouilleuse. Et c'est pas les jugements extérieurs sur ton métier qui vont te rassurer.
D'un autre côté, comme on est seul maître à bord dans une classe, y'a pas grand monde qui peut juger en toute connaissance de cause nos compétences. Donc le moindre pas vers moi qui peut émettre un jugement je le prends comme une agression. C'est comme les collègues qui viennent regarder tes cahiers. On le fait tous pour voir ce que le collègue a fait pour nous inspirer... ba moi quoiqu'il arrive je le prends pas bien!
Une de mes collègues a regardé mes cahiers en fin d'année et elle m'a dit: "Dit donc tu les a fais sacrément bossé! et puis tu suis assez ce qu'on fait dans l'école!" Remarques entièrement positive hein... ba j'aurais préféré qu'elle regarde pas et qu'elle ne me dise rien... Allez savoir pourquoi!... je suis probablement atteinte d'une paranoïa surdimensionnée... C'est comme mes collègues qui viennent me dire que j'ai peu d'affichage... je le reconnais c'est vrai... mais moi j'ai les jetons rien que de me mettre sur une chaise... alors un escabeau! Pfff est ce que ma conscience professionnelle doit me pousser au point de devoir vaincre ma peur excessive du vide?
Alors oui, on est maître à bord dans sa classe mais pourtant on est peut être plus jugé que certains, parce que notre métier tous le monde le connaît ou crois le connaitre à partir du moment où on est allé à l'école ou dans une structure scolaire et donc tous le monde se permet de juger...
Bref ce métier me met une pression monstre, la société me met une pression monstre et moi j'en rajoute une couche parce que, faut bien l'avouer, j'ai pas une grande estime de moi. Je manque terriblement de confiance en moi et je me demande comment on peut bien me faire confiance.
Mais bon j'essaye de me soigner et d'aller au delà de ça en essayant de pas me rendre malade non plus.
Si encore j'avais des collègues monstrueux qui ne serait d'aucuns soutiens et avec qui je serais en froid! Mais non c'est pas le cas! On est peut être pas des grands copains mais on rigole bien et chacun sait ce qui se passe de croustillant dans la vie des autres... Comme Dirlo qui a fait un camps de naturiste ou la collègue qui a quitté son mari pour un représentant de spectacle pour enfant. D'ailleurs on peut pas se cacher grands choses à force de se confier nos soucis dans nos classes...
*devant la photocopieuse*
Hélène: Il est pas mal le nouveau Zil.
Moi: Oui, il est mignon!
Hélène: Ah moi j'en ferai bien mon quatre heure.
Moi: Ah ba je crois qu'on pense toute la même chose!
Hélène:... T'es bizarre!
Moi: De quoi?
Hélène: T'es la première à t’exalter sur la première proie qui passe!
Moi: Mais même pas vrai! C'est toi qui t'accapare toujours les petits nouveaux mignons! Faut arrêter le délire!
Hélène: Oui mais là t'essayes pas de me le piquer! C'est louche!
Moi: Te le piquer en quoi?? Il est là depuis 3 heures! C'est pas comme si il partait demain... on a le temps de le travailler au corps!
Hélène: TOI T'AS UN MEC!
Moi: Mais n'importe quoi! Tu délires!
Hélène: Si t'as pas un mec, t'as rencontré quelqu'un!
Moi: pffff...
Hélène: C'EST CAAAA!
Moi: Contrairement à toi, je ne me jette pas sur le premier bout de chair qui passe...
Hélène: HAAAAAANNN! Alors c'est qui? Comment il est?
Moi: Bon t'as fini avec les photocop?
Hélène: Ouai... HEY SYLVIE! SANDRINE ELLE A UN CHERIIIIII!
Moi: NON C'EST PAAAAS VRAAAAAAAIIII!!
Hélène: C'est presque ton chéri! C'est pareil!
Moi: Y'a rien de fait donc...
Hélène: AAAAAAAAAHHH TU VOIIIIIS!
Moi: DONC... je peux toujours m'intéresser aux petits nouveaux arrivants...
Hélène: Mais moi j'ai pas de casse dalle en vue! je suis prioritaire!!
*Productive cette rentrée des profs...Très productive*
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