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29 septembre 2010

Jamais on a vu, jamais on ne verra…


Souvent en début d’année, on a encore des arrivées de nouveaux élèves venant d’autres écoles.
C’est mon cas.
Aujourd’hui, Natercia est arrivée dans ma classe… Mais elle, elle vient de Lisbonne.
J’ai déjà vu, plusieurs fois, arrivé des élèves non francophone, mais en maternelle.
Natercia, elle, a 7 ans et devrait être en CE1.
En toute logique, dans le monde impitoyable de l’éducation nationale, il existe des classes adaptées aux élèves non francophone appelées CLIN.
En ce qui me concerne, la CLIN pour moi, c’est une légende. J’en ai jamais vu et pourtant, dans cette ville, j’ai fait le tour des écoles… Et je me demande sincèrement où se trouve cette satané CLIN dans notre circonscription qui pourtant est une des plus grande du 93. C’est un vrai mystère. D’ailleurs, vu la population de la ville, il devrait y avoir logiquement plusieurs CLIN…
Toujours est-il, qu’apparemment, elle existe. Seulement voilà, comme toute classe spécialisé, la CLIN est pleine… ou les CLIN sont pleines si elles sont plusieurs…
Trouver une place en CLIN, c’est un peu comme trouver une place de parking gratuite sur Paris en bas de l’immeuble où vous allez. C’est un espèce de miracle ou de Saint Graal: on est tellement content de l’avoir cette place de parking, que si on vous dit qu’il faut aller faire une course de l’autre côté de Paris, vous préférez prendre les transports et galérer  même en pleine grève que de perdre ce petit espace de bitume.
Trouver une place en CLIN c’est rare, alors 2, ce n’était même pas la peine d’y penser. Aussi Natercia et sa sœur jouent donc de leur droit à l’éducation pour rentrer dans l’école du coin.
Seulement voilà, pour ceux qui n’aurai pas encore tilté: Natercia devrait être en CE1 et moi, j’ai un CP.
Car oui, après longue réflexion ce week end, je me suis retrouvée face à un choix devant ma classe avec mes têtes d’ampoule. 3 possibilités:
1) Ma classe est un CP et je fais que du CP. Conséquence: mes têtes d’ampoule se font chier, se tournent les pouces et perdent leurs capacités.
2) Ma classe est un CP et je fais du CP en préparant de façon informelle mes têtes d’ampoule à sauter leur CE1. Conséquence: mes petits en difficultés ne comprennent pas que eux n’arrivent pas à faire les mêmes choses que mes têtes d’ampoule alors qu’ils sont dans la même classe. Quid des parents? Ont ils leur mot à dire quand à ma façon de gérer ma classe? Ils ont le droit de savoir mes plans après tout.
3) J’officialise et j’informe mes parents d’élèves de mes plans en faisant un CP/CE1 tout en prenant mes précautions: Si certaines de mes têtes d’ampoule ne sont pas prêtes à la fin de l’année scolaire à faire un CE2, ils passeront en CE1. Ils ne perdent pas d’années mais n’en gagnent pas. Je n’oublie pas que dans mes têtes d’ampoule, j’ai quand même des non lecteurs… mais très doué et apprenant très très vite et qui pourraient, si ils sont assez matures, pourquoi pas, tenter un CE2. Ils sont au courant du défi mais j’avertirai les parents qu’ils sont jeunes et qu’il ne faut pas non plus les presser. Situation délicate mais pas dénuée d’intérêts. Officiellement, ce n’est pas un CP/CE1, officieusement je prévois qu’avant Noël mes génies abordent la soustraction.
Pour le bien de la majorité, je pense que la 3ème solution était la plus raisonnable.
Me voilà donc avec un faut CP avec un groupe à profil CE1 accueillant une élève qui devrait être en CLIN… Ou plutôt un CP/CE1 officieux avec une non francophone… Enfin une classe de cycle 2 dans un certain flou artistique…
Quand à moi,  le fait d’accueillir Natercia arrangeait tous le monde:
-La directrice, instit de la seule classe de CE1 a 27 élèves qui se voyait mal prendre une élève supplémentaire.
-Mes autres collègues qui sont bien contents de comprendre ce que les petites disent parce que je peux communiquer avec elles, sachant  qu’ils sont aussi bien content de ne pas avoir “ce petit soucis de communication” dans leur classe.
- Natercia qui comprend tout puisque je fais l’effort de lui traduire ce qu’on fait, jusqu’à ce qu’elle s’habitue, petit à petit, à la langue française.
Par contre la grande sœur, elle, n’a pas une instit lusophone… et ni l’instit, ni la grande ne sont réellement ravies.
En (hum) consolation, nous avons eu un petit message de notre adorée inspectrice, disant qu’elle comprend notre délicate situation (plus pour ma collègue que pour moi vu que je parle portugais) mais que ce sont des enfants qui viennent d’un pays alphabétisé (pour ceux qui auraient des doutes quand à la scolarisation au Portugal) et donc qu’il faut leur laissé le temps avant tout de poser leurs valises avant d’ouvrir leur cartable.
Et moi, dans mon bordel, il faut que je prépare une réunion la semaine prochaine avec les parents de mes têtes d’ampoules pour mettre a plat la situation de façon officielle et faire le point sur leurs enfants individuellement (non parce que ma petite Louise de 5 ans et demi, bien que petit génie, s’est endormie pour la deuxième fois en classe depuis le début de l’année. Génie ou pas, vu sa maturité actuelle, envisagée un CE2 l’année prochaine, c’est pure folie) … pfiou…
J’en oublie presque qu’à Noël, c’est plus ma classe…

12 février 2010

Adaptation


La maternelle c’est apprendre à s’adapter aux autres. C’est le cas pour les enfants et c’est le cas aussi pour les adultes.
Par expérience personnelle, l’adaptation ça me connait… En tant que ZIL, on change d’école et de fonctionnement régulièrement. Je trouve cependant qu’en maternelle on doit s’adapter encore plus.
En maternelle, les enfants handicapés sont parfois repérés à ce moment là… On s’adapte à l’enfant sans aide.
En maternelle, On doit s’adapter au rythme spécifique des gamins… parce qu’à cet âge, être né à la fin ou en début d’année, ça change tout.
En maternelle, on a pas de classe spécifique pour non francophone…
Prenez ma classe actuelle: 23 grandes sections.
Dans le lot j’ai le fameux Enguerrand… qui ne hurle plus mais qui a tout de même du mal à se contrôler et surtout à arrêter de jouer… mais je suis contente, il n’a pas bouder violement en soufflant de colère… Je dois jongler entre ses besoins affectifs et être strict… ni trop l’un, ni trop l’autre.
J’ai un non francophone… d’origine indienne et qui parle anglais… ça fait 4 mois qu’il est à l’école et il est réfractaire dans la prononciation d’un quelconque mot en français. Il baragouine par geste et hoche la tête sans comprendre.  Aujourd’hui, j’ai réussi à l’inciter a répéter des mots quotidiens comme “bonjour” “s’il te plaît” “merci” en m’adressant à lui en anglais de temps à autres… ça fait deux semaines que je suis là et c’est la première fois qu’il parle clairement dans une langue existante… enfin… il remue les lèvre et les sons qui sortent ressemblent à ces mots là XD
J’ai une petite atteinte d’une maladie orpheline dégénérative qui paralyse tous ses muscles… Toutes mes activités graphiques doivent être adaptées à son handicap. Elle a une chaise spéciale, du matériel spécifique et doit se servir d’un ascenseur. Du jour au lendemain, elle peut ne plus pouvoir parler, ne plus pouvoir voir, ne plus pouvoir entendre. Cette éventualité peut arriver à tout moment. Sa mère lui apprend la langue des signes “au cas où”… Et moi “au cas où” j’avoue que je saurais pas comment m’adapter au pire.
 

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