24 septembre 2011
Il en faut peu pour être heureux...
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Aldysse
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Kidzilla me fait tourner en bourrique. Les insultes sont dures à encaisser en ce qui me concerne... j'ai vraiment beaucoup de mal. C'est sans compter qu'il me faut régulièrement lui courir après.
Nous avons mis en place une REE donc, avec le père, la mère et leurs nouveaux conjoints. Si leurs yeux avaient été des fusils, ils se seraient entretués. Tous.
Dans une REE, d'abord, on se présente, parents, psy, dirlo, médecin scolaire et enseignant et puis c'est moi qui parle... et enfin les parents commente
Papa (ruminant son chewing-gum): Tout ce que vous me dites c'est ce qu'on vit aussi. Les cris, les pleurs et les insultes. Après faut savoir que ma fille un jour m'a dit "Ta gueule, de toute façon t'es pas mon père sale batard!"
*regard insistant vers le nouveau compagnon de la maman*
BANG!
Dirlo: Nous ne sommes pas là pour nous préoccuper des affaires qu'il y a eu entre vous mais de votre fille qui a eu une régression des plus inquiétantes.
BANG BANG BANG BANG!
La REE a cependant été des plus fructueuse. Kidzilla va avoir un emploi du temps spécifique qui me permettra de souffler dans la journée... moi et mes élèves. Puis de nouveau une REE dans 3 semaines pour voir l'évolution des choses et envisager si besoin un dossier MDPH (Maison Départemental Du Handicap) afin que kidzilla puissent avoir une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) qui puisse être là avec elle dans la classe. Et bien que l'on ai pas conclu devant les parents sur la réalité des choses, la psy scolaire, la dirlo, l'infirmière scolaire et moi même, nous ne sommes pas dupe: Kidzilla VA avoir son dossier MDPH. Constatation confirmée par la pédo psy de la petite. Kidzilla est en trop grande souffrance: ses différentes auto-mutilation (elle se mord, se frappe, s'insulte... et je me suis aperçue qu'elle se tirait les cheveux aussi) démontre qu'elle veut elle même se détruire.
Mais l'AVS, on l'aura que dans 6 mois dans le meilleur des cas.
A la fin de la réunion, la psy, avec qui je suis pas spécialement copine suite a des petits soucis dans le passé, me prends à part.
Psy: Surtout, il ne faut pas apporter le dossier Kidzilla chez vous. N'oubliez pas de souffler.
*facile à dire*
Moi: Ce n'est pas évident. Je ne sais pas ce qui est bon pour elle. Je ne sais pas ce qui est bien, ce que je dois faire et ce que je ne dois pas faire.
Psy: Dans la mesure où vous êtes la seule à qui elle obéit, croyez un peu en vous même, vous vous débrouillez bien. Vous êtes assez douce et en même temps exigeante. Quand vous lui parlez, elle vous écoute même si elle n'obéit pas forcément. Elle n'écoute que vous. Votre méthode, le temps que vous avez pris avec elle, les explications laborieuses et le fait que vous lui présentiez les choses en permanence... n'est pas perdu.
*tout est relatif*
Oui, elle vient quand ça sonne à présent et je n'ai plus à lui courir après en permanence. Oui elle accepte de rester en punition même si elle hurle à la mort, elle ne s'évade pas de sa virtuelle prison... ca n'en reste pas moins que le cas est lourd à porter même si je ne fais que l'inclure et que je ne la force pas à travailler.
Cependant, je dois avouer qu'aujourd'hui n'a pas été une mauvaise journée... Kidzilla a trouvé à l'école un doudou pour le moins original. Quand elle l'a pris, je lui ai dit qu'elle était sale et qu'il ne fallait pas la mettre à la bouche. Elle me dit que le doudou pleure et le renifle, le sent, le lèche. Mais comme c'était cracra, je lui ai dit qu'il fallait le laisser et que j'allais lui en donné une propre. Je vais dans mon placard, je dessine au feutre indélébile un visage et le donne à Kidzilla.
Elle n'a pas lâcher le doudou de la journée: elle lui faisait des bisous, le montrait fièrement à tous le monde, le mettais dans la bouche, a fait du toboggan avec elle comme si il était une personne à part entière...
Quand nous avons du partir à la cantine, elle refuse de la laisser... Je lui propose de l'enfermer dans mon placard. ça marche. \o/
Son doudou?
Le voilà (clic)
20 septembre 2011
Mes grands :')
Il y a un peu plus de deux ans, j'ai eu un merveilleux CE2 en remplacement pour un petit peu plus d'un trimestre. Un classe avec laquelle je me suis vraiment éclatée à coup de bataille de boules de neige, de grandes parties de rigolade et beaucoup de moment mémorable.
Y'a des trucs qui apparaissent au tableau...
On compte les jours...
rédaction de n'Isawette
:')
Bien que la structure soit toute neuve et que le nom de l'établissement change, c'est la même école. Mes CE2 sont à présent 6ème (sauf une, Linda, qui a redoublé et que je croise régulièrement pour un petit bisou au détour d'un couloir de la cantine)... Mais ils resteront à jamais mes CE2! Ainsi va la vie, on part, on oublie ses anciens instits... ou presque.
Car chose extraordinaire: 2 de mes élèves actuels sont des petites soeurs de mes CE2. Du coup, le matin je revoyais 2 de mes grands venu comme ça me voir avec un grand sourire... peut être aussi un peu nostalgique, ils sont venu me réclamer un bisou en passant. Une 3ème de mes anciens élèves a un petit frère dans la classe voisine à la mienne, la petite Camille en fin de cet article qui est une petite vraiment extraordinaire, remplie de potentiel. Pareil, elle écarte la foule de parents et d'élèves pour me sauter au cou... toujours aussi expressive alors que quand je l'ai rencontrée elle était si effacée (oui oui j'ose le dire, elle est un peu ma petite fierté... sous mes conseils, elle a commencé le théâtre et elle si plait et joue régulièrement sur scène avec la petite troupe qu'elle a intégré.)
Ah... ça fait du bien de les voir ceux là...
Et apparemment, beaucoup d'entre eux finissent à la même heure le mardi, puisqu'un petit troupeau d'une dizaine d'élèves s'est retrouvé devant l'école maternelle ce soir... Frappant sur la vitre à mon passage, me pressant pour que je sorte et m'enterrer sous une pluie de bisous...M'appelant "maitresse" alors que je les ai eu comme élève environs 4 mois, il y a plus de 2 ans et que maintenant, en 6ème, y'a plus de maîtresse qui tienne! Mes autres collègues qui les ont eu plus longtemps pourtant ont été bien vexé de mon petit privilège.
Je les aime mes CE2. Je me demande si un jour je retomberai sur une classe pareille.
19 septembre 2011
Du papier!
BD @ Jacques Risso
Si il y a un truc dont j'ai profondément horreur dans mon métier, c'est la paperasse... Et en début d'année, j'ai l'impression qu'un bon millier d'arbres a été abattu rien que pour me faire chier.
Le piège, maintenant que je suis sédentaire et plus ZIL, c'est que la paperasse, j'en ai encore plus. Par exemple, la fiche d'aide à l'élaboration du Projet Personnalisé de Réussite éducative (PPRE) de Kidzilla pour préparer la REE (Réunion d'Equipe Educative) qui se déroule jeudi prochain pour Kidzilla.
Grosso modo on doit détaillé les soucis de Kidzilla et trouvé une source d'espoir à chaque point.
exemple:
Comportement de l'élève en relation avec l'adulte.
Domaine de réussite: (à argumenter)
Difficultés rencontrées: (à argumenter)
La colonne "domaine de réussite" se trouve toujours en première position. Belle hypocrisie: tous les enfants qui font l'objet d'un PPRE du genre pose problème et on pense d'abord au problème avant de trouver un espoir.
D'autant plus hypocrite que durant cette PPRE, seront présent la mère et le beau père de kidzilla, la psy, le médecin scolaire, la conseillère à l'éducation, la directrice de l'école et moi. Tous on vu Kidzilla, tous on reçu une pluie de "ta gueule" dans la tronche... mais c'est bibi qui va se taper la paperasse.
crotte.
Très franchement, hormis peut être sa mère, je suis peut être celle qui subit le moins les assauts de kidzilla. Je me cacherai bien de déclarer les petits progrès que j'ai pu observer: plus je lui trouve des bons points, moins on considère que j'ai besoin d'aide, plus on me laissera dans la misère. Alors certes les "ta gueule" diminuent légèrement faisant place à "t'es pas belle", certes je n'ai plus à lui courir après dans la cours pour qu'elle daigne se mettre en rang, certes les hurlements sont moins présent (en même temps je ne la force pas à faire quoi que ce soit)... Il n'en reste pas moins que les "ta gueule" sont toujours là, que je dois me battre régulièrement pour qu'elle mette son manteau et ses chaussures, qu'elle crise régulièrement et que pire que tout (et pour le moins choquant à observer) elle se violente en se giflant ou se frappant la tête... et autant les insultes diminuent, autant les coups qu'elle se porte augmente proportionnellement à la baisse de ses cris... comme si elle compensait.
Mon Atsem a du mal à s'en remettre à chaque fois que kidzilla se frappe. Il faut bien le dire, c'est comme si elle voulait nous montrer sa souffrance intérieure en se frappant.
Effet pervers: elle réclame une forte dose d'affection que je suis prête à lui offrir tout en me torturant intérieurement de la limite à lui donner: si j'arrête elle crise, si je continue, elle s'habituera de plus en plus jusqu'à en devenir indispensable. Cruel dilemme.
L'avantage c'est que moins elle connait la personne, plus elle est insupportable: je vous raconte pas la tête de la psy quand elle a du s'occuper d'elle...
Je suis sûre que je serai la plus raisonnable dans mes propos, ce qui est problématique.
Ca me saoule, faut que je trouve comment remplir cette paperasse sans être trop gentille, sans montré que j'ai la foi sur ses progrès pour avoir un max d'aide et en même temps faut que je soit raisonnable et montré ses points forts.
Je remplirai ça durant la Grande Messe. (GM)...dans le jargon de l'école, la Grande Messe c'est la réunion de début d'année de tous les enseignants de la commune pour écouter la bonne parole... de l'inspectrice. La Grande Messe où on papote et on fait tous autre chose parce que ça nous gonfle... AMEN! (la GM c'est mercredi)
15 septembre 2011
Et maintenant, qu'allons nous faire?
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20:51
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Nous voici une semaine et demi après la rentrée et j'apprécie ma nouvelle classe, mon école et mes collègues.
Mes élèves sont sages... parfois un peu bavards mais ça me dérange pas. Je recommence à reprendre mon rythme... difficilement quand même. Le soir, je rentre avec un mal de pieds pas possible, je m'endors parfois mais je suis contente.
Je n'ai pas de quoi me plaindre.
Au fond, je bous... J'entends hurler kidzilla de l'autre côté du mur. Je plains ma collègue et pire, je plains cette pauvre gamine qui hurle dans un mélange de caprices et de souffrances. J'y peux rien, je suis comme ça: je ne peux pas m'empêcher de vouloir sortir ma cape et d'essayer tout et n'importe quoi pour que cette situation cesse pour le bien de tous.
Cette semaine Kidzilla a été confronté à la psychologue scolaire et à la responsable de l'intégration scolaire des enfants à handicap. Elles se sont retrouvée toutes deux désabusées face à ses chouinements incessants, ses hurlements, ses injures. Je les ai retrouvées toutes deux dans le couloirs fatiguées, exaspérées, épuisées devant ce bout de petite fille.
Étrangement, allez savoir pourquoi, Kidzilla elle, me prends la main en récréation et semble s'attacher même si je la dispute régulièrement. Et outre son toc de lavage de mains intempestifs, voilà qu'elle aime toucher mes rondeurs... Elle me regarde avec des grands yeux en tâtonnant un peu partout (et dans la mesure où elle semble moins angoissée quand elle le fait, je la laisse faire).
Sa maman elle, avoue enfin être totalement débordée par sa fille. Elle lui a fait consulter un pédopsy qui a reconnu que la petite ne pouvait pas s'adapter à la structure scolaire. Effrayée de voir sortir sa fille du système scolaire (et devoir la supporter à plein temps) elle a jugé bon de se taire. Cependant, maintenant qu'elle y est, il est peu envisageable qu'on la retire de l'école.
J'ai commencé par dire à ma collègue qu'elle pouvait me l'envoyer si ça n'allait pas. A bout, elle en vient à parler avec la directrice de sa détresse. Loin de moi l'envie de critiquer ma collègue, mais je trouve qu'elle a jeté l'éponge trop rapidement. Voyant la mésentente flagrante entre l'instit et l'élève, la directrice me glisse doucement ce que je voyais arrivé au grand galop: "Est ce que ça te dérangerais de la prendre?"
Oui j'ai enfilé ma cape, et oui j'ai accepté. Cependant je ne suis pas définitivement une bonne poire. Cette petite...ce petit bout de petite fille, elle me fait quelque chose... J'avais envie qu'elle vienne dans ma classe. J'ai envie de l'accueillir. Peut importe que ce soit difficile, qu'elle m'injurie, qu'elle hurle, qu'elle crie... Je sais qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et vu ce qui se passait à côté, je savais que ni ma collègue, ni la petite ne progresseraient ensemble dans le bon sens.
Aujourd'hui, après la récréation du matin, à bout de nerfs, ma collègue me l'envoie. La psy était là à observer ma petite trisomique (qui concrètement, ne peut pas faire grand chose scolairement parlant mais qui est bien mignonne et gentille). Je prends kidzilla et la pose sur une chaise. Je lui demande de découper des bandes de papiers en lui donnant une paire de ciseaux qu'elle a bien du mal à manipuler. La psy, elle, en profite pour observer la gamine, sachant que demain a lieu la REE pour kidzilla.
"Elle a plus le sourire avec vous. Elle prends plaisir à travailler."... Je lui dis que "ça à l'air" et que j'ai l'impression qu'elle s'attache à moi même si je ne suis pas à l'abri de ses crises, ses hurlements et de ses insultes. Elle me dit "Vous accepteriez de la prendre dans votre classe en toute connaissance de cause?"... ba oui... je me dis que ca peut pas être pire en tout cas.
Finalement, je l'ai eu cette après midi aussi. Alors oui, j'ai eu les hurlements, les pleurs et les "ta gueule". Mais en fait elle hurle parce que elle ne sait pas dire quel est son véritable problème. Elle crie "ta gueule" parce qu'elle ne supporte pas de s'entendre crier. Elle pleure parce qu'on ne comprends pas et qu'elle a du mal à se faire comprendre. Elle a hurlé quand je lui ai dit de mettre ses chaussures avant d'aller au toilettes au lieu juste de me dire qu'elle n'arrivait pas à mettre ses chaussures seules.
Alors oui, elle a été dure... Elle a crié, elle m'a dit que j'étais pas belle, elle a hurlé et m'a insulté... Pourtant, alors que j'étais assise en récréation, elle s'est installée face à moi, sur mes genoux, à posé ses bras autours de moi et sa tête sur mon buste... pour somnoler doucement pendant 20 minutes.
Comment ne pas penser franchement, que le cas n'est pas totalement désespéré?
10 septembre 2011
Kidzilla
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Aldysse
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13:19
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Cas d'enfant particulier,
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Ilona, 4 ans, est une petite fille en moyenne section dans la classe de ma collègue. Elle est toute petite, toute maigrelette, les cheveux blonds ondulé avec de grands yeux marrons glacés et porte souvent un long manteau rose papier toilette.
Ilona pourrait être une petite fille tout à fait banale, pourtant, elle est au coeur des conversations de toute l'école.
On a souvent l'image des séries américaines du gamin perturbateur et espiègle qui se retrouve dans le bureau du proviseur.
Et bien là, vous prenez la même chose mais avec cette petite gamine de 4 ans, 3 jours après la rentrée.
J'ai rarement vu plus rapide.
Il faut dire qu'Ilona hurle, frappe, mord et se mord et à un langage fleurie se résumant essentiellement à une pluie de "Ta gueule" qu'elle attribue à sa maitresse, à l'atsem, à tous le personnel de l'école, y compris la directrice, ainsi que, plus curieusement, à elle même. Les caprices, les pleurs... que du bonheur concentré sur 1 mètre de petite fille.
Je suis tout de même perplexe, car pour l'avoir observée, elle est tout de même un étrange mélange de mauvaise éducation, de problème psy et de TOC multiples et divers comme un lavage de main intempestif dont les séances doivent être interrompues car elles peuvent durer plus de 30 minutes (et si on l'interromps, elle nous regarde avec des yeux terrifiées.)
Pas totalement inconnue des autorités scolaires, puisqu'elle a passé déjà une année mouvementée en ces lieux; en 3 jours, mes collègues ont certifié que le cas avait empiré...et qu'"empiré" était un mot bien faiblard.
Que dire de la mère? (que je n'ai jamais rencontré mais qu'on m'a bien résumé) Outre le fait, qu'elle a dut lui apprendre les chapelets d'injures que la petite a enregistré ... bien que je puisse comprendre, vu son niveau d'excellence "d'insuportabilité", que 1 ou 2 "T'as gueule" ai pu lui échapper, la maman d'Ilona ne comprends pas.
Oui parce que "c'est un ange à la maison."...Ah... Il faut dire que c'est tellement chiant de faire des démarches pour que ta fille soit aidée et soutenue avec une Auxilliaire de Vie Scolaire (AVS), qu'on ne voit soudainement que son côté angélique.
Les cornes démoniaques d'Ilona ont commencé à pousser aux yeux de sa mère, curieusement quand les animateurs du centre de loisirs ont menacer de ne plus prendre Ilona sans AVS. Tout à coup, elle est devenu démon quand on a dit à sa mère que "NON" on ne la gardera pas les mercredi et vacances scolaires. Or, les demandes d'AVS ne peuvent se faire qu'à l'école pour en avoir une à l'école ET au centre de loisirs.
La coïncidence entre ce refus de l'accepter au centre et cette demande urgente de Réunion d'Equipe Educative (REE) pour une demande d'AVS est étrange.
En attendant, avant que ma collègue n'en foute une à la petite, je lui ai dit que je pouvais la prendre et la directrice elle même pense à me la donner et donc à la changer de classe car elle semble plus apte à m'écouter et que je dois être la seule en ces lieux à ne pas avoir reçue d'insulte du petit démon.
Je sens que je n'ai pas fini d'écrire sur kidzilla
03 septembre 2011
La poupée
Quand j'étais petite, dans les 3/4 ans, une de mes nombreuses tata m'a offert une poupée. Cette poupée est d'autant plus précieuse, que cette tante qui me l'a offerte est décédée peu de temps après me l'avoir donnée, elle, son mari et son fils.
Cette poupée, je la trouvais très jolie: blonde aux yeux noisettes, avec un petit noeud rose dans les cheveux et une robe rose vichy avec petites soquettes et chaussures roses.
Ma maman a eu un discours assez étrange sur cette poupée. Elle l'a laissé dans son emballage et en haut de ma grande armoire, inaccessible donc. Elle ne m'a pas strictement interdit d'y toucher mais, vu son emplacement, c'était tout comme. De plus, elle prétextait que des poupées, j'en avais d'autre.
Je vous laisse imaginé la frustration d'une petite fille qui voit en haut de son armoire, sa plus jolie poupée sans jamais pouvoir y jouer.
Les années ont passé... et je grandissais avec toujours cette poupée intouchable en vue, sans réellement comprendre pourquoi je ne pouvais pas l'avoir. Plus le temps passait et moins j'avais envie de la prendre... ce n'était plus de mon âge mais elle était là.
A l'adolescence, j'ai émis l'hypothèse, que puisque cette poupée m'avait été offerte par ma tante, ma maman la gardait un peu comme une relique de sa soeur décédée... ce que l'ont peut comprendre ado... mais soit... j'ai posé la question à ma mère, en lui exprimant ma frustration juvénile. Elle m'a répondu "Tu sera bien contente de la donné à tes enfants.
Il y a 6/7 ans, mes parents ont déménagé et moi avec. En 20 ans, pour la première fois, l'a poupée a quitté son perchoir... Elle a déménagé avec moi et... par réflexe je l'ai replacée en haut de mon armoire dans la nouvelle maison de mes parents, sans la sortir de sa boite... Je n'ai pas poussé le vice jusqu'à l'apporté dans mon appartement.
Jeudi, je suis passée chez ma mère et... surprise, ma poupée était là, sortie de sa boite, sur le canapé avec une autre de mes poupée, qui elle m'a accompagné toute mon enfance.
Maman: "T'as besoin d'une poupée pour ta classe non?"
Alors j'avoue n'avoir pas trop compris... Ma mère s'est fait une raison sur mon célibat prolongé et sur le fait que j'aurais peut être pas d'enfant? XD
Moi: "Tu sais, les gosses, ils vont surement me la massacré si je la prend."
Maman: "Et alors?"
Et alors? Tant de frustration pour la donner en pâture aux fauves! Les boules quand même!
Et puis j'ai regardé mon autre poupée. Celle qui a toujours été là. Elle marchait et chantait grâce à un disque. Je ne sais pas si elle fonctionne encore. Elle est rousse aux yeux bleus... et sa robe fait franchement tapisserie... j'y ai pris soin malgré tout même si elle est franchement défraîchie et que j'ai maquillée ses yeux aux feutres violet.
J'ai regardé l'une puis l'autre... et finalement...
Ma vrai poupée, a beau être ne pas être très belle mais c'était la mienne... Elle, elle a une âme.
La petite blonde a rejoint le couffin de ma classe pour avoir son histoire à elle. Elle sera charcutée, tiraillée, malmenée mais aussi câlinée, adorée et choyée... c'est son vrai rôle de poupée. :D
La rentrée des profs... la vrai!
Vendredi était le jour officielle de la rentrée des profs. Sauf que moi je suis rentrée jeudi :P
Ma première vrai rentrée des profs en tant que non remplaçante... Parce qu'il faut bien le dire, cette journée là, est vraiment très nulle pour tous les ZIL. On arrive, on file un coup de main, puis une réunion de ZIL et soit on est direct en poste et on atterrit dans l'inconnu ce qui fait que on ne sait pas trop ce qu'on va faire, soit on va aider dans les écoles mater en général pour essuyer les larmes des petites sections... ou pour leur courir après quand ils tentent de s'enfuir... ou pour décoller les parents des vitres quand ils laissent leur bébé pour la première fois à l'école des grands.
Une vrai rentrée de prof c'est quoi? On arrive à 8h30 et en général, petit café, petit croissant, beaucoup de blabla. Généralement en tant que nouvel arrivant, on fait un peu le timide, on est dans un coin et on sourit. L'avantage c'est que moi, contrairement à mes deux autres collègues nouveaux arrivants, cette école je la connais depuis 2 ans car j'y avais remplacé l'instit de CE2... j'y avais rencontré la célèbre Linda.
Petit rappel:
Les malheurs de Linda
On va bien voir ce que ça donne
Linda vs Cruella
Comment devenir une Cruella?
Echec
:')
... Linda qui à cause... que dis je... grâce à son redoublement providentiel est en CM2.
Bref. Comme je l'ai dit, après le blabla, petit rapport avant la réunion directeur sur les infos à savoir et les choses que l'on doit faire et distribuer aux parents. Réunion qui dure au moins 3/4 d'heure.
Et après, on range, on bouge les tables on fait des étiquettes et on va voir les collègues pour les dépanner où leur poser des questions... ou les charrier.
Par exemple, il y a Isabelle, ma collègue de Moyenne section... on se connait bien puisque j'ai remplacé sa classe entre autre et que j'ai travaillé avec elle alors qu'elle avait un CE1 et moi un CE2. On s'entend bien et je pense qu'on va surtout bien contribuer ensemble. A côté elle me parlait de sa dernière rencontre meetic avec qui elle vient d'emménager... Je pense qu'on va bien se marrer xD. Bref on va bien s'entraider et se soutenir.
De l'autre coté, il y a Fabien qui a des Grands / Petits. Lui, il est toujours près à aider et il est venu avec ses supers outils pour arranger mes tables... C'est le grand costaud qu'on appel au secours pour déplacer les gros meubles. Mais à côté de ça, il est tout guimauve.
Laurent lui c'est un petit nouveau comme moi... il est T2 (comprenez titulaire 2ème année... moi je suis T5) mais je l'ai connu en tant que stagiaire il y a un peu plus d'un an dans une autre école... Il était un peu effacé à l'époque et là... Il squatte ma classe, et cherche la première vanne et taquinerie à me faire.... d'un coup d'un seul. Ca ne me déplait pas comme changement... c'est plutôt marrant... et vue comme c'est partie ça risque de partir très loin dans la taquinerie...
Et puis comme le couloir donne sur le côté élémentaire, j'ai été voir le deuxième petit nouveau Cédric, qui lui est T1 en CE1... enfin petit nouveau qui a quand même pas mal de bouteille puisqu'il a enseigner quelques années en Afrique... J'ai pas eu trop le temps d'approfondir le truc, mais je pense qu'il faut que je trouve un peu de temps pour en discuter avec lui parce que ça avait l'air intéressant.
A part ça la dirlo est très chouette et hyper efficace et organisée. Kévin le concierge est assez cool (je suis priée de l'appeler chef... et n'ayant pas les clés pour sortir de l'école, je hurle le soir "Chef, ouvre moi la porte") et il est très présent dans la vie de l'école.
Bref, je suis RA-VIE. C'est comme si je découvrais le métier...
En plus je suis pas inspectable :D
Par contre j'ai peut être un peu trop parlé avec mes collègues parce que j'ai encore plein de truc à faireuuuu T-T
26 août 2011
Résolution pour la nouvelle année (scolaire)
Bon l'année prochaine, ça rigole plus... J'ai ma classe et faut que j'arrête certaines choses et que je sois plus sérieuse.
Donc je vais prendre de bonnes résolutions en espérant, au moins, en tenir une jusqu'au bout.
1) Tenir mon cahier journal correctement à jour. Qu'il soit propre, lisible, et cohérent.
2) Essayer de faire des fiches de prep correctes... parce que même si personne ne les fait sauf si inspection, je serai bien contente d'en avoir quand le temps sera venu... Logiquement je suis inspectable... est ce que je serai inspectée? Ça...
3) Ne pas me faire repérer immédiatement par l'inspectrice... pas comme l'année dernière, où dès la rentrée enseignant, elle m'avait à l'œil.
4)Au lieu de glander le mercredi, prendre 1heure ou 2, au moins, pour préparer la semaine suivante (ça m'évitera de travailler le week end et trop la veille au soir)
5)Me coucher tôt (23h derniers carats) me lever tôt pour être sûre qu'à 8h10 dernier carat, je sois à l'école. Au pire des cas, être debout et comateuse à 7 heure en essayant de pas me casser la figure en contournant mon lit.
6) Arrêter de geeker les dimanches, lundi,mercredi et jeudi après 20...21...raaaa... 21 heures (je fonde peux d'espoir en cette résolution)
7) Essayer de me dépatouiller un minimum avec toute la paperasse qui m'incombe. Prendre le temps de les remplir, les organiser les trier i tout i tout.
8) Tenter de tenir correctement une progression cohérente.
9) Toujours me préoccuper des petits qui se font oublier parce qu'ils sont sages et bons.
10) Être plus compréhensive face aux petits chieurs.
11) Instaurer un esprit de groupe solidaire.
12) Décider enfin clairement ma reprise d'étude afin d'entamer au moins une licence LLCE anglais par correspondance pour septembre 2012.
13) M'entendre bien avec mes collègues, travailler conjointement avec eux.
14) Préparer des sorties plus originales
15) M'entendre avec tous les parents, mais les envoyer bouler si ils me font chier plus régulièrement aussi pour ne pas me laisser bouffer.
16) M'impliquez plus avec mes élèves en très grosses difficultés scolaires en instaurant des REE sans trop hésiter (Réunion d'Equipe Educative)
17) Prendre plus en compte mes élèves en situation de handicap (parce qu'à priori j'en ai au moins 1 voire 2...si ce n'est plus...) les inclure dans la classe comme des enfants à part entière autant que faire se peut.
18) Continuer mon projet perso sur la découverte du monde par le biais des langues étrangères: portugais, anglais, japonais eu moins... italien/coréen/ allemand/espagnol si j'ai le temps. Les sensibiliser sur la complémentarité de la différence (je me comprend xD)
19) Penser à un jour, instaurer un projet LSF (Langue des Signes Française)... Apprendre un chtouille la LSF cette année donc.
20) Toujours trouver du temps pour jouer avec eux sans penser forcément à leur faire rentrer un truc dans le crâne.
Et c'est déjà pas mal...
20 juin 2011
A 7 ans, les menaces. A 17,…
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Aldysse
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20:15
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1 /20 en progrès!
Finir l’année tranquillement… Je commence à me dire que c’est mission impossible.
Le responsable? Chucky (encore).
Hier encore, Chucky semblait respecter et apprécier les ambiances calmes et reposantes d’une journée sans qu’il me fasse profondément chier… mieux… il appréciait ma compagnie et voulait me parler régulièrement.
N’étant pas complètement naïve j’ai continué ma surveillance quotidienne du gaillard: à toute les récréation, moi ou un de mes collègues le suivons des yeux pour éviter un bordel éventuel… chose que nous avons signaler au papa qui hurlait “ça m’étonnerai que vous fassiez ça! Mon fils se fait souvent agresser! Quand est ce que sont les horaires de récréations pour que je surveille la cours et que je vérifie ça et si il arrive quelque chose à mon Chucky, je sauterai par dessus la grille et blablabla…”
Ceci dit, cette surveillance de tout instant à eu 2 effets. L’un bon, l’autre très moyen.
L’effet cool c’est que comme il a senti une présence et qu’on “s’occupait de lui” il s’est senti valorisé et donc après l’avoir un peu responsabilisé, les bétises ont disparus.
L’effet très moyen, c’est que cette attention l’a fait pété plus haut que son cul et qu’il se sentait privilégier… ce qui n’est pas faux dans le sens ou mobiliser un enseignant pour une surveillance de tout instant c’est quand même une mesure pas banale.
Ceci dit, il commençait à se poser des questions existentielles sur le “pourquoi j’ai pas de copain?” et, mieux encore, il s’est réconcilié un vendredi avec ses deux pires ennemis de la classe aka Noah et Rudy.
Ca aurait été trop bon si cette situation avait pu durer.
Car aujourd’hui, Chucky n’était pas de bon poil, si bien qu’au moment de la lecture Chucky lance soudainement “Maîtresse! Rudy il s’est retourné vers moi et il m’a souri!”
Moi: Attends… tu veux que je le punisse parce qu’il t’as souri?
07 juin 2011
Remettons un peu chucky à sa place…
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*Récréation*
Flo (collègue): Chucky! Qu’est ce que tu viens de faire à Laurent?
Chucky:…
Flo: Je viens de te voir, tu as voulu lui prendre son avion des mains et comme il n’a pas voulu tu l’a fouetté avec ton gilet!
Chucky: Oui mais il m’a poussé!
Flo: Menteur! ça fait 5 minutes que je te regarde! Et Laurent a une grosse marque sur le visage! Tu t’assoies ici tu es puni!
Chucky *larme de rage de s’être fait avoir*: Ba moi je vais dire à mes parents qu’il m’a poussé et que je me suis défendu!
Antho (collègue): QUOI! Tu oses nous dire que tu vas mentir! Non mais tu te prends pour qui? On est 3 maitres et maitresses à t’avoir entendu dire un mensonge! Tu sera puni au 2 récréations de demain! Et crois moi, si tu mens à papa ce soir, c’est moi qui vais lui rapporter ce que tu viens de nous dire! Maintenant tu restes là… Et tu peux pleurer tant que tu veux!
*bé au moins il n’y a pas que moi qui le puni ce “pauvre martyr”*
______
*classe*
Moi: Bon ça fait une demi heure que vous écrivez vos devoirs… tant pis j’efface pour ceux qui n’ont pas fini, ils iront les recopier dans une autre classe pendant qu’on partira en sport… Qui n’a pas fini?
*Chucky lève le doigt…of course comme d’hab*
Moi: bon ba tu sais ce qu’il t’attends… Les autres, on corrige rapidement les additions au tableau et ensuite on y va.
*Chucky s’approche*
Chucky *fond en larme/panique à bord*: Maîtresse! Je veux pas aller chez le maître! J’ai peur! Il est méchant! ça me fait mal au ventre!
Moi: J’avais prévenu il me semble, non?
*Chucky hoche la tête*
Moi: J’ai répété plusieurs fois qu’il fallait que tu écrives tes devoirs?
*hoche la tête de nouveau*
Moi: Et donc qu’est ce que tu faisais pendant que tu devais copier tes devoirs?
Chucky *en mode fontaine*: Je jouais!
Moi: donc tu finiras de copier tes devoirs ailleurs…
Chucky *se liquéfiant*: Je veux pas maîtresse! J’ai trop peur! Ca me fait mal!
Moi: Il y a des manières de demander les choses correctement… et des mots magiques…
Chucky: S’il te plaît maitresse! Je veux pas y aller!
Moi: Aaaaaaah! là tu vois, J’ai déjà plus envie de t’écouter. Si tu as si peur que ça et si tu te tiens correctement, tu pourras recopier tes devoirs dans le gymnase pendant qu’on fera sport. Tu te tiendras bien?
Chucky *reniflant sa morve*: Oui oui… je serai sage…
*Ô divin délice qu’est la supplication d’un petit pourri… C’est moi la chef bordel!*
29 mai 2011
Vais je me prendre un pain?
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Oui je ne suis pas très assidue c’est un fait :D. En fait, il le faudrait mais facebook est génial pour les petites anecdotes ponctuelles donc j’avoue avoir un peu la flem de les regrouper ici.
Pour le petit résumé des derniers mois, sachez que ma vie de remplaçante prends fin début juillet pour une classe de Moyen/grand en septembre ce qui est “super trop méga cooooool”. C’est une ouverture de classe donc je n’ai rien du tout et ma future classe est actuellement un débarras. Mais bon je suis contente de ne plus être bouche trou.
Je fini cette année avec un CP… j’ai quasiment fait que du CP cette année d’ailleurs. Je n’aime toujours pas ce niveau mais au moins, j’y suis moins réticente. Peut être qu’un jour j’en prendrai un par choix et avec plaisir. Je décloisonne ma classe une fois par semaine pour prendre les CM1 et leur faire de l’histoire pendant que mon collègue prends ma classe, ce qui me fait un bien fou. Ca va me manquer de ne plus faire d’histoire l’année prochaine.
Brefouiiiilleuh
Venons en à ce titre d’article empli de violence annoncée. Cette année, j’ai découvert une chose: je peux détester profondément un gosse… ouai… Moi qui les trouve relativement plus gentil, plus humains et plus ouvert que les adultes, j’ai rencontré un môme qui me met hors de moi… un môme a qui j’ai envie d’en coller une sévère avec joie et allégresse.
Il faut dire que Chucky (appelons le ainsi), le premier jour où j’ai remplacé cette classe et après l’avoir puni en récréation m’a dit, du haut de ses 7 ans “Tu vas voir, je vais dire à papa maman que tu m’as puni et tu vas voir ce qu’ils vont te faire”.
Quand un môme sort ça, on sait déjà que c’est un enfant roi annoncé. Le problème c’est que ce n’est que le premier: La mère a la trentaine et cumule les grossesses toutes extrêmement risquées (elle risque de mourir à chaque fois). Chucky est né en janvier, sa petite soeur Chuckette est née en septembre: Faites le calcul… Elle en a déjà 5 et Alien est en cours de préparation dans son utérus depuis plus de 7 mois. Loin de moi l’idée de juger Madame Frankenstein et sa boulimie d’enfant dans un monde où les moyens de contraception sont aussi répandu que les pesticides, mais quand je pense au futurs ado qu’elle engendre, peut être qu’elle finira par se faire ligaturer les trompes… (en fait si, je juge un peu, mais quand vous comprendrez qui est Chucky, vous me comprendrez)
Comme les chiens ne font pas de chats et pour comprendre la mentalité parentale que je pourrais résumer en “Ta gueule, nos enfants ont toujours raison, Vous êtes tous des cons et nous on est les plus mieux et si tu critiques on te marave ta gueule!” Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines.
Chuckette se retrouve à la cantine avec son animatrice (assez costaude et qui frôle les 1m90) et comme Chuckette a une furieuse tendance à bouder (ce qui a l’air d’être génétique) l’animatrice a eu le malheur de dire “Tu es une petite sorcière”.
Les paroles brodées, travaillée et ruminée sont ensuite rapportée à la maman (1m60 à tout cassé) qui furieuse s’est jetée à la gorge de l’animatrice.
Le lendemain, n’ayant pas été mise au courant de la chose, Chucky arrive la tête basse… je lui demande ce qui s’est passé: “Maman a été agressé”
Chucky et moi ne sommes pas très copain, s’est un fait. Tétu, borné, en rajoutant des tonnes, boudant quotidiennement, c’est un gamin en difficulté avec une écriture comparable à celle d’un Grande section et qui est relativement chiant… mais on pourrait dire que des comme ça, j’en ai déjà croisé.
Le truc c’est que si je le titille sur ses points faible pour faire tout changer, il hurle soit que je l’insulte, soit que je suis contre lui et qu’on est tous contre lui, que je suis méchante… et il m’a même dit “Je ne veux plus que tu me parles, je ne t’écoutes plus!”… Ce que j’ai fait quelques jours après moulte conflit entre lui et moi… et qu’il a regretté très vite.
Le problème de Chucky s’est que si un gamin l’érafle, ca devient tout de suite une agression rapportée à papa/maman après avoir été minutieusement brodé. Aux yeux de ses parents c’est donc un enfant martyr que tous le monde tabasse… Par contre évidement si il tape quelqu’un, il l’a juste touché ou éraflé bien entendu ou encore: il n’a pas fait exprès. Et comme il est chiant avec les autres il est difficilement supportable.
Evidement, un jour il en a chauffé un tellement qu’après qu’il lui ai tapé l’épaule assez fort pour lui parler, et il a reçu un coup de poing dans le ventre…
Evidement, j’ai puni monsieur coup de poing dans le bide et j’ai même téléphoné aux parents parce que ça allait trop loin, mais j’ai aussi dit à Chucky de faire attention à ce qu’il faisait à l’avenir… Il était 16h20… Evidement je vois le père qui me dit “oui mais mon fils il se fait toujours tapé, c’est scandaleux! blablabla” Mais bon, j’avais le cahier de correspondance de l’autre môme dans la main donc il a pas trop moufté.
Cependant, j’ai remarqué que, dès le lendemain, Chucky répondait directement à chaque petite bousculade (pas forcément volontaire) par un gros coup à son adversaire signe du fabuleux discours de parents qui croient que les cours de récréation sont une sorte de zone franche où peut régner la loi du talion. Le célèbre “si on te tape, tu tapes!”.
Après avoir parlé avec Chucky et lui dire que j’avais bien compris que son papa a eu ce discours ponctué d’un “c’est ça n’est ce pas?” j’ai eu le droit à un “C’est ma vie, je raconte pas ce qui se passe à la maison!” Je lui ajoute: “Tu sais, si un enfant a un accident avec un autre et qu’il lui casse le bras, tu crois qu’on doit lui casser aussi? Alors avant de taper vient me voir ou demande aux autres de s’excuser parce qu’on t’as fait mal et que peut être on ne l’a pas fait exprès”.
Ca ne l’a pas calmé pour autant car comme il le dit si bien “C’est mon papa et ma maman qui ont toujours raison”
Si bien qu’en fin de journée, le garçon le plus calme de ma classe se reçoit un énorme pain dans l’œil parce que “il l’aurait bousculé et qu’il se serait cogné très très violement sur le mur”. L’autre petit me dit bien sûr qu’il a rien fait et qu’il s’est juste retourné vers lui… Ce que je crois parce que c’est vraiment pas le gamin à se mettre dans les embrouilles. Résultat je dis à ce môme de faire attention à l’avenir mais que voyant son œil gonflé de seconde en seconde, j’allume bien Chucky. Il est 16h25… c’est sûr, je vais encore voir le père ou la mère.
Je préviens le directeur qui connait bien la famille donc il sait que ça va gueuler… Et effectivement le père vient et en entrant, Chucky pleure en disant “C’est la maîtresse qui est méchante”. Le père hausse la voix pour me dire que son fils à tous les droits de se défendre et qu’il ne devrait pas être puni ou enguirlandé pour ça. le directeur a le ton qui monte et le père part en disant “Ca se passera pas comme ça! Vous allez avoir de mes nouvelles!”
Que dire à ça… que j’ai préféré ne pas sortir de l’école de suite. Parce que si je me mange un pain dehors, je ne suis pas fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et que, si je survie aux dernières semaines d’école, sans me manger un pain par ce fou furieux, ça serai un vrai miracle.
Quand au môme, je vais le mettre, à partir de demain dans un coin de la classe, isolé de tous et pour la sécurité de tous… j’hésite à mettre des plots autours comme barrière virtuelle de sécurité à ne pas dépasser par aucun des élèves sous peines d’être violement frappé aussi…
15 janvier 2011
mordicus!
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7 jours de remplacement de congé paternité, classe de CP.
Lundi 3:
Collègue: Ca va la classe?
Moi: Oui, ils sont sages et mignons… Y’a le petit Kévin qui me chiffonne un peu.
Collègue: Oui il est un peu réservé.
Moi: Mouai…
Mardi 4:
Moi:… mmm quand même…
Jeudi 6:
Moi: Et dis moi… Le petit Kévin… Son maitre il a jamais repérer un truc bizarre?
Collègue: Ah non… Il est mignon… Un peu pâlichon mais il est pas mauvais en classe…
Vendredi 7:
Moi: Dis moi… je pourrais regarder la fiche de renseignement du petit Kévin?
Directrice: Oui… Pourquoi?
Moi: Juste pour voir si il a des soucis ce petit… je le sens pas. Il sourit peu. Je le trouve un peu renfermé et… c’est pas seulement son caractère… y’a un truc.
Directrice: Un truc? T’es pas un peu parano? … y’a rien sur sa fiche… Crois moi son maitre est super attentif et papa poule. Ca m’étonne que tu lui trouves un truc…
Lundi 10:
Moi: Ca va Kévin?
Kévin: Oui
*mouai*
Mardi 11:
Moi: Non franchement, y’a un truc c’est trooooooop bizarre.
Directrice: C’est quoi qui te chiffonne?
Moi: Tout! il est pas vraiment là, il sourit pas beaucoup. Il parle pas beaucoup et la façon dont il observe les gens. Faudrait que tu dises à son maitre de voir tout ça parce que j’en met ma main à couper que ce môme, il est pas net.
Directrice: Ah… si tu le dis…
Jeudi 12:
Kévin: Maîtresse… y’a papa qui voudrait te voir ce soir.
Moi: Ah d’accord.
…
16h45
Moi: Dis donc je viens de voir le père du petit Kévin…
Directrice: il voulait te voir?
Moi: C’était juste pour me prévenir que demain après midi il sera absent…
Directrice: Pourquoi?
Moi: Rien de grave… Le petit à rendez vous chez son psychiatre…
Directrice: un psychologue?
Moi: Non non… J’ai bien dit psychiatre.
…
Directrice: touché!
Pourquoi le petit nicolas fait des bêtises à l’école?
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Ou pas…
Les formations à l’IUFM c’est chiant mais on y apprend plein de choses… pas spécialement ce qu’on y attendait.
La semaine dernière, en m’y rendant pour une formation en histoire de l’art, j’ai vu tout un tas de panneau de protestation… Et quand on y est pas, c’est sur, on comprend pas. Notre formateur, prof d’histoire, nous a donc informé des différents bouleversements sur la formation des maitres. Accrochez vous, moi qui ne suis pas une fervente activiste, je suis tombé sur le cul: l’école se meurt.
C’est vrai qu’en décembre, quand je me suis rendu à l’IUFM, une chose m’avait énormément choqué: ce lieu plein de vie qu’est l’IUFM comme je l’ai connu avec des étudiants partout dans les couloirs, des escaliers grouillants dans cet immense labyrinthe, et surtout cette queue incroyable pour aller à la cantine si tu te dépêchais pas un peu… tout ça avait disparu. Car l’IUFM est un lieu fantôme à présent. Quelques villes y organisent des formations, mais les étudiants y sont rares. Il faut dire qu’à mon époque on avait besoin que d’une licence et que maintenant il faut un master 2 et que forcément le nombre d’inscription aux épreuves a été divisé par 2… Qui dit master 2, dit que forcément, la paye des profs auraient été bien supérieure quand même.
La formation à l’IUFM se faisait à mon époque en 2 ans: après la licence on était PE1 on préparait le concours qui se déroulait en juin puis on était PE2, payé environs 1300 euros net par mois pour étudier et faire des stages… très cool me direz vous… Je ne le dément pas surtout après avoir passé 4 ans en licence en conjuguant petit job et cours… Au moins on pouvait se consacrer à ce qu’on faisait.
Petit Nicolas est arrivé et voilà ce qui était prévu (la version officielle jolie et toute enjolivée parce que c’est Kawaï): Les enseignants sont priés d’avoir un master 2 (soit un master métier de l’enseignement… soit n’importe quoi d’autre d’ailleurs) qu’il passe en même temps que leur concours et après leur admission, il passait un an de formation en stage divers et variés. Durant la deuxième année de master, les étudiants faisait un stage de 4 semaines rémunérés 3000 euros… bien plus économique que de payer 1300 euros mensuel… mais ca encore c’est compréhensible… on doit tous économiser. Il était prévu que tous les étudiants master 2 bénéficieraient de ces 3000 euros de stage.
La réalité à présent.
Le concours d’admissibilité a eu lieu pour les master 2 en septembre… et les résultats on été connu fin octobre. Ceux qui ont échoués au concours et qui sont en “métiers de l’enseignement” continue leur master 2 avec des cours qui ont pour but de vous faire passer les épreuves d’admissions de juin, épreuves qu’ils ne peuvent pas passer… ba oui ils sont pas admissibles… logique! Quelle connerie de faire passer des épreuves en septembre alors que si elles avaient lieu en juin on leur aurait fait redoubler leur master 1 pour s’entrainer a être de nouveau admissible l’année suivante…
si c’était que ça…
Ils sont master 2 donc ils continuent leurs études hein…
On a dit à ces gentils master 2 que comme ils allaient avoir 3000 euros pour leur stage, que ca serait bien qu’il se consacre à leurs études à fond (n’oublions pas qu’en plus de passer un concours, il passe un master donc ils ont pas mal de recherches à faire) et de laisser leurs petits boulots… les 3000 euros compenseraient tout… le calcul fait: si ils gagnaient moins de 300 euros par mois effectivement la question pouvait se poser.
Surprise! Fin décembre ont leur dit que finalement ça ne sera que 2000 euros et uniquement ceux qui sont admissibles. Les autres n’auront rien.
Mieux encore: Certains de ceux qui ont fait leur stage n’ont pas été payé encore mais en plus on les rappelle parce qu’on manque de prof et de remplacement! donc il retourne bosser et en plus ils ont toujours leur master a préparer sous le bras.
Ce qui peut donner dans le pire des cas quelque chose de ce genre:
Vous êtes maman de 2 enfants et souhaitez reprendre vos études pour devenir enseignante et avoir une meilleur qualité de vie car la promesse a été faite que la paye serait super pour les enseignants masterisés. Vous décidez de devenir étudiant salarié (parce qu’il faut bien nourrir sa famille)… seulement voilà: vous avez raté votre épreuve d’admissibilité… zut… mais bon faut bien continuer ses études hein! donc vous vous préparez à passer votre stage obligatoire et de demander un congé sans solde à votre employeur… heureusement vous savez que vous pouvez compter sur vos 3000 euros pour nourrir les marmots… et en décembre après avoir passé votre stage qu’on vous a pas rémunéré bien sûr, on vous dit: “Ah bé non madame! vous êtes pas admissible donc on ne vous paiera pas!”
Coooooool!
Autre logique du système: vous pouvez réussir votre concours \o/ mais rater votre master T-T… et bien vous n’êtes pas prof! ba non! Vous devez passer votre 3 ème année a repréparer votre master et a être en stage ou vous n’aurez pas de responsabilité. Vous n’êtes pas payé donc (et si tu es maman t’es dans la merde pendant un an si vous me suivez toujours) et bien sur si à la fin de l’année vous n’avez toujours pas votre master bé on vous dit que votre admission au concours n'est plus valable.
La seule solution serait de punir le petit Nicolas…et de ne pas le faire redoubler hein… faut l’exclure de l’école…
18 décembre 2010
La maicresseuh gatée
Aujourd’hui, c’était le dernier jour d’école de l’année et aussi le dernier jours de remplacement dans cette classe de CP qui a été certainement, au niveau scolaire du moins, la classe plus performante que j’ai eu en 4 ans d’enseignement.
Ces deux dernières semaines, ça a été un peu le marathon, entre les livrets, le rangement de la classe, les comptes de coop, les comptes des photos de classe. Bref j’ai été très occupé, d’autant plus que le mercredi j’ai du me rendre à l’IUFM pour des animations pédagogiques.
Autant dire que je suis assez contente d’être en vacances et que j’en ai bien besoin.
Les livrets c’étaient vendredi dernier. J’en ai profité pour rappeler au parents que la semaine suivante était ma dernière semaine. Ce qui est marrant, c’est que c’est toujours la même chose pour la remise des livrets: en groupe on se dit que des fois ils nous gonflent vraiment et puis individuellement on trouve toujours plein de qualité à ces mômes.
Alors oui bon, Lounis hurle quand on l’effleure à peine, par contre il peut débouler dans le couloir en renversant 5 gamins devant moi et oser me proclamer haut et fort que non, il n’a rien fait. Mais à côté de ça c’est un pauvre môme qui vit dans un studio avec sa mère et ses deux frères… dont un qui ne l’est pas: sa maman a recueilli un cousin éloigné orphelin de guerre en Afrique. Alors, oui, c’est peut être un peu normal qu’il soit comme ça. D’un autre côté, il est tellement content de me donné la main de temps en temps, surtout quand il a réalisé: “Mais maitresse, c’est bientôt que tu pars! Tu reviendras plus!”
Et puis Dalil a écrasé l’entre jambe d’un autre môme deux jours après son arrivé et on pourrait dire que c’est un pourri... D’un autre côté, il était près à s’accuser d’avoir cassé une étagère de la classe parce que j’avais réclamé que le responsable se dénonce sinon personne ne sortirai en récréation.
Et puis ils sont tous un peu bavards et se lèvent régulièrement… mais qu’est ce qu’on a rigolé quand même.
Moi qui avait si peur d’avoir un CP, finalement, je trouve que c’est la classe qui flatte le plus l’égo d’un instit et ça fait du bien… Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir mes têtes d’ampoules ^^. Car au jour d’aujourd’hui, 2 d’entre eux, peut être 3, se retrouveront directement en CE2 l’année prochaine.
J’ai jamais eu une remise de livret aussi apaisante, à part pour les quelques 2-3 enfants en difficulté et la petite explication avec le papa de Joël sur sa grande solitude… ci bien que moi, la bavarde, j’ai fini ma remise des livrets à l’heure et quasiment la première.
Alors oui, cette dernière semaine ils ont été chiants et ils ont pas eu envie de travailler mais, après tout, moi non plus. Et moi, pendant qu’ils travaillaient en silence je les regardait en me disant que c’était bientôt fini… et c’est marrant comme cette phase d’initiation à la lecture m’a rapproché affectivement de ses gamins même si je suis pas la plus sensible des filles au monde. Mais leur avoir apporté la lecture c’est un peu comme leur avoir ouvert la porte à tout. Ca m’a rappelé, qu’il y a quelques années, quand j’étais animatrice, j’avais appris à un petit gamin à faire du vélo et que lorsqu’il était arrivé a faire 100 m tout seul, il avait laché son petit vélo et était venu me serrer la taille aussi fort qu’il le pouvait, comme si je lui avait offert le monde. Et bien là c’est un peu la même chose puissance 20.
En fait, un CP c’est chouette. Si un jour je quitte mon poste de zil et que j’ai un CP je pense que je serai plutôt contente, même si je sais pertinemment que je n’aurais probablement pas des gamins aussi doué.
Et puis leur maitresse est venu les voir pour que je lui transmette les infos sur la classe… et elle est partie avec le sourire: Comment ne pas l’avoir alors qu’on se retrouve avec une classe d’un niveau scolaire assez exceptionnel sachant qu’elle a elle même été épatée par les progrès de ses redoublants… et c’est clair que lorsqu’on voit leur livret de l’année dernière, il n’y a pas photo.
Et la grosse surprise aujourd’hui, ça n’a pas été les enfants, mais les parents. Certains d’entre eux sont venus me dire au revoir, m’apporter des cadeaux et même me faire la bise. Ils ont tous été assez reconnaissant du travail que j’ai fait. Et ca m’a un peu tournicoté le tambourin :p.
Bref, je pense que je n’oublierai pas de si tôt mes petits CP et leurs parents.
06 décembre 2010
Joël
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Je vous parle souvent ici de la plupart de mes élèves des bons, des mauvais, des drôles, des casse pieds, des pauvres et des malins. Chacun de nous, enfants et adultes, on a tous un petit truc qui nous distingue comme un trait de personnalité ou une anecdote… Et c’est vrai que dans une classe de 20 ou plus, y’en a toujours qu’on privilègie parce qu’ils ont des capacités et qu’ils peuvent expliquer aux autres, parce qu’ils rament au mieux… coulent au pire ou bien parce qu’on a envie de fracasser contre les murs tellement ils nous pourrissent la vie.
Et puis, il y a les autres. les timides, pas mauvais mais pas excellents. Pas participatifs bien qu’ils sachent la réponse… D’ailleurs c’est difficile de savoir ce qu’ils savent ou pas et on y réfléchit à deux fois avant d’exprimer ce qu’ils savent ou pas. Quand on s’en rend compte, on essaye de les interroger, de prendre un peu plus de temps pour eux mais ils se font rapidement oublier.
J’ai pensé tout de suite en voyant pour la première fois Joël que c’était un discret. De la plus pure espèce qui essaye de se faire oublier à la moindre occasion. Un calme, un doux avec quelques légères difficultés. Difficultés qu’ils comblent par un travail régulier. Bref on a pas vraiment de choses à dire scolairement parlant sur Joël.
Loin de moi l’idée de jeter la première pierre à mes collègues mais souvent quand il n’y a pas de difficultés scolaires, on ne fait pas plus attention que ça à un gosse. Pourtant au bout d’un mois, le comportement de Joël me chiffonnait.
J’aime bien observer mes élèves en récréation: qui fréquente qui? qui joue à quoi?…
Joël lui, est seul. Tous le temps. Quelques fois, des élèves viennent jouer avec lui. Pas toujours. Pourtant c’est pas la tête de turc de la classe, ni celui qui tapent les autres.
Au bout de quelques semaines, j’ai mis ça sous le compte de sa timidité. au bout d’un mois et demi, ça me chiffonnait et ça commençait à m’inquiéter… et plus ça allait, et plus il se renfermait même quand je disais aux autres de jouer avec lui.
Depuis deux semaines, ça ne m’inquiète plus: C’est au delà de ça. Ils suit les lignes tracées sur le sol de la cours, fait le tour des arbres, reste assis par terre, le regard dans le vide. Certains passent, l’incite à jouer… mais rien.
Alors qu’il y avait beaucoup d’absent, j’ai rassemblé les élèves histoire qu’ils soient moins éparpillés et quand j’ai voulu le mettre avec les autres son visage a changé.
Moi: Qu’est ce qu’il t’arrive?
Joël: je suis en colère.
Moi: Pourquoi?
Joël: Parce que je suis triste et que je ne voulais pas changer de place.
Moi: tu veux rester tout seul à ta place?
Joël: oui.
La semaine dernière il a tenté de se faire enfermer dans la classe pour échapper à la cours. Il essaye de ne plus y aller parce que “il fait froid” ou qu’”il est fatigué”. Et tous les jours, ils négocient pour rester dans la classe ou sous le préau et ainsi éviter la récréation. Il dit lui même qu’il n’aime pas ça.
J’ai donc alerté la directrice et elle aussi avait remarqué pendant l’étude qu’il était étrange et seul. Et pendant qu’elle tentait de joindre son ancienne maternelle, j’ai creusé le personnage en le prenant à part et en discutant avec lui.
L’école maternelle n’avait rien à dire de spécial. Ils ne se souvenaient pas spécialement des parents et le gamin “était pas mauvais et gentil”. RAS.
Quand à ma petite enquête et après une copie qui, comme toutes les dernières copies données est sale et mal écrite, ce qui n’était pas le cas en début d’année, je commence à lui poser des questions.
Je lui dis qu’en ce moment je le trouve souvent triste et seul et que ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Je lui ai demandé si ça allait à la maison, si lui ça allait, si il aimait l’école.
Au début il a surement pris l’interrogatoire pour une punition puisqu’il m’a dit être triste parce qu’il était mauvais en classe. Ensuite, il m’a dit qu’il était triste à la maison parce qu’il vivait dans un petit appartement et qu’il préférait venir à l’école… ce qui m’a fait enchainer sur le fait qu’à l’école et dans la cour il était aussi seul et semblait triste.
Moi: Tu es triste tous le temps alors?
Joël: Oui.
Moi: Et qu’est ce qu’on pourrait faire pour que tu ne sois plus triste?
Joël: je sais pas.
Moi: Et tu n’aimes pas jouer avec les autres?
Joël: si. des fois. Mais je sais pas ce qui m’arrive des fois. J’ai pas de copains.
Au programme des prochains jours: remise des livrets et réunion spéciale avec la directrice et les parents… Et on va tâcher de glisser le mot “psy” dans la conversation parce qu’un gosse de 6 ans dans cet état, c’est vraiment pas normal.
27 novembre 2010
Comment le Téléthon creuse les inégalités…

La ville où je travaille s’active tous les ans pour le Téléthon. Je ne suis pas du genre à dire de contribuer à telle association. Je donne mon sang, j’ai fait savoir à ma famille que j’étais donneuse d’organe, il m’est arrivé de donné à des gens dans la rue ou de donner a des associations caritatives mais ce n’est pas un réflexe automatique.
A vrai dire, le téléthon est une des dernières associations a qui je donnerai des sous: Y’a tellement de misère dans le monde et ils gagnent tellement d’argent une fois par an que je préfère donner à des associations sérieuses et un peu moins connues.
Bref, à cette occasion, les écoles se mobilisent et hier, en échange de 1 euros pour l’association, un gamin recevait un pain au lait, une barre de chocolat et un bonbon.
Se pose un dilemme récurrent: Dans un quartier comme celui ou se trouve l’école, 1 euro, c’est 1 euro et quoiqu’on en pense, c’est pas toujours facile de le sortir d’une poche et nous les instits on le voit tous les jours: quand le gamin porte les chaussures du grand frère 3 fois trop grandes ou quand il a toujours pas de crayons de couleur depuis la rentrée ou quand par inadvertance la facture EDF se retrouve à l’intérieur d’un cahier de poésie et que le montant représente plus de deux fois la paye mensuelle d’un instit à savoir 3326 euros.
Alors voilà: donner c’est bien quand on peut… et les autres? Bien sûr c’est important pour ces mômes de comprendre que pour se nourrir, se vétir, se divertir et bien il faut payer. Ca explique la valeur de l’argent. Mais moralement, ces pauvres gamins qui ne peuvent pas donner, ce sont eux qui ont le plus besoin de recevoir aussi.
Alors on fait quoi pour ceux qui n’ont pas donné les sous? On leur explique la valeur de l’argent et on donne aux autres qui restent pour eux virtuels mais pas à eux alors qu’ils en ont besoin?
La veille de l’évènement, je me suis dit “Bah… pour ceux qui ne donneront pas, je leur ramènerais un paquet de biscuit et un paquet de bonbons comme ça tous le monde est content.”
Pourtant dans une classe de 20, la très grande majorité de la classe a participé. Seuls 5 d’entre eux ne m’ont pas rapporté l’argent ou partiellement.
Mais il s’est passé un évènement auquel je ne m’attendais pas.
Alors que je demandais les différentes participations, je demande à Omer si il a l’argent pour le petit gouter. Il me dit oui, s’approche, et, alors que je tends ma main pour recevoir ses sous, une pluie de pièces de bronze, de 1 et 2 centimes tombent en faisant de discrets petits cliquetis… un amas de petites pièces loin d’être suffisante et qui sentait les fonds de tirelires et de tiroirs voir de dessous de coussins de canapé…
Moi: Ok… écoute, reprends tes pièces parce que tu n’as pas assez. On va se débrouiller. Ne t’inquiète pas.
Dans ma tête, ni une ni deux… quitte à y mettre de ma poche pour sauvegarder ma toute petite coopérative, il allait l’avoir son gouter… et les autres qui n’avaient pas les sous aussi. Ils n’ont pas l’âge de comprendre ça. Ca ne devrait même pas leur effleurer l’esprit.
Et pourtant le petit Joshua, s’approche alors discrètement de mon bureau et me souffle à l’oreille.
Joshua: Maîtresse… et si Omer ramène les sous lundi… tu peux lui donner son gouter aujourd’hui?
…pfiou…
Moi: Ne t’inquiète pas… tous le monde aura son gouter.
Et quand la récolte des sous fut terminée, il fallait bien expliquer.
Moi: Bon écoutez les enfants. Je vais faire quelque chose qui n’est pas très juste pour tous le monde. J’ai un peu de sous dans mon porte-monnaie pour ceux qui n’ont pas l’argent pour le gouter. C’es moi qui vais payer à leur place pour que tous le monde puisse avoir son gouter. Ce n’est pas juste parce que je paye que pour 5 enfants et les autres ont du payer eux même. Est ce que tous le monde est d’accord pour que je leur offre le gouter?
Pas d’hésitation puisqu’un oui général retentit.
Moi: Par contre c’est un cadeau… alors pour ceux à qui je donne le gouter, j’attends un mot magique!
Et toute la classe à dit merci…
On a tous à apprendre certaines valeurs des gosses…
03 novembre 2010
Les imbéciles rôdent…

Souvent dans l’éducation nationale on parle d’échec scolaire de masse, on parle aussi de l’inutilité du redoublement, on fait tout plein de reproche sur le système et bien qu’il ne soit pas proprement désigné, le commun des mortels fait un lien rapide entre l’échec et celui qui devrait y remédier: l’enseignant. Il n’y a qu’un pas alors pour être désigné coupable, deux pour nous accompagner à l’échafaud.
Il est temps de rétablir la vérité.
Oui y’a des profs cons et un tas d’incapable dans le corps enseignant… et j’en ai été moi même la victime: On passe pas de 16/20 de moyenne en math à 6/20 entre la 3ème et la seconde. Et forcément, sauf miracle, avoir toujours été en tête de classe en anglais au collège, puis avoir 6/20 de moyenne en anglais en première et enfin avoir 17.5/20 à l’oral du concours et d’un illogisme sans fond… Surtout quand on sait que ma distraction préférée était de faire les devoirs d’anglais de mon frangin qui a 6 ans de plus que moi. Des profs cons, comme des individus cons, y’en a partout.
Toujours est il, que nous, enseignants, nous n’avons pas non plus tout pouvoir et que la vérité sur l’échec est parfois ailleurs.
Prenez un exemple simple: Mehmet 9 ans. Je l’ai eu l’année dernière dans ma classe de CE1. En fin de CE1 il était toujours non lecteur… sachant qu’il avait redoublé son CP. La vérité c’est qu’à mon avis quelques chose ne tournait pas rond dans sa tête. Si on travaillait un son une semaine, la semaine d’après il avait déjà oublié. Aucun enseignant ne pouvait y faire quoique ce soit à ce niveau là. Si on pouvait enfoncer les connaissances dans le crane des gosses comme un pieu, ils seraient tous des génies en puissance.
J’ai donc, en pleine connaissance du cas et après avoir déployé tout plein d’effort, évoqué le cas d’une CLIS pour Mehmet… Une classe qui prendrait en compte ses difficulté et lui apprendrait à lire à son rythme.
Si c’était si simple.
23 octobre 2010
Comme quoi, on peut être bon et mauvais en même temps.

Comme je l’ai dit précédemment et assez souvent, cette classe a un niveau extraordinaire vu que j’ai 3 lecteurs et qu’ils savent tous déchiffrer plus ou moins… en tout cas ils savent tous lire quelques syllabes… Ce qui ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas d’élèves en difficulté mais je n’ai pas de cas catastrophique.
Alors que moi j’ai un CP extra, ma collègue de CP se retrouve avec des élèves au ras les pâquerettes… Et je suis plutôt généreuse puisque quand il s’agit de recopier un simple mot, elle a 3 élèves qui eux, font des ronds… oui c’est leur façon de recopier un mot… Faire des ronds. Quoique je soupçonne l’un d’entre eux de se foutre de la gueule de son instit puisque quand je prend la petite Nina en atelier, bizarrement, son écriture s’améliore ainsi que ses capacités.
Quand aux comportements, il n’y a pas photo. Je n’ai pas que des anges mais je n’ai pas à me plaindre. Ils savent tous travailler seuls alors que je travaille avec un petit groupe et c’est loin d’être le cas de l’autre classe, où la maitresse s’arrache les cheveux.
Je suis plutôt heureuse d’avoir cette classe malgré toutes les appréhensions de mes débuts parce que c’était un CP. Et même si je ne suis pas l’instit idéale, je pense que j'ai quand même pas tout rater et que j’ai contribué un peu à leurs évolutions.
Et dans mon élan “c’est le dernier jour avant les vacs, faisons la fête” Je me suis dit qu’un petit “question pour un bonbon” avec l’autre classe de CP serait assez sympathique.
J’ai donc convié l’autre classe de CP après la récréation de l’après midi pour mon petit jeu collectif et j’ai commencé mon question pour un bonbon en anglais comme j’en ai pris l’habitude avec les miens… matière qui n’a pas encore été abordé dans l’autre classe. En fait j’ai tellement pris le plis que quand il me réclame leur bonbon de récompense il me demande le parfum du bonbon en anglais même quand je fais un question pour un bonbon “lecture”.
Le jeu se passe toujours bien et le fait d’avoir plus d’élèves n’a pas changé les choses…
…
quoique
…
Après que les autres CP soient partis.
Alexandre: Maîtresse c’est pas juste! Pourquoi tu aides plus les autres CP et pas nous.
Lucia: Et pourquoi tu nous interroges pas un peu nous!
Louise: C’est vrai c’est pas juste!
Moi: Non mais attendez! J’ai aidé certains d’entre vous aussi! Et puis, c’est quand même sympa d’avoir accueilli les CP de l’autre classe et de jouer tous ensemble!
*silence de plomb* *regards en coin*
Moi: Je rêve! Vous ne pensez qu’à vous! J’ai autant joué avec vous qu’avec les autres et vous avez tous eu votre bonbon… Je ne vois pas quel est le problème!
Nathan: Oui mais tu es notre maitresse… et c’est notre jeu.
Je dois me rendre à l’évidence: mes génies sont tous de gros mauvais égoïstes pas partageurs.
Baaa… personne n’est parfait!
16 octobre 2010
Y’a des jours comme ça…

… ou on se dit qu’on est pas une si mauvaise prof.
J’ai pas l’air comme ça, mais je ne suis pas d’une très grande confiance en moi même. Et, à vrai dire, au vu de mes débuts chaotiques d’enseignantes, dépression et tralala, tout ça n’a pas aidé. J’ai toujours peur de mal faire depuis que je suis toute petite et ça va toujours en s’amplifiant. D’ailleurs mon corps reflète mes angoisses. Quand je suis rentrée à l’iufm, j’ai commencé a faire de l’eczéma sur le cuir chevelu… Depuis 2 ans, j’en ai sur le visage… J’espère quand même que ça se calmera avec l’expérience. ( j’ai pas assez confiance en moi pour dire que j’aurai un jour confiance en moi XD).
Aussi, quand j’ai su que j’allais avoir un CP, je dois dire que c’était un peu panique à bord dans ma tête. Parce que foiré un CP, c’est foiré l’entrée à la lecture et c’est de ça que dépend tous le reste de la scolarité.
J’ai toujours eu un peu peur qu’ils ne comprennent pas, mal, de travers… Enfin même si, par exemple, je leur apprenais à faire des multiplications et que toute la classe y arrivait plutôt bien, allez savoir pourquoi, j’ai toujours cette peur irrationnelle de savoir si c’est clairement bien compris. Et le gosse, il pourra faire des milliers de multiplications au tableau devant moi, j’aurai toujours un doute… ou je trouverais toujours moyen de trouver une angoisse ailleurs: Ils savent conjuguer?… ouai mais est ce que j’ai pas trop travaillé la conjugaison au dépend de l’expression écrite! Il savent multiplier? J’ai pas loupé un truc en géométrie des fois? Il font du français comme des malades?… Quand même… je suis pas sympa et je devrai leur faire un peu plus d’art plastique…
C’est comme marcher sur des charbons ardents ou trouver un équilibre impossible à atteindre. Je crois que j’aurai des doutes éternellement sur ce que je fais avec les marmots. En même temps, si je ne les avais pas, je pense que je n’aurai plus à faire ce métier.
Mais pour contre balancer toutes ses angoisses, y’a quand même les petits résultats qui flattent un peu l’égo.
Natercia, la petite portugaise, m’a appelé aujourd’hui “maitresse”… C’est le premier mot en français que j’entends sortir de sa bouche.
Elisa, qui pédalait sérieusement dans la semoule en arrivant, ne sachant ni son alphabet ni sa comptine numérique, même si en voyant la syllabe “BU” elle demande “C’est quoi cette lettre?” en montrant le B, dès qu’on lui dit elle arrive à lire la syllabe. Et avec tout son entrainement et son travail personnel, elle reconnait toute ses voyelles et quelques consonnes sans réciter son alphabet. Elle réussit presque a tous les coup à dénombrer jusqu’à 17 maintenant.
2 de mes non lecteurs de début d’année, arrivent a présent à déchiffrer des phrases simples. Un déclic assez rapide.
Sur mes 18 élèves, 11 de mes élèves arrivent à former des mots avec des syllabes simples seuls et 14 d’entre eux arrivent à lire des mots de 3 syllabes.
Tous mes redoublants démarrent leur année assez bien voire très bien alors que les autres enseignants doutaient réellement de leurs capacités.
Et enfin, et non des moindre… Ils sont quasi tous autonomes et tous impliqués dans la vie de la classe. Ils travaillent et s’occupent seul quand je m’occupe d’un groupe spécifique et respectent les autres en chuchotant. Si bien que je fais ce que tout enseignant déteste faire avec des élèves si jeunes parce qu’en général ca dégénère en bordel immense: de la peinture! Tout est rangé, nettoyé, lavé en moins de 20 minutes. Alors malgré toute les appréhensions, je le fais avec plaisir. Et eux ils sont bien contents.
Alors je veux bien… certes ils sont doués, ils sont pas méchants, ils perturbent pas trop la classe… Mais c’est un peu grâce à moi hein…un ti peu quand même. Un soupçon… un grain de poussières?
…
Tain j’ai l’impression que j’ai pas assez bossé les maths et la découverte du monde… >_<
03 octobre 2010
Le mystère du dédoublement de personnalité résolu

Karim, 7 ans, redoublant.
Redoubler un CP c’est assez courant je trouve. Il faut dire que le cap n’est pas facile à passer. Il faut apprendre à lire et c’est plus difficile qu’il n’y parait.
Autant j’ai vu des redoublants où je me posait la question de la pertinence du redoublement, autant pour Karim, c’était assez évident: même les syllabes simples ne sont pas acquises.
Comme souvent quand on est zil, on a pas le passif des gamins. On atterrit et on se démerde. Alors on a tout un tas d’à priori.
Autant dire que le fait que Karim soit suivi par un orthophoniste n’est pas une surprise mais, du peu de ce que j’avais vu depuis la rentrée, son suivi psy m’interloquait.
Il est pas méchant. Peut être un peu sensible, un peu collant mais bon… Rien d’alarmant à première vu.
Aussi pour le peu de questions que j’ai posé des questions à mes collègues (avec qui j’ai peu d’affinités) on m’a dit qu’il était lourd, perturbateur, dissipé… bref une plaie.
Bizarre… J’ai connu bien pire. Il écoute et suit en classe moi… c’est loin d’être le meilleur mais c’est pas lui que je dispute le plus. Loin de là… baaa…
Le seul truc un peu embêtant c’est qu’il me dit plusieurs fois par jour “maitresse, t’es belle!” ou “maitresse t’es gentille, je t’aime beaucoup”…
Il est dans l’affectif quoi… y’en a beaucoup dans ce cas là.
Je discute de temps en temps avec la maman qui me demande comment ça va…
Moi: Oh ba quand quelque chose le perturbe, plus rien ne rentre mais bon, il est attentif et travailleur.
Maman : Ca me fait plaisir parce que c’était pas le cas l’année dernière. Je suis contente.
J’en venais à me poser la question si il avait été possédé l’année dernière et depuis exorcisé.
Mais lors d’une deuxième discussion avec la maman, le mystère fut enfin éclairci.
Maman: Comment ca va en ce moment Karim?
Moi: Ca va… un peu collant. Il me demande toujours de l’aide et de l’attention pour que je sois auprès de lui.
Maman: Ah bon? Vous me surprenez! L’année dernière il ne disait jamais rien à sa maitresse.
Moi: C’est curieux ça! Moi il me demande toutes les 5 minutes.
Maman; En tout cas je suis très contente parce qu’il a envie d’aller à l’école tous les jours. Il a hâte d’y aller. Et il vous aime beaucoup.
Moi: Ah oui… ça il me le dit souvent…
Maman: Faut dire que je lui dis souvent, vu que moi même je suis ronde que “les filles les plus belles c’est les grosses”… Et il me dit “tu sais ma maitresse, elle est grosse comme toi et elle est belle comme toi!”
Moi: Aaaaah… Tout s’explique alors! Voilà pourquoi il a beaucoup changé par rapport à l’année dernière. Je comprenais pas qu’il y ait une telle différence entre ce qu’on me disait de son année scolaire précédente et maintenant.
Maman: Vous croyez que c’est ça?
Moi: Ca me parait évident.
… Les mâles ou la recherche de la mère dans le regard et le comportement des autres femmes… Tous les mêmes…
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