20 juin 2011

A 7 ans, les menaces. A 17,…

image
Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?

07 juin 2011

Remettons un peu chucky à sa place…

image
*Récréation*
Flo (collègue): Chucky! Qu’est ce que tu viens de faire à Laurent?
Chucky:…
Flo: Je viens de te voir, tu as voulu lui prendre son avion des mains et comme il n’a pas voulu tu l’a fouetté avec ton gilet!
Chucky: Oui mais il m’a poussé!
Flo: Menteur! ça fait 5 minutes que je te regarde! Et Laurent a une grosse marque sur le visage! Tu t’assoies ici tu es puni!
Chucky *larme de rage de s’être fait avoir*: Ba moi je vais dire à mes parents qu’il m’a poussé et que je me suis défendu!
Antho (collègue): QUOI! Tu oses nous dire que tu vas mentir! Non mais tu te prends pour qui? On est 3 maitres et maitresses à t’avoir entendu dire un mensonge! Tu sera puni au 2 récréations de demain! Et crois moi, si tu mens à papa ce soir, c’est moi qui vais lui rapporter ce que tu viens de nous dire! Maintenant tu restes là… Et tu peux pleurer tant que tu veux!
*bé au moins il n’y a pas que moi qui le puni ce “pauvre martyr”*
______
*classe*
Moi: Bon ça fait une demi heure que vous écrivez vos devoirs… tant pis j’efface pour ceux qui n’ont pas fini, ils iront les recopier dans une autre classe pendant qu’on partira en sport… Qui n’a pas fini?
*Chucky lève le doigt…of course comme d’hab*
Moi: bon ba tu sais ce qu’il t’attends… Les autres, on corrige rapidement les additions au tableau et ensuite on y va.
*Chucky s’approche*
Chucky *fond en larme/panique à bord*: Maîtresse! Je veux pas aller chez le maître! J’ai peur! Il est méchant! ça me fait mal au ventre!
Moi: J’avais prévenu il me semble, non?
*Chucky hoche la tête*
Moi: J’ai répété plusieurs fois qu’il fallait que tu écrives tes devoirs?
*hoche la tête de nouveau*
Moi: Et donc qu’est ce que tu faisais pendant que tu devais copier tes devoirs?
Chucky *en mode fontaine*: Je jouais!
Moi: donc tu finiras de copier tes devoirs ailleurs…
Chucky *se liquéfiant*: Je veux pas maîtresse! J’ai trop peur! Ca me fait mal!
Moi: Il y a des manières de demander les choses correctement… et des mots magiques…
Chucky: S’il te plaît maitresse! Je veux pas y aller!
Moi: Aaaaaaah! là tu vois, J’ai déjà plus envie de t’écouter. Si tu as si peur que ça et si tu te tiens correctement, tu pourras recopier tes devoirs dans le gymnase pendant qu’on fera sport. Tu te tiendras bien?
Chucky *reniflant sa morve*: Oui oui… je serai sage…
*Ô divin délice qu’est la supplication d’un petit pourri… C’est moi la chef bordel!*

29 mai 2011

Vais je me prendre un pain?

image
Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut  être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions  et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…

15 janvier 2011

mordicus!


7 jours de remplacement de congé paternité, classe de CP.
Lundi 3:
Collègue: Ca va la classe?
Moi: Oui, ils sont sages et mignons… Y’a le petit Kévin qui me chiffonne un peu.
Collègue: Oui il est un peu réservé.
Moi: Mouai…
Mardi 4:
Moi:… mmm quand même…
Jeudi 6:
Moi: Et dis moi… Le petit Kévin… Son maitre il a jamais repérer un truc bizarre?
Collègue: Ah non… Il est mignon… Un peu pâlichon mais il est pas mauvais en classe…
Vendredi 7:
Moi: Dis moi… je pourrais regarder la fiche de renseignement du petit Kévin?
Directrice: Oui… Pourquoi?
Moi: Juste pour voir si il a des soucis ce petit… je le sens pas. Il sourit peu. Je le trouve un peu renfermé et… c’est pas seulement son caractère… y’a un truc.
Directrice: Un truc? T’es pas un peu parano? … y’a rien sur sa fiche… Crois moi son maitre est super attentif et papa poule. Ca m’étonne que tu lui trouves un truc…
Lundi 10:
Moi: Ca va Kévin?
Kévin: Oui
*mouai*
Mardi 11:
Moi: Non franchement, y’a un truc c’est trooooooop bizarre.
Directrice: C’est quoi qui te chiffonne?
Moi: Tout! il est pas vraiment là, il sourit pas beaucoup. Il parle pas beaucoup et la façon dont il observe les gens. Faudrait que tu dises à son maitre de voir tout ça parce que j’en met ma main à couper que ce môme, il est pas net.
Directrice: Ah… si tu le dis…
Jeudi 12:
Kévin: Maîtresse… y’a papa qui voudrait te voir ce soir.
Moi: Ah d’accord.
…
16h45
Moi: Dis donc je viens de voir le père du petit Kévin…
Directrice: il voulait te voir?
Moi: C’était juste pour me prévenir que demain après midi il sera absent…
Directrice: Pourquoi?
Moi: Rien de grave… Le petit à rendez vous chez son psychiatre…
Directrice: un psychologue?
Moi: Non non… J’ai bien dit psychiatre.
…
Directrice: touché!

Pourquoi le petit nicolas fait des bêtises à l’école?


Ou pas…
Les formations à l’IUFM c’est chiant mais on y apprend plein de choses… pas spécialement ce qu’on y attendait.
La semaine dernière, en m’y rendant pour une formation en histoire de l’art, j’ai vu tout un tas de panneau de protestation… Et quand on y est pas, c’est sur, on comprend pas. Notre formateur, prof d’histoire, nous a donc informé des différents bouleversements sur la formation des maitres. Accrochez vous, moi qui ne suis pas une fervente activiste, je suis tombé sur le cul: l’école se meurt.
C’est vrai qu’en décembre, quand je me suis rendu à l’IUFM, une chose m’avait énormément choqué: ce lieu plein de vie qu’est l’IUFM comme je l’ai connu avec des étudiants partout dans les couloirs, des escaliers grouillants dans cet immense labyrinthe, et surtout cette queue incroyable pour aller à la cantine si tu te dépêchais pas un peu… tout ça avait disparu. Car l’IUFM est un lieu fantôme à présent. Quelques villes y organisent des formations, mais les étudiants y sont rares. Il faut dire qu’à mon époque on avait besoin que d’une licence et que maintenant il faut un master 2 et que forcément le nombre d’inscription aux épreuves a été divisé par 2… Qui dit master 2, dit que forcément, la paye des profs auraient été bien supérieure quand même.
La formation à l’IUFM se faisait à mon époque en 2 ans: après la licence on était PE1 on préparait le concours qui se déroulait en juin puis on était PE2, payé environs 1300 euros net par mois pour étudier et faire des stages… très cool me direz vous… Je ne le dément pas surtout après avoir passé 4 ans en licence en conjuguant petit job et cours… Au moins on pouvait se consacrer à ce qu’on faisait.
Petit Nicolas est arrivé et voilà ce qui était prévu (la version officielle jolie et toute enjolivée parce que c’est Kawaï): Les enseignants sont priés d’avoir un master 2 (soit un master métier de l’enseignement… soit n’importe quoi d’autre d’ailleurs) qu’il passe en même temps que leur concours et après leur admission, il passait un an de formation en stage divers et variés. Durant la deuxième année de master, les étudiants faisait un stage de 4 semaines rémunérés 3000 euros… bien plus économique que de payer 1300 euros mensuel… mais ca encore c’est compréhensible… on doit tous économiser. Il était prévu que tous les étudiants master 2 bénéficieraient de ces 3000 euros de stage.
La réalité à présent.
Le concours d’admissibilité a eu lieu pour les master 2 en septembre… et les résultats on été connu fin octobre. Ceux qui ont échoués au concours et qui sont en “métiers de l’enseignement” continue leur master 2 avec des cours qui ont pour but de vous faire passer les épreuves d’admissions de juin, épreuves qu’ils ne peuvent pas passer… ba oui ils sont pas admissibles… logique! Quelle connerie de faire passer des épreuves en septembre alors que si elles avaient lieu en juin on leur aurait fait redoubler leur master 1 pour s’entrainer a être de nouveau admissible l’année suivante…
si c’était que ça…
Ils sont master 2 donc ils continuent leurs études hein…
On a dit à ces gentils master 2 que comme ils allaient avoir 3000 euros pour leur stage, que ca serait bien qu’il se consacre à leurs études à fond (n’oublions pas qu’en plus de passer un concours, il passe un master donc ils ont pas mal de recherches à faire) et de laisser leurs petits boulots… les 3000 euros compenseraient tout… le calcul fait: si ils gagnaient moins de 300 euros par mois effectivement la question pouvait se poser.
Surprise! Fin décembre ont leur dit que finalement ça ne sera que 2000 euros et uniquement ceux qui sont admissibles. Les autres n’auront rien.
Mieux encore: Certains de ceux qui ont fait leur stage n’ont pas été payé encore mais en plus on les rappelle parce qu’on manque de prof et de remplacement! donc il retourne bosser et en plus ils ont toujours leur master a préparer sous le bras.
Ce qui peut donner dans le pire des cas quelque chose de ce genre:
Vous êtes maman de 2 enfants et souhaitez reprendre vos études pour devenir enseignante et avoir une meilleur qualité de vie car la promesse a été faite que la paye serait super pour les enseignants masterisés. Vous décidez de devenir étudiant salarié (parce qu’il faut bien nourrir sa famille)… seulement voilà: vous avez raté votre épreuve d’admissibilité… zut… mais bon faut bien continuer ses études hein! donc vous vous préparez à passer votre stage obligatoire et de demander un congé sans solde à votre employeur… heureusement vous savez que vous pouvez compter sur vos 3000 euros pour nourrir les marmots… et en décembre après avoir passé votre stage qu’on vous a pas rémunéré bien sûr, on vous dit: “Ah bé non madame! vous êtes pas admissible donc on ne vous paiera pas!”
Coooooool!
Autre logique du système: vous pouvez réussir votre concours \o/ mais rater votre master T-T… et bien vous n’êtes pas prof! ba non! Vous devez passer votre 3 ème année a repréparer votre master et a être en stage ou vous n’aurez pas de responsabilité. Vous n’êtes pas payé donc (et si tu es maman t’es dans la merde pendant un an si vous me suivez toujours) et bien sur si à la fin de l’année vous n’avez toujours pas votre master bé on vous dit que votre admission au concours n'est plus valable.
La seule solution serait de punir le petit Nicolas…et de ne pas le faire redoubler hein… faut l’exclure de l’école…

18 décembre 2010

La maicresseuh gatée

choc
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour  des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir  pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.

06 décembre 2010

Joël



Je vous parle souvent ici de la plupart de mes élèves des bons, des mauvais, des drôles, des casse pieds, des pauvres et des malins. Chacun de nous, enfants et adultes, on a tous un petit truc qui nous distingue comme un trait de personnalité ou une anecdote… Et c’est vrai  que dans une classe de 20 ou plus, y’en a toujours qu’on privilègie parce qu’ils ont des capacités et qu’ils peuvent expliquer aux autres, parce qu’ils rament au mieux… coulent au pire ou bien parce qu’on a envie de fracasser contre les murs tellement ils nous pourrissent la vie.
Et puis, il y a les autres. les timides, pas mauvais mais pas excellents. Pas participatifs bien qu’ils sachent la réponse… D’ailleurs c’est difficile de savoir ce qu’ils savent ou pas et on y réfléchit à deux fois avant d’exprimer ce qu’ils savent ou pas. Quand on s’en rend compte, on essaye de les interroger, de prendre un peu plus de temps pour eux mais ils se font rapidement oublier.
J’ai pensé tout de suite en voyant pour la première fois Joël que c’était un discret. De la plus pure espèce qui essaye de se faire oublier à la moindre occasion. Un calme, un doux avec quelques légères difficultés. Difficultés qu’ils comblent par un travail régulier. Bref on a pas vraiment de choses à dire scolairement parlant sur Joël.
Loin de moi l’idée de jeter la première pierre à mes collègues mais souvent quand il n’y a pas de difficultés scolaires, on ne fait pas plus attention que ça à un gosse. Pourtant au bout d’un mois, le comportement de Joël me chiffonnait.
J’aime bien observer mes élèves en récréation: qui fréquente qui? qui joue à quoi?…
Joël lui, est seul. Tous le temps. Quelques fois, des élèves viennent jouer avec lui. Pas toujours. Pourtant c’est pas la tête de turc de la classe, ni celui qui tapent les autres.
Au bout de quelques semaines, j’ai mis ça sous le compte de sa timidité. au bout d’un mois et demi, ça me chiffonnait et ça commençait à m’inquiéter… et plus ça allait, et plus il se renfermait même quand je disais aux autres de jouer avec lui.
Depuis deux semaines, ça ne m’inquiète plus: C’est au delà de ça. Ils suit les lignes tracées sur le sol de la cours, fait le tour des arbres, reste assis par terre, le regard dans le vide. Certains passent, l’incite à jouer… mais rien.
Alors qu’il y avait beaucoup d’absent, j’ai rassemblé les élèves  histoire qu’ils soient moins éparpillés et quand j’ai voulu le mettre avec les autres son visage a changé.
Moi: Qu’est ce qu’il t’arrive?
Joël: je suis en colère.
Moi: Pourquoi?
Joël: Parce que je suis triste et que je ne voulais pas changer de place.
Moi: tu veux rester tout seul à ta place?
Joël: oui.
La semaine dernière il a tenté de se faire enfermer dans la classe pour échapper à la cours. Il essaye de ne plus y aller parce que “il fait froid” ou qu’”il est fatigué”. Et tous les jours, ils négocient pour rester dans la classe ou sous le préau et ainsi éviter la récréation. Il dit lui même  qu’il n’aime pas ça.
J’ai donc alerté la directrice et elle aussi avait remarqué pendant l’étude qu’il était étrange et seul. Et pendant qu’elle tentait de joindre son ancienne maternelle, j’ai creusé le personnage en le prenant à part et en discutant avec lui.
L’école maternelle n’avait rien à dire de spécial. Ils ne se souvenaient pas spécialement des parents et le gamin “était pas mauvais et gentil”. RAS.
Quand à ma petite enquête et après une copie qui, comme toutes les dernières copies données est sale et mal écrite, ce qui n’était pas le cas en début d’année, je commence à lui poser des questions.
Je lui dis qu’en ce moment je le trouve souvent triste et seul et que ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Je lui ai demandé si ça allait à la maison, si lui ça allait, si il aimait l’école.
Au début il a surement pris l’interrogatoire pour une punition puisqu’il m’a dit être triste parce qu’il était mauvais en classe. Ensuite, il m’a dit qu’il était triste à la maison parce qu’il vivait dans un petit appartement et qu’il préférait venir à l’école… ce qui m’a fait enchainer sur le fait qu’à l’école et dans la cour il était aussi seul et semblait triste.
Moi: Tu es triste tous le temps alors?
Joël: Oui.
Moi: Et qu’est ce qu’on pourrait faire pour que tu ne sois plus triste?
Joël: je sais pas.
Moi: Et tu n’aimes pas jouer avec les autres?
Joël: si. des fois. Mais je sais pas ce qui m’arrive des fois. J’ai pas de copains.
Au programme des prochains jours: remise des livrets et réunion spéciale avec la directrice et les parents… Et on va tâcher de glisser le mot “psy” dans la conversation parce qu’un gosse de 6 ans dans cet état, c’est vraiment pas normal.

27 novembre 2010

Comment le Téléthon creuse les inégalités…


La ville où je travaille s’active tous les ans pour le Téléthon. Je ne suis pas du genre à dire de contribuer à telle association. Je donne mon sang, j’ai fait savoir à ma famille que j’étais donneuse d’organe, il m’est arrivé de donné à des gens dans la rue ou de donner a des associations caritatives mais ce n’est pas un réflexe automatique.
A vrai dire, le téléthon est une des dernières associations a qui je donnerai des sous: Y’a tellement de misère dans le monde et ils gagnent tellement d’argent une fois par an que je préfère donner à des associations sérieuses et un peu moins connues.
Bref, à cette occasion, les écoles se mobilisent et hier, en échange de 1 euros pour l’association, un gamin recevait un pain au lait, une barre de chocolat et un bonbon.
Se pose un dilemme récurrent: Dans un quartier comme celui ou se trouve l’école, 1 euro, c’est 1 euro et quoiqu’on en pense, c’est pas toujours facile de le sortir d’une poche et nous les instits on le voit tous les jours: quand le gamin porte les chaussures du grand frère 3 fois trop grandes ou quand il a toujours pas de crayons de couleur depuis la rentrée ou quand par inadvertance la facture EDF se retrouve à l’intérieur d’un cahier de poésie et que le montant représente plus de deux fois la paye mensuelle d’un instit à savoir 3326 euros.
Alors voilà: donner c’est bien quand on peut… et les autres? Bien sûr c’est important pour ces mômes de comprendre que pour se nourrir, se vétir, se divertir et bien il faut payer. Ca explique la valeur de l’argent. Mais moralement, ces pauvres gamins qui ne peuvent pas donner, ce sont eux qui ont le plus besoin de recevoir aussi.
Alors on fait quoi pour ceux qui n’ont pas donné les sous? On leur explique la valeur de l’argent et on donne aux autres qui restent pour eux virtuels mais pas à eux alors qu’ils en ont besoin?
La veille de l’évènement, je me suis dit “Bah… pour ceux qui ne donneront pas, je leur ramènerais un paquet de biscuit et un paquet de bonbons comme ça tous le monde est content.”
Pourtant dans une classe de 20, la très grande majorité de la classe a participé. Seuls 5 d’entre eux ne m’ont pas rapporté l’argent ou partiellement.
Mais il s’est passé un évènement auquel je ne m’attendais pas.
Alors que je demandais les différentes participations, je demande à Omer si il a l’argent pour le petit gouter. Il me dit oui, s’approche,  et, alors que je tends ma main pour recevoir ses sous, une pluie de pièces de bronze, de 1 et 2 centimes tombent en faisant de discrets petits cliquetis… un amas de petites pièces loin d’être suffisante et qui sentait les fonds de tirelires et de tiroirs voir de dessous de coussins de canapé…
Moi: Ok… écoute, reprends tes pièces parce que tu n’as pas assez. On va se débrouiller. Ne t’inquiète pas.
Dans ma tête, ni une ni deux… quitte à y mettre de ma poche pour sauvegarder  ma toute petite coopérative, il allait l’avoir son gouter… et les autres qui n’avaient pas les sous aussi. Ils n’ont pas l’âge de comprendre ça. Ca ne devrait même pas leur effleurer l’esprit.
Et pourtant le petit Joshua, s’approche alors discrètement de mon bureau et me souffle à l’oreille.
Joshua: Maîtresse… et si Omer ramène les sous lundi… tu peux lui donner son gouter aujourd’hui?
…pfiou…
Moi: Ne t’inquiète pas… tous le monde aura son gouter.
Et quand la récolte des sous fut terminée, il fallait bien expliquer.
Moi: Bon écoutez les enfants. Je vais faire quelque chose qui n’est pas très juste pour tous le monde. J’ai un peu de sous dans mon porte-monnaie pour ceux qui n’ont pas l’argent pour le gouter. C’es moi qui vais payer à leur place pour que tous le monde puisse avoir son gouter. Ce n’est pas juste parce que je paye que pour 5 enfants et les autres ont du payer eux même. Est ce que tous le monde est d’accord pour que je leur offre le gouter?
Pas d’hésitation puisqu’un oui général retentit.
Moi: Par contre c’est un cadeau… alors pour ceux à qui je donne le gouter, j’attends un mot magique!
Et toute la classe à dit merci…
On a tous à apprendre certaines valeurs des gosses…

03 novembre 2010

Les imbéciles rôdent…


Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir  6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.

23 octobre 2010

Comme quoi, on peut être bon et mauvais en même temps.


Comme je l’ai dit précédemment et assez souvent, cette classe a un niveau extraordinaire vu que j’ai 3 lecteurs et qu’ils savent tous déchiffrer plus ou moins… en tout cas ils savent tous lire quelques syllabes… Ce qui ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas d’élèves en difficulté mais je n’ai pas de cas catastrophique.
Alors que moi j’ai un CP extra, ma collègue de CP se retrouve avec des élèves au ras les pâquerettes… Et je suis plutôt généreuse puisque quand il s’agit de recopier un simple mot, elle a 3 élèves qui eux, font des ronds… oui c’est leur façon de recopier un mot… Faire des ronds. Quoique je soupçonne l’un d’entre eux de se foutre de la gueule de son instit puisque quand je prend la petite Nina en atelier, bizarrement, son écriture s’améliore ainsi que ses capacités.
Quand aux comportements, il n’y a pas photo. Je n’ai pas que des anges mais je n’ai pas à me plaindre. Ils savent tous travailler seuls alors que je travaille avec un petit groupe et c’est loin d’être le cas de l’autre classe, où la maitresse s’arrache les cheveux.
Je suis plutôt heureuse d’avoir cette classe malgré toutes les appréhensions de mes débuts parce que c’était un CP. Et même si je ne suis pas l’instit idéale, je pense que j'ai quand même pas tout rater et que j’ai contribué un peu à leurs évolutions.
Et dans mon élan “c’est le dernier jour avant les vacs, faisons la fête” Je me suis dit qu’un petit “question pour un bonbon” avec l’autre classe de CP serait assez sympathique.
J’ai donc convié l’autre classe de CP après la récréation de l’après midi pour mon petit jeu collectif et j’ai commencé mon question pour un bonbon en anglais comme j’en ai pris l’habitude avec les miens… matière qui n’a pas encore été abordé dans l’autre classe. En fait j’ai tellement pris le plis que quand il me réclame leur bonbon de récompense il me demande le parfum du bonbon en anglais même quand je fais un question pour un bonbon “lecture”.
Le jeu se passe toujours bien et le fait d’avoir plus d’élèves n’a pas changé les choses…
…
quoique
…
Après que les autres CP soient partis.
Alexandre: Maîtresse c’est pas juste! Pourquoi tu aides plus les autres CP et pas nous.
Lucia: Et pourquoi tu nous interroges pas un peu nous!
Louise: C’est vrai c’est pas juste!
Moi: Non mais attendez! J’ai aidé certains d’entre vous aussi! Et puis, c’est quand même sympa d’avoir accueilli les CP de l’autre classe et de jouer tous ensemble!
*silence de plomb* *regards en coin*
Moi: Je rêve! Vous ne pensez qu’à vous! J’ai autant joué avec vous qu’avec les autres et vous avez tous eu votre bonbon… Je ne vois pas quel est le problème!
Nathan: Oui mais tu es notre maitresse… et c’est notre jeu.
Je dois me rendre à l’évidence: mes génies sont tous de gros mauvais égoïstes pas partageurs.
Baaa… personne n’est parfait!

16 octobre 2010

Y’a des jours comme ça…


… ou on se dit qu’on est pas une si mauvaise prof.
J’ai pas l’air comme ça, mais je ne suis pas d’une très grande confiance en moi même. Et, à vrai dire, au vu de mes débuts chaotiques d’enseignantes, dépression et tralala, tout ça n’a pas aidé. J’ai toujours peur de mal faire depuis que je suis toute petite et ça va toujours en s’amplifiant. D’ailleurs mon corps reflète mes angoisses. Quand je suis rentrée à l’iufm, j’ai commencé a faire de l’eczéma sur le cuir chevelu… Depuis 2 ans, j’en ai sur le visage… J’espère quand même que ça se calmera avec l’expérience. ( j’ai pas assez confiance en moi pour dire que j’aurai un jour confiance en moi XD).
Aussi, quand j’ai su que j’allais avoir un CP, je dois dire que c’était un peu panique à bord dans ma tête. Parce que foiré un CP, c’est foiré l’entrée à la lecture et c’est de ça que dépend tous le reste de la scolarité.
J’ai toujours eu un peu peur qu’ils ne comprennent pas, mal, de travers… Enfin même si, par exemple, je leur apprenais à faire des multiplications et que toute la classe y arrivait plutôt bien, allez savoir pourquoi, j’ai toujours cette peur irrationnelle de savoir si c’est clairement bien compris. Et le gosse, il pourra faire des milliers de multiplications au tableau devant moi, j’aurai toujours un doute… ou je trouverais toujours moyen de trouver une angoisse ailleurs: Ils savent conjuguer?… ouai mais est ce que j’ai pas trop travaillé la conjugaison au dépend de l’expression écrite! Il savent multiplier? J’ai pas loupé un truc en géométrie des fois? Il font du français comme des malades?… Quand même… je suis pas sympa et je devrai leur faire un peu plus d’art plastique…
C’est comme marcher sur des charbons ardents ou trouver un équilibre impossible à atteindre. Je crois que j’aurai des doutes éternellement sur ce que je fais avec les marmots. En même temps, si je ne les avais pas, je pense que je n’aurai plus à faire ce métier.
Mais pour contre balancer toutes ses angoisses, y’a quand même les petits résultats qui flattent un peu l’égo.
Natercia, la petite portugaise, m’a appelé aujourd’hui “maitresse”… C’est le premier mot en français que j’entends sortir de sa bouche.
Elisa, qui pédalait sérieusement dans la semoule en arrivant, ne sachant ni son alphabet ni sa comptine numérique, même si en voyant la syllabe “BU” elle demande “C’est quoi cette lettre?” en montrant le B, dès qu’on lui dit elle arrive à lire la syllabe. Et avec tout son entrainement et son travail personnel, elle reconnait toute ses voyelles et quelques consonnes sans réciter son alphabet. Elle réussit presque a tous les coup à dénombrer jusqu’à 17 maintenant.
2 de mes non lecteurs de début d’année, arrivent a présent à déchiffrer des phrases simples. Un déclic assez rapide.
Sur mes 18 élèves, 11 de mes élèves arrivent à former des mots avec des syllabes simples seuls et 14 d’entre eux arrivent à lire des mots de 3 syllabes.
Tous mes redoublants démarrent leur année assez bien voire très bien alors que les autres enseignants doutaient réellement de leurs capacités.
Et enfin, et non des moindre… Ils sont quasi tous autonomes et tous impliqués dans la vie de la classe. Ils travaillent et s’occupent seul quand je m’occupe d’un groupe spécifique et respectent les autres en chuchotant. Si bien que je fais ce que tout enseignant déteste faire avec des élèves si jeunes parce qu’en général ca dégénère en bordel immense: de la peinture! Tout est rangé, nettoyé, lavé en moins de 20 minutes. Alors malgré toute les appréhensions, je le fais avec plaisir. Et eux ils sont bien contents.
Alors je veux bien… certes ils sont doués, ils sont pas méchants, ils perturbent pas trop la classe… Mais c’est un peu grâce à moi hein…un ti peu quand même. Un soupçon… un grain de poussières?
…
Tain j’ai l’impression que j’ai pas assez bossé les maths et la découverte du monde… >_<

03 octobre 2010

Le mystère du dédoublement de personnalité résolu


Karim, 7 ans, redoublant.
Redoubler un CP c’est assez courant je trouve. Il faut dire que le cap n’est pas facile à passer. Il faut apprendre à lire et c’est plus difficile qu’il n’y parait.
Autant j’ai vu des redoublants où je me posait la question de la pertinence du redoublement, autant pour Karim, c’était assez évident: même les syllabes simples ne sont pas acquises.
Comme souvent quand on est zil, on a pas le passif des gamins. On atterrit et on se démerde. Alors on a tout un tas d’à priori.
Autant dire que le fait que Karim soit suivi par un orthophoniste n’est pas une surprise mais, du peu de ce que j’avais vu depuis la rentrée, son suivi psy m’interloquait.
Il est pas méchant. Peut être un peu sensible, un peu collant mais bon… Rien d’alarmant à première vu.
Aussi pour le peu de questions que j’ai posé des questions à mes collègues (avec qui j’ai peu d’affinités) on m’a dit qu’il était lourd, perturbateur, dissipé… bref une plaie.
Bizarre… J’ai connu bien pire. Il écoute et suit en classe moi… c’est loin d’être le meilleur mais c’est pas lui que je dispute le plus. Loin de là… baaa…
Le seul truc un peu embêtant c’est qu’il me dit plusieurs fois par jour “maitresse, t’es belle!” ou “maitresse t’es gentille, je t’aime beaucoup”…
Il est dans l’affectif quoi… y’en a beaucoup dans ce cas là.
Je discute de temps en temps avec la maman qui me demande comment ça va…
Moi: Oh ba quand quelque chose le perturbe, plus rien ne rentre mais bon, il est attentif et travailleur.
Maman : Ca me fait plaisir parce que c’était pas le cas l’année dernière. Je suis contente.
J’en venais à me poser la question si il avait été possédé l’année dernière et depuis exorcisé.
Mais lors d’une deuxième discussion avec la maman, le mystère fut enfin éclairci.
Maman: Comment ca va en ce moment Karim?
Moi: Ca va… un peu collant. Il me demande toujours de l’aide et de l’attention pour que je sois auprès de lui.
Maman: Ah bon? Vous me surprenez! L’année dernière il ne disait jamais rien à sa maitresse.
Moi: C’est curieux ça! Moi il me demande toutes les 5 minutes.
Maman; En tout cas je suis très contente parce qu’il a envie d’aller à l’école tous les jours. Il a hâte d’y aller. Et il vous aime beaucoup.
Moi: Ah oui… ça il me le dit souvent…
Maman: Faut dire que je lui dis souvent, vu que moi même je suis ronde que “les filles les plus belles c’est les grosses”… Et il me dit “tu sais ma maitresse, elle est grosse comme toi et elle est belle comme toi!”
Moi: Aaaaah… Tout s’explique alors! Voilà pourquoi il a beaucoup changé par rapport à l’année dernière. Je comprenais pas qu’il y ait une telle différence entre ce qu’on me disait de son année scolaire précédente et maintenant.
Maman: Vous croyez que c’est ça?
Moi: Ca me parait évident.
… Les mâles ou la recherche de la mère dans le regard et le comportement des autres femmes… Tous les mêmes… Rire

29 septembre 2010

Jamais on a vu, jamais on ne verra…


Souvent en début d’année, on a encore des arrivées de nouveaux élèves venant d’autres écoles.
C’est mon cas.
Aujourd’hui, Natercia est arrivée dans ma classe… Mais elle, elle vient de Lisbonne.
J’ai déjà vu, plusieurs fois, arrivé des élèves non francophone, mais en maternelle.
Natercia, elle, a 7 ans et devrait être en CE1.
En toute logique, dans le monde impitoyable de l’éducation nationale, il existe des classes adaptées aux élèves non francophone appelées CLIN.
En ce qui me concerne, la CLIN pour moi, c’est une légende. J’en ai jamais vu et pourtant, dans cette ville, j’ai fait le tour des écoles… Et je me demande sincèrement où se trouve cette satané CLIN dans notre circonscription qui pourtant est une des plus grande du 93. C’est un vrai mystère. D’ailleurs, vu la population de la ville, il devrait y avoir logiquement plusieurs CLIN…
Toujours est-il, qu’apparemment, elle existe. Seulement voilà, comme toute classe spécialisé, la CLIN est pleine… ou les CLIN sont pleines si elles sont plusieurs…
Trouver une place en CLIN, c’est un peu comme trouver une place de parking gratuite sur Paris en bas de l’immeuble où vous allez. C’est un espèce de miracle ou de Saint Graal: on est tellement content de l’avoir cette place de parking, que si on vous dit qu’il faut aller faire une course de l’autre côté de Paris, vous préférez prendre les transports et galérer  même en pleine grève que de perdre ce petit espace de bitume.
Trouver une place en CLIN c’est rare, alors 2, ce n’était même pas la peine d’y penser. Aussi Natercia et sa sœur jouent donc de leur droit à l’éducation pour rentrer dans l’école du coin.
Seulement voilà, pour ceux qui n’aurai pas encore tilté: Natercia devrait être en CE1 et moi, j’ai un CP.
Car oui, après longue réflexion ce week end, je me suis retrouvée face à un choix devant ma classe avec mes têtes d’ampoule. 3 possibilités:
1) Ma classe est un CP et je fais que du CP. Conséquence: mes têtes d’ampoule se font chier, se tournent les pouces et perdent leurs capacités.
2) Ma classe est un CP et je fais du CP en préparant de façon informelle mes têtes d’ampoule à sauter leur CE1. Conséquence: mes petits en difficultés ne comprennent pas que eux n’arrivent pas à faire les mêmes choses que mes têtes d’ampoule alors qu’ils sont dans la même classe. Quid des parents? Ont ils leur mot à dire quand à ma façon de gérer ma classe? Ils ont le droit de savoir mes plans après tout.
3) J’officialise et j’informe mes parents d’élèves de mes plans en faisant un CP/CE1 tout en prenant mes précautions: Si certaines de mes têtes d’ampoule ne sont pas prêtes à la fin de l’année scolaire à faire un CE2, ils passeront en CE1. Ils ne perdent pas d’années mais n’en gagnent pas. Je n’oublie pas que dans mes têtes d’ampoule, j’ai quand même des non lecteurs… mais très doué et apprenant très très vite et qui pourraient, si ils sont assez matures, pourquoi pas, tenter un CE2. Ils sont au courant du défi mais j’avertirai les parents qu’ils sont jeunes et qu’il ne faut pas non plus les presser. Situation délicate mais pas dénuée d’intérêts. Officiellement, ce n’est pas un CP/CE1, officieusement je prévois qu’avant Noël mes génies abordent la soustraction.
Pour le bien de la majorité, je pense que la 3ème solution était la plus raisonnable.
Me voilà donc avec un faut CP avec un groupe à profil CE1 accueillant une élève qui devrait être en CLIN… Ou plutôt un CP/CE1 officieux avec une non francophone… Enfin une classe de cycle 2 dans un certain flou artistique…
Quand à moi,  le fait d’accueillir Natercia arrangeait tous le monde:
-La directrice, instit de la seule classe de CE1 a 27 élèves qui se voyait mal prendre une élève supplémentaire.
-Mes autres collègues qui sont bien contents de comprendre ce que les petites disent parce que je peux communiquer avec elles, sachant  qu’ils sont aussi bien content de ne pas avoir “ce petit soucis de communication” dans leur classe.
- Natercia qui comprend tout puisque je fais l’effort de lui traduire ce qu’on fait, jusqu’à ce qu’elle s’habitue, petit à petit, à la langue française.
Par contre la grande sœur, elle, n’a pas une instit lusophone… et ni l’instit, ni la grande ne sont réellement ravies.
En (hum) consolation, nous avons eu un petit message de notre adorée inspectrice, disant qu’elle comprend notre délicate situation (plus pour ma collègue que pour moi vu que je parle portugais) mais que ce sont des enfants qui viennent d’un pays alphabétisé (pour ceux qui auraient des doutes quand à la scolarisation au Portugal) et donc qu’il faut leur laissé le temps avant tout de poser leurs valises avant d’ouvrir leur cartable.
Et moi, dans mon bordel, il faut que je prépare une réunion la semaine prochaine avec les parents de mes têtes d’ampoules pour mettre a plat la situation de façon officielle et faire le point sur leurs enfants individuellement (non parce que ma petite Louise de 5 ans et demi, bien que petit génie, s’est endormie pour la deuxième fois en classe depuis le début de l’année. Génie ou pas, vu sa maturité actuelle, envisagée un CE2 l’année prochaine, c’est pure folie) … pfiou…
J’en oublie presque qu’à Noël, c’est plus ma classe…

25 septembre 2010

La classe des têtes d’ampoule.


J’ai une classe qui me rend dingue.
Le peu d’épisode que j’ai regardé de la série Malcolm, je me suis toujours dit que ce genre de classe dans une école publique serait impossible. Mais c’est un fait: Il est fort probable que j’ai une classe avec des enfants très précoces… pour au moins 3 d’entre eux. Bien que j’en ai au moins 5 d’assez talentueux.
N’y voyez aucune ironie…
Louise, 5 ans et demi, lectrice avec quelques difficultés (dû probablement à sa langue maternelle différente). De part son jeune âge, je ne la force pas à faire des exercices de niveau CE1 bien qu’elle en soit très proche. Elle va a son rythme. Elle est malicieuse et très coquine dans son genre. Elle a encore quelques soucis de langage de part ses origines Sri lankaise: Par exemple quand elle veut me demander d’aller au toilette, elle me dit “Y’a pipi qui arrive” ou, j’ai eu aussi “maitresse? Je peux fermir la porte avec ta clé?”. Quand à son niveau de graphisme… Elle écrit mieux que moi XD.
Lara, 6 ans, lectrice depuis l’âge de 4 ans. Lara est probablement la plus futée du groupe. D’ailleurs elle est proche d’un niveau fin de CE1. Elle a une lecture fluide et courante. Pourtant, d’après ce qu’elle dit, elle n’aime pas lire. Elle est d’ailleurs très mure et préfère jouer avec des grands plutôt qu’avec des enfants de sa classe. Elle aime venir me parler de sujet divers, du fonctionnement de certains objets… En fait je pense qu’elle aime garder son confort de statut de CP bien qu’elle soit curieuse de tout. Elle se rends bien compte par contre qu’elle est bien au dessus du lot.
Noah, 6 ans, lecteur un peu moins fluide mais bon quand même. Pensait avoir une position confortable vu son talent pour s’exprimer et sa lecture. Il a toujours été le meilleurs dans toute les classes qu’il a fréquenté jusqu’à présent… Se retrouve bien embêté de voir qu’il en sait moins que certains du groupe de têtes d’ampoule. Du coup, ça le met au défis. Il  a envie de tout savoir, tout découvrir, pour enfin rivaliser avec les autres. Enorme potentiel au niveau du vocabulaire.
Chloé, 6 ans. Pas lectrice mais pas loin de l’être. Elle aime être portée par les autres donc j’ai formé un groupe de 4 tables ou j’ai mis mes 3 lecteurs et elle. Quand elle n’arrive pas a comprendre une consigne, les autres lui explique. Du coup, elle est dépendante du groupe des 3 et je pense que ça l’agace un peu et qu’elle a envie de mérité sa place a part entière dans le groupe… Elle multiplie les efforts pour enfin être lectrice! Elle reste très calme et discrète (j’aime pas les stéréotypes mais c’est quand même typique dans la culture asiatique). C’est “la plus faible” de mes têtes d’ampoules mais j’attends de voir ce que ca va donner dans quelques semaines quand elle grimpouillera les échelons.
Et enfin Arthur, pas lecteur mais déchiffreur, quand l’envie lui prends. Son point fort c’est les maths. Il serait capable de prendre son fichiers de maths et de le compléter toute la journée. Il a fort probablement un niveau mi CE1 en mathématique… En fait, je pense que la seule chose qui lui manque pour compléter son niveau de CE1 en math c’est les soustractions et l’écriture des chiffres. Je rajoute une cinquième table au groupe de 4 quand on fait des maths… et c’est le meilleur des 5 dans ce domaine.
Vous savez ce que ça donne un groupe de tête d’ampoule dans une classe de CP qui à ce stade de l’année ne devrait ni lire, ni écrire, et dont les maths se résumerait à dénombrer un petit tas de moins de 10 jetons?
Ca donne des scènes de discussions assez surréalistes…
Lara et Arthur: 2x1,2, 2x2, 4, 2x3, 6… 4x7, 28, 4x8, 32… (niveau normal: début de CE2)
*******
*pendant une séance sur les additions posées*
Lara: Maîtresse? Quand est ce qu’on fait les moins? C’est rigolo aussi les moins! (niveau normal: fin de CE1)
*******
Noah: Maîtresse? Est ce que les aisselles ont peut les considérer comme une articulations ou ça n’a rien à voir avec le squelette quand il bouge?
******
Louise: Pourquoi les autres ils arrivent même pas à lire les syllabes?
*****
Noah: Maîtresse! J’ai remarqué que “autoroute” et “automobile” commençait de la même manière et s’écrivait aussi pareil au début… est ce que c’est parce que c’est des mots qui ont un rapport avec les voitures?
Moi: oui…
Noah: C’est comme si ils étaient de la même famille en fait! ( famille de mots: niveau CE2)
*****
Lara (avec un magazine de la bibliothèque de la classe): Je comprend pas ce mot... Ch, ça fait le son ch comme chat pourtant!
Noah: Lequel?
Lara: celui là…
Noah: archéologie (le ch a été prononcé comme dans chat par Noah)… Ca a un rapport avec des gens qui ont un arc et des flèches. Un archer c’est quelqu’un qui utilise un arc… Bizarre… Demande à la maîtresse…
Lara: Ah Attends… Je crois que j’ai compris… si ch s’entends comme un k, ça fait archéologie… et on parle de dinosaures… Je vais vérifier avec la maitresse, mais ça doit être ça…
******
Ca fait quand même flipper…
Du coup Elisa qui a beaucoup de mal avec son alphabet et qui compte en disant “1,2,3,5,9…” se rend bien compte d’un énorme fossé.
Elisa: Moi j’y arrive pas à ça! J’y arrive pas toute seule! Pourquoi pour eux c’est facile?
Moi: Tu sais, ils ont déjà appris… Alors je leur fait des choses plus difficile. Mais toi, tu as besoin de plus de temps. Tous les enfants sont différents. Pour moi le plus important, ce n’est pas que tu saches tout sur tout comme eux. Le plus important, c’est que tu fasses de gros efforts et que tu écoutes la maîtresse. Tu vois, ils ont fait 2 pages du fichier de math. C’est bien. Toi tu en a fais qu’une seule, mais je sais que c’est très difficile pour toi et que tu t’es débrouillée toute seule pour ce dernier exercice alors qu’avant tu n’y arrivais pas. Tu as fais de gros efforts et tu as bien travaillé et c’est pour ça que je suis fière de toi. Il faut que tu continus à bien travaillé et de faire des efforts et je serais toujours contente même si tu prends plus de temps.
Life is unfaiiiiiiiiiiiir

21 septembre 2010

Et toi? T’as quel niveau?


Voilà presque 3 semaines que l’école à commencer. C’est la fin de la période qu’on a entre collègues à se demander entre nous “T’as quel niveau?”, “ Il sont comment les tiens?” “Et ca se passe bien?”…
Il est donc temps de faire un premier bilan de ma classe.
En général, c’est jamais très glorieux. On a toujours tous un problème. On a “le chiant”, “le paumé”, “le rêveur”… Je trouve que nous, enseignants, on est toujours très pessimistes… On voit tout de suite les problèmes. Bon…On a toujours “nos perles” ou “le petit génie” mais on le met jamais assez en valeur.
En ce qui me concerne, alors que je n’avais que 21 inscrits, je n’ai plus que, finalement, 17 élèves.
Un CP, à 17… c’est le rêve! En fait, tout est relatif. Je trouve ça bien dans l’absolu même si je n’aime pas ce niveau.
J’ai mon gros rêveur, un peu trainard… Il est mignon et gentil mais bon…
Je m’en plains pas.
J’ai le casse pieds qui et loin d’être un génie mais qui croit savoir tout sur tout…
Mais j’ai pas à m’en plaindre non plus.
J’ai une petite, complètement lost, qui dénombre comme une moyenne section à coup de “1,2,3,5,9,12…”
Ca va être dur… mais y’en a toujours dans les classes des gosses comme ça…
J’en ai un qui a de groooooos soucis orthophonique…
Moi: Est ce que tu entends aaaaaaa dans Baaaaaaaaaaaaaaaaaateau?
Tayan: Non.
Moi: Vas y… dis aaaaaaaaaaaaaaaaaa
Tayan: aaaaaaaaaaaaaaaaa
Moi: Maintenant dis baaaaaaaaaaaaaaaaaaateau
Tayan: Baaaaaaaaaaaaaaaaateau
Moi: Alors est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaa dans baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaateau.
Tayan: Non.
Moi: Bon… ok… dans Tigre… Est ce que tu entends aaaaaaaaaaaaaaaa dans tigre?
Tayan: Oui… alors je colorie?
Je perds parfois patience… Mais, c’est ça après tout mon boulot d’instit. Tout ne peux pas être “idéal”.
On pourrait se dire que je ne suis pas de celles qui sont médisantes et qui ne voient que le mal.
En fait, j’ai un énorme problème dans cette classe et j’avoue que je ne sais pas trop quoi faire.
Car sur 17 élèves, j’ai 3 lecteurs, 2 presque lecteurs et 1 redoublant qui déchiffre… Bref j’en ai 6 qui se font chier sur 17 quand on travaille sur les sons…
Et c’est pas finit!
J’ai décidé que j’allais testé les capacités en maths de mes 5 lecteurs et presque lecteurs qui semblait se faire chier avec le fichier de mathématiques…
Je me suis dit qu’il fallait les mettre au défi. Donc j’ai donné un exercice basique avec les > et < que tous le monde connait et je l’ai très très très corsé… j’ai mis une bonne vingtaine de problèmes types et je leur ai expliqué comment résoudre le problème une seule fois et c’était la veille:
63……36
204……24
47……49
56……65
…
Ce genre d’exercice est plus d’un niveau fin de bon CP voir plutôt  de CE1… et puis j’ai mis quelques additions… que je n’ai pas encore abordé avec la classe.
Je me suis donc dis “au moins ils vont bien être occupé pendant 15 minutes!”
ouai…
Sauf que 4 de mes génies me l’ont torchés en 3 minutes chrono… et tout était juste… Restait ma petite lumière: 1m10, 5 ans et demi, lectrice qui, de par son jeune âge était bien fatigué et avait mal à la tête… Elle s’est reposé un peu, a pris la feuille et un crayon avant de descendre en récréation et m’a dit:
Louise: Je peux le faire pendant la récréation?
Moi: Si tu veux…
Elle est revenue moins de 10 minutes plus tard “me foutre une claque dans la gueule” si je puis dire en me disant:
Louise: Ayé j’ai fini!
Aucune faute…
Mieux encore…
Au vu des magnifiques résultats sur “plus petit que, plus grand que” je me suis dit “si j’osais”…
J’ai donc pris une ardoise et posé l’opération 44+38 (niveau fin de très très bon CP voir CE1) et je l’ai montré à mon groupe d’Einstein.
Moi: Qui sait faire ça?
Lara, 6 ans. Lectrice depuis la moyenne section: depuis donc l’âge de 4 ans. Je sais pas ce qu’ils ont foutu à la maternelle pour pas faire un passage anticipé au CP mais soit… Elle s’approche… et oublie la retenue… Ba… j’ai peut être un peu vu trop loin…
Moi: C’est faux… Mais bon c’est pas grave tu…
Lara: Ah ba oui… 8+4 ça fait 12… Faut bien que je mette le 1 quelque part non?… Faut l’additionné au dizaine c’est ça?
*Boum dans ma gueule*
Vous savez quoi?… Et ba ils ont beau m’arriver à la taille… je me sens toute petite…
J’ai quel niveau déjà?
CP?
Ah bon?
Et pour ceux qui pourrait se dire “Pourquoi tu les fais pas sauté une classe?”…
Si je pouvais, j’en mettrai 3 d’entre eux en CE1… Seulement dans l’école il n’y a que 1 CE1 de 27 élèves!
J’ai donc plus qu’à  leur donné une excellente base fin de CE1 pour les faire passer directement du CP au CE2 l’année prochaine…
Je me déclare ce jour, enseignante de CP/CE1… P’tain fait chier le double niveau! J’aime pas cette classe, elle est trop bonne! XD

04 septembre 2010

premiers jours… on va arrêter de compter les années


31 août: jour de rentrée des profs dans la ville ou je travaille
Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais que tout n’allait pas se passer comme prévue… pourtant mon poste de remplacement avait été demandé en juin et confirmé… on m’a juste dit “appelez à la rentrée pour confirmer” mais en vain c’était trop beau…
Je débarque donc dans l’école maternelle où j’ai longtemps travaillé à plusieurs reprise. Mes collègues sont déjà en train de papoté sur feu leur vacances et la nouvelle directrice tente de s’y imposé…
Directrice: Tu es Christelle c’est ça?
Moi: Ah non…
Directrice: Parce que je viens de recevoir un mail qui me disait que  c’était une certaine Christelle qui remplacerais Florence…
Je tente d’appeler l’inspection… ca sonne dans le vide… deux solution s’offre à moi:
- Soit je pars à l’inspection pour arranger les choses… mais sachant que c’est le rush, je risque de m’y faire lapider…
- Soit je pars dans mon école de rattachement et j’attends la réunion ZIL du lendemain pour plus amples information.
… Et j’ai donc cédé à la lâcheté parce que j’ai trop peur de la lapidation… En attendant le lendemain, je me suis tourné les pouces
Le lendemain, 1er septembre, réunion ZIL à l’inspection
J’ai jamais trop aimé les réunions de débuts d’années… c’est la troisième dans cette ville pour moi, donc j’ai déjà donné et c’est toujours la même chose sauf que chaque année on change d’inspecteur chez nous.
Alors après la distribution de paperasses et de plans divers dont je n’ai nul besoin parce que je connais la circonscription par cœur, viens le moment intéressant: la distribution des postes de remplacement dès le début d’année… L’inspectrice m’appelle et me dit alors que j’ai un poste dans l’école collée à l’inspection ( ZEP pourrie dans une des cités les plus connu de France école où j’ai passé pas mal de temps: CM2 pourris de cette école) pour un CP …
*Putain un CP en début d’année jusqu’à Noël… le stress*
C’est alors qu’on répartie la classe que j’aurai du avoir alors je tente le tout pour le tout en levant la main…
Inspectrice: Oui
Moi: C’était pour signaler que j’avais demander ce remplacement à l’origine en juin… Je m’étais arranger avec l’enseignante…
L’inspectrice s’arrête l’espace de 3 secondes en me regardant… puis continue sa liste de répartition l’air de rien…
…
Okayyyyy… J’ai tenu deux jours avant de me faire repérer moi… Heureusement je ne suis pas inspectable… Je m’écrase… tant pis…
Je quitte l’inspection et fait 20 mètres à pied pour rentrée dans l’école. Par chance la titulaire y a tout laissé y compris son cahier journal de l’année dernière… Donc je vais pas me fouler vu que je ne suis pas à l’aise avec ce niveau… Et, Ô comble de joie, le mur où se trouve mon bureau est communiquant avec… je vous le donne en mille: l’inspection!… Mieux… avec le bureau de l’inspectrice! XD
Autre soucis: j’aime pas mes collègues, c’est toutes des princesses… vous savez ce genre de filles qui quand elles sont au boulots ne parle que boulot et qui ont un aspect irréprochable d’enseigne 1ère de la classe… C’est triste à en mourir… Les meilleures salle des maîtres c’est tout de même celle où ont peu balancer des blagues de cul sans passer pour une perverse… :’(
Il y a quand même 3 points positifs dans cette école:
- Elle est pas très loin de chez moi
- Les mômes sont chouettes… 21 inscrits à l’origine, 2 disparus donc une classe de 19 au final dont 3 enfants qui ne sont pas encore arrivé de vacances. 12 garçons, 4 filles et…2 lecteurs pour le moments… il y en a deux qui sont un peu à la ramasse mais le niveau n’a pas l’air très mauvais… Et ils ont aussi l’air plein de vie et un peu malicieux à tendance bêtise grassouillette pas bien méchante et rigolote. Ca me plait bien.
-  C’est à 10 minutes de l’école où j’ai fini mon année avec mes CE1 et mes collègues que j’aime et que j’adore… ce qui m’a permis, ce vendredi, de prendre mon repas préparé la veille et d’aller mangé dans mon ancienne école qui m’a accueilli les bras ouverts… Si je pouvais, j’irais tous les jours… Mais faut pas exagérer… Mais pour ma vie professionnelle/sociale,  j’irai y faire un pèlerinage régulièrement sinon je crains pour ma santé mentale…
Ce petit passage dans mon ancienne école m’a permis, en outre, d’éclairer une possibilité d’avenir non négligeable et pour le moins intéressante… à suivre…
 

Teacher's life Copyright © 2011 Designed by Ipietoon Blogger Template and web hosting