29 septembre 2010

Jamais on a vu, jamais on ne verra…


Souvent en début d’année, on a encore des arrivées de nouveaux élèves venant d’autres écoles.
C’est mon cas.
Aujourd’hui, Natercia est arrivée dans ma classe… Mais elle, elle vient de Lisbonne.
J’ai déjà vu, plusieurs fois, arrivé des élèves non francophone, mais en maternelle.
Natercia, elle, a 7 ans et devrait être en CE1.
En toute logique, dans le monde impitoyable de l’éducation nationale, il existe des classes adaptées aux élèves non francophone appelées CLIN.
En ce qui me concerne, la CLIN pour moi, c’est une légende. J’en ai jamais vu et pourtant, dans cette ville, j’ai fait le tour des écoles… Et je me demande sincèrement où se trouve cette satané CLIN dans notre circonscription qui pourtant est une des plus grande du 93. C’est un vrai mystère. D’ailleurs, vu la population de la ville, il devrait y avoir logiquement plusieurs CLIN…
Toujours est-il, qu’apparemment, elle existe. Seulement voilà, comme toute classe spécialisé, la CLIN est pleine… ou les CLIN sont pleines si elles sont plusieurs…
Trouver une place en CLIN, c’est un peu comme trouver une place de parking gratuite sur Paris en bas de l’immeuble où vous allez. C’est un espèce de miracle ou de Saint Graal: on est tellement content de l’avoir cette place de parking, que si on vous dit qu’il faut aller faire une course de l’autre côté de Paris, vous préférez prendre les transports et galérer  même en pleine grève que de perdre ce petit espace de bitume.
Trouver une place en CLIN c’est rare, alors 2, ce n’était même pas la peine d’y penser. Aussi Natercia et sa sœur jouent donc de leur droit à l’éducation pour rentrer dans l’école du coin.
Seulement voilà, pour ceux qui n’aurai pas encore tilté: Natercia devrait être en CE1 et moi, j’ai un CP.
Car oui, après longue réflexion ce week end, je me suis retrouvée face à un choix devant ma classe avec mes têtes d’ampoule. 3 possibilités:
1) Ma classe est un CP et je fais que du CP. Conséquence: mes têtes d’ampoule se font chier, se tournent les pouces et perdent leurs capacités.
2) Ma classe est un CP et je fais du CP en préparant de façon informelle mes têtes d’ampoule à sauter leur CE1. Conséquence: mes petits en difficultés ne comprennent pas que eux n’arrivent pas à faire les mêmes choses que mes têtes d’ampoule alors qu’ils sont dans la même classe. Quid des parents? Ont ils leur mot à dire quand à ma façon de gérer ma classe? Ils ont le droit de savoir mes plans après tout.
3) J’officialise et j’informe mes parents d’élèves de mes plans en faisant un CP/CE1 tout en prenant mes précautions: Si certaines de mes têtes d’ampoule ne sont pas prêtes à la fin de l’année scolaire à faire un CE2, ils passeront en CE1. Ils ne perdent pas d’années mais n’en gagnent pas. Je n’oublie pas que dans mes têtes d’ampoule, j’ai quand même des non lecteurs… mais très doué et apprenant très très vite et qui pourraient, si ils sont assez matures, pourquoi pas, tenter un CE2. Ils sont au courant du défi mais j’avertirai les parents qu’ils sont jeunes et qu’il ne faut pas non plus les presser. Situation délicate mais pas dénuée d’intérêts. Officiellement, ce n’est pas un CP/CE1, officieusement je prévois qu’avant Noël mes génies abordent la soustraction.
Pour le bien de la majorité, je pense que la 3ème solution était la plus raisonnable.
Me voilà donc avec un faut CP avec un groupe à profil CE1 accueillant une élève qui devrait être en CLIN… Ou plutôt un CP/CE1 officieux avec une non francophone… Enfin une classe de cycle 2 dans un certain flou artistique…
Quand à moi,  le fait d’accueillir Natercia arrangeait tous le monde:
-La directrice, instit de la seule classe de CE1 a 27 élèves qui se voyait mal prendre une élève supplémentaire.
-Mes autres collègues qui sont bien contents de comprendre ce que les petites disent parce que je peux communiquer avec elles, sachant  qu’ils sont aussi bien content de ne pas avoir “ce petit soucis de communication” dans leur classe.
- Natercia qui comprend tout puisque je fais l’effort de lui traduire ce qu’on fait, jusqu’à ce qu’elle s’habitue, petit à petit, à la langue française.
Par contre la grande sœur, elle, n’a pas une instit lusophone… et ni l’instit, ni la grande ne sont réellement ravies.
En (hum) consolation, nous avons eu un petit message de notre adorée inspectrice, disant qu’elle comprend notre délicate situation (plus pour ma collègue que pour moi vu que je parle portugais) mais que ce sont des enfants qui viennent d’un pays alphabétisé (pour ceux qui auraient des doutes quand à la scolarisation au Portugal) et donc qu’il faut leur laissé le temps avant tout de poser leurs valises avant d’ouvrir leur cartable.
Et moi, dans mon bordel, il faut que je prépare une réunion la semaine prochaine avec les parents de mes têtes d’ampoules pour mettre a plat la situation de façon officielle et faire le point sur leurs enfants individuellement (non parce que ma petite Louise de 5 ans et demi, bien que petit génie, s’est endormie pour la deuxième fois en classe depuis le début de l’année. Génie ou pas, vu sa maturité actuelle, envisagée un CE2 l’année prochaine, c’est pure folie) … pfiou…
J’en oublie presque qu’à Noël, c’est plus ma classe…

25 septembre 2010

La classe des têtes d’ampoule.


J’ai une classe qui me rend dingue.
Le peu d’épisode que j’ai regardé de la série Malcolm, je me suis toujours dit que ce genre de classe dans une école publique serait impossible. Mais c’est un fait: Il est fort probable que j’ai une classe avec des enfants très précoces… pour au moins 3 d’entre eux. Bien que j’en ai au moins 5 d’assez talentueux.
N’y voyez aucune ironie…
Louise, 5 ans et demi, lectrice avec quelques difficultés (dû probablement à sa langue maternelle différente). De part son jeune âge, je ne la force pas à faire des exercices de niveau CE1 bien qu’elle en soit très proche. Elle va a son rythme. Elle est malicieuse et très coquine dans son genre. Elle a encore quelques soucis de langage de part ses origines Sri lankaise: Par exemple quand elle veut me demander d’aller au toilette, elle me dit “Y’a pipi qui arrive” ou, j’ai eu aussi “maitresse? Je peux fermir la porte avec ta clé?”. Quand à son niveau de graphisme… Elle écrit mieux que moi XD.
Lara, 6 ans, lectrice depuis l’âge de 4 ans. Lara est probablement la plus futée du groupe. D’ailleurs elle est proche d’un niveau fin de CE1. Elle a une lecture fluide et courante. Pourtant, d’après ce qu’elle dit, elle n’aime pas lire. Elle est d’ailleurs très mure et préfère jouer avec des grands plutôt qu’avec des enfants de sa classe. Elle aime venir me parler de sujet divers, du fonctionnement de certains objets… En fait je pense qu’elle aime garder son confort de statut de CP bien qu’elle soit curieuse de tout. Elle se rends bien compte par contre qu’elle est bien au dessus du lot.
Noah, 6 ans, lecteur un peu moins fluide mais bon quand même. Pensait avoir une position confortable vu son talent pour s’exprimer et sa lecture. Il a toujours été le meilleurs dans toute les classes qu’il a fréquenté jusqu’à présent… Se retrouve bien embêté de voir qu’il en sait moins que certains du groupe de têtes d’ampoule. Du coup, ça le met au défis. Il  a envie de tout savoir, tout découvrir, pour enfin rivaliser avec les autres. Enorme potentiel au niveau du vocabulaire.
Chloé, 6 ans. Pas lectrice mais pas loin de l’être. Elle aime être portée par les autres donc j’ai formé un groupe de 4 tables ou j’ai mis mes 3 lecteurs et elle. Quand elle n’arrive pas a comprendre une consigne, les autres lui explique. Du coup, elle est dépendante du groupe des 3 et je pense que ça l’agace un peu et qu’elle a envie de mérité sa place a part entière dans le groupe… Elle multiplie les efforts pour enfin être lectrice! Elle reste très calme et discrète (j’aime pas les stéréotypes mais c’est quand même typique dans la culture asiatique). C’est “la plus faible” de mes têtes d’ampoules mais j’attends de voir ce que ca va donner dans quelques semaines quand elle grimpouillera les échelons.
Et enfin Arthur, pas lecteur mais déchiffreur, quand l’envie lui prends. Son point fort c’est les maths. Il serait capable de prendre son fichiers de maths et de le compléter toute la journée. Il a fort probablement un niveau mi CE1 en mathématique… En fait, je pense que la seule chose qui lui manque pour compléter son niveau de CE1 en math c’est les soustractions et l’écriture des chiffres. Je rajoute une cinquième table au groupe de 4 quand on fait des maths… et c’est le meilleur des 5 dans ce domaine.
Vous savez ce que ça donne un groupe de tête d’ampoule dans une classe de CP qui à ce stade de l’année ne devrait ni lire, ni écrire, et dont les maths se résumerait à dénombrer un petit tas de moins de 10 jetons?
Ca donne des scènes de discussions assez surréalistes…
Lara et Arthur: 2x1,2, 2x2, 4, 2x3, 6… 4x7, 28, 4x8, 32… (niveau normal: début de CE2)
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*pendant une séance sur les additions posées*
Lara: Maîtresse? Quand est ce qu’on fait les moins? C’est rigolo aussi les moins! (niveau normal: fin de CE1)
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Noah: Maîtresse? Est ce que les aisselles ont peut les considérer comme une articulations ou ça n’a rien à voir avec le squelette quand il bouge?
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Louise: Pourquoi les autres ils arrivent même pas à lire les syllabes?
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Noah: Maîtresse! J’ai remarqué que “autoroute” et “automobile” commençait de la même manière et s’écrivait aussi pareil au début… est ce que c’est parce que c’est des mots qui ont un rapport avec les voitures?
Moi: oui…
Noah: C’est comme si ils étaient de la même famille en fait! ( famille de mots: niveau CE2)
*****
Lara (avec un magazine de la bibliothèque de la classe): Je comprend pas ce mot... Ch, ça fait le son ch comme chat pourtant!
Noah: Lequel?
Lara: celui là…
Noah: archéologie (le ch a été prononcé comme dans chat par Noah)… Ca a un rapport avec des gens qui ont un arc et des flèches. Un archer c’est quelqu’un qui utilise un arc… Bizarre… Demande à la maîtresse…
Lara: Ah Attends… Je crois que j’ai compris… si ch s’entends comme un k, ça fait archéologie… et on parle de dinosaures… Je vais vérifier avec la maitresse, mais ça doit être ça…
******
Ca fait quand même flipper…
Du coup Elisa qui a beaucoup de mal avec son alphabet et qui compte en disant “1,2,3,5,9…” se rend bien compte d’un énorme fossé.
Elisa: Moi j’y arrive pas à ça! J’y arrive pas toute seule! Pourquoi pour eux c’est facile?
Moi: Tu sais, ils ont déjà appris… Alors je leur fait des choses plus difficile. Mais toi, tu as besoin de plus de temps. Tous les enfants sont différents. Pour moi le plus important, ce n’est pas que tu saches tout sur tout comme eux. Le plus important, c’est que tu fasses de gros efforts et que tu écoutes la maîtresse. Tu vois, ils ont fait 2 pages du fichier de math. C’est bien. Toi tu en a fais qu’une seule, mais je sais que c’est très difficile pour toi et que tu t’es débrouillée toute seule pour ce dernier exercice alors qu’avant tu n’y arrivais pas. Tu as fais de gros efforts et tu as bien travaillé et c’est pour ça que je suis fière de toi. Il faut que tu continus à bien travaillé et de faire des efforts et je serais toujours contente même si tu prends plus de temps.
Life is unfaiiiiiiiiiiiir

21 septembre 2010

Et toi? T’as quel niveau?


Voilà presque 3 semaines que l’école à commencer. C’est la fin de la période qu’on a entre collègues à se demander entre nous “T’as quel niveau?”, “ Il sont comment les tiens?” “Et ca se passe bien?”…
Il est donc temps de faire un premier bilan de ma classe.
En général, c’est jamais très glorieux. On a toujours tous un problème. On a “le chiant”, “le paumé”, “le rêveur”… Je trouve que nous, enseignants, on est toujours très pessimistes… On voit tout de suite les problèmes. Bon…On a toujours “nos perles” ou “le petit génie” mais on le met jamais assez en valeur.
En ce qui me concerne, alors que je n’avais que 21 inscrits, je n’ai plus que, finalement, 17 élèves.
Un CP, à 17… c’est le rêve! En fait, tout est relatif. Je trouve ça bien dans l’absolu même si je n’aime pas ce niveau.
J’ai mon gros rêveur, un peu trainard… Il est mignon et gentil mais bon…
Je m’en plains pas.
J’ai le casse pieds qui et loin d’être un génie mais qui croit savoir tout sur tout…
Mais j’ai pas à m’en plaindre non plus.
J’ai une petite, complètement lost, qui dénombre comme une moyenne section à coup de “1,2,3,5,9,12…”
Ca va être dur… mais y’en a toujours dans les classes des gosses comme ça…
J’en ai un qui a de groooooos soucis orthophonique…
Moi: Est ce que tu entends aaaaaaa dans Baaaaaaaaaaaaaaaaaateau?
Tayan: Non.
Moi: Vas y… dis aaaaaaaaaaaaaaaaaa
Tayan: aaaaaaaaaaaaaaaaa
Moi: Maintenant dis baaaaaaaaaaaaaaaaaaateau
Tayan: Baaaaaaaaaaaaaaaaateau
Moi: Alors est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaa dans baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaateau.
Tayan: Non.
Moi: Bon… ok… dans Tigre… Est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaaaa dans tigre?
Tayan: Oui… alors je colorie?
Je perds parfois patience… Mais, c’est ça après tout mon boulot d’instit. Tout ne peux pas être “idéal”.
On pourrait se dire que je ne suis pas de celles qui sont médisantes et qui ne voient que le mal.
En fait, j’ai un énorme problème dans cette classe et j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire.
Car sur 17 élèves, j’ai 3 lecteurs, 2 presque lecteurs et 1 redoublant qui déchiffre… Bref j’en ai 6 qui se font chier sur 17 quand on travaille sur les sons…
Et c’est pas finit!
J’ai décidé que j’allais testé les capacités en maths de mes 5 lecteurs et presque lecteurs qui semblait se faire chier avec le fichier de mathématiques…
Je me suis dit qu’il fallait les mettre au défi. Donc j’ai donné un exercice basique avec les > et < que tous le monde connait et je l’ai très très très corsé… j’ai mis une bonne vingtaine de problèmes types et je leur ai expliqué comment résoudre le problème une seule fois et c’était la veille:
63……36
204……24
47……49
56……65

Ce genre d’exercice est plus d’un niveau fin de bon CP voir plutôt  de CE1… et puis j’ai mis quelques additions… que je n’ai pas encore abordé avec la classe.
Je me suis donc dis “au moins ils vont bien être occupé pendant 15 minutes!”
ouai…
Sauf que 4 de mes génies me l’ont torchés en 3 minutes chrono… et tout était juste… Restait ma petite lumière: 1m10, 5 ans et demi, lectrice qui, de par son jeune âge était bien fatigué et avait mal à la tête… Elle s’est reposé un peu, a pris la feuille et un crayon avant de descendre en récréation et m’a dit:
Louise: Je peux le faire pendant la récréation?
Moi: Si tu veux…
Elle est revenue moins de 10 minutes plus tard “me foutre une claque dans la gueule” si je puis dire en me disant:
Louise: Ayé j’ai fini!
Aucune faute…
Mieux encore…
Au vu des magnifiques résultats sur “plus petit que, plus grand que” je me suis dit “si j’osais”…
J’ai donc pris une ardoise et posé l’opération 44+38 (niveau fin de très très bon CP voir CE1) et je l’ai montré à mon groupe d’Einstein.
Moi: Qui sait faire ça?
Lara, 6 ans. Lectrice depuis la moyenne section: depuis donc l’âge de 4 ans. Je sais pas ce qu’ils ont foutu à la maternelle pour pas faire un passage anticipé au CP mais soit… Elle s’approche… et oublie la retenue… Ba… j’ai peut être un peu vu trop loin…
Moi: C’est faux… Mais bon c’est pas grave tu…
Lara: Ah ba oui… 8+4 ça fait 12… Faut bien que je mette le 1 quelque part non?… Faut l’additionné au dizaine c’est ça?
*Boum dans ma gueule*
Vous savez quoi?… Et ba ils ont beau m’arriver à la taille… je me sens toute petite…
J’ai quel niveau déjà?
CP?
Ah bon?
Et pour ceux qui pourrait se dire “Pourquoi tu les fais pas sauté une classe?”…
Si je pouvais, j’en mettrai 3 d’entre eux en CE1… Seulement dans l’école il n’y a que 1 CE1 de 27 élèves!
J’ai donc plus qu’à  leur donné une excellente base fin de CE1 pour les faire passer directement du CP au CE2 l’année prochaine…
Je me déclare ce jour, enseignante de CP/CE1… P’tain fait chier le double niveau! J’aime pas cette classe, elle est trop bonne! XD

04 septembre 2010

premiers jours… on va arrêter de compter les années


31 août: jour de rentrée des profs dans la ville ou je travaille
Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que tout n’allait pas se passer comme prévue… pourtant mon poste de remplacement avait été demandé en juin et confirmé… on m’a juste dit “appelez à la rentrée pour confirmer” mais en vain c’était trop beau…
Je débarque donc dans l’école maternelle où j’ai longtemps travaillé à plusieurs reprise. Mes collègues sont déjà en train de papoté sur feu leur vacances et la nouvelle directrice tente de s’y imposé…
Directrice: Tu es Christelle c’est ça?
Moi: Ah non…
Directrice: Parce que je viens de recevoir un mail qui me disait que  c’était une certaine Christelle qui remplacerais Florence…
Je tente d’appeler l’inspection… ca sonne dans le vide… deux solution s’offre à moi:
- Soit je pars à l’inspection pour arranger les choses… mais sachant que c’est le rush, je risque de m’y faire lapider…
- Soit je pars dans mon école de rattachement et j’attends la réunion ZIL du lendemain pour plus amples information.
… Et j’ai donc cédé à la lâcheté parce que j’ai trop peur de la lapidation… En attendant le lendemain, je me suis tourné les pouces
Le lendemain, 1er septembre, réunion ZIL à l’inspection
J’ai jamais trop aimé les réunions de débuts d’années… c’est la troisième dans cette ville pour moi, donc j’ai déjà donné et c’est toujours la même chose sauf que chaque année on change d’inspecteur chez nous.
Alors après la distribution de paperasses et de plans divers dont je n’ai nul besoin parce que je connais la circonscription par cœur, viens le moment intéressant: la distribution des postes de remplacement dès le début d’année… L’inspectrice m’appelle et me dit alors que j’ai un poste dans l’école collée à l’inspection ( ZEP pourrie dans une des cités les plus connu de France école où j’ai passé pas mal de temps: CM2 pourris de cette école) pour un CP …
*Putain un CP en début d’année jusqu’à Noël… le stress*
C’est alors qu’on répartie la classe que j’aurai du avoir alors je tente le tout pour le tout en levant la main…
Inspectrice: Oui
Moi: C’était pour signaler que j’avais demander ce remplacement à l’origine en juin… Je m’étais arranger avec l’enseignante…
L’inspectrice s’arrête l’espace de 3 secondes en me regardant… puis continue sa liste de répartition l’air de rien…

Okayyyyy… J’ai tenu deux jours avant de me faire repérer moi… Heureusement je ne suis pas inspectable… Je m’écrase… tant pis…
Je quitte l’inspection et fait 20 mètres à pied pour rentrée dans l’école. Par chance la titulaire y a tout laissé y compris son cahier journal de l’année dernière… Donc je vais pas me fouler vu que je ne suis pas à l’aise avec ce niveau… Et, Ô comble de joie, le mur où se trouve mon bureau est communiquant avec… je vous le donne en mille: l’inspection!… Mieux… avec le bureau de l’inspectrice! XD
Autre soucis: j’aime pas mes collègues, c’est toutes des princesses… vous savez ce genre de filles qui quand elles sont au boulots ne parle que boulot et qui ont un aspect irréprochable d’enseigne 1ère de la classe… C’est triste à en mourir… Les meilleures salle des maîtres c’est tout de même celle où ont peu balancer des blagues de cul sans passer pour une perverse… :’(
Il y a quand même 3 points positifs dans cette école:
- Elle est pas très loin de chez moi
- Les mômes sont chouettes… 21 inscrits à l’origine, 2 disparus donc une classe de 19 au final dont 3 enfants qui ne sont pas encore arrivé de vacances. 12 garçons, 4 filles et…2 lecteurs pour le moments… il y en a deux qui sont un peu à la ramasse mais le niveau n’a pas l’air très mauvais… Et ils ont aussi l’air plein de vie et un peu malicieux à tendance bêtise grassouillette pas bien méchante et rigolote. Ca me plait bien.
-  C’est à 10 minutes de l’école où j’ai fini mon année avec mes CE1 et mes collègues que j’aime et que j’adore… ce qui m’a permis, ce vendredi, de prendre mon repas préparé la veille et d’aller mangé dans mon ancienne école qui m’a accueilli les bras ouverts… Si je pouvais, j’irais tous les jours… Mais faut pas exagérer… Mais pour ma vie professionnelle/sociale,  j’irai y faire un pèlerinage régulièrement sinon je crains pour ma santé mentale…
Ce petit passage dans mon ancienne école m’a permis, en outre, d’éclairer une possibilité d’avenir non négligeable et pour le moins intéressante… à suivre…

Résumé de tout ce que vous ne savez pas…


… Et qui n’est plus d’actualité… la faute à moi et à mes préoccupations autres qui font que je n’ai eu ni le temps, ni l’envie d’étaler mes aventures par ici.
Tout d’abord concernant le changement d’adresse de ce blog: J’ai cru fut un temps que certaines personnes de mon boulot a pu y avoir accès et ça m’embêtait un peu… Bien que je ne dise pas de mal des gens en général, ces gens sont dans mon monde professionnel proche et non pas des amis. Nulle envie de contrôler mes doigts à tout prix en me disant “que va penser untel en pensant à ce que j’ai écrit”… J’ai horreur d’être jugée et mon opinion sur mon quotidien en classe  m’est personnelle… Qui plus est, il n’était pas difficile de tomber sur ce blog et Google refusait de ne plus l’afficher… Le pseudo Aldysse est extrêmement lié à ma personne si bien que beaucoup de gens me connaissant et ne sachant pas que j’ai un blog, pouvait rien qu’en cherchant sur google me retrouver.
Bref, je n’ai qu’une confiance limité envers des gens que je rencontre un temps… et c’est le cas pour mes rencontres dans mes aventures ziliennes… Maintenant vous pouvez vous refilez mon adresse entre vous, je ne limiterai pas l’accès… jusqu’à incident éventuel.
Le ménage étant fait, me revoilà donc!
J’ai fini mon année scolaire en CE1 plus ou moins tranquillement comme prévu. J’ai adoré ce remplacement même si le quartier était pas vraiment cool et que je ne raffole pas de ce niveau. Ce que j’ai aimé surtout, c’est mes collègues. C’est tellement rare en tant qu’enseignant d’avoir une bonne relation avec tous les collègues mais pour nous zil, c’est vraiment exceptionnel parce qu’en remplaçant un peu partout, on n’a pas de collègues fixes. A vrai dire, je ne me suis jamais autant sentie à l’aise avec une équipe… Je m’entendais vraiment bien avec tous le monde et c’est encore le cas à l’heure qu’il est sauf que je suis de retour dans ma vie zilienne et donc plus ou moins loin d’eux même si j’espère entretenir des liens plus personnels avec certain… :D ( je vais pas vous faire un dessin mais bon…)
Concernant mes élèves j’ai eu quelques mésaventures de fin d’année qui ont pu faire trembler les murs… Figurez vous que du haut de leur 7 ans, certains de mes marmots se sont consulté pour engendrer de la bêtise à l’état pure.
Noah, William, Yacine, Mehmet et Mohamed sont 5 garçons bien différents.
Noah, c’est le meneur, le tchatcheur, celui qui est très “In” et surtout celui qui finira par manipuler des gros sous genre “agent immobilier” ou “vendeur hifi” quand il sera grand… vous savez les rapaces qui vous choppent pour vous convaincre d’acheter… C’est lui! Chef d’équipe aimant la bêtise et la manipulation.
William c’est le faux dur ultra sensible, prêt à suivre le meneur dans la bêtise parce que c’est trop cool (comprenez que “c’est très con mais que ça fait grand”)
Yacine c’est le type effacé qui dit rien mais qui suit… il fait un peu “Samy” dans Scooby doo… prêt à renier père et mère pour sauver sa peau quand il a la trouille.
Mehmet c’est simplet à l’état pur… totalement immature, niveau scolaire déplorable, à la limite du handicap non reconnu.
Et enfin Mohamed, le premier de la classe, intelligent, futé,  qui organise tout et monte le plan..
Du coup ça fait un peu Agence tout risque tout ça…
ag
Voilà… ça donne un bon aperçu de la chose grosso modo…
Il se trouve que les derniers temps, Noah est devenu un peu casse pied, si bien que j’ai du convoquer la maman (et pour que j’en vienne à ce point, faut vraiment le vouloir).
Je met un mot un jeudi pour une rencontre un lundi soir pour faire un bilan général pour qu’il se calme un peu… ce a quoi la maman, aveuglément amoureuse de son fils, m’aperçoit le vendredi matin et me place rapidement un “pas de problème pour se rencontrer lundi mais sachez que mon pauvre petit est influençable!”
*Bien sûr… D’ailleurs Al Capone était aussi très influençable mais c’était un ange de gentillesse et d’amour*
Et après un vendredi en apparence tranquille, le week end passe… et je dis bien “apparence”
Parce que, figurez vous que le lundi matin, à peine entrée en salle des maitres à 8h10, on m’annonce le démantèlement de ma team bétise et de leur dernière nouveauté en matière de conneries…
Le vendredi soir, à l’étude, Noah se fait griller en train de s’en griller une dans les toilettes…à 7 ans. Et que, par ailleurs, il avait avoué s’être relayé avec les copains de la team bêtise pendant que je faisait de l’art plastique, sous prétexte de se relayer pour nettoyer pots et pinceaux.
On m’aurait poignardé dans le dos, ça m’aurait fait pareil. Les apercevoir me donnait des envies de meurtres.
Je vous épargne mes hurlements divers dans ma classe qui fait que mes élèves n’ont pas moufetés de la journée de peur que je les jette par la fenêtre…
Leur organisation était simple: Mohamed a eu l’idée et a ramassé des mégots par terre, Noah a apporté le briquet de chez popa moman et tous les autres ont fait les moutons…
Le directeur me voyant me décomposer littéralement entre mes envies de meurtres et écœurement au point d’en avoir la nausée, c’est chargé de la punition: plus aucune récréation ne leur était accordée… accolés au murs de la cours jusqu’à la fin de l’année… on était fin mai…
La seule source de réjouissance qu’a pu m’apporter cette situation, c’est la décomposition de la moman de Noah qui ne voyait que pureté et sagesse dans le regard de son môme alors que je la convoquais pour son comportement intolérable de ces derniers temps… Les faits étaient la preuve de ce que j’avançais. Elle est littéralement tombée sur le cul… effarée, stupéfaite… choquée même…
… Mais elle a quand même rajouté qu’on l’avait influencé… Aveuglement, quand tu nous tiens…
… Peut être un peu moins aveugle quand même quand je lui ai laissé un second mot la semaine suivante pour dire que Noah avait triché durant le contrôle de sciences… mais pas sur…
Et puis quand j’ai dit que j’ai finis l’année scolaire dans cette école, ce n’est pas tout a fait vrai… pour les 3 derniers jours, on m’a envoyé dans une maternelle pour 7 gamins… j’ai pas eu une seule journée sans remplacement de toute l’année…
Mais j’ai quitté l’année en sachant que je pouvais remplacé le congé maternité d’une collègue de maternelle dans une école où j’avais passé beaucoup de temps. J’avais tout prévu, j’avais prévenu la secrétaire de circonscription, ma place était réservée…
C’était sans compté le bordel de la rentrée mais ça, c’est au prochain épisode… :D

22 juillet 2010

Rassure-toi

J'écris sur ce que j'endure Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour

J'écris du cour
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir

J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée

Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi

Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps

J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi

Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau
J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin
Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va
On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi
Tout ça pour dire que tout va bien, qu’il faudrait que j’écrive tout ce qui s’est passé à la fin de mon année scolaire, du moins un résumé, mais qu’il y a toujours une raison pour ne pas écrire… Pas mon blog en tout cas…

see ya!

21 mai 2010

La machine à caca

 
Petit jeu éducatif pour tous… et idéal dans le cadre d’une classe: La machine à caca!
Qu’est ce que la machine à caca?
C’est un jeu simple ou on met 3 ingrédients dans une machine qui les transforme en supposés caca qui en ressortira… Intéressant dans le cadre d’une alimentation équilibré… Ca fait un peu analyse de selles à moindre coût mais je trouve ça assez instructif en fait… Et pis le caca, ça fait toujours rire les mômes.
Essayez, vous verrez… Pas si facile que ça d’avoir à la sortie le “caca parfait”.
Enjoy: La machine à caca

11 mai 2010

Spectacle de fin d’année.


C’est marrant mais quand j’ai cherché une image pour illustrer cet article, je suis tombée sur ça…Et en grande section de maternelle, j’avais fait un spectacle sur le cirque et c’était moi l’ours! XD D’ailleurs au niveau de la tête, c’était trop grand et les oreilles penchaient violemment. XD
Brefouille XD
Chaque année, les profs s’enquiquinent à trouver ce qu’ils vont faire avec leurs élèves durant la kermesse.
Et à chaque fois c’est très souvent, soit une danse, soit une chanson.
Me concernant, ça sera un chanson pour mes CE1.
Pour faire original, j’ai décidé que cette chanson serait en langue étrangère.
Ba vous allez me dire, que ce n’est pas si original puisque beaucoup font des chansons en anglais pour les spectacles de fin d’année. Moi-même, il y a 2 ans avec mes grandes sections j’avais fait une chanson en anglais.
Cette fois ci, je m’attaque au japonais… Là c’est tout de même beaucoup moins courant.
Le seul soucis, c’est de trouver une chanson correcte pour des enfants de 7 ans, pas trop difficile, pas trop molle (parce que les mélodies douces pour des enfants pleins d’énergie de cet âge, je trouve que ça fait faux) et surtout pas un truc trop scolaire comme les chansons qu’on a tous appris en cours d’anglais au collège… beurk beurk!
Trouver une chanson adaptée c’est le parcours du combattant.
Alors finalement, je me suis dit que le meilleur moyen de trouver, c’est de faire appel à ce que je connais…
Et moi je connais les mangas! XD
Donc, j’ai trouvé la chanson parfaite, qu’ils chanteront en version longue avec 3 couplets, 2 refrains… à hauteur de 1 couplet et 1 refrain en français et le reste en japonais…
Voici donc la version japonaise et française de la chanson que mes élèves vont chanter pour le spectacle de fin d’année!




\o/ Ca va être fun!!!
Je suis tarée, enfermez moi!

08 mai 2010

Happy Birthday


J’ai eu cette chance de vivre, de vivre le premier jour de ma vie et de m’en souvenir… et je m’en souviendrais toujours…

Kanashimi no mukou kishi ni
Hohoemi ga aru toiu yo
Kanashimi no mukou kishi ni
Hohoemi ga aru toiu yo
Tadori tsuku sono saki ni wa
Nani ga bokura wo matteru ?
Nigeru tame ja naku yume ou tame ni
Tabi ni deta hazusa tooi natsu no ano hi
Ashita sae mieta nara tame iki mo nai kedo
Nagare ni sakarau fune no you ni
Ima wa mae he susume
Kurushimi no tsukita basho ni
Shiawase ga matsu toiu yo
Boku wa mada sagashite iru
Kisetsu hazure no himawari
Kobushi nigirishime asahi wo mateba
Akai tsume ato ni namida kirari ochiru
Kodoku ni mo nareta nara
Tsuki akari tayori ni
Hane naki tsubasa de tobi tatou
Motto mae he susume
Amagumo ga kireta nara
Nureta michi kagayaku
Yami dake ga oshiete kureru
Tsuyoi tsuyoi hikari
Tsuyoku mae he susume
Sur la rive opposé de la tristesse
Il y a quelque chose appelé un sourire
Sur la rive opposé de la tristesse
Il y a quelque chose appelé un sourire
Mais avant que nous ne puissions aller le rejoindre,
Y a t'il quelque chose pour lequel nous attendons ?
Pour poursuivre nos rêves, nous n'avons aucune raison de fuir
Nous devons continuer, jusqu'a cette lointaine journée d'été
Si nous le trouvons demain, nous ne pouvons nous réjouir
Car comme un bateau qui oppose la tempête
Nous devrons continuer à la franchir
Dans un endroit usé par la tristesse
Il y a quelque chose appelé un miracle qui attend
Nous continuons a chercher sans cesse
Pour le tournesol qui pousse à la fin du printemps
Le guerrier attend dans la lumière de l'aube
Avant qu'il ne puisse la serrer de ses ongles souillés, ses larmes brillent et tombent
Même si nous grandissons pour la solitude
Seulement en se fiant sur la lumière de la lune
Nous devons nous envoler loin avec nos ailes sans plumes
Juste aller devant, juste un peu plus loin
Comme les nuages de pluie se déchirent
Les rues trempées brillent
Bien que cela n'apporte que l'obscurité
Une puissante, puissante lumière
Nous pousse toujours à continuer

Je crois qu’il n’y a pas meilleure chanson pour illustrer ce que je ressens.
Je suis quelqu’un qui ne crois pas au hasard. Je pense que si quelque chose arrive c’est qu’elle devait arriver. Vous savez c’est comme cette fameuse chanson que tout un coup vous avez en tête, et au moment où vous allumez la radio, elle est là. C’est valable pour les bonnes et les mauvaises choses.
Alors que je me préparais pour faire un brin de ménage, j’ai allumé Itunes qui est toujours en aléatoire et je suis tombée sur cette chanson. Je connaissais la traduction de ses paroles et le destin a voulu que sur ma bibliothèque Itunes, où il y a plus de 2500 musiques, je tombe sur elle aujourd’hui. Et comme à chaque fois que j’écoute cette chanson, les larmes coulent, sans que je ne puisse faire autrement.
Cette chanson, je l’ai découverte en regardant le drama Ichi Rittoru no Namida (textuellement 1 litre de larmes)… Drama qui porte très bien son nom. Je vous laisse le découvrir seul si ca vous intéresse… On pleure forcément (et je suis résistante pourtant) mais il vaut le coup d’être vu.
Il y a un an, jour pour jour, je renaissais… Et si ce n’est pas ma date de naissance, c’est peut être la date la plus importante de ma vie. Et je suis persuadée, que toute les années qui suivront, je penserai à ce jour, en pleurant, comme je suis en train de le faire.
Aujourd’hui, cela fait un an que j’ai emménagé dans mon appartement et qu’après un dernier antidépresseur, j’ai jeté encore une boite à moitié pleine à la poubelle et placé une autre boite neuve dans la boite à pharmacie de chez mes parents où elle n’a plus bougé depuis. Je me rappelle encore avoir avalé le verre d’eau pour prendre le cachet alors qu’on démontait mon lit à l’étage pour l’apporter chez moi. J’avais décidé ce jour là que quoiqu’il arrive, je ne devais plus jamais avoir cette sensation de devoir dépendre d’une pilule pour être heureuse… Et que cette pilule ne franchirait pas la porte de mon nouvel appartement. J’avais prévu que cela devait être le premier jour de ma nouvelle vie qui commençait.
C’est tellement symbolique pour moi que cette date commémore la fin d’une guerre, parce ce que c’est aussi la fin d’une guerre pour moi. Une guerre avec moi même.
Je ne sais pas si on peut comprendre cette sensation quand on ne l’a pas vécu.
Depuis toute petite, je ne supporte pas de paraître faible aux yeux des autres et je ne supporte pas de montrer ma peine et ma souffrance parce que je pense qu’il y a des choses tellement plus graves et importantes.
Quand j’étais petite, mon frère était insupportable et jusqu’à ce qu’il ai trouvé celle qui est devenu ma belle sœur, mes parents ont eu beaucoup d’ennuis avec lui, que ce soit à cause de sa santé ou son comportement. Je crois que j’ai pris conscience que cela faisait de la peine à mes parents très très tôt, si bien que j’ai toujours été très sage et indépendante parce que je ne voulais pas leur créer de problèmes… Et plus que tout, leur faire de la peine était la pire chose qui aurait pu m’arriver. Je tentais d’être une fille modèle, ravalant ses petits problèmes de petite fille et d’adolescente, craignant que le moindre faux pas, ferai s’écrouler une montagne sur ma tête.
Alors aussi bien scolairement que dans mon comportement, j’étais irréprochable. Je m’empêchait tout écart, toutes bêtises, toutes les choses que tous parents vous interdit de faire et tout ce qui aurait pu leur faire de la peine.
Avec le recul, je pense que je me suis empêchée de vivre… C’est peut être pour ça que j’aime encore tous les truc un peu enfantin…
Quand j’étais petite et que je ramenais un bon carnet à la maison, ma mère m’a toujours offert un livre. Et du haut de mes 7 ans, je me souviens qu’une fois ma mère m’a offert un livre très moche et très bébé suite à une bon carnet. A chaque fois, je souriais, je remerciais ma maman… Mais moi, il ne me plaisait pas ce cadeau… ça faisait juste plaisir à ma maman et c’était bien. Mes copines, me montrait le lendemain leur album panini du dernier Disney sortit à l’époque. Mon livre était sous mon lit, chez moi.
Quand j’étais au collège, il y avait une réunion avec certains profs avec qui les parents prenait rendez vous. C’était peut être un des seuls caprices que j’ai fait étant adolescente: j’avais demandé à mon père d’aller voir certains de mes profs… ce n’était pas obligatoire à l’époque… Et mon père est allé voir 5 de mes profs pour me faire plaisir… J’ai bataillé pour qu’il le fasse! Tous mes profs ont dit la même chose. J’étais excellente dans toutes les matières à l’époque. J’avais une moyenne générale de 17.5 avec 19.5 de moyenne en math. Bref, les entretiens duraient 2 minutes à tout cassé… Je me rappelle même que ma prof de SVT et prof principale à l’époque a dit à mon père “Je ne vois pas pourquoi vous êtes venu… Il n’y a aucun problème!”. D’ailleurs, mon père m’a dit lui même en partant du collège “Ba… si c’est toujours comme ça… Inutile que je revienne…”
Et il n’est plus revenu.
Je crois que j’ai jamais aussi bien compris les gamins qui piquent des crises pour recevoir un peu d’attention… Je les envie. J’aurais aimé avoir la force de dire ce que je pensais et de m’exprimer quand j’étais petite au lieu de ravaler ce que je pensais réellement.
Alors ce matin du dernier cachet, je ne savais pas ce qui allait m’attendre. Est ce que j’allais supporter le fait de vivre seule? Est ce que j’allais arrivé à me prendre en main et m’occuper de moi?… J’aurai pu me poser ces questions mais en fait, elles ne m’ont même pas effleuré l’esprit. J’arrivais à être optimiste… Et ce n’était pas à cause de mes pilules. Tout ce que je pensais c’est qu’à cet instant, je pouvais être comme je le voulais et plus personne ne pouvait me dicter ma conduite. Que je vivais pour moi et non pour faire plaisir aux autres.
Finalement au bout de quelques mois  dans mon chez moi, je me suis rendu compte qu’en fait, hormis cette nouvelle ligne de vie, tout était pareil… J’avais tellement été indépendante depuis toute petite qu’à part le fait de faire mon ménage seule, ma lessive seule, ma vaisselle seule… Rien avait changé. J’ai toujours été seule et plus que jamais, je n’avais pas besoin de me raccrocher à qui que ce soit pour continuer à vivre…
Depuis ado, j’ai toujours considéré 2 types de personnes: Celles qui vivent pour eux et celles qui vivent pour les autres. Je me suis toujours considérée comme étant de la deuxième catégorie. Ma vie en elle même n’était pas importante, elle devait servir pour ceux qui en valait la peine… C’était un peu ma philosophie de vie… Je me suis même dit que je n’étais pas quelqu’un qui avait droit au bonheur et que les miettes de bonheur des autres me contenterai pour continuer mon chemin.
En fait, cette image que j’avais de moi, je la répugne a présent. J’étais une collabo…
Le 8 mai dernier, j’ai pris en main ma vie de révolutionnaire et j’ai atteins l’autre rive opposée à celle de la tristesse.
Aujourd’hui, j’ai toujours peur de ce qu’on pense de moi. J’ai toujours peur de mal faire. J’ai toujours peur de faire de la peine consciemment ou inconsciemment à quelqu’un parce que je ne crois pas qu’on peut être pleinement heureux sans aucuns problèmes ni soucis, mais je ne regrette plus mes décisions. Elles ne me torturent plus l’esprit.
Et quand je prends une décision, je ne la prends plus en fonction des autres mais en fonction des mes propres besoins. Et c’est pour ça que certains ont disparus de ma vie… Ils me créaient plus de souffrances que de bonheurs et je ne peux plus vivre avec plus de souffrances que de joies.
J’ai même réussi à dire à mes parents que toutes ces choses que j’attendais de leur part étant petite, je ne les avais pas eu… Mais bon ce n’étais pas de leur faute. C’étais parce que j’étais comme ça…
J’étais… comme ça…
J’étais.
Est ce que je suis heureuse aujourd’hui? Je ne vais pas dire oui parce que le terme est tellement fort pour moi que je me demande si vraiment c’est quelque chose d’atteignable. Je ne suis pas malheureuse en tout cas, c’est certain.
J’utilise un autre terme qui me fait sourire parce que j’en ressens les moindres vibrations de joie quand je prononce ces mots.
Aujourd'hui, je vis.

06 mai 2010

Les feux de l’amuuuuuur


Résumé de l’épisode précédent: William a fait sa déclaration d’amour à Florence par petit mot doux passé en classe. Florence a répondu assez fraîchement à William en lui disant qu’elle avait déjà Noah et Yacine.
Suite… (attention top générique!)
William est malheureux… Mais toujours amoureux! Si bien que lorsque Florence l’a accusé de lui avoir mis de la peinture rose sur sa petite robe noire, il avait la larme à l’œil, se défendant becs et ongles que, non, il n’utilisait pas “une couleur de tapette” pour sa poterie de fête des mères… Les mots ayant été prononcés pas loin des douces oreilles de la maîtresse, celle ci en a profité pour signaler que, bien que trop jeune pour comprendre la signification de ces mots, William n’avait plus intérêt à les prononcer parce que c’était assez insultant.
William: Mais ma sœur elle dit toujours ça… Elle a 14 ans.
Maîtresse: Ba tu lui diras qu’elle est mal polie et intolérante…
Noah lui, est torturé par le monstre de la jalousie. Depuis peu, la maîtresse a décidé de l’éloigner de sa Florence adorée, histoire qu’il s’intéresse un peu plus à ses études qu’au beau cheveux brun de sa belle, qu’il se plaisait à tortillé amoureusement autours de son stylo 4 couleurs… Stylo qu’il se met souvent dans la bouche, lui éclatant soigneusement les dents.
Seulement voilà, assis derrière elle se trouve à présent Steven, beau et brun, bourré d’humour et intelligent… Voilà que Florence se retourne un peu plus vers Steven… Enfin beaucoup plus souvent d’ailleurs que lorsque Noah était assis derrière elle…
En amoureux transis, Noah observe ce petit manège depuis lundi, qui est loin d’être à son goût. Et alors qu’ils travaillent en demi groupe sur les différents états de la matière, Steven et Florence ont partagés un fou rire, le visage de Noah devint soudainement grimaçant… Il ne put s’empêcher de clamer:
Noah: Hey Steven!
Tout en agitant son index, comme pour le prévenir d’un prochain malheur.
Sauf que voilà, Steven, lui, a un charme naturel et préfère largement rire avec les copains, copines que de penser à quelconques amourettes… Aussi, il ne comprends pas trop les choses de l’amour et la jalousie et ne comprends donc pas pourquoi Noah fait cette tête là.
La maîtresse, elle, a fait une crise de rire et a fixé Noah qui s’est rendu compte alors que, si Steven n’est pas encore sensible à certaines finesses sur les tragédies de l’amour, la maîtresse elle, y est tellement sensible que ça la fait bien marrer.
Rouge de honte, Noah se cacha le visage sous son t-shirt marmonnant un presque imperceptible:
Noah: Mais euh… Je m’en fiche… de tout de manière Florence c’est pas ma meuf!…grmbl…
Et si la maîtresse n’a pu s’empêché de corriger cet écart de langage, elle n’a pu faire autrement que de taquiner un peu plus le vilain pas beau jaloux, virant à l’écarlate… Ecarlate qui se mariait étrangement bien avec le rose funky de son t-shirt  très “in”.
La question se pose alors: Quand William mentionnait le rose comme “une couleur de tapette” ne voulait-il pas critiquer le t-shirt du rival ayant conquis le cœur de la belle Florence?
William arrivera t’il a conquérir Florence en discréditant Noah?
Noah va t’il se discrédité tout seul avec son abominable jalousie?
Yacine n’est il plus dans le cœur de Florence?
Florence va t’elle définitivement se retourner vers le beau Steven?
Steven va t’il enfin s’éveiller à l’amour? Choisira t’il Florence? Ou va t’il n’en avoir rien à foutre comme d’habitude?
La maîtresse va t’elle cesser d’espionner ses élèves? Va t’elle devoir déplacer Florence de nouveau parce que Steven et elle parlent trop? Sera t’elle tenter de la placer à côté de William pour faire plaisir à ce dernier et pour voir si cela le motive scolairement?
A suivre…

04 mai 2010

le gamin le plus poissard de l’univers


William, le retour.
Mais qui est William?
William est un espèce de porte malheur à lui tout seul. Plus exactement, depuis que je suis arrivée dans l’école, il a eu tout un tas de crasses. C’est un môme qui a de gros besoins affectifs tout en les rejetant parce qu’il est mal à l’aise… On est toujours mal a l’aise avec ce que l’on ne connait pas.
En bonne fille que je suis, je vais donc le chercher dans sa grotte (voir les hommes viennent de Mars…) J’insiste depuis plus de deux mois maintenant et ça commence à porter ses fruits. Hier, il a fait de très jolies rosaces (je viens de leur apprendre à en faire donc ils les reproduisent à foison) et il me les a offerte… C’est pas que j’ai besoin d’être aimée par tous mes élèves, mais son image de l’autorité est assez violente d’après ce que je peux observer. L’autorité c’est la punition, c’est les fessée, c’est les engueulades. J’ai envie qu’il comprenne que je ne suis pas là que pour ça et que les adultes ne sont pas la que pour gueuler mais aussi pour soutenir, aider et rassurer.
Donc depuis ces derniers jours, je le taquine un peu et lui commence enfin à me demander de l’aide et à faire des efforts pour me faire plaisir… Un jour peut être qu’il prendra les études un peu plus au sérieux et pas juste pour moi :P
Enfin soit… Pourquoi je pense qu’il a la poisse?
Le premier jour de mon arrivée, il tombe et se fait une entorse… Atèle pendant 3 semaines.
La faute à pas de chance vous me direz.
Sauf que voilà, il prend l’ascenseur pour aller en classe… Or la corde a sauté d’un copain qui l’accompagnait s’est retrouvé bloquée… l’ascenseur est tombé en panne avec eux à l’intérieur… pendant une demi heure, crise d’angoisse et pour moi et pour eux!
Et puis aussi, William n’est pas très heureux en amour…
Photo0308
Alors bon quand on est pas un génie, qu’on est mal aimé de ses parents, de ses copains et d’une n’amourette et que le sort s’acharne, je pense que la maitresse, elle peut au moins donner un ti peu d’affection…
Et pour information perso me concernant, les résultats du mouvement sont tombés…
… C’est peut être moi “la poisse”… Je suis condamnée à garder mon poste de remplaçante l’année prochaine… ba… on va dire que financièrement c’est avantageux donc je ne vais pas me lamenter de persister à être une Sans Classe Fixe…

15 avril 2010

La plume assassine…


Je sais, je ne suis pas très studieuse en ce moment… pourtant j’ai des choses à dire et je me dis “tiens, ce sujet ferait un bon article!” mais outre le fait que je souffre pour la seconde fois du dos au point de marcher à 4 pattes ce qui m’a valu un arrêt maladie d’une semaine, j’ai une flemmingite aïgue assez phénoménale (accompagnée d’une envie subite de niaiseries m’obligeant a rebouquiné les ouvrages les plus écœurants que l’univers a pu créer… et je ne vous parle même pas des films que je regarde en ce moment)
J’ai plus de muscle, je suis réduite à l’état de guimauve dans plusieurs sens du terme.
A part ça, j’ai repris le boulot aujourd’hui, malgré la douleur. (parce qu’au point ou j’en étais et au vu des vacances approchant, d’ici 2 semaines, je n’aurais plus été une guimauve, mais une flaque de sucre liquide)
Rien de mieux pour redevenir “normale” qu’une bande de gamins bruyants vous rappelant que
niaiserie = amour = enfant = enfer
…et d’en finir avec ma guimauverie attitude. (je réduis un peu le schéma mais c’est pour mieux me sortir de cet état mielleux)
Je suis accueillie ce matin par un mot dans le carnet de William.
“ …J’aimerai savoir quel est le comportement de William en ce moment en classe…”
Ce genre de message, ça pue.
En fait, y’a 2 genres de parents qui posent cette question:
1) Les fameux “si tu te comporte bien à l’école tu auras…”.  qu’on ne rencontre jamais parce que leur boulot leur prends trop de temps… souvent des bobos. probabilité: 5%
2) Les plus qu’impopulaires “si tu fous la merde à l’école, tu vas t’en manger une bien grosse dans ta gueule… et je sais que c’est le cas donc je veux une occasion pour t’en foutre une”. probabilité 94%
je laisse 1% à l’improbable.
Toujours est il que ce gamin, quand on le voit, il est fort loin d’avoir la première catégorie de parents. Ces énormes cernes quotidiennes me font limite flipper. Je garde un œil assez protecteur sur lui depuis un moment. Mauvais pressentiment.
Cependant, c’est un fait: Ce gamin est chiant. Il se donne un genre des cité assez inquiétant pour ses 8 ans à peine. Trop fier… trop lourd… William je vous en reparlerais dans un article que je nommerais “le gamin le plus poissard de l’univers”… je suis sûre vous avez hâte! XD
Donc voilà le problème: quoi répondre?
1) La vérité => Pour un moment je serais tranquille, mais le gamin me haïra et ne me fera jamais confiance vu la mandale qu’il se mangerait le soir même. A terme, il me fera chier…
2) Un mensonge => Dire que c’est un ange, c’est me laisser bouffer. Il se mangera pas de mandales (pas cette fois en tout cas) mais il me pourrira à coup sûr. Trop bonne, trop conne.
1 et 2 n’étant pas de bonnes solutions, je tente une troisième solution.
J’ai laissé ma classe travailler et je suis partie discuter avec William dans le couloir avec 2 choses: son cahier et une feuille.
Je lui lis la feuille où j’y ai écris la vérité… sans cadeau… le genre de petit mot qui engendrerait plus que la mandale… Mandale que je comparerais à un amuse-bouche dans un repas gastronomique… je vous laisse imaginer le menu du soir suite à ce petit mot.
Effet garantis: grands yeux emplis de terreurs, mouillés de larmes mais pas à cause du mot…
Moi: “Ce que je dis est vrai… tu es d’accord?”
*Baisse les yeux*
Moi: “J”aurais pu écrire ça sur ton cahier… Mais je n’ai pas écris ça…”
Je lui lis le mot dans son cahier… plus pondéré, mais vrai… qu’il est insolent, un peu trop fier et peu attentif… mais qu’il est participatif quand ça l’intéresse et qu’il a des remarques intéressantes. Que j’avais confiance en lui et qu’il fallait juste qu’il s’intéresse autant à son travail qu’à son apparence. Qu’il avait besoin d’attention et qu’on lui fasse confiance. Ce à quoi je concluais par “j’attends de voir si William évolue dans le bon sens…”
La terreur dans ses yeux disparait.
Moi: Je vais être franche avec toi. En général quand une maman me demande quel est le comportement de son enfant, c’est que cette maman est assez sévère et que si la réponse est mauvaise, l’enfant risque de s’en prendre une le soir même. Je me trompe?
William: …
Moi: Et moi je ne peux pas dire à ta maman que tu es un ange… Elle ne me croirait pas. Donc, j’ai dit la vérité en faisant en sorte qu’on ne te crie pas trop dessus ce soir…
William: Merci maîtresse…
Moi: Oui t’as intérêt à me remercier… mais c’est à double tranchant! Je te fais confiance mais il faut que tu le mérites. Si par malheur, un jour tu me casses les pieds alors que je viens de te rendre service, alors là, je serais sans pitié. Je prend cette feuille et je la colle sur ton cahier de correspondance. Est ce que c’est clair?
William: Oui
Moi: Bien… Alors montre moi que j’ai raison de te faire confiance et va travailler tes maths, Einstein!
J’ai eu la paix… et il a l’air d’avoir compris! Maintenant est ce que ça va durer? Ca…

01 avril 2010

Ah ah ah!


Chaque premier avril à l’école c’est la même chose: à peine la porte de l’école franchie, les mômes empilent les poissons derrière les dos des copains et des profs et les blagues s’accumulent.
Manque de chance, je suis pas d’une humeur excellente par manque de sommeil surtout. Je dors mal et je me réveille au moindre bruit.
Et ca commençait mal ce matin: en arrivant, je vois au loin le jeune AVS super sexy qui se dirige vers l’école, et probablement subjuguée, je suis pas loin de me vautrer en montant sur le trottoir… Heureusement il ne m’a pas vu. Je cumule les attitudes niaises quand il est en face de moi, c’est monstrueux… Je suis sûre que mes élèves sont pas loin de s’être aperçue l’effet que me fait ce type. Bref.
Et puis finalement.
Moi: Bon les enfants, j’ai quelque chose à vous dire. Il y a une classe de CM2 qui n’a pas de maîtresse et on est en manque de remplaçant. Comme vous n’êtes “que des CE1” je vais devoir partir et aller remplacer dans cette classe. Donc jusqu’à mardi je serai là et puis après…
*Silence de mort, élèves en état de choc*
élève 1: Quoi! Mais c’est pas juste!
élève 2: Oh non! Et vous revenez quand?
Moi: Je reviens pas, j’aurai les CM2 d’une autre école!
élève 3: Ah non! Et nous, on aura pas de maîtresse!!!
élève 4: Vous allez revenir hein? Vous revenez!!
Moi: Je passerai vous rendre visite mais bon…
élève 1: Non c’est pas juste maîtresse! Vous devez pas partir! C’est pas normal!
élève 5: Nous aussi on a besoin d’une maîtresse! Restez avec nous!
Moi: J’aimerai bien mais bon… ne vous inquiétez pas on arrivera a vous donner une autre maîtresse, ou un maître!
élève 2: Et ca sera qui?
Moi: je ne sais pas
élève 6: C’est une blague!
élève 3: Mais non c’est pas une blague. Regarde la maîtresse, elle rigole pas!
élève 2: Ca c’est sérieux! C’est pas rigolo!
*Toc toc*
Maîtresse E: Je viens chercher les élèves du RASED.
Moi: Ouai attend une seconde… les enfants… JE VOUS AI EUUUUUUU!
*Silence de mort, élèves en état de choc*
élève 1:Même pas drôle.
élève 6: Je le savais…
élève 3: Maîtresse, faut pas nous faire peur comme ça!
élève 4: C’est même pas marrant… M’enfin tant mieux…
élève 2: Faut pas plaisanter avec ce genre de choses… C’est même pas drôle…
C’est ça avoir 7 ans: ca rigole quand ça vous flanque un poisson dans le dos mais pas devant une bonne blague bien travaillé avec un merveilleux jeu d’acteur.
C’est ce qu’on appel un bide. XD

29 mars 2010

Big Brother is watching me!

ministere
Flippant quand même… Surtout que ça a visité beaucoup XD.
En passant j’aimerai connaitre mon visiteur quotidien d’Aix en Provence…juste par curiosité :D

23 mars 2010

We are a family! tadadada!


Jeudi, je débute un très long remplacement pour congé maladie jusqu’à fin juin et pour que cela se déroule dans les meilleurs conditions possibles, l’inspectrice elle même (et le mystère reste encore complet… je me demande bien pourquoi… C’est peut être juste parce que c’est la galère ) a demandé à ce que je fasse ce remplacement et que je passe une journée en observation pour prendre le relais.

Celle que je remplace? Françoise… aussi proche de la retraite que moi de mes débuts. Certainement plus âgé que ma mère.
A vrai dire, j’ai remplacé un instit y’a un mois de cela qui s’avère être, un ancien élève à elle…
J’ai toujours des aprioris lorsque je remplace une instit de l’ancienne génération. Y’a pas de cahier journal, pas de progressions, les photocop sentent la naphtaline tellement les dessins accompagnants les exercices ont l’air vieux… Bref, en général, je recommence tout, avec mon entrain habituel et mes gros sabots. Je dégomme toutes traces de vieilleries et débarque avec mes méthodes bulldozers “Si on s’amuse pas, on apprend pas” dans mes classes bruyantes mais pleine de vie, avec le O combien célèbre “Question pour un bonbon” de fin de semaines.
J’ai des méthodes que n’aime pas les adeptes du frontal. Les adeptes du “Je suis le prof, tu es l’élève. Je parle, tu m’écoutes. J’ai raison, ferme ta gueule.” Ce genre de classe ou y’a un espèce de mur de Berlin entre les bureaux des mioches et celui de l’instit. Pouaaaaah…
Hummmm…
Devant Françoise, j’ai l’impression d’être une adepte du frontal. XD
Quand je suis rentrée, dans la classe j’ai adoré la disposition des tables… y’a pas vraiment d’ordre mais c’est réfléchi en fonction des difficultés.
Dans sa classe, y’a tout un tas de bordel monstrueux: 4 poissons rouges, un hamster, des escargots en pleine reproduction et des milliards de plantations et les moucherons qui vont avec. Va falloir s’en occuper, ça me gonfle un peu… mais c’est sympa.
Un système de tutorat a été appliqué et qui marche plutôt bien.
Y’a du matériel d’art plastique à gogo… Je me suis d’ailleurs plâtrée la langue a force de découper des bandes de plâtres dans la cours pendant que les mômes faisaient des pots au soleil. Le vent tournait et j’inspirai systématiquement du plâtre… mais c’était marrant.
Le cahier journal est à jour et est décrit à l’excès. Ca va être la misère pour le continuer et ca va me donner plein de boulot… mais c’est bien pratique!
Présentation de la classe par Françoise: “Ici c’est une famille on s’aime tous grand comme ça!”
Elle ouvre les bras en grand… Et les gosses font pareil! C’est limite mystique! J’adoooooooree!
*soustraction au tableau*
Françoise (au gamin): Si tu m’oublies encore cette retenue, je te botte les fesses!
Et elle la fait.
Françoise: Bon ce matin, on a fait un résumé du livre qu’on lit à la nouvelle maîtresse. On va voir si elle a bien écouté!
*regards tous braqués vers moi*
*tééé heureusement que j’ai suivis*

Françoise: Et on applaudit la maîtresse! Elle a bien suivi!
Elle a des méthodes d’apprentissages comparables au mienne… Les coups de pieds aux fesses en moins. Mais elle adore ces mômes et je me demande si c’est son opération qui l’attend ou son éloignement de sa seconde maison qu’est l’école qui va être le plus dur… Oui parce que sa classe, c’est chez elle et ses élèves, c’est presque ses petits enfants. D’ailleurs, elle s’est plus à me dire qu’elle avait eu 3 générations d’une famille, et que très souvent, elle a eu les parents comme élève.
Vous imaginez pas le poids qui pèse sur moi…
Françoise: Fais gaffe à mes gosses… sinon je viens ici et je te botte les fesses!
Elle rigolait… Mais je vais me méfier.
Oh et puis… j’ai un enfant acteur dans ma classe… C’est déplacé si je demande un autographe? XD

21 mars 2010

Le gamin le plus lourd du monde

 
Elliot, 8 ans, CE1.
8h30
Elliot: Et tu sais maîtresse, blablablablabla…
Moi: Vas te ranger!
Elliot: D’accord… Et puis tu sais maitresse… blablablablablabla…
8h35
Elliot: … blablabla… Et j’ai fait les exercices! J’ai eu tout bon! blablablablablabla…
Moi: C’est bien! Pose ton manteau…
Elliot: blablablablablabla…
8h40
Elliot: Blablabla… Sur le thermomètre à la maison il faisait 14°C! blablablablablabla…
Moi: Oui, oui… tais-toi une seconde faut que je fasse l’appel
8h42
Moi: Samantha.
Samantha: Présente! Cantine et étude!
Elliot: Moi aussi je vais à l’étude maîtresse!
Moi: Elliot, je fais l’appel et ce n’est pas à toi de parler!
Elliot: Je pourrais ramener la feuille de cantine à la directrice!
Moi: Non! Tais toi bon sang!
8h50:
Moi: Bon aujourd’hui je vais vous expliquer les sous…
Elliot: On sait déjà maîtresse! La maîtresse nous a expliqué!
Moi: Bon Elliot, carnet sur mon bureau! Tu n’arrêtes pas de parler et tu me coupes la parole! Laisse moi terminer!
Elliot: Mais ma maîtresse, elle dit pas le programme d’abord. D’abord elle fait la date…
Moi: ELLIOT! CARNET! Non, mais laisse moi parler au lieu de me couper la parole en permanence! Je suis pas ta maîtresse d’habitude (dieu merci) alors on fait les choses différemment!
9h00
Moi: Bon alors, comme je vous le disais nous allons faire des soustractions posées av…
Elliot: Trop facile!
Moi: ELLIOT AU TABLEAU! On va voir si t’es si malin!
83 – 29
Elliot: 3-9 c’est pas possible maîtresse. Tu t’es trompé!
Moi: Alors je vais être très clair Elliot, si je te dis “constitutionnellement” est ce que tu sais ce que ça veut dire?
Elliot: Non.
Moi: Est ce que tu sais faire des multiplications?
Elliot: Non.
Moi: Pourtant ça existe, et MOI je sais les faire et je sais ce que ça veut dire, donc quand je te donne cette soustraction c’est qu’elle est possible et NON je ne suis pas trompé et toi tu n’as que 8 ans, et tu es à l’école pour apprendre. Tu ne sais pas tout! Alors maintenant je vais être claire, si tu m’interromps, si tu parles à tout bout de champs, en plus d’un mot sur le carnet, tu seras puni de récréations!
9h10
Moi: Bon maintenant que j’ai expliqué, Noah, est ce que tu peux me dire comment on résout 21-9 ?
Noah: 1- 9 c’est impossible donc on met…
Elliot: On met la retenue et puis…
Moi: ELLIOT DEHORS! Tu t’assois sur le bureau en face de la classe et tu travailles tout seul!
9h50: récréation
Moi: Comment la titulaire arrive à supporter Elliot?
Collègue: Elle y arrive pas… Elle y va à coup de “Dégage je veux pas te voir!”.
Moi: Je comprends pas comment elle peut mettre sa table à côté de son bureau…
Collègue: De près ou de loin, ça sert pas à grand chose. Il est toujours aussi pénible…
*humm*
16h30, après avoir eu Elliot en fond sonore toute la journée
petite note pour la titulaire.
…J’ai fait un peu de géographie en étudiant différents paysages et j’ai abordé la soustraction a retenue, sinon j’ai fait surtout de la révision.
Bonne reprise!
PS: Je ne sais pas comment tu arrives à supporter Elliot, mais tu as toute mon admiration...
 

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