13 novembre 2007

Quel avenir?




Dans les 5 premières minutes de ce reportage, vous apercevrez une école. C'est là que je me rends tous les jours, depuis début septembre.

On vit beaucoup de choses très heureuses dans une école. Même si on est fatigué, même si on s'énerve parfois, même si des fois on a pas envie de se lever le matin, finalement l'école c'est un lieu plein de vie ou l'on rit plus que l'on pleure.

Une de mes collègues m'a dit d'aller sur Dailymotion et de taper "samat" pour trouver ce reportage en 3 parties sur le quartier entourant l'école. Alors j'ai commencé a regarder ça hier.

J'ai beaucoup soupiré, je n'étais pas surprise, j'étais presque blasée... et même si les médias amplifient la réalité, il y a quand même beaucoup de vrai.

Alors ce matin, comme d'habitude j'ai pris mon petit dej et je suis partie à l'école et je suis arrivée près de ce quartier. J'ai revu ces immeubles, ces tours, cette école...malgré tout je les ai vu de façon différente quand même.

Et puis ma journée s'est passé. J'étais contente parce que untel savait faire enfin ses lacets, un autre avait mûri, un autre encore avait fini par bien écrire ses chiffres et proprement, et puis un autre était devenu plus sage et avait aidé en nettoyant les tables alors qu'il ne l'avait jamais fait jusqu'à présent, un autre avait réussi en sport a faire la prise de lutte qu'il n'avait jamais réussi jusqu'à présent et encore un autre qui était muet en début d'année se met a présent à devenir un moulin à parole... En fait, ils avaient tous progresser. C'était très valorisant.

Et puis après ma journée j'ai pris ma voiture et j'ai retraversé le quartier et j'ai repensé au reportage.

Je me suis mise à pleurer toute seule.

Il y a des jours comme ça où on se dit que ce qu'on fait c'est bien pour eux. Mais le soir on est plus là... Au fond, est ce que savoir faire son lacet c'est si important par rapport à ça? On se bat pour ces gamins mais finalement est ce qu'on peut vraiment réussir à les sortir de cette misère? On fait un pas en avant et une dizaine de kilomètre en arrière. C'est David contre Goliath.

Ça me rappel une conversation que j'ai eu hier. Quelqu'un qui était malheureux parce qu'il luttait contre quelque chose de naturel. Quelque chose contre lequel il ne pouvait rien faire... Et malgré le fait qu'il sache qu'on ne peut pas tout changer et aller contre la nature parfois, et bien on ne peut pas s'empêcher d'en souffrir... Même si ça n'a rien a voir avec ton problème, je crois avoir ressentie le même genre d'émotion que toi ;)

Si je pouvais, je les sortirai tous de là, il partirai loin de tout dans une petite maison avec leur famille...C'est ce dont ils auraient besoin maintenant tous... et pas besoin de savoir faire ses lacets pour ça.

C'est dur d'être rationnel et de se dire que la seule chose que je peux faire c'est de leur permettre d'avoir un livre dans les mains et de leur donner envie de lire et d'apprendre. C'est dur de se dire qu'on est pas des supers héros et que ceux qu'on a devant nous pourraient dealer, se droguer où mourir jeune.

Hier un abruti à pris la route de l'école à une vitesse folle: il est rentré dans 1 camion et 3 voitures garée en face de l'école. Il était 10 heure du matin. Ça se serait passé à 11H30 ou à 8h20, il aurait tuer bon nombre de gamins.

Quartier de merde...

5 /20 en progrès!:

Aioros on 13 novembre 2007 à 19:18 a dit…

Vivant dans le même milieu que le tien, je connais ca. Et des fois, je me demande ce que je serais devenu si je n'avais pas eu des profs sur qui m'identifier, qui copier.

Je pense que tu sauves bien plus de vies que tu ne le penses.

Anonyme a dit…

Je ne choisis pas forcément le meilleur des posts pour cela, mais je veux simplement te dire merci.
Je suis arrivée ici par hasard au fil des blogs et ta sélection musicale m'a fait le plus grand bien.
Bref, juste merci !

Tandoori on 16 novembre 2007 à 14:31 a dit…

Je crois profondément au sauvetage par l'éducation. Tu fais ton maximum pour leur donner une chance de s'en sortir malgrès l'endroit où ils grandissent. Tu leur donnes des clés et l'eveil vers le respect des autres et vers la decouverte du monde au dela de leur quartier.

Charly on 17 novembre 2007 à 11:12 a dit…

La persévérence. Je préfère échouer en m'obstinant plutôt que d'abandonner. Si eux se disent des "soldiers", j'opterai pour le "je ne veux pas être lâche".

Et tu sais ce dont je veux parler mieux que personne d'autre.

Merci d'être là. Merci d'être toi.
Alors même si ce n'est pas dans les même sens que pour Elle. Je tiens à te le dire:
Je t'aime.

Anonyme a dit…

Je suis fille d'ouvrier, j'ai des origines étrangères et il fut une époque où j'habitais au milieu de 3 HLM [mon ancien quartier étaient plus calme que ceux du 93 même si parfois, on y voyait des choses bizarres ^^].
Mon "profil" laissait à penser que je finirais soit dans un lycée professionnel, au chômage ou encore femme au foyer.
[Je généralise énormement, j'en suis consciente, mais ce que je viens d'écrire, c'est en gros les idées qui, malheureusement, circulent sur les personnes comme moi. :/]

Aujourd'hui j'ai mon brevet [bon on s'en fout xD] mon bac avec mention et j'étudie à la fac.

Si c'est pas l'école et mes profs qui m'ont permis d'être là où je suis, qu'est-ce que c'est alors ? :D

[Et puis bon, comme l'a dit Charly, il faut aussi de la persévérence.]

Tu ne vois pas instantanément les effets mais c'est pas pour autant qu'il n'y en aura pas.
Si, par exemple, dans 20 ans tu apprends qu'un de tes anciens élèves siège à l'Elysée, tu ne pourras qu'être satisfaite de toi xD
"C'est MOI qui ai appris à lire au Président !" xD

*Exemple pourri, mais j'assume :D*

Enfin bon, Gaby ne desespère pas. Ce que tu fais pour ces enfants est plus que louable ^^

* Aioros, spèce de banlieusard *siffle* Tu veux que je te file des techniques pour se battre ? xD *

 

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