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30 juin 2012

Aldulte et/est enfant.



Ce qui est embêtant quand on doit faire un bilan virant au négatif c'est qu'on reste amère et plein de regret sans trop savoir ce qu'on a loupé et même si on y peut rien.

La dernière fois que j'ai parlé de Yliès, il avait changé de classe suite à la plainte d'un parent et je l'entendais hurler dans la classe voisine.

Il n'y a pas eu beaucoup de changement et le peu qu'il y a eu n'est pas très encourageant.

Le changement de classe n'a été fait que pour calmer les esprits des parents portant plainte (adultes), pour qu'on foute la paix à notre inspectrice à cause des multiples plaintes alors qu'elle change de circonscription (elle aussi adulte) et pour que la maman d'Yliès soit moins oppressée par des parents excédés (aussi adulte quoique pas très responsable).

Où peut on trouver la bonne parole de l'éducation nationale prêchant que l'enfant est au cœur des préoccupations et qu'on doit privilégier le bien être des gamins avant toute chose dans cette décision?

Le quotidien d'Yliès dans sa nouvelle classe sont les crises à répétition. 2,3,4... jusqu'à 8 crises par jours. des hurlements, des injures, des coups. Son nouveau maître étant mon voisin de classe, C'est assez perturbant pour moi d'entendre les crises et d'en avoir des rapports à l'heure de la cantine. C'est aussi dur de voir mon collègue tellement tendu qu'on sent que ça bout à l'intérieur. Il me répète qu'il tient parce que pour lui ce môme est malade. Je sais ce qu'il vit. Je l'ai vécut en double avec Kidzilla.

On a tenté de faire un système de récompense de valorisation... rien n'y fait. Il frappe, crie, hurle et balance tout dans la classe. Du coup dirlo le prend souvent dans son bureau pour le calmer et l'appaiser. Quand il est seul avec l'adulte, ça se passe mieux.

Personnellement, oui je plains mon collègue mais j'ai du mal à en plaindre d'autre. Quand est arrivé le jour de la répartition des classes, il a fallu attribué Kidzilla à une classe de Grande Section et Yliès à l'autre. Évidement il est hors de question d'avoir 2 cas lourds dans la même classe bien que ce fut mon cas. Certes Kidzilla n'était pas dans ma classe à l'origine et je l'ai recueilli de bonne volonté parce que je voyais ma collègue péter un câble et que la gamine m'a presque choisi.

On a quand même eu le culot de me demander si je voulais prendre une classe de Grande Section l'année prochaine.

Je suis gentille mais pas bonne poire. J'ai subit un an et on me demande de continuer. Non. Et pourtant je l'ai dit dès janvier qu'il n'était pas question que j'ai à nouveau une classe aussi difficile l'année prochaine... On m'avait dit "ça on verra"... Non non c'est tout vu. 1 an c'est bien, 2 c'est indécent. D'ailleur c'était clair pour dirlo que j'avais des moyens l'année prochaine avant même de me le demander.

Peste ou choléra, Kidzilla ou Yliès. Qui aura qui. Au début il était prévu que Richard continu d'avoir Yliès dans sa classe de Moyen/grand l'année prochaine et qu'Arthur, mon autre collègue ai Kidzilla dans sa classe de grands pure.

 Et puis on s'est rendu compte que Annie se retrouvait de nouveau dans la classe d'Yliès et qu'il fallait les séparer pour ne pas qu'elle soit pas de nouveau son bouc émissaire. 

Je propose de changer Annie de classe contre un autre.

Ba non. Car il se trouve que Richard va probablement prendre temporairement la direction de l'école car dirlo va partir en congé mater. Comme il sera déchargé à temps complet, il sera probablement remplacé par un ZIL ou nouvel arrivant. Et donc il a été dit que "Donner Yliès à un nouveau prof c'est un coup à le dégoûter du métier et c'est clairement pas sympa... donc il faut qu'Yliès soit dans la classe d'Arthur et que Kidzilla soit dans la classe de Richard".

De mon point de vue c'est mieux aussi... mais je ne vois pas ça de la même façon: Kidzilla a un niveau de petite section et la mettre dans une classe de Moyen Grand est plus pertinent: Elle re-suivra le programme de Moyenne section, ça la fera progresser.

Mais Arthur l'a amer. Kidzilla s'est beaucoup calmé même si elle est actuellement dans une mauvaise période. Et puis ses crises sont contre elle puisqu'elle s'auto-mutile. Yliès c'est autre chose. Alors ça le fait chier de l'avoir récupéré.

*en récréation*

Arthur: Il y a des profs privilégiés dans cette école.
Moi: Pourquoi tu dis ça?
Arthur: Vu comment il en bave, Richard a du demandé à Dirlo de ne plus avoir Yliès l'année prochaine et elle a été d'accord.
Moi: Ba en même temps, pour Yliès, Richard est lié au fait de son changement de classe... Et clairement Yliès l'a mal pris et c'est compréhensible... donc il lui fait payer. Maintenant c'est clair que quand Richard va prendre la direction, le pauvre zil qui se serai tapé Yliès il est bon pour démissionner direct si c'est sa première année...
Arthur: C'est bidon comme excuse et puis Kizilla ne cause presque plus de problèmes et elle aura une AVS l'année prochaine. Moi je te dis, y'en a qui ont des privilèges.

Un peu excédée par cette gaminerie de bas étage je lui lâche un peu sévèrement.

Moi: Je ne vais pas te plaindre, moi, j'ai eu les 2 au plus fort de leur crise et c'est pour ça qu'à un moment de l'année je me suis arrêtée 2 semaines pour burn out

Je me lâche avec d'autant plus de délectation que ce même collègue avait confié à une autre lors de mon burn out de cette année "A ton avis, pourquoi elle est absente? Non parce que le burn out c'est bidon comme excuse, c'est parce qu'elle veut glander."

Arthur: Ouai... mais bon... voilà quoi!

Ah ba oui... Tu sais plus quoi dire...

Détrompez vous, je l'aime bien Arthur. Il est marrant. Il est le premier à sortir des blagues et à faire marrer tous le monde. Mais c'est aussi le premier à critiquer les collègues même si eux ont des bonnes raisons d'être absent... et même si ce n'est pas le cas, ça ne le regarde pas... Mais ca ne l'empêche pas de critiquer. Un jour ça lui retombera dessus. En tout cas, il a choisi la mauvaise cible pour se plaindre.

Du coup Yliès va dans la classe d'Arthur et Kidzilla va dans la classe de Richard.

Reste à savoir comment Yliès va le vivre. Il a beaucoup souffert de son changement de classe et Richard m'a lui même confié que le gamin le rejette clairement. Yliès a aussi du mal a comprendre mes réactions. J'ai voulu un peu m'éloigner résultat un jour il en a frappé un autre et au moment ou je le cherche du regard dans la cours pour le sanctionné. Je le vois près de la porte menant au hall. Je me lève et comme il voit que je me dirige vers lui, il ouvre la porte et se sauve. 

Me voilà donc obligée de le poursuivre. Il m'attends dans le hall et fait semblant de s'échapper. Je sais pertinemment qu'il attendait mon attention. Je le prend par le bras, lui demande de sortir et de se calmer quand il me lâche:

Yliès: De toute façon, tu me connais plus!

C'est comme un petit poignard dans le cœur.

Moi: Mais si je te connais Yliès. Tu es mon ancien élève et tu as du changer de classe. Maintenant  tu es l'élève de Richard et tu es juste à côté de ma classe. Je t'entends souvent crier d'ailleurs. Et ça me rends très très triste. Richard me donne de tes nouvelles quand je ne te vois pas et si tu veux venir me dire bonjour et me faire un bisou tu peux venir quand tu veux.

Yliès: Je veux voir Dirlooooo

Moi: Je ne peux pas t'emmener désolé. Tu sais, elle travaille beaucoup. Mais si tu veux on peut aller devant sa fenêtre, je te porte et tu pourras lui faire coucou. Tu veux?

Yliès: Ouiii

Depuis Yliès est parti en vacances. La suite, ça sera pour septembre!



21 juin 2012

Auto-mutilation


C'est moche. Mais surtout, c'est bien triste. Et dire qu'elle avait arrêté...

13 juin 2012

Opossum a des ennuis



En cette fin d'année, il est temps de parler des différents cas de cette année... il va falloir que je fasse un article sur Kidzilla, sur Yliès l'ultra violent et sur Opossum...On commence par Opossum.

La différence avec mes années d'enseignement précédentes c'est que, comme je suis dans un groupe scolaire et maintenant fixée, en règle général, je vais pouvoir suivre mes élèves jusqu'en CM2. Sauf si il y a du changement dans la carte scolaire pour le passage en CP... Ce qui est le cas pour la moitié de mes grandes sections (3 de mes élèves sur mes 6 GS). A vrai dire la carte scolaire est tellement inadéquate (beaucoup de nouvelles constructions en cours et faites récemment autours de l'école) que 18 élèves du secteurs n'ont pu être inscrit dans notre école. Ces élèves sont à 50 mètres de l'école. L'école est archi pleine pour l'année prochaine et le refoulement d'autant d'enfants ainsi que le changement d'école de nombreux d'entre eux à cause de la carte scolaire ont fait apparaitre une rumeur dont nous avons eu des échos: L'école serait élitiste et admettrait des enfants sous dossiers quand ils sont particulièrement doués. D'ailleurs, la directrice a en effet reçu un CV et une lettre de motivation d'un enfant de 6 ans (qu'il faut absolument que je scanne un de ses quatre parce que ça vaut vraiment le coup d'oeil).

Les gens devraient se renseigner sur le concept d'école publique... De plus, si ils passaient une demi journée dans notre école, ils comprendraient vite qu'il n'y a rien d’élitiste chez nous.

D'un certains côté, il faut bien le dire, même si ce n'est pas politiquement correct, on est bien content que certains d'entre eux prennent le large. C'est un problème en moins à régler.

Aussi c'est le cas pour Opossum. Pour son passage au CP il change d'école... et on est pas mécontent dans l'équipe.

Parce que Opossum n'a pas que des problèmes d'endormissement régulier, c'est aussi un des plus gros réservoir à connerie qui existe.

Voilà un petit extrait de ses frasques:
- Faire des croches pieds pour voir le copain se vautrer (et se marrer)
- Ramasser des bonbons tomber malencontreusement à la poubelle.
- Sauter 5 marches de l'escalier.
- Lever les jupes des filles
- Baisser le pantalon des garçons
- Manger le popcorn utilisé pour une production en art plastique, donc enrobé de colle et exposé dans le couloir depuis un mois.
- chopper un morceau de gâteau au chocolat restant d'un anniversaire posé sur mon bureau alors qu'il sait qu'il ne peut pas en manger à cause de son allergie.
- Sauter dans les bras de parents ou d'adultes inconnus
- Sucer son pouce à longueur de temps si bien que celui ci est à moitié digéré.
- Percher des casquettes à près de 7 mètres de haut
- Pisser au fond de la cours contre le mur parce qu'il n'a pas pu se retenir jusqu'au toilette (à 20 mètres derrière lui)
- Pisser dans le lavabo pour épater la galerie (lavabo qu'il a lavé en guise de punition)
- Etaler du savon sur le toboggan.
Et tout un tas de connerie pas méchante et sans volonté de faire mal à autrui mais juste une envie profonde de faire le clown.

Avec le recul c'est marrant. Sur le coup, c'est juste épuisant.

Je lui répète régulièrement qu'il est temps de grandir et que le CP sera très dur. Sans résultat.

Et puis la, dernièrement, y'a eu un truc.

La semaine dernière, Opossum s'est fait 4 fois dessus alors que ça ne lui était jamais arrivé depuis le début de l'année. Et c'est pas la petite commission. 3 fois cela s'est produit en garderie en une semaine... Et puis ca s'est produit dans ma classe. Je lui demande si il a eu un petit accident. Il me dit que non. Mais l'odeur est là. On lui redemande: Il fond en larme.

Ce n'est pas une gastro. Ce n'est pas liquide. Il se fait dessus, c'est tout.

C'est jamais bon signe quand ça se produit comme ça d'un coup et régulièrement.

Et puis Opossum fond en larme parfois pour tout et n'importe quoi: Parce qu'il veut rentrer à la maison, parce qu'il est fatigué, parce qu'il a pas envie de travailler.

Du coup je m'inquiète, Dirlo s'inquiète, maître G s'inquiète et psychologue scolaire s'inquiète.

La maman elle, quand je lui dit qu'on s'inquiète elle sourit.

Le papa lui, a dit l'année dernière à la directrice: "Si il a besoin d'un bon coup de ceinture, je vous autorise à le faire."

Je sens que ma Réunion d'Equipe Educative pour Opossum jeudi va être difficile...

12 janvier 2012

Dr Jekyll and Mr Hyde



Ylies, 4 ans.

Quelle erreur de ne pas vous en avoir parlé jusqu'à maintenant.

Ylies est un petit garçon affectueux, turbulent et avec un niveau faible mais qui, en septembre du moins, ne sortait pas plus du lot que ça. Dr Jekyll bien que n'étant pas d'une claire intelligence, n'avait rien de bien méchant.

3 Semaines après l'arrivée d'une certaine Kidzilla dans la classe, les premiers signes auraient du me mettre la puce à l'oreille. Le petit garçon refuse de m'obéir, et répète les douces injures de la demoiselle qui vient d'être accueilli en classe, me pince ( partout mais surtout le premier bout de chair devant lui à savoir mes seins vu que quand j'essaye de le raisonner je suis à sa hauteur) et hurle.

Je crois que ce jour là a été un des plus difficile de ma carrière, j'en ai pleuré et je remercie bien mes collègues de m'avoir soutenu.

L'histoire d'Ylies n'est pas bien simple. Quand il avait juste quelques semaines, sa maman et lui se sont sauvés loin d'un papa violent qui s'en prenait à la maman. Craignant pour sa peau et celle de son fils, elle est partie sans bagage, avec juste son fils sous le bras.

Plus tard, la maman d'Ylies rencontre son chéri actuel et, tout naturellement, Ylies se met à l'appeler papa... sans savoir que son vrai papa, n'est pas celui qui vit avec lui.

Rien d'étonnant donc, que ce cher Ylies pète un câble quand il apprend que celui qu'il considérait comme son géniteur ne l'est pas et qu'il rencontre le vrai géniteur... loin d'être un idéal.

Rien d'étonnant d'avoir une répercussion à l'école...

Ouai...

Sauf que là, quand même, y'a un truc.

Qu'on se mette en colère, et qu'on se rebelle contre la société est une chose... Mais concernant Yliès c'est carrément de l'ordre de la démesure.

Je vais lire une histoire, je suis devant les enfants et Yliès est assis par terre sur ses genoux.

Moi: Yliès, est ce que tu pourrais t'asseoir sur tes fesses s'il te plait. Tes copains derrière toi ne peuvent pas voir les images sur le livre.

*Mon dieu... pourquoi ai je demandé ça?*

Ylies: Et ba NON! JE VEUX PAS!

Et là, la crise commence. Car toutes les crises démarrent d'un rien du tout, pour partir en sucette...et le mot sucette est bien trop doux. Car ce n'est plus un enfant que j'ai devant moi. Ses yeux se transforment et changent de couleur. Littéralement. C'est peut être le changement d'expression le plus impressionnant que j'ai jamais rencontré dans ma vie.

Pour ceux qui ont pu observer la transformation, un terme revient: ce môme est possédé... Pour moi c'est vraiment au delà d'un problème psychiatrique. Et je ne dis pas ça à la légère.

Vous pensiez que Kidzilla était un petit démon. Ylies, à côté, c'est Satan.

Évidement, je ne lâche pas le morceau donc je lui demande d'obéir. Résultat il me griffe, il me mord, me pince et j'en passe. Hier il est allé jusqu'à me jeter sa chaussure dessus. Ca c'est la partie agression physique. Le physique, je gère assez bien.

A côté j'ai le droit à:
- Je vais te jeter du caca et du pipi dessus!
- Je suis le plus fort je vais te mordre!
- C'est moi qui commande!
- Je vais te tuer!
- T'es morte! tu vas mourir!
- Tu vas voir je vais te jeter une chaise dessus!

Tout cela en hurlant évidement et en me frappant, toujours. Les agressions verbales par contre, je les vis pas très bien. Les menaces de mort surtout, et le coup du balancé de chaise, je le digère un peu mal aussi. Autant dire que le jour ou il passera à l'action (et il le fera, c'est certain), j'exerce mon droit de retrait tout de suite. Je veux bien être gentille, je veux bien être patiente, je veux bien être compréhensive, mais si je ne dis pas stop maintenant, je me ferai bouffer.

A côté de ça, ses crises peuvent retomber aussi vite qu'elles sont apparus et ses sautes d'humeurs comme son regard se transforment tout aussi rapidement. Il y a qu'a voir: il y a quelques jours alors que je le réprimandait dans la cours et qu'il s'est mis à me frapper et à me menacer qu'une "pluie de cacas" me tombe dessus, à peine j'avais mis un pied avec lui dans le hall pour tenter de le calmer qu'il s'est apaisé, que son regard s'est apaisé et qu'il me lance, comme si de rien était: Maîtresse, je t'aime! Je veux un bisou!

...

Ben voyons!

Je crois que le terme "possession" est vraiment le plus approprié. Mais moi, j'ai pas pris l'option "exorcisme" dans ma formation. La seule chose que je puisse faire face à tant de vices, c'est de tenir mes promesses bonnes et mauvaises: Hier, après moult coups et menaces, je lui lance "Si tu me touches... je dis bien juste "toucher" même pas "frapper"... Si tu me touches, tu sors de cette classe et tu vas chez le maître à côté!"
Vous me croirez ou pas mais, levant les yeux pour me fusiller du regard alors que je fais 2 fois sa taille et que je me trouvais face à lui, il a eu le culot de pointer son index sur moi pour m'effleurer la cuisse. Ni une, ni deux, je l'avais déjà pris sous le bras pour l'envoyer chez le collègue.

Mais c'est déjà allé très loin: Un jour qu'il était devenu ingérable (et au bout d'un moment, il faut aussi que je gère les autres) je l'ai envoyé chez la dirlo: Il a envoyé valsé tout ce qui se trouvait sur son bureau en une crise de colère... Elle a donc joint la maman en urgence et pendant qu'elle téléphonait, ma collègue de CP devait lui tenir les mains: Elle est enceinte et ça ne l'a pas empêcher de redoubler ses coups.

La dirlo a fait un rapport pour incident en milieu scolaire avec exclusion pour une journée: En gros, Ylies, 4 ans, a déjà un petit rapport sur lui sur un des bureau de l'inspection académique qui va le suivre longtemps... très longtemps...


Vous n'avez pas fini d'en entendre parler de celui là...

31 décembre 2011

La merveilleuse histoire de Monsieur Puni

En ayant à relire les post de ce blog, je me dis franchement que j'ai bien fait de le faire. Bons ou mauvais souvenirs, j'aime bien me rappeler de tout ça. Malheureusement, soit je n'ai pas le temps soit je ne pense pas forcément à alimenter ce blog. Pas faute que certains de mes lecteurs viennent me dire d'alimenter un peu la machine.

Soit je vais tenter de prendre un peu de temps pour le faire aujourd'hui en ce dernier jour de l'année... avant d'aller préparer mon réveillon.

Kidzilla tout d'abord (parce que je le dois bien). Quand je me rappelle la petite fille que j'ai accueilli en septembre, ce n'est plus du tout la même. Les injures ont presque totalement disparus. J'en ai encore, c'est clair, mais j'ai nettement moins de crise. Elle ne se frappe plus, bien qu'elle dise souvent qu'elle n'est pas belle ou qu'elle est méchante et je n'ai plus ce lavage de main intempestifs dont les séance pouvait durer 1/2 heure.

Alors que je ne la forçais plus à rien faire, parce que cela engendrait une crise et qu'elle refusait de travailler, elle commence, tout doucement, à réclamer les activités bien qu'elle demande à être accompagnée. Du coup, elle accapare très souvent mon ATSEM. Pour l'EPS c'est un peu pareil. Elle qui courrait dans tous les sens, commence doucement à vouloir s'y mettre un peu, en acceptant d'attendre son tour.

J'arrive à lui faire accepter les punitions, ce qui était impossible en septembre puisqu'elle ne restait pas assise et qu'elle se mettait systématiquement à chouiner... Il faut lui expliquer pourquoi elle est puni, pourquoi c'est normal d'être puni, pourquoi il faut s'excuser à chaque fois ce qui prends 10 minutes et ensuite elle part en punition avec ceci:
Je vous présente Monsieur Puni. Monsieur Puni a beaucoup de bandages parce que, quand on est puni, c'est triste. Ca fait mal. Parce que quand on est puni on a aussi fait mal aux autres en tapant ou quand on leur a dit des choses méchantes qui font pleurer. Mais quand on tourne la tête de Monsieur Puni, il réfléchi aux bêtises qu'il a faite. Il réfléchit très fort pour se calmer aussi parce que quand on a mal on est aussi en colère. Et puis, quand Monsieur Puni a fini de réfléchir, il se rend compte qu'il méritait d'être Puni et qu'il ne fallait pas recommencer la prochaine fois... Et comme la punition est fini, il se met à rire et son rire c'est comme une petite cloche qui fait sourire les enfants.

Qu'est ce qu'il faut pas inventer comme connerie des fois. M'enfin le principal c'est que ça marche. Elle reste en punition.

Par contre maintenant j'ai un autre problème. Comme elle est en opposition permanente avec l'adulte, à chaque fois c'est une comédie pour sortir de la classe. Soit pour aller à la cantine, soit pour aller en récréation... La solution étant de l'isoler dans la classe et de fermer légèrement la porte derrière elle, faire comme si je partais et que je la laissais seule, et de ne pas m'occuper d'elle. Et là, panique à bord: elle a peur que je l'abandonne, que je la laisse seule, et elle a si peur que parfois elle fait dans sa culotte.

Concrètement, j'ai pas envie de lâcher l'affaire. La maman pour éviter toute crise, la prend par la main (la tire si la gamine a envie de l'embêter), lui fait enfiler son manteau de grès ou de force, et hop c'est torché. Moi j'ai pas le temps de lui faire ça. Elle bouffe déjà assez de mon temps sans ça.

De même, si je ne fais pas le service de récréation, elle part souvent en pleurs (pleurs est un bien grand mot.... disons caprice) elle demande les bras, un câlin.... bref... faut que je sois la pour mademoiselle. heureusement j'ai un collègue qui prends le relais et qui a accepté de la prendre sur ses genoux le temps de la récréation. Parce que le câlin, la somnolence de récréation de l'après midi, est un espèce de rituel indispensable pour elle...

Je sais ce que vous allez me dire: Pourquoi on la mettrai pas plutôt au dortoir? Parce qu'elle refuse le dortoir et que ça l'angoisse. Elle lutte et ne dormira pas. Elle arrivera juste a enquiquiner ceux qui ont encore besoin de dormir.

Enfin... tout n'est pas réglé, mais on est sur la bonne voie. En espérant qu'avec les vacances, elle n'ait pas régressé d'un coup.


14 novembre 2011

Humpff...



*1 e-mail reçu, boite mail réservée à mes élèves et parents d'élève*

Bonjour,

Je suis la maman de Mylène
Si d'un point de vue scolaire, tout semble bien se passer pour Mylène, depuis plusieurs semaines elle se plains d'une petite fille appelé Kidzilla.
Elle est rentrée il y a quelques temps avec des marques au cou et des griffures. Mylène n'ayant pas l'air plus "traumatisé" que ça, je n'en ai pas fait état.
Seulement, régulièrement le soir Mylène me parle de cette petite fille qui semble méchante et très grossière avec elle.
Depuis la rentrée de vacances de la Toussaint, ma fille traîne des pieds pour aller à l'école. Cela m'ennuie d'autant plus que je la sais très bien dans votre classe et qu'elle se sent bien avec vous.
J'aimerais savoir ce qu'il se passe entre elles deux. Je ne voudrais pas que Kidzilla prenne en grippe ma fille.
Je vous demande d'être vigilante par rapport à cette situation.

Travaillant de l'autre côté de la banlieue parisienne je ne peux que rarement venir à l'école, c'est pour cette raison que je n'ai pu vous en parler directement.

Votre avis m'intéresse.
Je reste à votre disposition. 
Cordialement,
La maman de Mylène
Mathilde
J'avoue ne pas trop savoir quoi répondre...

09 novembre 2011

Opossum



Dans ma classe de 27 élèves, j'en ai 6 qui sont en grande section.

5 d'entre eux ont été placés dans cette classe parce qu'ils sont doués et indépendants. Et puis il y a celui que je vais surnommer Opossum.

Opossum est un petit brésilien, arrivé l'année dernière en France, qui a un niveau plutôt faible (il fait du travail de moyen), qui se contre fous de l'école, fait bêtises sur bêtises, est totalement immature vu son âge et a 2 mauvaises manies:
La première, grandement agaçante, est qu'il a la furieuse tendance à suçoter son pouce à longueur de journée ce qui a eu pour conséquence de déformer ses dents de devant.

La seconde c'est qu'il s'endort a peu près partout, comme piqué par la mouche tsé-tsé... un vrai endormissement en l'espace de quelques seconde. Il s'endort sur sa chaise, sur le banc, allongé dans la cours sous une pile de manteau et à la cantine.

Très souvent, il s'endort quand il va travailler sur quelque chose qu'il n'aime pas ou quand il a été puni, ce qui est le cas au moins 2 à 3 fois dans la journée.

Entre son suçage de pouce intempestif et ses bêtises, Opossum est très souvent repris en classe... A vrai dire, je m'inquiète assez: l'année prochaine il part en CP, et vu sa tendance à l'endormissement et sa sale manie, ça va être dur... très dur.

On pourrait se dire que tout est relatif, mais je crois qu'on a atteint un point de non retour.

Alors que nous étions en salle de motricité, en pleine séance de parcours, Opossum se fait de nouveau remarqué et est puni assis autour d'une petite table dans un coin de la salle. A la fin de la séance, je ne suis pas étonnée de le voir affalé sur la table, le pouce dans la bouche, ronflant bruyamment.

Comme je suis bien obligée de le réveiller, j'y vais en douceur, lui gratouillant la joue.

rien.

Je lui gratouille la tête.

rien.

Je lui secoue les épaules légèrement.

toujours rien.

Je secoue de manière un peu plus vive.

...

"Allez! Debout! Réveille toi!"

Il lève enfin la tête, le regard brouillon, l'air grincheux.

"Allez! On retourne en classe! Prends ton manteau!"

Je me retourne, forme le rang, rouspète sur les bruyants, recadre les inattentifs, me retourne et...

"Ah non! Réveille toi bon sang! Je ne vais pas te porter jusqu'en classe quand même!"

Je le soulève, le met debout et...

Moi: Ohééééé!
Elève: Maîtresse... je crois qu'il dort...
Moi: Youhou! Ouvre tes yeux!

*Je claque des doigts devant son visage... ses yeux sont toujours clos*

Elève: Maîtresse... il dort vraiment...
Moi: Mais non... Il pourrait pas tenir debout si...

Et c'est alors que tout à coup, Opossum penche dangereusement vers l'avant... et que je le rattrape in extrémis.

En fait , ce qui l'a réveillé c'est surtout moi, éclatant de rire, le portant pour éviter qu'il ne tombe.

13 octobre 2011

Dans la peau de la dirlo



Si ma journée n'a pas été simple, j'avoue quelque fois trouver que je me plains  pour pas grands chose.

Aujourd'hui, j'ai compris que jamais, quelque soit la paye reçue, je ne deviendrai dirlo d'une école. Qui plus est un dirlo ne gagne pas forcément beaucoup mieux sa vie. Je le savais déjà mais une journée comme celle qu'à vécu notre école aujourd'hui suffit pour calmer qui que ce soit.

Alors soit je vais essayer de décrire la journée de ma dirlo, du moins de ce que j'en ai vu et ça commence mal parce qu'elle se tape les bouchons et qu'elle pense arriver en retard....ce qui n'est pas le cas. Mais notre dirlo c'est notre zéroïne à nous. super efficace, super à l'heure finalement.

8h30 commence le début des hostilités: une matinée de REE.
La première, celle de Kidzilla où il faut annoncer à la maman la déscolarisation partielle de sa fille. La réunion commence à 9h mais on se prépare un peu avant parce qu'on le sait: ca va être dur. La maman est de bonne volonté même si elle a ses soucis. Elle crains pour sa fille. Je commence en déclarant que malheureusement ça ne s'arrange pas. Zéroïne poursuit en disant que modestement je ne fais pas part de ma propre souffrance et que j'ai craqué. Qu'on a essayé et qu'on y arrive pas parce que sa rééducation se fera d'abord avec des soins médicaux appropriés. La conseillère à la scolarisation termine en disant que malgré le changement classe et ma dévotion, ainsi que celle de tout mes collègues, le cas est difficile. Que cela nuit malheureusement à toute la classe et annonce la déscolarisation partielle.

La maman fond en larme. Elle comprend. Elle aussi, elle lutte et comprend qu'avec les 27 élèves je ne peux pas tout gérer surtout si ça influence les autres. Nous parlons de l'éventuelle violence de son ex sur la petite. Je fais part du fait que ses bleus dans le dos sont étranges mais que la petite m'a dit que c'était à cause de Vivi. Vivi pour moi c'est Viviane, une ATSEM... Donc je n'y prête pas attention.

Vivi en fait, c'est Evelyne: la nouvelle compagne de son papa. Nous surveillerons donc à l'avenir la moindre trace.

Loin de la catastrophe larmoyante que nous attendions la maman y met de la bonne volonté: Kidzilla, après la Toussaint ne fréquentera l'école que l'après midi... Elle s'est même proposé de la garder après 15h... Nous aviserons.

10h seconde REE. La maman de ma petite trisomique qui vient pour son second fils. J'ai eu le premier qui est actuellement en 6ème et j'ai la petite dernière. Le cas? John, CM1, un peu livré à lui même, s'est fait renversé par une voiture alors qu'il était à vélo dans une rue proche de l'école. Traumatisme crânien. conséquences: perte du langage, amnésie partielle, perte de motricité... et moult petits désagréments qui demande une rééducation. Il reprends l'école après plusieurs mois d'hospitalisation et de centre rééducatif.

Imaginez: vous êtes une maman célibataire, 3 enfants, sans emploi, sans formation (probablement illetrée), une petite fille de 5 ans avec une trisomie assez sévère (en couche, elle ne parle pas, régurgite tout ses aliments) un autre gamin de 9 ans fortement handicapé, un grand sur qui elle se repose beaucoup (et qui, dieu merci, n'a pas craqué), elle a reçu un avis d'expulsion et n'a plus de quoi se nourrir elle même.

Pendant la seconde REE, des larmes d'une maman désespérée, perdue, qui réclame l'aide de l'école pour elle et ses enfants, priant dieu et lui demandant pourquoi le sort s'acharne sur elle.

Matinée de Zéroïne affreuse. Quand on nous dit à nous, enseignants, de ne pas apporter les bagages de l'école chez nous c'est une vérité... Comme dirait la conseillère à l'éducation: Dès fois, on a juste envie de prendre la main du gamin et de lui dire "Allez vient chez moi".

Sauf que voilà, l'école peut nous sortir de la panade et même si nous outre passons notre rôle presque tous les jours, Il arrive un moment ou rentrer chez nous et oublier, c'est aussi une question de survie morale.

Le pire est à venir.

A peine sortie de sa seconde REE, Zéroïne va se restaurer...ca dure 30 minutes avant que notre super gardien ne vienne nous l'enlever. "Je crois que c'est urgent".

Pour l'être ça l'est.

La maman qu'elle reçoit arrive avec ses deux filles. Elle est défigurée, tuméfiée. D'origine croate, elle annonce sa fuite. Son mari a été incarcéré dans la nuit. Il sera libéré ce soir. Il lui faut prendre l'avion d'urgence avec ses filles sous le bras. Elle ne sait pas où elle en est, ce qu'elle doit faire. Les gendarmes vont la contacter pour lui donner une chambre pour les prochaines nuits. Mais en attendant...

Zéroïne lui dit de partir vite faire ses bagages avant sa libération et de les ramener à l'école. Nous stockerons ses affaires dans notre réserve de matériel.

Zéroïne: Allez y mais n'y allez pas seule. Demandez à des hommes costauds que vous connaissez de vous aider.
Maman: Le problème c'est eux... je ne peux pas.
Zéroïne: Comment ça?
Maman: J'ai trompé mon mari plusieurs fois...

Un vrai vaudeville si les conséquences n'étaient pas si tragiques. La mère revient avec ses bagages, l'assistante à la scolarisation l'aide pour les prochains jours à lui trouver toute l'aide nécessaire...

Dirlo pour une prime 380 euros de plus par mois (pour une école de plus de 10 classes) alors qu'on est confronté à toute la misère humaine et que surtout "il faut pas craquer"

Très peu pour moi...

Ah... et je suis pas dans une école ZEP mais dans un quartier pavillonnaire. Aux chiottes les préjugés...

10 octobre 2011

Heureuse coupable et inquiète.



Aujourd'hui, il s'est passé quelque chose que je ne reverrai sans doute plus dans ma carrière. On peut s'en réjouir et en être triste en même temps. On peut se sentir libérée et empli de remords en même temps.

Tout avait commencé comme d'habitude: accueil, atelier de langage, récré et bataille avec Kidzilla pour qu'elle mette ses chaussures et son manteau, atelier, puis départ à la cantine ou rebataille avec Kidzilla...13h30 on remonte en classe... temps de repos où Kidzilla pousse des cris comme si le silence ambiant la stressait. à 14h50 on vient la chercher... oui parce que pour le bien de tous, surtout pour moi et ma classe, Kidzilla fini sa journée en petite section des qu'ils se réveillent. Puis je pars en récré et je fini ma journée par une séance de sport en salle de motricité où j'ai commencé une séquence de lutte.

16h10 Je remonte dans la classe et je croise la directrice.

Là on m'annonce l'improbable. On me dit cette chose que je n'entendrais probablement plus jamais tellement cela est rare: L'inspectrice approuve la demande de déscolarisation à mi-temps de Kidzilla.

Une déscolarisation par un inspecteur s'est aussi rare que de croiser... une 2 chevaux dans la rue en 2011... peut être plus encore.

Pire. On m'a sous entendu que si j'avais demandé une déscolarisation totale, on me l'aurait accepté.

L'expression "avoir un poids sur les épaules" a pris tout son sens. Quand on me l'a dit, d'abord, je ne l'ai pas cru, puis quand j'ai réalisé, j'ai eu la sensation que les muscles et les nerfs de ma nuque s'étaient soudainement détendus. Je me suis sentie allégée, j'ai levé les bras au ciel et j'ai répété "Oh ouiii! OUIIIIII!"...

Mes élèves ont pas tout compris. XD

Tout de suite j'ai pensé "enfin"... c'est un peu comme si on reconnaissait ma souffrance et la sienne et qu'enfin on me dise "Tu as besoin d'aide. Elle a besoin d'aide. Cette situation ne peut pas durer."

Rapidement cette victoire a pris un goût d'amertume. J'ai eu malgré tout des petits progrès comme le fait que le nombre d'injures a fortement baissé. Elle vient à présent se ranger avec les autres au lieu de fuir quand la fin de récré sonne... Des toutes petites choses...de ci....de là...

Je ne peux pas m'empêcher de voir le bon alors que je subi beaucoup... Et la retirer de l'école à mi temps c'est comme si je dévalorisai ses tout petits progrès qui pour moi ont une importance folle. C'est comme si je lui disais "Tu fais des efforts, mais je m'en fou"...

Je me sens un peu coupable presque d'avoir ressenti ce poids s'envoler. J'ai beau me dire que j'ai tenté beaucoup et que j'ai été immensément patiente, un petit morceau de moi a ce sentiment d'abandonner face à la difficulté qui ne me ressemble pas mais qui me mène a beaucoup souffrir à chaque fois parce que je ne suis pas super woman... et que ça serai tellement bien si j'étais plus forte.

On ne peut pas vraiment se réjouir d'en venir à ce point. Un évènement si exceptionnel ne peut avoir que des circonstances tout aussi exceptionnelles.

Car oui je suis maîtresse. Je suis là pour qu'ils entrent dans des apprentissages scolaires et non pas pour les rééduquer.
Je suis là pour passer de bons moments en discutant, en jouant, en découvrant avec eux... pas pour me battre, pour me faire insulter, pour m'acherner à obtenir un "pardon maitresse" après 3/4 d'heure de hurlements.
J'aime ce que je fais et je pars à l'école avec le sourire... pas en somatisant avec des maux de ventre, des maux de dos parce que même si je veux sauver cette gosse je sais que c'est impossible dans ces circonstances.

Je suis là pour 27 élèves... Pas pour 1 seule.

Tout ça, je me le dis et je me le répète... Mais au fond je me sentirai toujours coupable. Ce n'est pas moi qui ai mis ces insultes dans sa bouche... mais je me sens coupable de ne pas pouvoir les arrêter... C'est comme ça.

Il reste une chose à faire à présent: l'annoncer à la maman jeudi.
Et ça, ça m'inquiète. Même si cette femme n'a pas fait son travail d'éducation correctement, lui annoncer cette mesure c'est aussi la poignarder quand aux petits efforts qu'elle a fait pour que sa fille ait accès aux soins... Certes, c'est un peu tard maintenant mais quand même.

Que va t'il advenir de Kidzilla quant elle ne sera plus à l'école. Sera-t-elle soignée, suivie? Sera-t-elle abandonnée de nouveau? Régressera-t-elle d'autant plus?

Car oui, ça ne résous pas tout, et si ce retrait mènent encore à la régression de Kidzilla, je me sentirai encore et toujours coupable... Car au fond, cette petite, j'y suis attaché. Je lutte avec elle. Je souffre avec elle.

Je me rappelle encore jeudi... ce jour ou j'ai craqué et ou en début d'après midi elle me demande avec insistance "Qu'est ce que tu fais maîtresse?" et que je lui répond d'un ton calme et monocorde que je ne peux pas, que je n'arrive pas à lui parler parce que je n'ai pas accepté ce qu'elle m'a fait subir en matinée, et qu'elle me répond, toujours en parlant d'elle à la troisième personne "Ah ba oui parce que Kidzilla méchante. Kidzilla dit des gros mots. Maîtresse triste."

Comment ne pas craquer, ne pas s'attendrir face à ce petit bout de petite fille qui, même si elle vous fait subir des atrocités, comprend tout? Elle ne se contrôle pas... Elle est juste comme ça au fond, c'est tout.

09 octobre 2011

24 septembre 2011

Il en faut peu pour être heureux...


Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.

Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.

Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente

Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*

BANG!

Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il  y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.


BANG BANG BANG BANG!

La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.

Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.

A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.

Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*

Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.

Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.

Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/

Son doudou?
Le voilà (clic)

15 septembre 2011

Et maintenant, qu'allons nous faire?



Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.

Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.

Je n'ai pas de quoi me plaindre.

Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.

Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.

Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).

Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.

J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"

Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.

Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.

Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.

Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.

Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?

10 septembre 2011

Kidzilla



Ilona, 4 ans, est une petite fille en moyenne section dans la classe de ma collègue.  Elle est toute petite, toute maigrelette, les cheveux blonds ondulé avec de grands yeux marrons glacés et porte souvent un long manteau rose papier toilette.

Ilona pourrait être une petite fille tout à fait banale, pourtant, elle est au coeur des conversations de toute l'école.

On a souvent l'image des séries américaines du gamin perturbateur et espiègle qui se retrouve dans le bureau du proviseur.

Et bien là, vous prenez la même chose mais avec cette petite gamine de 4 ans, 3 jours après la rentrée. 

J'ai rarement vu plus rapide.

Il faut dire qu'Ilona hurle, frappe, mord et se mord et à un langage fleurie se résumant essentiellement à une pluie de "Ta gueule" qu'elle attribue à sa maitresse, à l'atsem, à tous le personnel de l'école, y compris la directrice, ainsi que, plus curieusement, à elle même. Les caprices, les pleurs... que du bonheur concentré sur 1 mètre de petite fille.

Je suis tout de même perplexe, car pour l'avoir observée, elle est tout de même un étrange mélange de mauvaise éducation, de problème psy et de TOC multiples et divers comme un lavage de main intempestif dont les séances doivent être interrompues car elles peuvent durer plus de 30 minutes (et si on l'interromps, elle nous regarde avec des yeux terrifiées.)

Pas totalement inconnue des autorités scolaires, puisqu'elle a passé déjà une année mouvementée en ces lieux; en 3 jours, mes collègues ont certifié que le cas avait empiré...et qu'"empiré" était un mot bien faiblard.

Que dire de la mère? (que je n'ai jamais rencontré mais qu'on m'a bien résumé) Outre le fait, qu'elle a dut lui apprendre les chapelets d'injures que la petite a enregistré ... bien que je puisse comprendre, vu son niveau d'excellence "d'insuportabilité", que 1 ou 2 "T'as gueule" ai pu lui échapper, la maman d'Ilona ne comprends pas.

Oui parce que "c'est un ange à la maison."...Ah... Il faut dire que c'est tellement chiant de faire des démarches pour que ta fille soit aidée et soutenue avec une Auxilliaire de Vie Scolaire (AVS), qu'on ne voit soudainement que son côté angélique.

Les cornes démoniaques d'Ilona ont commencé à pousser aux yeux de sa mère, curieusement quand les animateurs du centre de loisirs ont menacer de ne plus prendre Ilona sans AVS. Tout à coup, elle est devenu démon quand on a dit à sa mère que "NON" on ne la gardera pas les mercredi et vacances scolaires. Or, les demandes d'AVS ne peuvent se faire qu'à l'école pour en avoir une à l'école ET au centre de loisirs.

La coïncidence entre ce refus de l'accepter au centre et cette demande urgente de Réunion d'Equipe Educative (REE) pour une demande d'AVS est étrange.

En attendant, avant que ma collègue n'en foute une à la petite, je lui ai dit que je pouvais la prendre et la directrice elle même pense à me la donner et donc à la changer de classe car elle semble plus apte à m'écouter et que je dois être la seule en ces lieux à ne pas avoir reçue d'insulte du petit démon.

Je sens que je n'ai pas fini d'écrire sur kidzilla

20 juin 2011

A 7 ans, les menaces. A 17,…

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Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?

07 juin 2011

Remettons un peu chucky à sa place…

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*Récréation*
Flo (collègue): Chucky! Qu’est ce que tu viens de faire à Laurent?
Chucky:…
Flo: Je viens de te voir, tu as voulu lui prendre son avion des mains et comme il n’a pas voulu tu l’a fouetté avec ton gilet!
Chucky: Oui mais il m’a poussé!
Flo: Menteur! ça fait 5 minutes que je te regarde! Et Laurent a une grosse marque sur le visage! Tu t’assoies ici tu es puni!
Chucky *larme de rage de s’être fait avoir*: Ba moi je vais dire à mes parents qu’il m’a poussé et que je me suis défendu!
Antho (collègue): QUOI! Tu oses nous dire que tu vas mentir! Non mais tu te prends pour qui? On est 3 maitres et maitresses à t’avoir entendu dire un mensonge! Tu sera puni au 2 récréations de demain! Et crois moi, si tu mens à papa ce soir, c’est moi qui vais lui rapporter ce que tu viens de nous dire! Maintenant tu restes là… Et tu peux pleurer tant que tu veux!
*bé au moins il n’y a pas que moi qui le puni ce “pauvre martyr”*
______
*classe*
Moi: Bon ça fait une demi heure que vous écrivez vos devoirs… tant pis j’efface pour ceux qui n’ont pas fini, ils iront les recopier dans une autre classe pendant qu’on partira en sport… Qui n’a pas fini?
*Chucky lève le doigt…of course comme d’hab*
Moi: bon ba tu sais ce qu’il t’attends… Les autres, on corrige rapidement les additions au tableau et ensuite on y va.
*Chucky s’approche*
Chucky *fond en larme/panique à bord*: Maîtresse! Je veux pas aller chez le maître! J’ai peur! Il est méchant! ça me fait mal au ventre!
Moi: J’avais prévenu il me semble, non?
*Chucky hoche la tête*
Moi: J’ai répété plusieurs fois qu’il fallait que tu écrives tes devoirs?
*hoche la tête de nouveau*
Moi: Et donc qu’est ce que tu faisais pendant que tu devais copier tes devoirs?
Chucky *en mode fontaine*: Je jouais!
Moi: donc tu finiras de copier tes devoirs ailleurs…
Chucky *se liquéfiant*: Je veux pas maîtresse! J’ai trop peur! Ca me fait mal!
Moi: Il y a des manières de demander les choses correctement… et des mots magiques…
Chucky: S’il te plaît maitresse! Je veux pas y aller!
Moi: Aaaaaaah! là tu vois, J’ai déjà plus envie de t’écouter. Si tu as si peur que ça et si tu te tiens correctement, tu pourras recopier tes devoirs dans le gymnase pendant qu’on fera sport. Tu te tiendras bien?
Chucky *reniflant sa morve*: Oui oui… je serai sage…
*Ô divin délice qu’est la supplication d’un petit pourri… C’est moi la chef bordel!*

29 mai 2011

Vais je me prendre un pain?

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Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut  être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions  et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…

15 janvier 2011

mordicus!


7 jours de remplacement de congé paternité, classe de CP.
Lundi 3:
Collègue: Ca va la classe?
Moi: Oui, ils sont sages et mignons… Y’a le petit Kévin qui me chiffonne un peu.
Collègue: Oui il est un peu réservé.
Moi: Mouai…
Mardi 4:
Moi:… mmm quand même…
Jeudi 6:
Moi: Et dis moi… Le petit Kévin… Son maitre il a jamais repérer un truc bizarre?
Collègue: Ah non… Il est mignon… Un peu pâlichon mais il est pas mauvais en classe…
Vendredi 7:
Moi: Dis moi… je pourrais regarder la fiche de renseignement du petit Kévin?
Directrice: Oui… Pourquoi?
Moi: Juste pour voir si il a des soucis ce petit… je le sens pas. Il sourit peu. Je le trouve un peu renfermé et… c’est pas seulement son caractère… y’a un truc.
Directrice: Un truc? T’es pas un peu parano? … y’a rien sur sa fiche… Crois moi son maitre est super attentif et papa poule. Ca m’étonne que tu lui trouves un truc…
Lundi 10:
Moi: Ca va Kévin?
Kévin: Oui
*mouai*
Mardi 11:
Moi: Non franchement, y’a un truc c’est trooooooop bizarre.
Directrice: C’est quoi qui te chiffonne?
Moi: Tout! il est pas vraiment là, il sourit pas beaucoup. Il parle pas beaucoup et la façon dont il observe les gens. Faudrait que tu dises à son maitre de voir tout ça parce que j’en met ma main à couper que ce môme, il est pas net.
Directrice: Ah… si tu le dis…
Jeudi 12:
Kévin: Maîtresse… y’a papa qui voudrait te voir ce soir.
Moi: Ah d’accord.

16h45
Moi: Dis donc je viens de voir le père du petit Kévin…
Directrice: il voulait te voir?
Moi: C’était juste pour me prévenir que demain après midi il sera absent…
Directrice: Pourquoi?
Moi: Rien de grave… Le petit à rendez vous chez son psychiatre…
Directrice: un psychologue?
Moi: Non non… J’ai bien dit psychiatre.

Directrice: touché!

18 décembre 2010

La maicresseuh gatée

choc
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour  des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir  pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.

06 décembre 2010

Joël



Je vous parle souvent ici de la plupart de mes élèves des bons, des mauvais, des drôles, des casse pieds, des pauvres et des malins. Chacun de nous, enfants et adultes, on a tous un petit truc qui nous distingue comme un trait de personnalité ou une anecdote… Et c’est vrai  que dans une classe de 20 ou plus, y’en a toujours qu’on privilègie parce qu’ils ont des capacités et qu’ils peuvent expliquer aux autres, parce qu’ils rament au mieux… coulent au pire ou bien parce qu’on a envie de fracasser contre les murs tellement ils nous pourrissent la vie.
Et puis, il y a les autres. les timides, pas mauvais mais pas excellents. Pas participatifs bien qu’ils sachent la réponse… D’ailleurs c’est difficile de savoir ce qu’ils savent ou pas et on y réfléchit à deux fois avant d’exprimer ce qu’ils savent ou pas. Quand on s’en rend compte, on essaye de les interroger, de prendre un peu plus de temps pour eux mais ils se font rapidement oublier.
J’ai pensé tout de suite en voyant pour la première fois Joël que c’était un discret. De la plus pure espèce qui essaye de se faire oublier à la moindre occasion. Un calme, un doux avec quelques légères difficultés. Difficultés qu’ils comblent par un travail régulier. Bref on a pas vraiment de choses à dire scolairement parlant sur Joël.
Loin de moi l’idée de jeter la première pierre à mes collègues mais souvent quand il n’y a pas de difficultés scolaires, on ne fait pas plus attention que ça à un gosse. Pourtant au bout d’un mois, le comportement de Joël me chiffonnait.
J’aime bien observer mes élèves en récréation: qui fréquente qui? qui joue à quoi?…
Joël lui, est seul. Tous le temps. Quelques fois, des élèves viennent jouer avec lui. Pas toujours. Pourtant c’est pas la tête de turc de la classe, ni celui qui tapent les autres.
Au bout de quelques semaines, j’ai mis ça sous le compte de sa timidité. au bout d’un mois et demi, ça me chiffonnait et ça commençait à m’inquiéter… et plus ça allait, et plus il se renfermait même quand je disais aux autres de jouer avec lui.
Depuis deux semaines, ça ne m’inquiète plus: C’est au delà de ça. Ils suit les lignes tracées sur le sol de la cours, fait le tour des arbres, reste assis par terre, le regard dans le vide. Certains passent, l’incite à jouer… mais rien.
Alors qu’il y avait beaucoup d’absent, j’ai rassemblé les élèves  histoire qu’ils soient moins éparpillés et quand j’ai voulu le mettre avec les autres son visage a changé.
Moi: Qu’est ce qu’il t’arrive?
Joël: je suis en colère.
Moi: Pourquoi?
Joël: Parce que je suis triste et que je ne voulais pas changer de place.
Moi: tu veux rester tout seul à ta place?
Joël: oui.
La semaine dernière il a tenté de se faire enfermer dans la classe pour échapper à la cours. Il essaye de ne plus y aller parce que “il fait froid” ou qu’”il est fatigué”. Et tous les jours, ils négocient pour rester dans la classe ou sous le préau et ainsi éviter la récréation. Il dit lui même  qu’il n’aime pas ça.
J’ai donc alerté la directrice et elle aussi avait remarqué pendant l’étude qu’il était étrange et seul. Et pendant qu’elle tentait de joindre son ancienne maternelle, j’ai creusé le personnage en le prenant à part et en discutant avec lui.
L’école maternelle n’avait rien à dire de spécial. Ils ne se souvenaient pas spécialement des parents et le gamin “était pas mauvais et gentil”. RAS.
Quand à ma petite enquête et après une copie qui, comme toutes les dernières copies données est sale et mal écrite, ce qui n’était pas le cas en début d’année, je commence à lui poser des questions.
Je lui dis qu’en ce moment je le trouve souvent triste et seul et que ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Je lui ai demandé si ça allait à la maison, si lui ça allait, si il aimait l’école.
Au début il a surement pris l’interrogatoire pour une punition puisqu’il m’a dit être triste parce qu’il était mauvais en classe. Ensuite, il m’a dit qu’il était triste à la maison parce qu’il vivait dans un petit appartement et qu’il préférait venir à l’école… ce qui m’a fait enchainer sur le fait qu’à l’école et dans la cour il était aussi seul et semblait triste.
Moi: Tu es triste tous le temps alors?
Joël: Oui.
Moi: Et qu’est ce qu’on pourrait faire pour que tu ne sois plus triste?
Joël: je sais pas.
Moi: Et tu n’aimes pas jouer avec les autres?
Joël: si. des fois. Mais je sais pas ce qui m’arrive des fois. J’ai pas de copains.
Au programme des prochains jours: remise des livrets et réunion spéciale avec la directrice et les parents… Et on va tâcher de glisser le mot “psy” dans la conversation parce qu’un gosse de 6 ans dans cet état, c’est vraiment pas normal.
 

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