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08 septembre 2012

Résister



Première semaine.

Je suis contente: ma rentrée commence bien. Je ne me suis pas laissée débordée par la paperasse administrative (ce qui est un miracle en soit mais y'en a encore pas mal en stock), mes élèves sont plutôt mignons et calmes (ce qui me change de mon ambiance de classe de l'année dernière mais ça peut encore changer) et si ils sont nettement moins performant que mes élèves précédents, ils sont aussi beaucoup plus mous du genou. (mais ça, ça va changer vu comme j'ai tendance à leur botter le cul pour qu'il se remue).

Moi ça va... Mais j'ai un truc dans le dos qui me gêne... Cette espèce de cape qui me donne envie d'intervenir quand mes collègues sont à l'arrache... Car si ma classe est calme, j'entend ce qui se passe à côté. Et à côté il y a Kidzilla...

Et Kidzilla reprends ses habitudes et teste son AVS et sa toute jeune maîtresse a savoir pourrir toute la classe en hurlant... Hurler au point de l'entendre et pourtant on est très bien isolé.

Je vis un cauchemar... sans rire j'ai qu'une seule envie , venir lui remonter les bretelles. Je l'ai fait
 2/3 fois... La première fois, alors qu'elle venait de hurler à en faire trembler les murs de l'école. Je suis rentrée, j'ai fait les gros yeux et elle a fondu en larme... Ce qui est un relatif progrès parce qu'avant elle aurait souris pour me gonfler un peu plus.

Je sais que ça ne me regarde plus, que j'ai fait ma part, qu'il est temps de passer le relais... Mais comme une bonne greluche que je suis, ça me bouffe encore.

C'est super dur parce que je me retiens... je veux pas que ma collègue pense que je la crois incompétente! Ce n'est pas du tout le cas. Je sais juste que comme la petite me connais, j'ai les trucs et astuces et surtout, elle ne cherche plus à me tester. J'ai l'habitude.

Je lutte avec moi même et c'est juste horrible d'être torturée. Je me remet pas mal en question pourtant et surtout j'essaye de plus me laisser emporter par mes sentiments parce que concrètement ça ne me mène à rien de m'emporter pour qu'au final tout m'échappe. Que ce soit professionnellement ou dans ma vie perso d'ailleurs.

J'ai vraiment un caractère de merde, c'est un fait. Faut que j'essaye de m'adoucir un peu.

Surtout que c'est pas le travail qui manque puisque mes élèves sont nettement moins bon que ceux de l'année dernière: les couleurs basiques comme le jaune n'est pas connu d'au moins la moitié de mes élèves alors que les couleurs étaient acquises par mes élèves précédents dès le début de l'année.

Si vous ne l'avez pas remarqué, je n'ai toujours pas parlé de l'inévitable Yliès. Celui qui crache, frappe, mords, griffe, enfants comme adultes et qui a balancé tout ce qu'il y avait sur le bureau de dirlo.

Tout simplement parce que Yliès a changé d'école.

Je m'y attendais. La maman l'avait évoqué l'année dernière. Il y a 2 écoles qui sont beaucoup plus proches de son domicile. En plus, je sentais bien qu'elle voulait "effacer" le lourd dossier de son fils de 4 ans.

Pour autant, j'ai encore des nouvelles. Il a croisé une ATSEM dans la rue et il lui a dit avec son regard noir: "Toi, je te connais plus".

Reste à savoir ce qu'on a dit à ce petit. Dans le pire des cas on lui a fait avaler le fait qu'il a été tellement relou qu'on l'a viré de l'école. C'est probable comme discours... On lui a dit tellement de conneries à ce môme.

Pour autant, sa nouvelle école est à, à peine, 5 minutes à pieds donc quelque chose me dit qu'on va an avoir des nouvelles.

Mais lui au moins je l'entends plus, donc je range ma cape au placard.

L'autre personne qui est ravie c'est mon collègue qui devait l'avoir dans sa classe. Il aurait presque fait le tour de l'école en hurlant de joie! XD


04 septembre 2012

Les jumeaux


Au début du livre A year in the merde (que je recommande en VO) l'auteur, anglais, fait remarquer au lecteur qu'en France, l'année commence en septembre et non en janvier...Quand j'ai lu ça, j'ai souri. Mais en fait, a y regarder, c'est tellement vrai. Toute la société est marquée par la rentrée des classes. T'as pas de mômes,  tu est cloîtré chez toi mais tu sais que c'est la rentrée et tu le vis presque comme un premier janvier. Tu le vois parce qu'il y a plus de monde dans les transports ou sur la route... Tu le vois aussi parce qu'il n'y a plus de morveux ou de caravanes de maman en poussette dans les rues après 9 heure.

A notre échelle de prof, c'est un peu double rentrée, parce que on reprend le travail comme tous le monde et surtout, quand on reprends le même niveau, on recommence le cycle précédent... Reboot et essaye encore... et ça recommence.

Revoilà une énième rentrée à mon actif, différente des précédentes puisque pour la première fois je fais la rentrée sur la même école.

Arrivée à 7h50, mes collègues sont presque tous là... Derniers réglages voir si tout est près... 8h10. On attends, Atsem profs, tous dans le couloirs. Et puis la sonnerie retentis à 8h20. TAÏÏÏÏÏÏAUUUUUT

Sur 26 élèves, 23 présents... On m'avait dit que c'était des enfants muets. On m'avait dit qu'ils étaient sensibles et bien c'est vrai. Plus de la moitié de la classe a pleuré, j'ai invité les parents a rentré un peu, les enseignantes de petites sections sont venues à la rescousse (le petits rentrent en milieu de matinée), je me suis retrouvée rapidement avec plus de 10 adultes dans la classe, tous bien occupés.

Cette année est toute particulière puis que les 2 classes de moyennes section (ma collègue Célia et moi) se partagent 3 couples de jumeaux... Car oui, on préfère casser les couples pour éviter l'espèce de fusion qui empêche parfois le jumeau d'exister en tant qu'individu.
Nous avons donc:
-2 filles fausses jumelles, aux prénoms différents, habillée différemment et séparée dans des classes différentes déjà l'année dernière.
-2 vrais jumeaux, qui se ressemblent mais qu'on distingue assez bien, Robert et Roberto (c'est pas leur vrais prénoms mais leurs prénoms sont très semblables) et habillés différemment.
-2 vrais jumelles Sonia et Aïcha, ou comment faire la différence entre une goutte d'eau et une autre goutte d'eau habillée presque de façon identique et la maman n'a pas voulu qu'elles soient dans des classes différentes en Petite Section. Et là, c'est le bordel...

Célia: Comment elle s'appelle ta jumelle à toi?
Moi: Aïcha...
Célia: Oh merde... C'est laquelle la mienne?
Moi: La mienne c'est celle qui a le t-shirt blanc sous sa robe en jean. Toi c'est celle qui a le t-shirt rose...
Célia: Même les chaussettes et les élastiques des couettes sont de la même couleur...
Moi: Au pire si on est perdu faut qu'on regarde, Aurélie qui les a eu l'année dernière m'a dit qu'il y en a une qui a une toute petite cicatrice de naissance sur le front.
Célia: La tienne ou la mienne?
Moi: Je sais pas. Faudra regarder tout à l'heure.

Evidemment, on n'a pas regardé, et comme il a fait chaud...

Moi: Oh mince la maman a retiré les t-shirts ce midi.
Célia: Oh purée...
Moi: Attends j'ai une idée, j'appelle la mienne et je regarde son front... AÏÏÏÏCHAAAA.

*les deux se pointent*
*great*

Moi: J'ai appelée Aïcha, pas Sonia. Qui est venu dans ma classe ce matin?
...
*Evidemment elles ne sont pas dégourdies et elles sont muettes*

Moi: Y'a une toute petite cicatrice sur celle ci...
Célia: Celle là elle a un espèce de bouton bizarre...

...

Moi: Bon attends, j'appelle Aurélie parce que là on y arrivera pas...

...

Moi: C'est Sonia ou Aïcha qui a la cicatrice?
Aurélie: Je sais plus moi!

*great*

Célia: Alors...
Moi: Ba alors on va bien voir quand ça va sonner.... C'est comme les chiens, ça suit son maître... Celle qui me suit ça va être la mienne... On a plus qu'à prier pour que ça marche.

*sonnerie*
*les petites se séparent dans des rangs différents*
*soulagement*

Moi: Moi j'ai bouton bizarre.
Célia: Et moi j'ai cicatrice.

Récréation de l'après midi, salle des maîtres.

Moi: Le cru 2008 est sage et calme. C'est pas des bavards, mais c'est pas des flèches non plus. Par rapports à mes excités bons de l'année dernière, je vais sentir la différence... Et puis Roberto c'est pas une flèche... Y'a un gros soucis: je lui ai demandé de dessiner un bonhomme dans le cadre et il a passé son feutre autour de la feuille et a repassé très maladroitement le contour du cadre.
Aurélia: T'as pas le bon jumeau... Je pense, et les parents aussi d'ailleurs, qu'il doit avoir un handicap, surtout quand tu le compares à son frère. T'as laquelle des 2 vrais jumelles?
Moi: Aïcha.
Aurélia: Ah ba t'as la moins bonne des deux aussi!
Moi: Non mais en clair vous m'avez refilé à chaque fois le jumeau qui est tombé par terre pendant l'accouchement quoi?

Bref, les jumeaux c'est la plaie...

C'était une bonne rentrée, prometteuse quand à l'ambiance mais je pense qu'elle sera décevante quand à la performance des enfants...

Ce qui a changé pour moi, c'est le calme. Et ce qui me fait drôle c'est de voir mes anciens élèves dans la classe de collègues comme Kidzilla qui est dans la classe voisine, et Yliès dans celle encore d'à côté (mais il n'est pas encore revenu de vacances).  Je ne les croise que pendant la récré.

Kidzilla: Maîcreeeessseuuuh!
Moi: Bonjour! Alors tu as été sage avec ton maître?
Kidzilla: Oui.
Moi: C'est vrai?
Collègue: Ca va... tant que l'AVS est là dans la classe.
Moi: Oui et en cas de soucis, appelle moi.

Après la récré on remonte en classe.

Kidzilla: Et maintenant je reviens avec toi maîcresse?
*NO WAAAAAAAYYY*
Moi: Je ne suis plus ta maîtresse ma grande. Un bisou et tu retournes avec ton maître.
*une année supplémentaire avec Kidzilla ou Yliès et je fini à l'asile*

Et maintenant que la rentrée est passée, je vais être moins stressée et moins chiante... Mais il est encore trop tôt pour savor si c'est A year in the merde ou pas

02 septembre 2012

Ca sent la rentrée



Je suis quelqu'un d'infiniment stressé... Et à chaque rentrée, c'est le même cinéma.

Comme beaucoup de gens, j'ai horreur d'être jugée. En même temps qui apprécie ça? Je pars du principe qu'il est très difficile de juger quelqu'un et c'est une chose que je ne me permet pas. Je peux dire que j'apprécie les choses, mais j'ai toujours énormément de réticences sur les jugements négatifs en me défilant à coup de "j'aurais pas fait comme ça", "je préfère l'autre"...

Bizarrement les attaques sur mon physique m'indiffèrent... mes compétences c'est autre chose. On peut me balancer toutes les saloperies imaginables sur mon physique ça ne me touche plus. Par contre juger mes choix ou mes compétences me rends assez susceptible.

Etre prof c'est être jugé en permanence: par ses élèves, par les parents, par les collègues et par tout autre intervenant extérieur qui viendrait envahir mon espace personnel: ma classe.

Je suis sans cesse en train de me torturer de doutes sur mes compétences à cause d'un historique familiale très très lourd et surtout sur mon début de carrière extrêmement chaotique... on peut le voir sur ce blog en 2007 après ma titularisation... 2006 a été pas mal non plus... Car il est une chose que je n'ai jamais dites ici: mon année de formation à l'IUFM a été catastrophique et j'ai bien failli ne pas devenir prof...car si la validation de l'année était quasi automatique à l'époque, j'avais tellement bourdé, que j'avais fait un espèce de rattrapage du rattrapage tellement j'étais à l'arrache... ma titularisation s'est faite à un cheveux. Même si ce n'est pas une excuse, il faut bien le dire, je n'étais pas quelqu'un de très stable émotionnellement à l'époque c'était le début de la longues descentes aux enfers.

Même si je vais beaucoup mieux (y'a pas photo) et même si il faut le reconnaître que oui, avec le recul j'ai fait beaucoup de merde (mais bon, on progresse avec les années dans ce métier) Je suis tout le temps en train de me mettre une pression monstrueuse.

Parce qu'il faut bien le savoir: si on devait tout faire tout correctement dans une classe, on ne ferai pas grand chose à côté, si ce n'est manger et dormir (et encore pas longtemps). Du coup, comme il y a toujours beaucoup de choses à faire et que chaque instant de libre pourrait être utilisé à bosser pour tenter d'atteindre une certaine perfection,  quoiqu'il arrive, t'as l'impression d'être une glandouilleuse. Et c'est pas les jugements extérieurs sur ton métier qui vont te rassurer.

D'un autre côté, comme on est seul maître à bord dans une classe, y'a pas grand monde qui peut juger en toute connaissance de cause nos compétences. Donc le moindre pas vers moi qui peut émettre un jugement je le prends comme une agression. C'est comme les collègues qui viennent regarder tes cahiers. On le fait tous pour voir ce que le collègue a fait pour nous inspirer... ba moi quoiqu'il arrive je le prends pas bien!

Une de mes collègues a regardé mes cahiers en fin d'année et elle m'a dit: "Dit donc tu les a fais sacrément bossé! et puis tu suis assez  ce qu'on fait dans l'école!" Remarques entièrement positive hein... ba j'aurais préféré qu'elle regarde pas et qu'elle ne me dise rien... Allez savoir pourquoi!... je suis probablement atteinte d'une paranoïa surdimensionnée... C'est comme mes collègues qui viennent me dire que j'ai peu d'affichage... je le reconnais c'est vrai... mais moi j'ai les jetons rien que de me mettre sur une chaise... alors un escabeau! Pfff est ce que ma conscience professionnelle doit me pousser au point de devoir vaincre ma peur excessive du vide?

Alors oui, on est maître à bord dans sa classe mais pourtant on est peut être plus jugé que certains, parce que notre métier tous le monde le connaît ou crois le connaitre à partir du moment où on est allé à l'école ou dans une structure scolaire et donc tous le monde se permet de juger...

Bref ce métier me met une pression monstre, la société me met une pression monstre et moi j'en rajoute une couche parce que, faut bien l'avouer, j'ai pas une grande estime de moi. Je manque terriblement de confiance en moi et je me demande comment on peut bien me faire confiance.

Mais bon j'essaye de me soigner et d'aller au delà de ça en essayant de pas me rendre malade non plus.

Si encore j'avais des collègues monstrueux qui ne serait d'aucuns soutiens et avec qui je serais en froid! Mais non c'est pas le cas! On est peut être pas des grands copains mais on rigole bien et chacun sait ce qui se passe de croustillant dans la vie des autres... Comme Dirlo qui a fait un camps de naturiste ou la collègue qui a quitté son mari pour un représentant de spectacle pour enfant. D'ailleurs on peut pas se cacher grands choses à force de se confier nos soucis dans nos classes...

*devant la photocopieuse*

Hélène: Il est pas mal le nouveau Zil.
Moi: Oui, il est mignon!
Hélène: Ah moi j'en ferai bien mon quatre heure.
Moi: Ah ba je crois qu'on pense toute la même chose!
Hélène:... T'es bizarre!
Moi: De quoi?
Hélène: T'es la première à t’exalter sur la première proie qui passe!
Moi: Mais même pas vrai! C'est toi qui t'accapare toujours les petits nouveaux mignons! Faut arrêter le délire!
Hélène: Oui mais là t'essayes pas de me le piquer! C'est louche!
Moi: Te le piquer en quoi?? Il est là depuis 3 heures! C'est pas comme si il partait demain... on a le temps de le travailler au corps!
Hélène: TOI T'AS UN MEC!
Moi: Mais n'importe quoi! Tu délires!
Hélène: Si t'as pas un mec, t'as rencontré quelqu'un!
Moi: pffff...
Hélène: C'EST CAAAA!
Moi: Contrairement à toi, je ne me jette pas sur le premier bout de chair qui passe...
Hélène: HAAAAAANNN! Alors c'est qui? Comment il est?
Moi: Bon t'as fini avec les photocop?
Hélène: Ouai... HEY SYLVIE! SANDRINE ELLE A UN CHERIIIIII!
Moi: NON C'EST PAAAAS VRAAAAAAAIIII!!
Hélène: C'est presque ton chéri! C'est pareil!
Moi: Y'a rien de fait donc...
Hélène: AAAAAAAAAHHH TU VOIIIIIS!
Moi: DONC... je peux toujours m'intéresser aux petits nouveaux arrivants...
Hélène: Mais moi j'ai pas de casse dalle en vue! je suis prioritaire!!

*Productive cette rentrée des profs...Très productive*


13 août 2012

Et t'as pas l'intention de...



Revenir en primaire?

C'est la question qu'on me pose tout le temps... ma réponse est "J'y suis"... L'école primaire regroupe élémentaire et maternelle... mais  ça les gens le savent pas en général.

Reprendre une grande classe... je mentirais si je disais ne jamais avoir y penser. Autant j'aime les petits et leur faire découvrir plein de choses, autant c'est vrai qu'intellectuellement parlant on ressent un manque. Qu'est ce que j'aurai pas donné cette année pour faire un bon cours d'histoire! J'avais pu remédier au manque il y a 2 ans avec un de mes collègues de CM1 qui détestait ça alors qu'avec mes CP je déprimais à leur faire de l'écriture, encore et encore. On a fait un échange de service et 2 fois par semaine je prenais ses élèves et lui les miens en EPS. J'étais contente, il était content et les gamins appréciaient aussi. Je leur faisait un grand cours à l'oral et leur projettais des tableaux des cartes et lui leur refilais le poly des connaissances essentielles à retenir. J'avais autant hâte que les gamins de faire leur cours d'histoire, ils étaient tous participatifs et surtout j'adorais ponctuer tout ça avec des anecdotes historiques histoire de les faire rigoler.

Un bon cours d'histoire, d'anglais, de sciences (ou tu décortiques des pattes de poulets pour voir les muscles, les tendons...) faire des pièces de théâtres, faire une initiations aux langues étrangères (japonais, portugais, coréen, allemand...) c'est quand même sympa (bon je me passerai bien de la grammaire par contre)

Le relationnel avec les grands est différent aussi... même si je suis une guimauve un peu trop maternelle même avec des CM. Parler de grands sujets de sociétés avec des CM2 est juste une expérience extraordinaire ... quoique la dernière fois j'ai parlé de nucléaire, de tremblement de terre, de tsunamis et que j'avais précisé "si un tremblement de terre a lieu au Japon, ce qui fera le plus de dégats c'est le Tsunami... le week end suivant on a eu le droit à Fukushima... les gamins m'ont regardé de travers comme si j'étais un être maléfique... Moi j'ai prié parce que je leur avais parlé aussi des tensions géopolitiques entre les 2 Corées et j'avais peur de faire une énième prémonition sous forme de cours de géographie.

Le problèmes des gamins de cycle 3 (comprenez CE2, CM1 et CM2) c'est qu'ils sont déjà pas mal formaté et qu'il est intéressant de les déprogrammer pour qu'ils soient un peu plus futés. L'avantage c'est qu'à l'époque j'étais enseignante remplaçante et que si j'exploitais un sujet qui emmerdait les parents comme l'homosexualité, je m'étais déjà barré avant quelconque plaintes. Quoique les gosses ne parlent pas trop de ce sujet à leurs parents quand ils l'abordent avec moi. L'avantage c'est que je ne suis pas coincé comme beaucoup de mes collègues qui placent les cours de "reproductions animales et humaines" à la fin de l'année scolaire, histoire de dire "Oups! J'ai pas eu le temps de l'aborder dans l'année! C'est dommaaaaaageuuu". Je pars du principe qu'il vaut mieux ne pas avoir de tabou sans pour autant les choquer et d'esquiver par des "t'es un peu trop jeune pour comprendre ça encore" si vraiment la question est trop hard (et j'en ai eu du très hard!) que les laisser se renseigner par eux même sur le net et qu'ils tombent sur Youporn ou autre.

Ouai les parents trous du cul y'en a partout et parfois ça se plainds... mais parfois ils sont aussi content qu'on en parle au lieu de le faire eux même.

 C'est vraiment intéressant de poser le sujet sur l'homosexualité en CM2. Une fois, j'ai juste posé la question "Si demain votre meilleur ami vous dit "je suis homo" qui d'entre vous le rejetterai?" et les 3/4 de la classe a levé le doigt. On en a parlé environs une heure à une heure et demi... et contrairement à ce qu'on peut penser, pas un pouffement, pas un rire. Un vif intérêt sur une question de tolérance qui me parait aussi essentiel que le reste du programme... Une semaine après j'avais eu le droit encore à des réflexion d'élèves sur le sujet qui avaient cogités la dessus en me disant "C'est vrai t'a raison maîtresse... Si les homosexuels peuvent pas devenir hétérosexuel comme les noirs peuvent pas devenir blanc, on devrait pas les rejeter. C'est pas juste. Y'en a ils doivent être triste qu'on soit plus copain avec eux à cause de ça!"

Enfin bon oui... tout ça, ça me manque et c'est sur que les coloriages, les pipis, cacas, prout c'est chiant aussi... Mais à côté les petits ca s'épanouis sur pas grand chose comme la coccinelle dans le jardin, ou sur un haricot qui pousse, ou une limace qui mange de la salade...

Bon le gros avantages non négligeable de la maternelle c'est qu'on passe pas des heures à préparer un cours et on a pas des heures non plus de corrections... Mais à côté on passe des heures à découper et j'ai investis sur une plastifieuse.

La réponse à la question originelle est donc : je sais pas.
Je dois bien avouer que j'aime l'école ou je me trouve et qu'elle est drôlement bien équipée vu qu'elle est très récente. J'avoue aussi que je suis bien curieuse de voir mes élèves évoluer et j'ai la chance de pouvoir les voir grandir dans cette école jusqu'au CM2 et de les croiser régulièrement. J'ai plus qu'à espérer que mes collègues fassent avec moi des échanges de services pour satisfaire mon envie de faire des cours d'histoire.

30 juin 2012

Aldulte et/est enfant.



Ce qui est embêtant quand on doit faire un bilan virant au négatif c'est qu'on reste amère et plein de regret sans trop savoir ce qu'on a loupé et même si on y peut rien.

La dernière fois que j'ai parlé de Yliès, il avait changé de classe suite à la plainte d'un parent et je l'entendais hurler dans la classe voisine.

Il n'y a pas eu beaucoup de changement et le peu qu'il y a eu n'est pas très encourageant.

Le changement de classe n'a été fait que pour calmer les esprits des parents portant plainte (adultes), pour qu'on foute la paix à notre inspectrice à cause des multiples plaintes alors qu'elle change de circonscription (elle aussi adulte) et pour que la maman d'Yliès soit moins oppressée par des parents excédés (aussi adulte quoique pas très responsable).

Où peut on trouver la bonne parole de l'éducation nationale prêchant que l'enfant est au cœur des préoccupations et qu'on doit privilégier le bien être des gamins avant toute chose dans cette décision?

Le quotidien d'Yliès dans sa nouvelle classe sont les crises à répétition. 2,3,4... jusqu'à 8 crises par jours. des hurlements, des injures, des coups. Son nouveau maître étant mon voisin de classe, C'est assez perturbant pour moi d'entendre les crises et d'en avoir des rapports à l'heure de la cantine. C'est aussi dur de voir mon collègue tellement tendu qu'on sent que ça bout à l'intérieur. Il me répète qu'il tient parce que pour lui ce môme est malade. Je sais ce qu'il vit. Je l'ai vécut en double avec Kidzilla.

On a tenté de faire un système de récompense de valorisation... rien n'y fait. Il frappe, crie, hurle et balance tout dans la classe. Du coup dirlo le prend souvent dans son bureau pour le calmer et l'appaiser. Quand il est seul avec l'adulte, ça se passe mieux.

Personnellement, oui je plains mon collègue mais j'ai du mal à en plaindre d'autre. Quand est arrivé le jour de la répartition des classes, il a fallu attribué Kidzilla à une classe de Grande Section et Yliès à l'autre. Évidement il est hors de question d'avoir 2 cas lourds dans la même classe bien que ce fut mon cas. Certes Kidzilla n'était pas dans ma classe à l'origine et je l'ai recueilli de bonne volonté parce que je voyais ma collègue péter un câble et que la gamine m'a presque choisi.

On a quand même eu le culot de me demander si je voulais prendre une classe de Grande Section l'année prochaine.

Je suis gentille mais pas bonne poire. J'ai subit un an et on me demande de continuer. Non. Et pourtant je l'ai dit dès janvier qu'il n'était pas question que j'ai à nouveau une classe aussi difficile l'année prochaine... On m'avait dit "ça on verra"... Non non c'est tout vu. 1 an c'est bien, 2 c'est indécent. D'ailleur c'était clair pour dirlo que j'avais des moyens l'année prochaine avant même de me le demander.

Peste ou choléra, Kidzilla ou Yliès. Qui aura qui. Au début il était prévu que Richard continu d'avoir Yliès dans sa classe de Moyen/grand l'année prochaine et qu'Arthur, mon autre collègue ai Kidzilla dans sa classe de grands pure.

 Et puis on s'est rendu compte que Annie se retrouvait de nouveau dans la classe d'Yliès et qu'il fallait les séparer pour ne pas qu'elle soit pas de nouveau son bouc émissaire. 

Je propose de changer Annie de classe contre un autre.

Ba non. Car il se trouve que Richard va probablement prendre temporairement la direction de l'école car dirlo va partir en congé mater. Comme il sera déchargé à temps complet, il sera probablement remplacé par un ZIL ou nouvel arrivant. Et donc il a été dit que "Donner Yliès à un nouveau prof c'est un coup à le dégoûter du métier et c'est clairement pas sympa... donc il faut qu'Yliès soit dans la classe d'Arthur et que Kidzilla soit dans la classe de Richard".

De mon point de vue c'est mieux aussi... mais je ne vois pas ça de la même façon: Kidzilla a un niveau de petite section et la mettre dans une classe de Moyen Grand est plus pertinent: Elle re-suivra le programme de Moyenne section, ça la fera progresser.

Mais Arthur l'a amer. Kidzilla s'est beaucoup calmé même si elle est actuellement dans une mauvaise période. Et puis ses crises sont contre elle puisqu'elle s'auto-mutile. Yliès c'est autre chose. Alors ça le fait chier de l'avoir récupéré.

*en récréation*

Arthur: Il y a des profs privilégiés dans cette école.
Moi: Pourquoi tu dis ça?
Arthur: Vu comment il en bave, Richard a du demandé à Dirlo de ne plus avoir Yliès l'année prochaine et elle a été d'accord.
Moi: Ba en même temps, pour Yliès, Richard est lié au fait de son changement de classe... Et clairement Yliès l'a mal pris et c'est compréhensible... donc il lui fait payer. Maintenant c'est clair que quand Richard va prendre la direction, le pauvre zil qui se serai tapé Yliès il est bon pour démissionner direct si c'est sa première année...
Arthur: C'est bidon comme excuse et puis Kizilla ne cause presque plus de problèmes et elle aura une AVS l'année prochaine. Moi je te dis, y'en a qui ont des privilèges.

Un peu excédée par cette gaminerie de bas étage je lui lâche un peu sévèrement.

Moi: Je ne vais pas te plaindre, moi, j'ai eu les 2 au plus fort de leur crise et c'est pour ça qu'à un moment de l'année je me suis arrêtée 2 semaines pour burn out

Je me lâche avec d'autant plus de délectation que ce même collègue avait confié à une autre lors de mon burn out de cette année "A ton avis, pourquoi elle est absente? Non parce que le burn out c'est bidon comme excuse, c'est parce qu'elle veut glander."

Arthur: Ouai... mais bon... voilà quoi!

Ah ba oui... Tu sais plus quoi dire...

Détrompez vous, je l'aime bien Arthur. Il est marrant. Il est le premier à sortir des blagues et à faire marrer tous le monde. Mais c'est aussi le premier à critiquer les collègues même si eux ont des bonnes raisons d'être absent... et même si ce n'est pas le cas, ça ne le regarde pas... Mais ca ne l'empêche pas de critiquer. Un jour ça lui retombera dessus. En tout cas, il a choisi la mauvaise cible pour se plaindre.

Du coup Yliès va dans la classe d'Arthur et Kidzilla va dans la classe de Richard.

Reste à savoir comment Yliès va le vivre. Il a beaucoup souffert de son changement de classe et Richard m'a lui même confié que le gamin le rejette clairement. Yliès a aussi du mal a comprendre mes réactions. J'ai voulu un peu m'éloigner résultat un jour il en a frappé un autre et au moment ou je le cherche du regard dans la cours pour le sanctionné. Je le vois près de la porte menant au hall. Je me lève et comme il voit que je me dirige vers lui, il ouvre la porte et se sauve. 

Me voilà donc obligée de le poursuivre. Il m'attends dans le hall et fait semblant de s'échapper. Je sais pertinemment qu'il attendait mon attention. Je le prend par le bras, lui demande de sortir et de se calmer quand il me lâche:

Yliès: De toute façon, tu me connais plus!

C'est comme un petit poignard dans le cœur.

Moi: Mais si je te connais Yliès. Tu es mon ancien élève et tu as du changer de classe. Maintenant  tu es l'élève de Richard et tu es juste à côté de ma classe. Je t'entends souvent crier d'ailleurs. Et ça me rends très très triste. Richard me donne de tes nouvelles quand je ne te vois pas et si tu veux venir me dire bonjour et me faire un bisou tu peux venir quand tu veux.

Yliès: Je veux voir Dirlooooo

Moi: Je ne peux pas t'emmener désolé. Tu sais, elle travaille beaucoup. Mais si tu veux on peut aller devant sa fenêtre, je te porte et tu pourras lui faire coucou. Tu veux?

Yliès: Ouiii

Depuis Yliès est parti en vacances. La suite, ça sera pour septembre!



23 mai 2012

Malheureusement, on s'habitue à tout



Il y a quelques temps, j'ai raconté l'histoire d'Yliès.
Dr Jekyll and Mr Hide... Pour les flemmards, il s'agit d'un enfant de 4 ans, qui est scolairement faible et un peu nouille. Mais surtout, c'est un enfant capable de faire des crises au point de balancer tout ce qu'il y a sur le bureau de la directrice, de frapper, mordre, griffer, cracher, lécher, pincer... les adultes! Sans oublier qu'il insulte et menace à tout va!

Il est temps de prendre quelques (mauvaises) nouvelles... Oui je préviens déjà car les cas déjà énormissime est loin d'avoir progresser.

Comment cela pourrait-il être pire qu'un enfant qui frappe et insulte son prof alors qu'il n'a que 4 ans? Ba un enfant qui s'en prends aux adultes ET aux enfants!

Car Yliès, jusque là, faisait des crises de plus en plus fréquentes mais toujours ciblé sur l'adulte: moi, mon atsem, la dirlo... ou tout autre adulte qui passe!

Yliès avait une petite copine. Annie. Blonde aux yeux bleus, sage et douce. Toujours collés l'un à l'autre en récré.

J'avais prévenu les parents d'Annie lors du dernier livret que je m'inquiétais un peu de leur relation parce qu'il fallait bien le dire, Yliès avait déjà un comportement préoccupant et Annie commençait à être influencée.

Il y a deux semaines, dans la cours, Yliès s'est disputé avec Annie dans la cours. Par chance, justement je les regardais. Il l'a poussé assez violemment par terre. Ca aurait pu être pire si je n'avais pas vu le début de la dispute.

Le soir même, je disais à la maman d'Yliès, que j'étais inquiète. Pour la première fois, il s'en prenait à un autre enfant (même si ensuite c'est moi qu'on a frappé). Et je sentais que ça allait continuer. Le papa d'Annie, lui même, est arrivé a ce moment là. Très cool, et assez compréhensif, il a juste dit à Yliès "Tu sais, si tu frappes Annie, elle ne t'invitera pas à son anniversaire!".

Assez cool le père quand même... Il comprends cependant (et à mon avis sa fille a du lui dire aussi) que ce n'est pas un acte isolé et que le gamin a des sacrés problèmes. C'est un parent d'élève élu et je sais que cet évènement va lui rester dans un coin de sa mémoire.

Je ne suis pas surprise qu'il me demande de faire en sorte que sa fille ne joue plus avec lui. Peine perdue, celle ci a des élans masochiste et elle ne peux pas s'empêcher de retourner avec son petit copain.

J'en étais resté là puisque la semaine dernière, je choppe une laryngite qui me rends aphone 6 jours.

Lundi, je débarque à l'école et Valérie ma collègue m'annonce: "Tiens une bonne nouvelle pour toi sur le cahier navette de l'école! Moins bonne pour Richard (mon collègue) par contre" (le cahier navette est un cahier où les enseignants reçoivent les infos)

Ah...

Yliès ne sera pas déscolarisé à mi temps mais change de classe.... l'heureux gagnant est RICHARD! (ordre de l'inspectrice)

Moi: J'ai loupé un truc?
Dirlo: Yliès a mordu Annie assez violemment. Le père monte au créneau et il veut porter plainte. Comme la petite retourne toujours vers lui malgré tout, il faut la protéger. Il faut donc éviter qu'il se croise en classe et en récréation. Sauf que dans l'autre service de récré c'est les Petites section et la classe de Petits/Grands de Richard... donc il n'y a que lui qui peut le prendre.

J'avoue être assez déçue. Je le vis un peu comme un échec même si je sais pertinemment que je ne peux pas grand chose pour ce gosse. Ce qu'il lui faut, c'est un psychiatre.

Yliès vit mal ce changement. Richard est dans la classe voisine, j'arrive donc à les croiser quand nous rentrons en classe à 13h30.

Richard: Et c'est reparti...
Yliès: NON JE VEUX PAS TAAAAAAAAAA GUEUUUUUUUUUUUUUUUULE!

Je l'ignore. Je ne le regarde même pas. Pourtant ça me bouffe... Mais je sais qu'il hurle aussi pour attirer mon attention et me retourner n'est pas une solution.

Je rentre dans ma classe et ça hurle des "ta gueule" et des "je veux retourner chez Sandrine" au moins 20 bonnes minutes avant que dirlo vienne porter secours à Richard.

Ca me bouffe... c'est con hein? Le pire c'est que quand c'était mon élève, je m'étais habitué à me faire frapper tous les jours. Maintenant que c'est les autres, ça me choque plus encore.


Plus tard, pendant le changement de service de récréation Yliès me croise, me regarde et me dit:
"Maîtresse je suis plus avec toi parce que je suis méchant. Quand je serai gentil, je vais revenir hein?"

 L'inspectrice vient inspecter notre dirlo... On a presque envie que le môme entre en état de crise à ce moment là pour qu'elle réalise l'étendue du problème.


Je sens que les dernières semaines d'école vont être longueeeeeeeeeeuuu!


12 janvier 2012

Dr Jekyll and Mr Hyde



Ylies, 4 ans.

Quelle erreur de ne pas vous en avoir parlé jusqu'à maintenant.

Ylies est un petit garçon affectueux, turbulent et avec un niveau faible mais qui, en septembre du moins, ne sortait pas plus du lot que ça. Dr Jekyll bien que n'étant pas d'une claire intelligence, n'avait rien de bien méchant.

3 Semaines après l'arrivée d'une certaine Kidzilla dans la classe, les premiers signes auraient du me mettre la puce à l'oreille. Le petit garçon refuse de m'obéir, et répète les douces injures de la demoiselle qui vient d'être accueilli en classe, me pince ( partout mais surtout le premier bout de chair devant lui à savoir mes seins vu que quand j'essaye de le raisonner je suis à sa hauteur) et hurle.

Je crois que ce jour là a été un des plus difficile de ma carrière, j'en ai pleuré et je remercie bien mes collègues de m'avoir soutenu.

L'histoire d'Ylies n'est pas bien simple. Quand il avait juste quelques semaines, sa maman et lui se sont sauvés loin d'un papa violent qui s'en prenait à la maman. Craignant pour sa peau et celle de son fils, elle est partie sans bagage, avec juste son fils sous le bras.

Plus tard, la maman d'Ylies rencontre son chéri actuel et, tout naturellement, Ylies se met à l'appeler papa... sans savoir que son vrai papa, n'est pas celui qui vit avec lui.

Rien d'étonnant donc, que ce cher Ylies pète un câble quand il apprend que celui qu'il considérait comme son géniteur ne l'est pas et qu'il rencontre le vrai géniteur... loin d'être un idéal.

Rien d'étonnant d'avoir une répercussion à l'école...

Ouai...

Sauf que là, quand même, y'a un truc.

Qu'on se mette en colère, et qu'on se rebelle contre la société est une chose... Mais concernant Yliès c'est carrément de l'ordre de la démesure.

Je vais lire une histoire, je suis devant les enfants et Yliès est assis par terre sur ses genoux.

Moi: Yliès, est ce que tu pourrais t'asseoir sur tes fesses s'il te plait. Tes copains derrière toi ne peuvent pas voir les images sur le livre.

*Mon dieu... pourquoi ai je demandé ça?*

Ylies: Et ba NON! JE VEUX PAS!

Et là, la crise commence. Car toutes les crises démarrent d'un rien du tout, pour partir en sucette...et le mot sucette est bien trop doux. Car ce n'est plus un enfant que j'ai devant moi. Ses yeux se transforment et changent de couleur. Littéralement. C'est peut être le changement d'expression le plus impressionnant que j'ai jamais rencontré dans ma vie.

Pour ceux qui ont pu observer la transformation, un terme revient: ce môme est possédé... Pour moi c'est vraiment au delà d'un problème psychiatrique. Et je ne dis pas ça à la légère.

Vous pensiez que Kidzilla était un petit démon. Ylies, à côté, c'est Satan.

Évidement, je ne lâche pas le morceau donc je lui demande d'obéir. Résultat il me griffe, il me mord, me pince et j'en passe. Hier il est allé jusqu'à me jeter sa chaussure dessus. Ca c'est la partie agression physique. Le physique, je gère assez bien.

A côté j'ai le droit à:
- Je vais te jeter du caca et du pipi dessus!
- Je suis le plus fort je vais te mordre!
- C'est moi qui commande!
- Je vais te tuer!
- T'es morte! tu vas mourir!
- Tu vas voir je vais te jeter une chaise dessus!

Tout cela en hurlant évidement et en me frappant, toujours. Les agressions verbales par contre, je les vis pas très bien. Les menaces de mort surtout, et le coup du balancé de chaise, je le digère un peu mal aussi. Autant dire que le jour ou il passera à l'action (et il le fera, c'est certain), j'exerce mon droit de retrait tout de suite. Je veux bien être gentille, je veux bien être patiente, je veux bien être compréhensive, mais si je ne dis pas stop maintenant, je me ferai bouffer.

A côté de ça, ses crises peuvent retomber aussi vite qu'elles sont apparus et ses sautes d'humeurs comme son regard se transforment tout aussi rapidement. Il y a qu'a voir: il y a quelques jours alors que je le réprimandait dans la cours et qu'il s'est mis à me frapper et à me menacer qu'une "pluie de cacas" me tombe dessus, à peine j'avais mis un pied avec lui dans le hall pour tenter de le calmer qu'il s'est apaisé, que son regard s'est apaisé et qu'il me lance, comme si de rien était: Maîtresse, je t'aime! Je veux un bisou!

...

Ben voyons!

Je crois que le terme "possession" est vraiment le plus approprié. Mais moi, j'ai pas pris l'option "exorcisme" dans ma formation. La seule chose que je puisse faire face à tant de vices, c'est de tenir mes promesses bonnes et mauvaises: Hier, après moult coups et menaces, je lui lance "Si tu me touches... je dis bien juste "toucher" même pas "frapper"... Si tu me touches, tu sors de cette classe et tu vas chez le maître à côté!"
Vous me croirez ou pas mais, levant les yeux pour me fusiller du regard alors que je fais 2 fois sa taille et que je me trouvais face à lui, il a eu le culot de pointer son index sur moi pour m'effleurer la cuisse. Ni une, ni deux, je l'avais déjà pris sous le bras pour l'envoyer chez le collègue.

Mais c'est déjà allé très loin: Un jour qu'il était devenu ingérable (et au bout d'un moment, il faut aussi que je gère les autres) je l'ai envoyé chez la dirlo: Il a envoyé valsé tout ce qui se trouvait sur son bureau en une crise de colère... Elle a donc joint la maman en urgence et pendant qu'elle téléphonait, ma collègue de CP devait lui tenir les mains: Elle est enceinte et ça ne l'a pas empêcher de redoubler ses coups.

La dirlo a fait un rapport pour incident en milieu scolaire avec exclusion pour une journée: En gros, Ylies, 4 ans, a déjà un petit rapport sur lui sur un des bureau de l'inspection académique qui va le suivre longtemps... très longtemps...


Vous n'avez pas fini d'en entendre parler de celui là...

31 décembre 2011

La merveilleuse histoire de Monsieur Puni

En ayant à relire les post de ce blog, je me dis franchement que j'ai bien fait de le faire. Bons ou mauvais souvenirs, j'aime bien me rappeler de tout ça. Malheureusement, soit je n'ai pas le temps soit je ne pense pas forcément à alimenter ce blog. Pas faute que certains de mes lecteurs viennent me dire d'alimenter un peu la machine.

Soit je vais tenter de prendre un peu de temps pour le faire aujourd'hui en ce dernier jour de l'année... avant d'aller préparer mon réveillon.

Kidzilla tout d'abord (parce que je le dois bien). Quand je me rappelle la petite fille que j'ai accueilli en septembre, ce n'est plus du tout la même. Les injures ont presque totalement disparus. J'en ai encore, c'est clair, mais j'ai nettement moins de crise. Elle ne se frappe plus, bien qu'elle dise souvent qu'elle n'est pas belle ou qu'elle est méchante et je n'ai plus ce lavage de main intempestifs dont les séance pouvait durer 1/2 heure.

Alors que je ne la forçais plus à rien faire, parce que cela engendrait une crise et qu'elle refusait de travailler, elle commence, tout doucement, à réclamer les activités bien qu'elle demande à être accompagnée. Du coup, elle accapare très souvent mon ATSEM. Pour l'EPS c'est un peu pareil. Elle qui courrait dans tous les sens, commence doucement à vouloir s'y mettre un peu, en acceptant d'attendre son tour.

J'arrive à lui faire accepter les punitions, ce qui était impossible en septembre puisqu'elle ne restait pas assise et qu'elle se mettait systématiquement à chouiner... Il faut lui expliquer pourquoi elle est puni, pourquoi c'est normal d'être puni, pourquoi il faut s'excuser à chaque fois ce qui prends 10 minutes et ensuite elle part en punition avec ceci:
Je vous présente Monsieur Puni. Monsieur Puni a beaucoup de bandages parce que, quand on est puni, c'est triste. Ca fait mal. Parce que quand on est puni on a aussi fait mal aux autres en tapant ou quand on leur a dit des choses méchantes qui font pleurer. Mais quand on tourne la tête de Monsieur Puni, il réfléchi aux bêtises qu'il a faite. Il réfléchit très fort pour se calmer aussi parce que quand on a mal on est aussi en colère. Et puis, quand Monsieur Puni a fini de réfléchir, il se rend compte qu'il méritait d'être Puni et qu'il ne fallait pas recommencer la prochaine fois... Et comme la punition est fini, il se met à rire et son rire c'est comme une petite cloche qui fait sourire les enfants.

Qu'est ce qu'il faut pas inventer comme connerie des fois. M'enfin le principal c'est que ça marche. Elle reste en punition.

Par contre maintenant j'ai un autre problème. Comme elle est en opposition permanente avec l'adulte, à chaque fois c'est une comédie pour sortir de la classe. Soit pour aller à la cantine, soit pour aller en récréation... La solution étant de l'isoler dans la classe et de fermer légèrement la porte derrière elle, faire comme si je partais et que je la laissais seule, et de ne pas m'occuper d'elle. Et là, panique à bord: elle a peur que je l'abandonne, que je la laisse seule, et elle a si peur que parfois elle fait dans sa culotte.

Concrètement, j'ai pas envie de lâcher l'affaire. La maman pour éviter toute crise, la prend par la main (la tire si la gamine a envie de l'embêter), lui fait enfiler son manteau de grès ou de force, et hop c'est torché. Moi j'ai pas le temps de lui faire ça. Elle bouffe déjà assez de mon temps sans ça.

De même, si je ne fais pas le service de récréation, elle part souvent en pleurs (pleurs est un bien grand mot.... disons caprice) elle demande les bras, un câlin.... bref... faut que je sois la pour mademoiselle. heureusement j'ai un collègue qui prends le relais et qui a accepté de la prendre sur ses genoux le temps de la récréation. Parce que le câlin, la somnolence de récréation de l'après midi, est un espèce de rituel indispensable pour elle...

Je sais ce que vous allez me dire: Pourquoi on la mettrai pas plutôt au dortoir? Parce qu'elle refuse le dortoir et que ça l'angoisse. Elle lutte et ne dormira pas. Elle arrivera juste a enquiquiner ceux qui ont encore besoin de dormir.

Enfin... tout n'est pas réglé, mais on est sur la bonne voie. En espérant qu'avec les vacances, elle n'ait pas régressé d'un coup.


15 janvier 2011

Pourquoi le petit nicolas fait des bêtises à l’école?


Ou pas…
Les formations à l’IUFM c’est chiant mais on y apprend plein de choses… pas spécialement ce qu’on y attendait.
La semaine dernière, en m’y rendant pour une formation en histoire de l’art, j’ai vu tout un tas de panneau de protestation… Et quand on y est pas, c’est sur, on comprend pas. Notre formateur, prof d’histoire, nous a donc informé des différents bouleversements sur la formation des maitres. Accrochez vous, moi qui ne suis pas une fervente activiste, je suis tombé sur le cul: l’école se meurt.
C’est vrai qu’en décembre, quand je me suis rendu à l’IUFM, une chose m’avait énormément choqué: ce lieu plein de vie qu’est l’IUFM comme je l’ai connu avec des étudiants partout dans les couloirs, des escaliers grouillants dans cet immense labyrinthe, et surtout cette queue incroyable pour aller à la cantine si tu te dépêchais pas un peu… tout ça avait disparu. Car l’IUFM est un lieu fantôme à présent. Quelques villes y organisent des formations, mais les étudiants y sont rares. Il faut dire qu’à mon époque on avait besoin que d’une licence et que maintenant il faut un master 2 et que forcément le nombre d’inscription aux épreuves a été divisé par 2… Qui dit master 2, dit que forcément, la paye des profs auraient été bien supérieure quand même.
La formation à l’IUFM se faisait à mon époque en 2 ans: après la licence on était PE1 on préparait le concours qui se déroulait en juin puis on était PE2, payé environs 1300 euros net par mois pour étudier et faire des stages… très cool me direz vous… Je ne le dément pas surtout après avoir passé 4 ans en licence en conjuguant petit job et cours… Au moins on pouvait se consacrer à ce qu’on faisait.
Petit Nicolas est arrivé et voilà ce qui était prévu (la version officielle jolie et toute enjolivée parce que c’est Kawaï): Les enseignants sont priés d’avoir un master 2 (soit un master métier de l’enseignement… soit n’importe quoi d’autre d’ailleurs) qu’il passe en même temps que leur concours et après leur admission, il passait un an de formation en stage divers et variés. Durant la deuxième année de master, les étudiants faisait un stage de 4 semaines rémunérés 3000 euros… bien plus économique que de payer 1300 euros mensuel… mais ca encore c’est compréhensible… on doit tous économiser. Il était prévu que tous les étudiants master 2 bénéficieraient de ces 3000 euros de stage.
La réalité à présent.
Le concours d’admissibilité a eu lieu pour les master 2 en septembre… et les résultats on été connu fin octobre. Ceux qui ont échoués au concours et qui sont en “métiers de l’enseignement” continue leur master 2 avec des cours qui ont pour but de vous faire passer les épreuves d’admissions de juin, épreuves qu’ils ne peuvent pas passer… ba oui ils sont pas admissibles… logique! Quelle connerie de faire passer des épreuves en septembre alors que si elles avaient lieu en juin on leur aurait fait redoubler leur master 1 pour s’entrainer a être de nouveau admissible l’année suivante…
si c’était que ça…
Ils sont master 2 donc ils continuent leurs études hein…
On a dit à ces gentils master 2 que comme ils allaient avoir 3000 euros pour leur stage, que ca serait bien qu’il se consacre à leurs études à fond (n’oublions pas qu’en plus de passer un concours, il passe un master donc ils ont pas mal de recherches à faire) et de laisser leurs petits boulots… les 3000 euros compenseraient tout… le calcul fait: si ils gagnaient moins de 300 euros par mois effectivement la question pouvait se poser.
Surprise! Fin décembre ont leur dit que finalement ça ne sera que 2000 euros et uniquement ceux qui sont admissibles. Les autres n’auront rien.
Mieux encore: Certains de ceux qui ont fait leur stage n’ont pas été payé encore mais en plus on les rappelle parce qu’on manque de prof et de remplacement! donc il retourne bosser et en plus ils ont toujours leur master a préparer sous le bras.
Ce qui peut donner dans le pire des cas quelque chose de ce genre:
Vous êtes maman de 2 enfants et souhaitez reprendre vos études pour devenir enseignante et avoir une meilleur qualité de vie car la promesse a été faite que la paye serait super pour les enseignants masterisés. Vous décidez de devenir étudiant salarié (parce qu’il faut bien nourrir sa famille)… seulement voilà: vous avez raté votre épreuve d’admissibilité… zut… mais bon faut bien continuer ses études hein! donc vous vous préparez à passer votre stage obligatoire et de demander un congé sans solde à votre employeur… heureusement vous savez que vous pouvez compter sur vos 3000 euros pour nourrir les marmots… et en décembre après avoir passé votre stage qu’on vous a pas rémunéré bien sûr, on vous dit: “Ah bé non madame! vous êtes pas admissible donc on ne vous paiera pas!”
Coooooool!
Autre logique du système: vous pouvez réussir votre concours \o/ mais rater votre master T-T… et bien vous n’êtes pas prof! ba non! Vous devez passer votre 3 ème année a repréparer votre master et a être en stage ou vous n’aurez pas de responsabilité. Vous n’êtes pas payé donc (et si tu es maman t’es dans la merde pendant un an si vous me suivez toujours) et bien sur si à la fin de l’année vous n’avez toujours pas votre master bé on vous dit que votre admission au concours n'est plus valable.
La seule solution serait de punir le petit Nicolas…et de ne pas le faire redoubler hein… faut l’exclure de l’école…

18 décembre 2010

La maicresseuh gatée

choc
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour  des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir  pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.

27 novembre 2010

Comment le Téléthon creuse les inégalités…


La ville où je travaille s’active tous les ans pour le Téléthon. Je ne suis pas du genre à dire de contribuer à telle association. Je donne mon sang, j’ai fait savoir à ma famille que j’étais donneuse d’organe, il m’est arrivé de donné à des gens dans la rue ou de donner a des associations caritatives mais ce n’est pas un réflexe automatique.
A vrai dire, le téléthon est une des dernières associations a qui je donnerai des sous: Y’a tellement de misère dans le monde et ils gagnent tellement d’argent une fois par an que je préfère donner à des associations sérieuses et un peu moins connues.
Bref, à cette occasion, les écoles se mobilisent et hier, en échange de 1 euros pour l’association, un gamin recevait un pain au lait, une barre de chocolat et un bonbon.
Se pose un dilemme récurrent: Dans un quartier comme celui ou se trouve l’école, 1 euro, c’est 1 euro et quoiqu’on en pense, c’est pas toujours facile de le sortir d’une poche et nous les instits on le voit tous les jours: quand le gamin porte les chaussures du grand frère 3 fois trop grandes ou quand il a toujours pas de crayons de couleur depuis la rentrée ou quand par inadvertance la facture EDF se retrouve à l’intérieur d’un cahier de poésie et que le montant représente plus de deux fois la paye mensuelle d’un instit à savoir 3326 euros.
Alors voilà: donner c’est bien quand on peut… et les autres? Bien sûr c’est important pour ces mômes de comprendre que pour se nourrir, se vétir, se divertir et bien il faut payer. Ca explique la valeur de l’argent. Mais moralement, ces pauvres gamins qui ne peuvent pas donner, ce sont eux qui ont le plus besoin de recevoir aussi.
Alors on fait quoi pour ceux qui n’ont pas donné les sous? On leur explique la valeur de l’argent et on donne aux autres qui restent pour eux virtuels mais pas à eux alors qu’ils en ont besoin?
La veille de l’évènement, je me suis dit “Bah… pour ceux qui ne donneront pas, je leur ramènerais un paquet de biscuit et un paquet de bonbons comme ça tous le monde est content.”
Pourtant dans une classe de 20, la très grande majorité de la classe a participé. Seuls 5 d’entre eux ne m’ont pas rapporté l’argent ou partiellement.
Mais il s’est passé un évènement auquel je ne m’attendais pas.
Alors que je demandais les différentes participations, je demande à Omer si il a l’argent pour le petit gouter. Il me dit oui, s’approche,  et, alors que je tends ma main pour recevoir ses sous, une pluie de pièces de bronze, de 1 et 2 centimes tombent en faisant de discrets petits cliquetis… un amas de petites pièces loin d’être suffisante et qui sentait les fonds de tirelires et de tiroirs voir de dessous de coussins de canapé…
Moi: Ok… écoute, reprends tes pièces parce que tu n’as pas assez. On va se débrouiller. Ne t’inquiète pas.
Dans ma tête, ni une ni deux… quitte à y mettre de ma poche pour sauvegarder  ma toute petite coopérative, il allait l’avoir son gouter… et les autres qui n’avaient pas les sous aussi. Ils n’ont pas l’âge de comprendre ça. Ca ne devrait même pas leur effleurer l’esprit.
Et pourtant le petit Joshua, s’approche alors discrètement de mon bureau et me souffle à l’oreille.
Joshua: Maîtresse… et si Omer ramène les sous lundi… tu peux lui donner son gouter aujourd’hui?
…pfiou…
Moi: Ne t’inquiète pas… tous le monde aura son gouter.
Et quand la récolte des sous fut terminée, il fallait bien expliquer.
Moi: Bon écoutez les enfants. Je vais faire quelque chose qui n’est pas très juste pour tous le monde. J’ai un peu de sous dans mon porte-monnaie pour ceux qui n’ont pas l’argent pour le gouter. C’es moi qui vais payer à leur place pour que tous le monde puisse avoir son gouter. Ce n’est pas juste parce que je paye que pour 5 enfants et les autres ont du payer eux même. Est ce que tous le monde est d’accord pour que je leur offre le gouter?
Pas d’hésitation puisqu’un oui général retentit.
Moi: Par contre c’est un cadeau… alors pour ceux à qui je donne le gouter, j’attends un mot magique!
Et toute la classe à dit merci…
On a tous à apprendre certaines valeurs des gosses…

03 novembre 2010

Les imbéciles rôdent…


Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir  6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.

16 octobre 2010

Y’a des jours comme ça…


… ou on se dit qu’on est pas une si mauvaise prof.
J’ai pas l’air comme ça, mais je ne suis pas d’une très grande confiance en moi même. Et, à vrai dire, au vu de mes débuts chaotiques d’enseignantes, dépression et tralala, tout ça n’a pas aidé. J’ai toujours peur de mal faire depuis que je suis toute petite et ça va toujours en s’amplifiant. D’ailleurs mon corps reflète mes angoisses. Quand je suis rentrée à l’iufm, j’ai commencé a faire de l’eczéma sur le cuir chevelu… Depuis 2 ans, j’en ai sur le visage… J’espère quand même que ça se calmera avec l’expérience. ( j’ai pas assez confiance en moi pour dire que j’aurai un jour confiance en moi XD).
Aussi, quand j’ai su que j’allais avoir un CP, je dois dire que c’était un peu panique à bord dans ma tête. Parce que foiré un CP, c’est foiré l’entrée à la lecture et c’est de ça que dépend tous le reste de la scolarité.
J’ai toujours eu un peu peur qu’ils ne comprennent pas, mal, de travers… Enfin même si, par exemple, je leur apprenais à faire des multiplications et que toute la classe y arrivait plutôt bien, allez savoir pourquoi, j’ai toujours cette peur irrationnelle de savoir si c’est clairement bien compris. Et le gosse, il pourra faire des milliers de multiplications au tableau devant moi, j’aurai toujours un doute… ou je trouverais toujours moyen de trouver une angoisse ailleurs: Ils savent conjuguer?… ouai mais est ce que j’ai pas trop travaillé la conjugaison au dépend de l’expression écrite! Il savent multiplier? J’ai pas loupé un truc en géométrie des fois? Il font du français comme des malades?… Quand même… je suis pas sympa et je devrai leur faire un peu plus d’art plastique…
C’est comme marcher sur des charbons ardents ou trouver un équilibre impossible à atteindre. Je crois que j’aurai des doutes éternellement sur ce que je fais avec les marmots. En même temps, si je ne les avais pas, je pense que je n’aurai plus à faire ce métier.
Mais pour contre balancer toutes ses angoisses, y’a quand même les petits résultats qui flattent un peu l’égo.
Natercia, la petite portugaise, m’a appelé aujourd’hui “maitresse”… C’est le premier mot en français que j’entends sortir de sa bouche.
Elisa, qui pédalait sérieusement dans la semoule en arrivant, ne sachant ni son alphabet ni sa comptine numérique, même si en voyant la syllabe “BU” elle demande “C’est quoi cette lettre?” en montrant le B, dès qu’on lui dit elle arrive à lire la syllabe. Et avec tout son entrainement et son travail personnel, elle reconnait toute ses voyelles et quelques consonnes sans réciter son alphabet. Elle réussit presque a tous les coup à dénombrer jusqu’à 17 maintenant.
2 de mes non lecteurs de début d’année, arrivent a présent à déchiffrer des phrases simples. Un déclic assez rapide.
Sur mes 18 élèves, 11 de mes élèves arrivent à former des mots avec des syllabes simples seuls et 14 d’entre eux arrivent à lire des mots de 3 syllabes.
Tous mes redoublants démarrent leur année assez bien voire très bien alors que les autres enseignants doutaient réellement de leurs capacités.
Et enfin, et non des moindre… Ils sont quasi tous autonomes et tous impliqués dans la vie de la classe. Ils travaillent et s’occupent seul quand je m’occupe d’un groupe spécifique et respectent les autres en chuchotant. Si bien que je fais ce que tout enseignant déteste faire avec des élèves si jeunes parce qu’en général ca dégénère en bordel immense: de la peinture! Tout est rangé, nettoyé, lavé en moins de 20 minutes. Alors malgré toute les appréhensions, je le fais avec plaisir. Et eux ils sont bien contents.
Alors je veux bien… certes ils sont doués, ils sont pas méchants, ils perturbent pas trop la classe… Mais c’est un peu grâce à moi hein…un ti peu quand même. Un soupçon… un grain de poussières?

Tain j’ai l’impression que j’ai pas assez bossé les maths et la découverte du monde… >_<

29 septembre 2010

Jamais on a vu, jamais on ne verra…


Souvent en début d’année, on a encore des arrivées de nouveaux élèves venant d’autres écoles.
C’est mon cas.
Aujourd’hui, Natercia est arrivée dans ma classe… Mais elle, elle vient de Lisbonne.
J’ai déjà vu, plusieurs fois, arrivé des élèves non francophone, mais en maternelle.
Natercia, elle, a 7 ans et devrait être en CE1.
En toute logique, dans le monde impitoyable de l’éducation nationale, il existe des classes adaptées aux élèves non francophone appelées CLIN.
En ce qui me concerne, la CLIN pour moi, c’est une légende. J’en ai jamais vu et pourtant, dans cette ville, j’ai fait le tour des écoles… Et je me demande sincèrement où se trouve cette satané CLIN dans notre circonscription qui pourtant est une des plus grande du 93. C’est un vrai mystère. D’ailleurs, vu la population de la ville, il devrait y avoir logiquement plusieurs CLIN…
Toujours est-il, qu’apparemment, elle existe. Seulement voilà, comme toute classe spécialisé, la CLIN est pleine… ou les CLIN sont pleines si elles sont plusieurs…
Trouver une place en CLIN, c’est un peu comme trouver une place de parking gratuite sur Paris en bas de l’immeuble où vous allez. C’est un espèce de miracle ou de Saint Graal: on est tellement content de l’avoir cette place de parking, que si on vous dit qu’il faut aller faire une course de l’autre côté de Paris, vous préférez prendre les transports et galérer  même en pleine grève que de perdre ce petit espace de bitume.
Trouver une place en CLIN c’est rare, alors 2, ce n’était même pas la peine d’y penser. Aussi Natercia et sa sœur jouent donc de leur droit à l’éducation pour rentrer dans l’école du coin.
Seulement voilà, pour ceux qui n’aurai pas encore tilté: Natercia devrait être en CE1 et moi, j’ai un CP.
Car oui, après longue réflexion ce week end, je me suis retrouvée face à un choix devant ma classe avec mes têtes d’ampoule. 3 possibilités:
1) Ma classe est un CP et je fais que du CP. Conséquence: mes têtes d’ampoule se font chier, se tournent les pouces et perdent leurs capacités.
2) Ma classe est un CP et je fais du CP en préparant de façon informelle mes têtes d’ampoule à sauter leur CE1. Conséquence: mes petits en difficultés ne comprennent pas que eux n’arrivent pas à faire les mêmes choses que mes têtes d’ampoule alors qu’ils sont dans la même classe. Quid des parents? Ont ils leur mot à dire quand à ma façon de gérer ma classe? Ils ont le droit de savoir mes plans après tout.
3) J’officialise et j’informe mes parents d’élèves de mes plans en faisant un CP/CE1 tout en prenant mes précautions: Si certaines de mes têtes d’ampoule ne sont pas prêtes à la fin de l’année scolaire à faire un CE2, ils passeront en CE1. Ils ne perdent pas d’années mais n’en gagnent pas. Je n’oublie pas que dans mes têtes d’ampoule, j’ai quand même des non lecteurs… mais très doué et apprenant très très vite et qui pourraient, si ils sont assez matures, pourquoi pas, tenter un CE2. Ils sont au courant du défi mais j’avertirai les parents qu’ils sont jeunes et qu’il ne faut pas non plus les presser. Situation délicate mais pas dénuée d’intérêts. Officiellement, ce n’est pas un CP/CE1, officieusement je prévois qu’avant Noël mes génies abordent la soustraction.
Pour le bien de la majorité, je pense que la 3ème solution était la plus raisonnable.
Me voilà donc avec un faut CP avec un groupe à profil CE1 accueillant une élève qui devrait être en CLIN… Ou plutôt un CP/CE1 officieux avec une non francophone… Enfin une classe de cycle 2 dans un certain flou artistique…
Quand à moi,  le fait d’accueillir Natercia arrangeait tous le monde:
-La directrice, instit de la seule classe de CE1 a 27 élèves qui se voyait mal prendre une élève supplémentaire.
-Mes autres collègues qui sont bien contents de comprendre ce que les petites disent parce que je peux communiquer avec elles, sachant  qu’ils sont aussi bien content de ne pas avoir “ce petit soucis de communication” dans leur classe.
- Natercia qui comprend tout puisque je fais l’effort de lui traduire ce qu’on fait, jusqu’à ce qu’elle s’habitue, petit à petit, à la langue française.
Par contre la grande sœur, elle, n’a pas une instit lusophone… et ni l’instit, ni la grande ne sont réellement ravies.
En (hum) consolation, nous avons eu un petit message de notre adorée inspectrice, disant qu’elle comprend notre délicate situation (plus pour ma collègue que pour moi vu que je parle portugais) mais que ce sont des enfants qui viennent d’un pays alphabétisé (pour ceux qui auraient des doutes quand à la scolarisation au Portugal) et donc qu’il faut leur laissé le temps avant tout de poser leurs valises avant d’ouvrir leur cartable.
Et moi, dans mon bordel, il faut que je prépare une réunion la semaine prochaine avec les parents de mes têtes d’ampoules pour mettre a plat la situation de façon officielle et faire le point sur leurs enfants individuellement (non parce que ma petite Louise de 5 ans et demi, bien que petit génie, s’est endormie pour la deuxième fois en classe depuis le début de l’année. Génie ou pas, vu sa maturité actuelle, envisagée un CE2 l’année prochaine, c’est pure folie) … pfiou…
J’en oublie presque qu’à Noël, c’est plus ma classe…

21 septembre 2010

Et toi? T’as quel niveau?


Voilà presque 3 semaines que l’école à commencer. C’est la fin de la période qu’on a entre collègues à se demander entre nous “T’as quel niveau?”, “ Il sont comment les tiens?” “Et ca se passe bien?”…
Il est donc temps de faire un premier bilan de ma classe.
En général, c’est jamais très glorieux. On a toujours tous un problème. On a “le chiant”, “le paumé”, “le rêveur”… Je trouve que nous, enseignants, on est toujours très pessimistes… On voit tout de suite les problèmes. Bon…On a toujours “nos perles” ou “le petit génie” mais on le met jamais assez en valeur.
En ce qui me concerne, alors que je n’avais que 21 inscrits, je n’ai plus que, finalement, 17 élèves.
Un CP, à 17… c’est le rêve! En fait, tout est relatif. Je trouve ça bien dans l’absolu même si je n’aime pas ce niveau.
J’ai mon gros rêveur, un peu trainard… Il est mignon et gentil mais bon…
Je m’en plains pas.
J’ai le casse pieds qui et loin d’être un génie mais qui croit savoir tout sur tout…
Mais j’ai pas à m’en plaindre non plus.
J’ai une petite, complètement lost, qui dénombre comme une moyenne section à coup de “1,2,3,5,9,12…”
Ca va être dur… mais y’en a toujours dans les classes des gosses comme ça…
J’en ai un qui a de groooooos soucis orthophonique…
Moi: Est ce que tu entends aaaaaaa dans Baaaaaaaaaaaaaaaaaateau?
Tayan: Non.
Moi: Vas y… dis aaaaaaaaaaaaaaaaaa
Tayan: aaaaaaaaaaaaaaaaa
Moi: Maintenant dis baaaaaaaaaaaaaaaaaaateau
Tayan: Baaaaaaaaaaaaaaaaateau
Moi: Alors est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaa dans baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaateau.
Tayan: Non.
Moi: Bon… ok… dans Tigre… Est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaaaa dans tigre?
Tayan: Oui… alors je colorie?
Je perds parfois patience… Mais, c’est ça après tout mon boulot d’instit. Tout ne peux pas être “idéal”.
On pourrait se dire que je ne suis pas de celles qui sont médisantes et qui ne voient que le mal.
En fait, j’ai un énorme problème dans cette classe et j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire.
Car sur 17 élèves, j’ai 3 lecteurs, 2 presque lecteurs et 1 redoublant qui déchiffre… Bref j’en ai 6 qui se font chier sur 17 quand on travaille sur les sons…
Et c’est pas finit!
J’ai décidé que j’allais testé les capacités en maths de mes 5 lecteurs et presque lecteurs qui semblait se faire chier avec le fichier de mathématiques…
Je me suis dit qu’il fallait les mettre au défi. Donc j’ai donné un exercice basique avec les > et < que tous le monde connait et je l’ai très très très corsé… j’ai mis une bonne vingtaine de problèmes types et je leur ai expliqué comment résoudre le problème une seule fois et c’était la veille:
63……36
204……24
47……49
56……65

Ce genre d’exercice est plus d’un niveau fin de bon CP voir plutôt  de CE1… et puis j’ai mis quelques additions… que je n’ai pas encore abordé avec la classe.
Je me suis donc dis “au moins ils vont bien être occupé pendant 15 minutes!”
ouai…
Sauf que 4 de mes génies me l’ont torchés en 3 minutes chrono… et tout était juste… Restait ma petite lumière: 1m10, 5 ans et demi, lectrice qui, de par son jeune âge était bien fatigué et avait mal à la tête… Elle s’est reposé un peu, a pris la feuille et un crayon avant de descendre en récréation et m’a dit:
Louise: Je peux le faire pendant la récréation?
Moi: Si tu veux…
Elle est revenue moins de 10 minutes plus tard “me foutre une claque dans la gueule” si je puis dire en me disant:
Louise: Ayé j’ai fini!
Aucune faute…
Mieux encore…
Au vu des magnifiques résultats sur “plus petit que, plus grand que” je me suis dit “si j’osais”…
J’ai donc pris une ardoise et posé l’opération 44+38 (niveau fin de très très bon CP voir CE1) et je l’ai montré à mon groupe d’Einstein.
Moi: Qui sait faire ça?
Lara, 6 ans. Lectrice depuis la moyenne section: depuis donc l’âge de 4 ans. Je sais pas ce qu’ils ont foutu à la maternelle pour pas faire un passage anticipé au CP mais soit… Elle s’approche… et oublie la retenue… Ba… j’ai peut être un peu vu trop loin…
Moi: C’est faux… Mais bon c’est pas grave tu…
Lara: Ah ba oui… 8+4 ça fait 12… Faut bien que je mette le 1 quelque part non?… Faut l’additionné au dizaine c’est ça?
*Boum dans ma gueule*
Vous savez quoi?… Et ba ils ont beau m’arriver à la taille… je me sens toute petite…
J’ai quel niveau déjà?
CP?
Ah bon?
Et pour ceux qui pourrait se dire “Pourquoi tu les fais pas sauté une classe?”…
Si je pouvais, j’en mettrai 3 d’entre eux en CE1… Seulement dans l’école il n’y a que 1 CE1 de 27 élèves!
J’ai donc plus qu’à  leur donné une excellente base fin de CE1 pour les faire passer directement du CP au CE2 l’année prochaine…
Je me déclare ce jour, enseignante de CP/CE1… P’tain fait chier le double niveau! J’aime pas cette classe, elle est trop bonne! XD
 

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