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30 juin 2012

Aldulte et/est enfant.



Ce qui est embêtant quand on doit faire un bilan virant au négatif c'est qu'on reste amère et plein de regret sans trop savoir ce qu'on a loupé et même si on y peut rien.

La dernière fois que j'ai parlé de Yliès, il avait changé de classe suite à la plainte d'un parent et je l'entendais hurler dans la classe voisine.

Il n'y a pas eu beaucoup de changement et le peu qu'il y a eu n'est pas très encourageant.

Le changement de classe n'a été fait que pour calmer les esprits des parents portant plainte (adultes), pour qu'on foute la paix à notre inspectrice à cause des multiples plaintes alors qu'elle change de circonscription (elle aussi adulte) et pour que la maman d'Yliès soit moins oppressée par des parents excédés (aussi adulte quoique pas très responsable).

Où peut on trouver la bonne parole de l'éducation nationale prêchant que l'enfant est au cœur des préoccupations et qu'on doit privilégier le bien être des gamins avant toute chose dans cette décision?

Le quotidien d'Yliès dans sa nouvelle classe sont les crises à répétition. 2,3,4... jusqu'à 8 crises par jours. des hurlements, des injures, des coups. Son nouveau maître étant mon voisin de classe, C'est assez perturbant pour moi d'entendre les crises et d'en avoir des rapports à l'heure de la cantine. C'est aussi dur de voir mon collègue tellement tendu qu'on sent que ça bout à l'intérieur. Il me répète qu'il tient parce que pour lui ce môme est malade. Je sais ce qu'il vit. Je l'ai vécut en double avec Kidzilla.

On a tenté de faire un système de récompense de valorisation... rien n'y fait. Il frappe, crie, hurle et balance tout dans la classe. Du coup dirlo le prend souvent dans son bureau pour le calmer et l'appaiser. Quand il est seul avec l'adulte, ça se passe mieux.

Personnellement, oui je plains mon collègue mais j'ai du mal à en plaindre d'autre. Quand est arrivé le jour de la répartition des classes, il a fallu attribué Kidzilla à une classe de Grande Section et Yliès à l'autre. Évidement il est hors de question d'avoir 2 cas lourds dans la même classe bien que ce fut mon cas. Certes Kidzilla n'était pas dans ma classe à l'origine et je l'ai recueilli de bonne volonté parce que je voyais ma collègue péter un câble et que la gamine m'a presque choisi.

On a quand même eu le culot de me demander si je voulais prendre une classe de Grande Section l'année prochaine.

Je suis gentille mais pas bonne poire. J'ai subit un an et on me demande de continuer. Non. Et pourtant je l'ai dit dès janvier qu'il n'était pas question que j'ai à nouveau une classe aussi difficile l'année prochaine... On m'avait dit "ça on verra"... Non non c'est tout vu. 1 an c'est bien, 2 c'est indécent. D'ailleur c'était clair pour dirlo que j'avais des moyens l'année prochaine avant même de me le demander.

Peste ou choléra, Kidzilla ou Yliès. Qui aura qui. Au début il était prévu que Richard continu d'avoir Yliès dans sa classe de Moyen/grand l'année prochaine et qu'Arthur, mon autre collègue ai Kidzilla dans sa classe de grands pure.

 Et puis on s'est rendu compte que Annie se retrouvait de nouveau dans la classe d'Yliès et qu'il fallait les séparer pour ne pas qu'elle soit pas de nouveau son bouc émissaire. 

Je propose de changer Annie de classe contre un autre.

Ba non. Car il se trouve que Richard va probablement prendre temporairement la direction de l'école car dirlo va partir en congé mater. Comme il sera déchargé à temps complet, il sera probablement remplacé par un ZIL ou nouvel arrivant. Et donc il a été dit que "Donner Yliès à un nouveau prof c'est un coup à le dégoûter du métier et c'est clairement pas sympa... donc il faut qu'Yliès soit dans la classe d'Arthur et que Kidzilla soit dans la classe de Richard".

De mon point de vue c'est mieux aussi... mais je ne vois pas ça de la même façon: Kidzilla a un niveau de petite section et la mettre dans une classe de Moyen Grand est plus pertinent: Elle re-suivra le programme de Moyenne section, ça la fera progresser.

Mais Arthur l'a amer. Kidzilla s'est beaucoup calmé même si elle est actuellement dans une mauvaise période. Et puis ses crises sont contre elle puisqu'elle s'auto-mutile. Yliès c'est autre chose. Alors ça le fait chier de l'avoir récupéré.

*en récréation*

Arthur: Il y a des profs privilégiés dans cette école.
Moi: Pourquoi tu dis ça?
Arthur: Vu comment il en bave, Richard a du demandé à Dirlo de ne plus avoir Yliès l'année prochaine et elle a été d'accord.
Moi: Ba en même temps, pour Yliès, Richard est lié au fait de son changement de classe... Et clairement Yliès l'a mal pris et c'est compréhensible... donc il lui fait payer. Maintenant c'est clair que quand Richard va prendre la direction, le pauvre zil qui se serai tapé Yliès il est bon pour démissionner direct si c'est sa première année...
Arthur: C'est bidon comme excuse et puis Kizilla ne cause presque plus de problèmes et elle aura une AVS l'année prochaine. Moi je te dis, y'en a qui ont des privilèges.

Un peu excédée par cette gaminerie de bas étage je lui lâche un peu sévèrement.

Moi: Je ne vais pas te plaindre, moi, j'ai eu les 2 au plus fort de leur crise et c'est pour ça qu'à un moment de l'année je me suis arrêtée 2 semaines pour burn out

Je me lâche avec d'autant plus de délectation que ce même collègue avait confié à une autre lors de mon burn out de cette année "A ton avis, pourquoi elle est absente? Non parce que le burn out c'est bidon comme excuse, c'est parce qu'elle veut glander."

Arthur: Ouai... mais bon... voilà quoi!

Ah ba oui... Tu sais plus quoi dire...

Détrompez vous, je l'aime bien Arthur. Il est marrant. Il est le premier à sortir des blagues et à faire marrer tous le monde. Mais c'est aussi le premier à critiquer les collègues même si eux ont des bonnes raisons d'être absent... et même si ce n'est pas le cas, ça ne le regarde pas... Mais ca ne l'empêche pas de critiquer. Un jour ça lui retombera dessus. En tout cas, il a choisi la mauvaise cible pour se plaindre.

Du coup Yliès va dans la classe d'Arthur et Kidzilla va dans la classe de Richard.

Reste à savoir comment Yliès va le vivre. Il a beaucoup souffert de son changement de classe et Richard m'a lui même confié que le gamin le rejette clairement. Yliès a aussi du mal a comprendre mes réactions. J'ai voulu un peu m'éloigner résultat un jour il en a frappé un autre et au moment ou je le cherche du regard dans la cours pour le sanctionné. Je le vois près de la porte menant au hall. Je me lève et comme il voit que je me dirige vers lui, il ouvre la porte et se sauve. 

Me voilà donc obligée de le poursuivre. Il m'attends dans le hall et fait semblant de s'échapper. Je sais pertinemment qu'il attendait mon attention. Je le prend par le bras, lui demande de sortir et de se calmer quand il me lâche:

Yliès: De toute façon, tu me connais plus!

C'est comme un petit poignard dans le cœur.

Moi: Mais si je te connais Yliès. Tu es mon ancien élève et tu as du changer de classe. Maintenant  tu es l'élève de Richard et tu es juste à côté de ma classe. Je t'entends souvent crier d'ailleurs. Et ça me rends très très triste. Richard me donne de tes nouvelles quand je ne te vois pas et si tu veux venir me dire bonjour et me faire un bisou tu peux venir quand tu veux.

Yliès: Je veux voir Dirlooooo

Moi: Je ne peux pas t'emmener désolé. Tu sais, elle travaille beaucoup. Mais si tu veux on peut aller devant sa fenêtre, je te porte et tu pourras lui faire coucou. Tu veux?

Yliès: Ouiii

Depuis Yliès est parti en vacances. La suite, ça sera pour septembre!



20 juin 2012

J'ai trouvé le bouton OFF



Avant de passer au second bilan, celui de kidzilla, quelques nouvelles d’Opossum.

La dernière fois j'avais parlé de la REE prévue... REE annulée car le père a oublié. Bien sûr. C'est le mot poli pour le "je m'en fou", mais nous n'abandonnons pas, nous avons une autre date: vendredi. J'ai un peu tiré les vers du nez d’Opossum après qu'il ai fondu en larme en allant en garderie et le petit m'a dit qu'il avait reçu des coups de ceintures parce qu'il n'était pas sage à l'école. Je lui ai demandé si je pouvais regarder en soulevant le t-shirt et là il me dit "j'ai pas de marques"... réflexe étrange du gamin qui serai incapable de dire ça sans connaitre la dimension de mon geste. Après lui avoir dit que personnes n'a le droit de le frapper ni moi, ni papa, ni maman, ni aucun adulte et que si c'était le cas il fallait le dire sans hésiter; je tilte et retourne dans ma classe consulter mon cahier d'appel. Quelque chose me frappe. Opossum n'est jamais absent même légèrement fiévreux. Pourtant, il y a juste quelques semaines, il a été absent 3 jours... J'avais donné la lettre de rendez vous pour la REE juste avant cette absence... Je me fais surement un film mais peut être que c'est à ce moment là que Opossum comprend le sens de "j'ai pas de marques".

A suivre...

La kidzilla de début d'année n'est plus. Ses progrès sont remarquables socialement même si son niveau scolaire est comparable à un début de petite section alors qu'elle va faire son entrée en grande section. Elle parle mieux, n'a plus de toc de lavage de main et son auto mutilation (elle se frappait, se giflait, se mordait et se tirait les cheveux) avait totalement disparu jusqu'à dernièrement... elle s'est remordu et s'est frappée de nouveau et je pense que l'arrivée du petit frère en est la cause. Rien à voir avec la sauvageonne qu'on devait poursuivre dans les couloirs, qui hurlait, se roulait par terre et qui était tout simplement ingérable jusqu'à sa déscolarisation partielle. Elle m'obéit, plus que les autres adultes, elle m'écoute et surtout elle me demande souvent de la prendre dans ses bras. Elle ne souhaite visiblement pas grandir et plus que tout, elle est en grande demande d'affection.

Je me surprends souvent à regarder sa bouille malicieuse et son incroyable gourmandise qui ne peuvent que tirer un sourire. Elle aime tout, mais surtout, tout ce qui est sucré... et par dessus tout: LE CHOCOLAT!

Sans aucun doute, c'est une petite fille attachante, loin de la diablesse de septembre. Son surnom de Kidzilla n'est qu'un souvenir même si elle reste une petite fille difficile.

Alors oui... si vous saviez combien de fois j'ai voulu lui en coller une! Combien de fois je l'ai trainée dans les couloirs en lui tirant le bras parce qu'elle ne voulait pas se lever! Combien de fois, alors qu'elle refusait de descendre ou de monter les escaliers, j'ai du la porter sous le bras à l'horizontal, comme une baguette de pain... et presque aussi légère!

Elle n'était pas facile à apprivoiser et le travail exceptionnel de la maman pour que sa fille soit aidée (psy, orthophoniste, différentes consultations a Débré jusqu'à la reconnaissance officielle du handicap) a porté ses fruits même si elle reste quelqu'un de froid, ne montrant que peu d'affection envers sa fille. Combien de fois, Kidzilla est entrée en classe avec un regard de désespoir, levant les bras vers moi pour un câlin si chichement distribué par sa mère? Un besoin viscéral d'affection et, aussi difficile qu'elle soit, je ne pouvais pas faire autrement que d'y répondre. Je reste persuadée que l'autorité sévère de sa mère est aussi efficace que la mienne beaucoup plus souple et répondant à ses besoins affectifs même si sa mère en doute.

A la remise des livrets la semaine dernière, la petite assiste à la discussion, assise sur sa chaise, sagement. Image surprenante quand elle est mise en parallèle à la tornade du début d'année. Nous sommes satisfait de l'année écoulé sans parler de vrais résultats scolaires. Nous savons que, de toute façon, la petite fera deux grande section et que sa scolarité sera fort probablement différente. En attendant, je lui dit qu'elle sera dans un double niveau MS/GS chez mon collègue et qu'elle y suivra un niveau de moyen même si officiellement elle est en grande section.

Moi: Il y a encore des crises mais j'ai appris à les gérer et j'ai partagé avec son futur maître certaines petites astuces...
Maman de Kidzilla: Ah? Quelles astuces?
Moi: Il y a Monsieur Puni. C'est un minuteur de cuisine. Même si elle me la cassé à force de le toucher, ça l'apaise. Elle reste calmement assise quand je la puni et que je lui met en face. Elle ne crie plus. Sinon, vous pouvez aussi mettre votre main sur sa tête?
Maman de Kidzilla: Comment ça?
Moi: Vous n'avez jamais remarqué? Quand elle hurle, vous posez juste votre main sur le sommet de sa tête et elle se calme presque de suite!
Maman de Kidzilla: Ah bon? Ah je vais essayé si ça marche...
Moi: Vous allez voir, c'est surprenant... J'ai découvert ça il y a 2/3 mois...

D'ailleurs j'avais donné l'astuce à mon collègue, son futur prof et celui qui a accueilli Yliès après son départ de ma classe.

Fabien: J'ai essayé ton truc sur Kidzilla. Elle partait en crise tout à l'heure dans la cours et j'ai posé ma main sur sa tête et pouf! Sa tension est redescendu tout de suite. C'est magique ton truc! T'as pas la même pour Yliès?

Ah ba non désolé...

13 juin 2012

Opossum a des ennuis



En cette fin d'année, il est temps de parler des différents cas de cette année... il va falloir que je fasse un article sur Kidzilla, sur Yliès l'ultra violent et sur Opossum...On commence par Opossum.

La différence avec mes années d'enseignement précédentes c'est que, comme je suis dans un groupe scolaire et maintenant fixée, en règle général, je vais pouvoir suivre mes élèves jusqu'en CM2. Sauf si il y a du changement dans la carte scolaire pour le passage en CP... Ce qui est le cas pour la moitié de mes grandes sections (3 de mes élèves sur mes 6 GS). A vrai dire la carte scolaire est tellement inadéquate (beaucoup de nouvelles constructions en cours et faites récemment autours de l'école) que 18 élèves du secteurs n'ont pu être inscrit dans notre école. Ces élèves sont à 50 mètres de l'école. L'école est archi pleine pour l'année prochaine et le refoulement d'autant d'enfants ainsi que le changement d'école de nombreux d'entre eux à cause de la carte scolaire ont fait apparaitre une rumeur dont nous avons eu des échos: L'école serait élitiste et admettrait des enfants sous dossiers quand ils sont particulièrement doués. D'ailleurs, la directrice a en effet reçu un CV et une lettre de motivation d'un enfant de 6 ans (qu'il faut absolument que je scanne un de ses quatre parce que ça vaut vraiment le coup d'oeil).

Les gens devraient se renseigner sur le concept d'école publique... De plus, si ils passaient une demi journée dans notre école, ils comprendraient vite qu'il n'y a rien d’élitiste chez nous.

D'un certains côté, il faut bien le dire, même si ce n'est pas politiquement correct, on est bien content que certains d'entre eux prennent le large. C'est un problème en moins à régler.

Aussi c'est le cas pour Opossum. Pour son passage au CP il change d'école... et on est pas mécontent dans l'équipe.

Parce que Opossum n'a pas que des problèmes d'endormissement régulier, c'est aussi un des plus gros réservoir à connerie qui existe.

Voilà un petit extrait de ses frasques:
- Faire des croches pieds pour voir le copain se vautrer (et se marrer)
- Ramasser des bonbons tomber malencontreusement à la poubelle.
- Sauter 5 marches de l'escalier.
- Lever les jupes des filles
- Baisser le pantalon des garçons
- Manger le popcorn utilisé pour une production en art plastique, donc enrobé de colle et exposé dans le couloir depuis un mois.
- chopper un morceau de gâteau au chocolat restant d'un anniversaire posé sur mon bureau alors qu'il sait qu'il ne peut pas en manger à cause de son allergie.
- Sauter dans les bras de parents ou d'adultes inconnus
- Sucer son pouce à longueur de temps si bien que celui ci est à moitié digéré.
- Percher des casquettes à près de 7 mètres de haut
- Pisser au fond de la cours contre le mur parce qu'il n'a pas pu se retenir jusqu'au toilette (à 20 mètres derrière lui)
- Pisser dans le lavabo pour épater la galerie (lavabo qu'il a lavé en guise de punition)
- Etaler du savon sur le toboggan.
Et tout un tas de connerie pas méchante et sans volonté de faire mal à autrui mais juste une envie profonde de faire le clown.

Avec le recul c'est marrant. Sur le coup, c'est juste épuisant.

Je lui répète régulièrement qu'il est temps de grandir et que le CP sera très dur. Sans résultat.

Et puis la, dernièrement, y'a eu un truc.

La semaine dernière, Opossum s'est fait 4 fois dessus alors que ça ne lui était jamais arrivé depuis le début de l'année. Et c'est pas la petite commission. 3 fois cela s'est produit en garderie en une semaine... Et puis ca s'est produit dans ma classe. Je lui demande si il a eu un petit accident. Il me dit que non. Mais l'odeur est là. On lui redemande: Il fond en larme.

Ce n'est pas une gastro. Ce n'est pas liquide. Il se fait dessus, c'est tout.

C'est jamais bon signe quand ça se produit comme ça d'un coup et régulièrement.

Et puis Opossum fond en larme parfois pour tout et n'importe quoi: Parce qu'il veut rentrer à la maison, parce qu'il est fatigué, parce qu'il a pas envie de travailler.

Du coup je m'inquiète, Dirlo s'inquiète, maître G s'inquiète et psychologue scolaire s'inquiète.

La maman elle, quand je lui dit qu'on s'inquiète elle sourit.

Le papa lui, a dit l'année dernière à la directrice: "Si il a besoin d'un bon coup de ceinture, je vous autorise à le faire."

Je sens que ma Réunion d'Equipe Educative pour Opossum jeudi va être difficile...

16 janvier 2012

Z'auriez pas vu Zoé?



Rappel de l'épisode précédent: Le grand père de Zoé, 3 ans vient la chercher à l'école. Or, ma collègue de petite section et maîtresse de la petite, Martine, affirme haut et fort qu'elle n'a pas franchie les portes de la classe. La mère est contactée par le grand père et celle ci confirme que Zoé a été emmenée à l'école le matin même par son père.

Aucune trace de la petite.
Pas de nouvelles données à l'école (qui s'inquiète un peu quand même) après multiples appels aux parents.

Et bien, le matin de la disparition, Zoé est effectivement montée en voiture avec son père pour aller à l'école.

Ce matin là, elle croise son autre grand père (le père de son père) au feu rouge.

Grand Père: Z'allez où?
Papa: A l'école!.. D'ailleurs on va y aller je suis en retard.
Grand Père: Ah... En fait je voulais emmener la petite à Disney...
Papa: Ah... euh... Ba ok! Prends là! Au revoir ma puce, Papa va travailler!

Conclusion: L'école?  On s'en fout. Elle en petite section alors c'est un peu de la garderie, là bas ou Disney, c'est kif kif. Prévenir l'école de l'absence de la petite exceptionnelle... Ba ils s'en foutent... Rappelez alors que l'école appelle toute la famille, parce qu'ils sont inquiets de la disparition d'une petite fille de 3 ans? Pas grave il la verrons le lendemain.

... Comment se foutre un peu de notre gueule...

15 janvier 2012

La disparition



Cette semaine, 11h30, chez ma collègue Martine de Petite Section,

Grand Père: Bonjour je viens cherché Zoé!
Martine: Zoé? ... Mais... Mais elle n'est pas venue à l'école ce matin!
Grand Père: Mais... ma fille m'a demandé de venir la chercher. Elle est donc à l'école!
Martine: Je vous assure qu'elle n'est pas venue! Attendez, on va demander à mon ATSEM. Virginie, peux tu m'apporter mon cahier d'appel s'il te plait... On est d'accord, Zoé n'est pas venue ce matin.
Virginie: Non non. Elle n'est pas venue.
Martine: Et vous voyez... je ne l'ai pas noté présente.

*Le grand père sort son téléphone et appelle la maman*

Grand Père:... La maîtresse me dit qu'elle est pas là...
Maman: QUOI! Tu es bien devant la classe de Martine?
Grand Père: vous êtes bien Martine?
Martine: Oui oui... *montrant une photo de Zoé* C'est bien votre petite fille?
Grand Père: Vous l'avez retrouvée?
Martine: Mais non! Puisque je vous dis qu'elle n'a pas franchie la porte aujourd'hui!
Grand Père: La maîtresse ne l'a pas vu!
Maman: Mais son père l'a emmenée à l'école ce matin! C'est pas possible! Elle s'est enfuie de l'école!
Grand Père: La maîtresse me dit qu'elle l'a pas vu partir...
Martine: Non non! Je vous le répète, elle n'est pas venue à l'école, elle n'a pas franchie la porte et comme je suis toujours à la porte de la classe, il est IMPOSSIBLE que je puisse ne pas la voir si elle est venue.
Grand Père: Elle me dit que Zoé n'est pas venu ce matin.
Maman: AH BORDEL! J'appelle son père.

*le grand père part*

11h45

Martine:... quand même...
*téléphone à la maman sur son portable... répondeur*
Martine: C'est la maîtresse de Zoé... je m'inquiète un peu, est ce que vous pourriez me joindre pour rassurer l'école.
....
*téléphone sur le fixe... répondeur*
*téléphone du papa... répondeur*

12h00, salle de cantine des profs.

Martine: ... J'ai téléphoné et rien... Je me pose des questions...
Dirlo: Ah ouai... Je vais tout de même téléphoné de nouveau, histoire de bien protégé l'école de cette affaire. On sait jamais.

*Pas de réponse au téléphone*


...

Le lendemain, 12h00 salle de cantine des profs

Martine: J'ai eu des nouvelles de Zoé. Vous devinerez jamais...

...

Si vous voulez savoir ce qu'il est advenu de la petite Zoé, attendez le prochain épisode de Teacher's life... Je vous laisse avec vos hypothèses. Les plus saugrenues sont les bienvenues car bien entendu, tout fini bien. XD

14 novembre 2011

Humpff...



*1 e-mail reçu, boite mail réservée à mes élèves et parents d'élève*

Bonjour,

Je suis la maman de Mylène
Si d'un point de vue scolaire, tout semble bien se passer pour Mylène, depuis plusieurs semaines elle se plains d'une petite fille appelé Kidzilla.
Elle est rentrée il y a quelques temps avec des marques au cou et des griffures. Mylène n'ayant pas l'air plus "traumatisé" que ça, je n'en ai pas fait état.
Seulement, régulièrement le soir Mylène me parle de cette petite fille qui semble méchante et très grossière avec elle.
Depuis la rentrée de vacances de la Toussaint, ma fille traîne des pieds pour aller à l'école. Cela m'ennuie d'autant plus que je la sais très bien dans votre classe et qu'elle se sent bien avec vous.
J'aimerais savoir ce qu'il se passe entre elles deux. Je ne voudrais pas que Kidzilla prenne en grippe ma fille.
Je vous demande d'être vigilante par rapport à cette situation.

Travaillant de l'autre côté de la banlieue parisienne je ne peux que rarement venir à l'école, c'est pour cette raison que je n'ai pu vous en parler directement.

Votre avis m'intéresse.
Je reste à votre disposition. 
Cordialement,
La maman de Mylène
Mathilde
J'avoue ne pas trop savoir quoi répondre...

13 octobre 2011

Dans la peau de la dirlo



Si ma journée n'a pas été simple, j'avoue quelque fois trouver que je me plains  pour pas grands chose.

Aujourd'hui, j'ai compris que jamais, quelque soit la paye reçue, je ne deviendrai dirlo d'une école. Qui plus est un dirlo ne gagne pas forcément beaucoup mieux sa vie. Je le savais déjà mais une journée comme celle qu'à vécu notre école aujourd'hui suffit pour calmer qui que ce soit.

Alors soit je vais essayer de décrire la journée de ma dirlo, du moins de ce que j'en ai vu et ça commence mal parce qu'elle se tape les bouchons et qu'elle pense arriver en retard....ce qui n'est pas le cas. Mais notre dirlo c'est notre zéroïne à nous. super efficace, super à l'heure finalement.

8h30 commence le début des hostilités: une matinée de REE.
La première, celle de Kidzilla où il faut annoncer à la maman la déscolarisation partielle de sa fille. La réunion commence à 9h mais on se prépare un peu avant parce qu'on le sait: ca va être dur. La maman est de bonne volonté même si elle a ses soucis. Elle crains pour sa fille. Je commence en déclarant que malheureusement ça ne s'arrange pas. Zéroïne poursuit en disant que modestement je ne fais pas part de ma propre souffrance et que j'ai craqué. Qu'on a essayé et qu'on y arrive pas parce que sa rééducation se fera d'abord avec des soins médicaux appropriés. La conseillère à la scolarisation termine en disant que malgré le changement classe et ma dévotion, ainsi que celle de tout mes collègues, le cas est difficile. Que cela nuit malheureusement à toute la classe et annonce la déscolarisation partielle.

La maman fond en larme. Elle comprend. Elle aussi, elle lutte et comprend qu'avec les 27 élèves je ne peux pas tout gérer surtout si ça influence les autres. Nous parlons de l'éventuelle violence de son ex sur la petite. Je fais part du fait que ses bleus dans le dos sont étranges mais que la petite m'a dit que c'était à cause de Vivi. Vivi pour moi c'est Viviane, une ATSEM... Donc je n'y prête pas attention.

Vivi en fait, c'est Evelyne: la nouvelle compagne de son papa. Nous surveillerons donc à l'avenir la moindre trace.

Loin de la catastrophe larmoyante que nous attendions la maman y met de la bonne volonté: Kidzilla, après la Toussaint ne fréquentera l'école que l'après midi... Elle s'est même proposé de la garder après 15h... Nous aviserons.

10h seconde REE. La maman de ma petite trisomique qui vient pour son second fils. J'ai eu le premier qui est actuellement en 6ème et j'ai la petite dernière. Le cas? John, CM1, un peu livré à lui même, s'est fait renversé par une voiture alors qu'il était à vélo dans une rue proche de l'école. Traumatisme crânien. conséquences: perte du langage, amnésie partielle, perte de motricité... et moult petits désagréments qui demande une rééducation. Il reprends l'école après plusieurs mois d'hospitalisation et de centre rééducatif.

Imaginez: vous êtes une maman célibataire, 3 enfants, sans emploi, sans formation (probablement illetrée), une petite fille de 5 ans avec une trisomie assez sévère (en couche, elle ne parle pas, régurgite tout ses aliments) un autre gamin de 9 ans fortement handicapé, un grand sur qui elle se repose beaucoup (et qui, dieu merci, n'a pas craqué), elle a reçu un avis d'expulsion et n'a plus de quoi se nourrir elle même.

Pendant la seconde REE, des larmes d'une maman désespérée, perdue, qui réclame l'aide de l'école pour elle et ses enfants, priant dieu et lui demandant pourquoi le sort s'acharne sur elle.

Matinée de Zéroïne affreuse. Quand on nous dit à nous, enseignants, de ne pas apporter les bagages de l'école chez nous c'est une vérité... Comme dirait la conseillère à l'éducation: Dès fois, on a juste envie de prendre la main du gamin et de lui dire "Allez vient chez moi".

Sauf que voilà, l'école peut nous sortir de la panade et même si nous outre passons notre rôle presque tous les jours, Il arrive un moment ou rentrer chez nous et oublier, c'est aussi une question de survie morale.

Le pire est à venir.

A peine sortie de sa seconde REE, Zéroïne va se restaurer...ca dure 30 minutes avant que notre super gardien ne vienne nous l'enlever. "Je crois que c'est urgent".

Pour l'être ça l'est.

La maman qu'elle reçoit arrive avec ses deux filles. Elle est défigurée, tuméfiée. D'origine croate, elle annonce sa fuite. Son mari a été incarcéré dans la nuit. Il sera libéré ce soir. Il lui faut prendre l'avion d'urgence avec ses filles sous le bras. Elle ne sait pas où elle en est, ce qu'elle doit faire. Les gendarmes vont la contacter pour lui donner une chambre pour les prochaines nuits. Mais en attendant...

Zéroïne lui dit de partir vite faire ses bagages avant sa libération et de les ramener à l'école. Nous stockerons ses affaires dans notre réserve de matériel.

Zéroïne: Allez y mais n'y allez pas seule. Demandez à des hommes costauds que vous connaissez de vous aider.
Maman: Le problème c'est eux... je ne peux pas.
Zéroïne: Comment ça?
Maman: J'ai trompé mon mari plusieurs fois...

Un vrai vaudeville si les conséquences n'étaient pas si tragiques. La mère revient avec ses bagages, l'assistante à la scolarisation l'aide pour les prochains jours à lui trouver toute l'aide nécessaire...

Dirlo pour une prime 380 euros de plus par mois (pour une école de plus de 10 classes) alors qu'on est confronté à toute la misère humaine et que surtout "il faut pas craquer"

Très peu pour moi...

Ah... et je suis pas dans une école ZEP mais dans un quartier pavillonnaire. Aux chiottes les préjugés...

24 septembre 2011

Il en faut peu pour être heureux...


Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.

Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.

Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente

Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*

BANG!

Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il  y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.


BANG BANG BANG BANG!

La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.

Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.

A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.

Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*

Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.

Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.

Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/

Son doudou?
Le voilà (clic)

15 septembre 2011

Et maintenant, qu'allons nous faire?



Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.

Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.

Je n'ai pas de quoi me plaindre.

Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.

Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.

Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).

Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.

J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"

Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.

Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.

Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.

Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.

Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?

29 mai 2011

Vais je me prendre un pain?

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Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut  être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions  et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…

18 décembre 2010

La maicresseuh gatée

choc
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour  des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir  pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.

03 octobre 2010

Le mystère du dédoublement de personnalité résolu


Karim, 7 ans, redoublant.
Redoubler un CP c’est assez courant je trouve. Il faut dire que le cap n’est pas facile à passer. Il faut apprendre à lire et c’est plus difficile qu’il n’y parait.
Autant j’ai vu des redoublants où je me posait la question de la pertinence du redoublement, autant pour Karim, c’était assez évident: même les syllabes simples ne sont pas acquises.
Comme souvent quand on est zil, on a pas le passif des gamins. On atterrit et on se démerde. Alors on a tout un tas d’à priori.
Autant dire que le fait que Karim soit suivi par un orthophoniste n’est pas une surprise mais, du peu de ce que j’avais vu depuis la rentrée, son suivi psy m’interloquait.
Il est pas méchant. Peut être un peu sensible, un peu collant mais bon… Rien d’alarmant à première vu.
Aussi pour le peu de questions que j’ai posé des questions à mes collègues (avec qui j’ai peu d’affinités) on m’a dit qu’il était lourd, perturbateur, dissipé… bref une plaie.
Bizarre… J’ai connu bien pire. Il écoute et suit en classe moi… c’est loin d’être le meilleur mais c’est pas lui que je dispute le plus. Loin de là… baaa…
Le seul truc un peu embêtant c’est qu’il me dit plusieurs fois par jour “maitresse, t’es belle!” ou “maitresse t’es gentille, je t’aime beaucoup”…
Il est dans l’affectif quoi… y’en a beaucoup dans ce cas là.
Je discute de temps en temps avec la maman qui me demande comment ça va…
Moi: Oh ba quand quelque chose le perturbe, plus rien ne rentre mais bon, il est attentif et travailleur.
Maman : Ca me fait plaisir parce que c’était pas le cas l’année dernière. Je suis contente.
J’en venais à me poser la question si il avait été possédé l’année dernière et depuis exorcisé.
Mais lors d’une deuxième discussion avec la maman, le mystère fut enfin éclairci.
Maman: Comment ca va en ce moment Karim?
Moi: Ca va… un peu collant. Il me demande toujours de l’aide et de l’attention pour que je sois auprès de lui.
Maman: Ah bon? Vous me surprenez! L’année dernière il ne disait jamais rien à sa maitresse.
Moi: C’est curieux ça! Moi il me demande toutes les 5 minutes.
Maman; En tout cas je suis très contente parce qu’il a envie d’aller à l’école tous les jours. Il a hâte d’y aller. Et il vous aime beaucoup.
Moi: Ah oui… ça il me le dit souvent…
Maman: Faut dire que je lui dis souvent, vu que moi même je suis ronde que “les filles les plus belles c’est les grosses”… Et il me dit “tu sais ma maitresse, elle est grosse comme toi et elle est belle comme toi!”
Moi: Aaaaah… Tout s’explique alors! Voilà pourquoi il a beaucoup changé par rapport à l’année dernière. Je comprenais pas qu’il y ait une telle différence entre ce qu’on me disait de son année scolaire précédente et maintenant.
Maman: Vous croyez que c’est ça?
Moi: Ca me parait évident.
… Les mâles ou la recherche de la mère dans le regard et le comportement des autres femmes… Tous les mêmes… Rire

04 septembre 2010

Résumé de tout ce que vous ne savez pas…


… Et qui n’est plus d’actualité… la faute à moi et à mes préoccupations autres qui font que je n’ai eu ni le temps, ni l’envie d’étaler mes aventures par ici.
Tout d’abord concernant le changement d’adresse de ce blog: J’ai cru fut un temps que certaines personnes de mon boulot a pu y avoir accès et ça m’embêtait un peu… Bien que je ne dise pas de mal des gens en général, ces gens sont dans mon monde professionnel proche et non pas des amis. Nulle envie de contrôler mes doigts à tout prix en me disant “que va penser untel en pensant à ce que j’ai écrit”… J’ai horreur d’être jugée et mon opinion sur mon quotidien en classe  m’est personnelle… Qui plus est, il n’était pas difficile de tomber sur ce blog et Google refusait de ne plus l’afficher… Le pseudo Aldysse est extrêmement lié à ma personne si bien que beaucoup de gens me connaissant et ne sachant pas que j’ai un blog, pouvait rien qu’en cherchant sur google me retrouver.
Bref, je n’ai qu’une confiance limité envers des gens que je rencontre un temps… et c’est le cas pour mes rencontres dans mes aventures ziliennes… Maintenant vous pouvez vous refilez mon adresse entre vous, je ne limiterai pas l’accès… jusqu’à incident éventuel.
Le ménage étant fait, me revoilà donc!
J’ai fini mon année scolaire en CE1 plus ou moins tranquillement comme prévu. J’ai adoré ce remplacement même si le quartier était pas vraiment cool et que je ne raffole pas de ce niveau. Ce que j’ai aimé surtout, c’est mes collègues. C’est tellement rare en tant qu’enseignant d’avoir une bonne relation avec tous les collègues mais pour nous zil, c’est vraiment exceptionnel parce qu’en remplaçant un peu partout, on n’a pas de collègues fixes. A vrai dire, je ne me suis jamais autant sentie à l’aise avec une équipe… Je m’entendais vraiment bien avec tous le monde et c’est encore le cas à l’heure qu’il est sauf que je suis de retour dans ma vie zilienne et donc plus ou moins loin d’eux même si j’espère entretenir des liens plus personnels avec certain… :D ( je vais pas vous faire un dessin mais bon…)
Concernant mes élèves j’ai eu quelques mésaventures de fin d’année qui ont pu faire trembler les murs… Figurez vous que du haut de leur 7 ans, certains de mes marmots se sont consulté pour engendrer de la bêtise à l’état pure.
Noah, William, Yacine, Mehmet et Mohamed sont 5 garçons bien différents.
Noah, c’est le meneur, le tchatcheur, celui qui est très “In” et surtout celui qui finira par manipuler des gros sous genre “agent immobilier” ou “vendeur hifi” quand il sera grand… vous savez les rapaces qui vous choppent pour vous convaincre d’acheter… C’est lui! Chef d’équipe aimant la bêtise et la manipulation.
William c’est le faux dur ultra sensible, prêt à suivre le meneur dans la bêtise parce que c’est trop cool (comprenez que “c’est très con mais que ça fait grand”)
Yacine c’est le type effacé qui dit rien mais qui suit… il fait un peu “Samy” dans Scooby doo… prêt à renier père et mère pour sauver sa peau quand il a la trouille.
Mehmet c’est simplet à l’état pur… totalement immature, niveau scolaire déplorable, à la limite du handicap non reconnu.
Et enfin Mohamed, le premier de la classe, intelligent, futé,  qui organise tout et monte le plan..
Du coup ça fait un peu Agence tout risque tout ça…
ag
Voilà… ça donne un bon aperçu de la chose grosso modo…
Il se trouve que les derniers temps, Noah est devenu un peu casse pied, si bien que j’ai du convoquer la maman (et pour que j’en vienne à ce point, faut vraiment le vouloir).
Je met un mot un jeudi pour une rencontre un lundi soir pour faire un bilan général pour qu’il se calme un peu… ce a quoi la maman, aveuglément amoureuse de son fils, m’aperçoit le vendredi matin et me place rapidement un “pas de problème pour se rencontrer lundi mais sachez que mon pauvre petit est influençable!”
*Bien sûr… D’ailleurs Al Capone était aussi très influençable mais c’était un ange de gentillesse et d’amour*
Et après un vendredi en apparence tranquille, le week end passe… et je dis bien “apparence”
Parce que, figurez vous que le lundi matin, à peine entrée en salle des maitres à 8h10, on m’annonce le démantèlement de ma team bétise et de leur dernière nouveauté en matière de conneries…
Le vendredi soir, à l’étude, Noah se fait griller en train de s’en griller une dans les toilettes…à 7 ans. Et que, par ailleurs, il avait avoué s’être relayé avec les copains de la team bêtise pendant que je faisait de l’art plastique, sous prétexte de se relayer pour nettoyer pots et pinceaux.
On m’aurait poignardé dans le dos, ça m’aurait fait pareil. Les apercevoir me donnait des envies de meurtres.
Je vous épargne mes hurlements divers dans ma classe qui fait que mes élèves n’ont pas moufetés de la journée de peur que je les jette par la fenêtre…
Leur organisation était simple: Mohamed a eu l’idée et a ramassé des mégots par terre, Noah a apporté le briquet de chez popa moman et tous les autres ont fait les moutons…
Le directeur me voyant me décomposer littéralement entre mes envies de meurtres et écœurement au point d’en avoir la nausée, c’est chargé de la punition: plus aucune récréation ne leur était accordée… accolés au murs de la cours jusqu’à la fin de l’année… on était fin mai…
La seule source de réjouissance qu’a pu m’apporter cette situation, c’est la décomposition de la moman de Noah qui ne voyait que pureté et sagesse dans le regard de son môme alors que je la convoquais pour son comportement intolérable de ces derniers temps… Les faits étaient la preuve de ce que j’avançais. Elle est littéralement tombée sur le cul… effarée, stupéfaite… choquée même…
… Mais elle a quand même rajouté qu’on l’avait influencé… Aveuglement, quand tu nous tiens…
… Peut être un peu moins aveugle quand même quand je lui ai laissé un second mot la semaine suivante pour dire que Noah avait triché durant le contrôle de sciences… mais pas sur…
Et puis quand j’ai dit que j’ai finis l’année scolaire dans cette école, ce n’est pas tout a fait vrai… pour les 3 derniers jours, on m’a envoyé dans une maternelle pour 7 gamins… j’ai pas eu une seule journée sans remplacement de toute l’année…
Mais j’ai quitté l’année en sachant que je pouvais remplacé le congé maternité d’une collègue de maternelle dans une école où j’avais passé beaucoup de temps. J’avais tout prévu, j’avais prévenu la secrétaire de circonscription, ma place était réservée…
C’était sans compté le bordel de la rentrée mais ça, c’est au prochain épisode… :D

15 avril 2010

La plume assassine…


Je sais, je ne suis pas très studieuse en ce moment… pourtant j’ai des choses à dire et je me dis “tiens, ce sujet ferait un bon article!” mais outre le fait que je souffre pour la seconde fois du dos au point de marcher à 4 pattes ce qui m’a valu un arrêt maladie d’une semaine, j’ai une flemmingite aïgue assez phénoménale (accompagnée d’une envie subite de niaiseries m’obligeant a rebouquiné les ouvrages les plus écœurants que l’univers a pu créer… et je ne vous parle même pas des films que je regarde en ce moment)
J’ai plus de muscle, je suis réduite à l’état de guimauve dans plusieurs sens du terme.
A part ça, j’ai repris le boulot aujourd’hui, malgré la douleur. (parce qu’au point ou j’en étais et au vu des vacances approchant, d’ici 2 semaines, je n’aurais plus été une guimauve, mais une flaque de sucre liquide)
Rien de mieux pour redevenir “normale” qu’une bande de gamins bruyants vous rappelant que
niaiserie = amour = enfant = enfer
…et d’en finir avec ma guimauverie attitude. (je réduis un peu le schéma mais c’est pour mieux me sortir de cet état mielleux)
Je suis accueillie ce matin par un mot dans le carnet de William.
“ …J’aimerai savoir quel est le comportement de William en ce moment en classe…”
Ce genre de message, ça pue.
En fait, y’a 2 genres de parents qui posent cette question:
1) Les fameux “si tu te comporte bien à l’école tu auras…”.  qu’on ne rencontre jamais parce que leur boulot leur prends trop de temps… souvent des bobos. probabilité: 5%
2) Les plus qu’impopulaires “si tu fous la merde à l’école, tu vas t’en manger une bien grosse dans ta gueule… et je sais que c’est le cas donc je veux une occasion pour t’en foutre une”. probabilité 94%
je laisse 1% à l’improbable.
Toujours est il que ce gamin, quand on le voit, il est fort loin d’avoir la première catégorie de parents. Ces énormes cernes quotidiennes me font limite flipper. Je garde un œil assez protecteur sur lui depuis un moment. Mauvais pressentiment.
Cependant, c’est un fait: Ce gamin est chiant. Il se donne un genre des cité assez inquiétant pour ses 8 ans à peine. Trop fier… trop lourd… William je vous en reparlerais dans un article que je nommerais “le gamin le plus poissard de l’univers”… je suis sûre vous avez hâte! XD
Donc voilà le problème: quoi répondre?
1) La vérité => Pour un moment je serais tranquille, mais le gamin me haïra et ne me fera jamais confiance vu la mandale qu’il se mangerait le soir même. A terme, il me fera chier…
2) Un mensonge => Dire que c’est un ange, c’est me laisser bouffer. Il se mangera pas de mandales (pas cette fois en tout cas) mais il me pourrira à coup sûr. Trop bonne, trop conne.
1 et 2 n’étant pas de bonnes solutions, je tente une troisième solution.
J’ai laissé ma classe travailler et je suis partie discuter avec William dans le couloir avec 2 choses: son cahier et une feuille.
Je lui lis la feuille où j’y ai écris la vérité… sans cadeau… le genre de petit mot qui engendrerait plus que la mandale… Mandale que je comparerais à un amuse-bouche dans un repas gastronomique… je vous laisse imaginer le menu du soir suite à ce petit mot.
Effet garantis: grands yeux emplis de terreurs, mouillés de larmes mais pas à cause du mot…
Moi: “Ce que je dis est vrai… tu es d’accord?”
*Baisse les yeux*
Moi: “J”aurais pu écrire ça sur ton cahier… Mais je n’ai pas écris ça…”
Je lui lis le mot dans son cahier… plus pondéré, mais vrai… qu’il est insolent, un peu trop fier et peu attentif… mais qu’il est participatif quand ça l’intéresse et qu’il a des remarques intéressantes. Que j’avais confiance en lui et qu’il fallait juste qu’il s’intéresse autant à son travail qu’à son apparence. Qu’il avait besoin d’attention et qu’on lui fasse confiance. Ce à quoi je concluais par “j’attends de voir si William évolue dans le bon sens…”
La terreur dans ses yeux disparait.
Moi: Je vais être franche avec toi. En général quand une maman me demande quel est le comportement de son enfant, c’est que cette maman est assez sévère et que si la réponse est mauvaise, l’enfant risque de s’en prendre une le soir même. Je me trompe?
William: …
Moi: Et moi je ne peux pas dire à ta maman que tu es un ange… Elle ne me croirait pas. Donc, j’ai dit la vérité en faisant en sorte qu’on ne te crie pas trop dessus ce soir…
William: Merci maîtresse…
Moi: Oui t’as intérêt à me remercier… mais c’est à double tranchant! Je te fais confiance mais il faut que tu le mérites. Si par malheur, un jour tu me casses les pieds alors que je viens de te rendre service, alors là, je serais sans pitié. Je prend cette feuille et je la colle sur ton cahier de correspondance. Est ce que c’est clair?
William: Oui
Moi: Bien… Alors montre moi que j’ai raison de te faire confiance et va travailler tes maths, Einstein!
J’ai eu la paix… et il a l’air d’avoir compris! Maintenant est ce que ça va durer? Ca…

24 février 2010

Pari tenu sauf que…



Enguerrand ne crie plus en classe de façon intempestive. Cependant son problème n’est pas réglé pour autant. Il est en grand manque affectif, et quand sa “tata” (la mère de la famille d’accueil) vient le chercher, il redevient turbulent, comme si il n’arrivait pas à contrôler ses émotions et qu’il avait besoin de l’extérioriser en criant et courant partout.
Mais bon je ne suis pas une fée et je ne peux pas régler tous les problèmes de tous les enfants que je rencontre. D’ailleurs, quand sa maîtresse reviendra, il sera probablement encore bouleversé et recommencera peut être à hurler. Finalement l’ingratitude de mon statut de remplaçante me reviendra à la figure en permanence… les petits problèmes réglés en ma présence, peuvent  réapparaître…
Je ne suis qu’une simple éducatrice après tout… de passage qui plus est. Je ne suis pas une magicienne, ni une fée.
L’éducation d’un enfant est si complexe. l’incohérence des différents acteurs d’éducation d’un enfant créera toujours un problème. D’un autre côté, si on devait être cohérent, il faudrait rencontré chaque parents, et se mettre d’accord avec eux sur l’éducation qu’ils souhaitent apportés et avoir des réactions différentes avec chacun d’entre eux. Y’a pas d’éducation parfaite, ni de profs parfait, ni de parents parfaits. Y’aura toujours des gamins à problèmes et il faut vivre avec.
Enguerrand en est un bon exemple. Il voit sa maman une fois de temps en temps dans un macdo un dimanche midi. Sa tata lui met des couches la nuit alors que moi j’essaye de lui dire qu’il faut qu’il grandisse. Il faut qu’il s’exprime autrement que dans les cris et un mauvais comportement mais d’un autre côté il ne supporte pas quand sa tata me parle de sa mère ou de sa soeur et hurle systématiquement quand il y a cette conversation parce qu’il ne veut probablement pas l’entendre.
Quand à moi, je suis juste de passage…

20 décembre 2009

 

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