25 mars 2009

Les joies de la campagne et du triple niveau…



Hier, j'avaisun CE2 dans une petite école d’un peu plus de 100 élèves d’élémentaire.

Aujourd’hui, j’ai eu une classe de CP – CE1 – CE2 dans une école élémentaire de 25 élèves.
Non, je n’ai pas repris mes voyages de ZIL, bien que d’une certaine façon j’attends de voir comment va se passer mon retour d’agent mobile de l’éducation nationale. Seulement voilà: La grande majorité des CP et CE1 sont partis en classe verte et les CM1 sont parti en sortie. Je me suis donc retrouvée seule dans une école démesurément grande pour mes 19 élèves du jours ( 4 malades), mes 3 CP et mes 3 CE1. La directrice était dans sa classe de maternelle a côté et l’assistante de la directrice était partie en sortie.
Ca m’a donné l’impression d’être une maîtresse de campagne avec son groupe d’élève multi-niveau!
Et donc à circonstance exceptionnelle, journée exceptionnelle… Les enfants se sont retrouvé dans une cours de récréation généralement pleine… je leur en ai fait un peu plus profité et d’ailleurs un des gros avantages c’est de discuter plus longuement avec les enfants et de se rapproché plus d’eux.
En fait, ça m’a fait pensé un peu à ce que m’a dit l’inspecteur la veille sur le fait que je n’étais pas encore tout a fait prof et plus tout a fait animatrice. Je pense que les profs de campagne reculée doivent être un peu comme moi. Quand on a un multiple niveau, on doit avoir plus de travail en petit groupe et donc forcément être plus proche des élèves et de leur difficultés. J’en suis pas au point de réclamer un multiple niveau (vu la masse de travail que ça donne) mais j’aime bien cette ambiance “petite école intime”. Bien sûr je relativise encore mon attitude en classe entre maîtresse cool et maîtresse stricte, mais je me sens tellement bien en tant qu’ “être humain normal”… C’est vrai? Pourquoi je jouerai un rôle? Bien sur que ça me fait rire quand je taquine un élève et que pour se venger il me dessine avec des cornes et une fourche. Pourquoi je n’écouterai pas un gamin me dire “maîtresse, je suis amoureuse d’untel?” Pourquoi je me forcerai à raconter l’histoire de France de façon frontale avec grand sérieux alors que c’est tellement plus drôle de reconstituer la bataille d’Alésia dans la cours de récré? Pourquoi je dois montrer des écorchés avec des muscles de façons abstraites alors qu’on s’éclate à décortiquer une patte de poulet dans un joyeux brouahaha un peu bordélique.
Est-ce bien éthique d’être complice avec ses élèves? Devrai je devenir plus stricte au risque de refroidir une ambiance de travail psychédélique? Alors oui, j’en ai quelques uns qui ont du mal à se concentrer dans une ambiance comme celle ci, mais quand je vois la plus timide et réservée de la classe qui ne mouchetais pas en novembre et qui dois maintenant jouer une fille colérique et pleine de tempérament dans la pièce de théâtre qu’on doit jouer dans deux semaines et quand je vois des gosses qui ont enfin pris goût à la science ou à l’histoire alors qu’avant ils allaient à l’école à reculons?
Soyons clair, je les aime tous beaucoup mais ça reste mes élèves. Je suis attaché mais je suis pas du genre à pleurer de les quitter. Je les aime pas comme mes enfants mais je les apprécie tous comme être humain à part entière avec leur caractère. Donc de mon côté tout va bien.
C’est du leur que ça commence à être problématique. Tous les jours, ils viennent me dire “Reste avec nous maîtresse” “L’autre maîtresse, elle nous dit même pas bonjour le matin… et elle nous fait copier plein de lignes!” Et tous les jours je leur dit de faire attention de ne pas s’attacher parce que ça va faire mal quand l’autre maîtresse reviendra… Et tous les jours j’ai des demandes de câlins, bisous et autres malgré le fait que je les repousse régulièrement… et plus ca va, plus ça empire.
En parlant de ça: Faire copier des lignes c’est d’une connerie monumentale. J’en ai puni un aujourd’hui et il doit me faire la leçon de vocabulaire sur “ce qu’on trouve dans une cuisine” en anglais pour jeudi et il devra faire la leçon aux autres pour m’avoir empêcher de travailler l’anglais en me coupant la parole. Je lui ai prêté un dictionnaire français/anglais pour l’occasion. C’est tout de même plus intéressant comme punition… Le seul hic, c’est que la moitié de mes élèves ils auraient voulu faire cette punition parce qu’ils trouvent ça marrant XD.

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