J’aime le mois de décembre.
Depuis un an, alors que je savais que j’allais déménager, je n’avais qu’une hâte: me retrouver chez moi, durant les vacances de Noël, avec un sapin, devant la télé et avec une bonne tasse de thé chaud. Je pensais déjà à la neige tombant devant ma fenêtre. Je voyais la rue se recouvrir d’un tapis blanc avec cette espèce d’ambiance silencieuse extraordinaire qu’offre la neige en hiver: une paix, un silence et un apaisement total sous les éclairages de guirlande lumineuse municipale. J’entendais à peine les crissements étouffés des pas dans la neige et les quelques exclamations des gosses amorçant une bataille de boulle de neige dans le parc voisin. A vrai dire, j’en ai beaucoup rêvé.
A part la neige qui me manque un peu, tout est à peu près comme il faut. J’ai hâte qu’elle arrive enfin. Je ne me lasserai jamais de m’installer devant ma fenêtre et de regarder la neige tomber je crois. C’est presque irréel ce que la neige peu produire dans une ville lorsqu’elle est toute fraîche. Comme si le temps s’était arrêté.
J’aime l’été et la chaleur, mais j’aurais tellement aimé qu’il puisse neiger toute l’année.
Aussi ce n’est pas tant l’ambiance de Noël que j’aime, c’est vraiment cette période de l’année et l’effet qu’elle a sur les gens.
Si l’hiver dernier a été assez difficile pour moi sur certain point, ça a été aussi une des périodes les plus décisive de ma vie. J’ai dû user de beaucoup de forces alors qu’il ne m’en restait plus beaucoup, Je me suis accrochée au moindre branche qui était à ma portée alors qu’il y en avait peu, mais j’avais cet espèce d’espoir et j’avais été beaucoup portée et soutenue. Assez pour me dire que tout ça n’était qu’éphémère et que les problèmes qui me tombaient dessus, aussi énormes me paraissaient ils, allaient forcément s’arranger et qu’on m’aiderait.
C’est aussi et sans aucun doute durant l’hiver que je pleurerais le plus dans ma vie à présent et peut être pendant plusieurs années.
L’hiver 2007/2008 marquait le début de ma dépression coïncidant évidement avec le harcèlement morale de la Conseillère péda dont j’ai complètement oublié le nom à présent. J’ai tenté de m’en souvenir en vain… Je crois que mon inconscient veut l’enterrer définitivement. Elle a cessé d’être cette obsession et cette crainte qui m’envahissait continuellement. Cette trouille qui me bouffait moralement et physiquement quotidiennement. J’y pense encore, mais plus dans les mêmes conditions. Ce dont je me souviens ce n’est pas de ses remontrances, de ces critiques, de ce harcèlement. Je ne me souviens que de l’épave que j’étais et de l’absolu détresse où je commençais à sombrer. Je me souviens de cette torture à mon esprit, de mon éternel questionnement sur moi même. Je me trouvais incapable, submergée, irresponsable et définitivement nulle et bonne à rien. Je me souviens d’avoir été seule et d’attendre désespérément de l’aide de ceux qui comptaient pour moi, avec un semblant de bonne humeur que je pouvais encore montrer… Une apparence qui fait que personne n’a vu le profond désespoir où je m’enfonçais. Tout ce qui a suivi dans ma vie durant cette hiver était une accumulation de conneries.
Quand à décembre 2008, il a été marqué par un seul évènement majeur dont je me souviendrais très longtemps. Le jour où a été formulé pour la première fois le mot “guérie” par mon médecin même si il n’est pas réellement approprié. Et si je suis née en juin, décembre est à présent un deuxième anniversaire à fêter.
Il faut 3 ans sans rechute pour déclarer officiellement un dépressif comme guéri. Dans quelque jour, je soufflerai ma première bougie.
1 /20 en progrès!:
*câlinou*
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